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513.Plus d’information
L'utilisation d'un test psychométrique auto-rapporté évaluant des problèmes émotionnels et comportementaux variés peut contribuer à une évaluation valide des difficultés d'adaptation auprès des enfants autochtones. Cependant, sans validation dans un contexte socio-culturel spécifique, l'utilisation d'un tel test peut, au contraire, mener à des interprétations erronées (AERA et al., 2014). Le Dominique Interactif (Valla, 2008) est un outil ciblant sept problèmes de santé mentale communs chez les enfants et est prometteur auprès des enfants autochtones (Garneau et al., 2020). Ses qualités psychométriques ont été évaluées auprès de 195 enfants de la Nation innue au Québec. La présente étude rapporte les indices de stabilité temporelle (fidélité test-retest) et des preuves de la validité des interprétations des scores du Dominique Interactif. À cet effet, les relations entre les scores au test et d'autres variables, soit les scores rapportés par une personne enseignante à l'ASEBA-TRF (Achenbach et Rescorla, 2001) ainsi que le statut référé et le sexe de l'enfant, ont été examinées. Les résultats de l'étude montrent une stabilité temporelle satisfaisante pour toutes les échelles de mesure du Dominique Interactif auprès des enfants innus. De même, les corrélations entre les scores du Dominique Interactif et les scores à l'ASEBA-TRF indiquent que les enfants innus rapportent une information valide à propos de leurs symptômes anxieux, dépressifs, oppositionnels, comportementaux et d'inattention. Toutefois, les scores du Dominique Interactif sont peu associés au statut référé de l'enfant. Les données de l'étude suggèrent que les filles innues seraient sous-référées. Les retombées cliniques potentielles de ces résultats sont discutées.
Mots-clés : évaluation, santé mentale, enfants, Premières Nations, qualités psychométriques, Assessment, Mental Health, Children, First Nations, Psychometrics
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514.Plus d’information
En dépit du refus du premier ministre du Québec de reconnaître l’existence du « racisme systémique » au Québec, jugeant ce terme trop culpabilisant pour la majorité, il existe une importante littérature officielle, scientifique et communautaire au Québec et au Canada — et une jurisprudence en matière de discrimination — qui ont défini le racisme systémique et démontré ses logiques et manifestations en éducation. Or, si le phénomène est attesté de longue date, ses manifestations plus subtiles (comme le biais « d’adultification » des jeunes noir[e]s), qui ont des effets systémiques, ne sont pas toujours connues et reconnues par les acteurs scolaires. Cet article repose sur une recension non systématique et non exhaustive des rapports d’enquête, statistiques et études empiriques au Québec, au Canada et aux États-Unis, dont les grands constats convergent quant aux biais, stéréotypes et préjugés envers les jeunes noir[e]s et à leurs effets systémiques, malgré des contextes nationaux différents. L’objectif était avant tout pédagogique : montrer que le racisme invisibilisé rend les problèmes des élèves noirs non reconnus ou marginaux, ce qui conduit à une sous-protection (under-protecting) et à une prise en compte négligée de leurs besoins ou, à l’inverse, à des conduites de surveillance accrue (over-policing) et de profilage à l’égard des jeunes noir[e]s.
Mots-clés : bias, biais, stéréotypes, stereotypes, racisme systémique, systemic racism, éducation, young Black people, Noires, education, Noirs