Hors-dossier

Bi* - Bilinguisme, la grande utopie canadienne ? (2019)[1]

  • Jean-Philippe Carlos

…plus d’informations

  • Jean-Philippe Carlos
    Chercheur postdoctoral, Université York

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Options d’accès :

  • via un accès institutionnel. Si vous êtes membre de l’une des 1200 bibliothèques abonnées ou partenaires d’Érudit (bibliothèques universitaires et collégiales, bibliothèques publiques, centres de recherche, etc.), vous pouvez vous connecter au portail de ressources numériques de votre bibliothèque. Si votre institution n’est pas abonnée, vous pouvez lui faire part de votre intérêt pour Érudit et cette revue en cliquant sur le bouton “Options d’accès”.

  • via un accès individuel. Certaines revues proposent un abonnement individuel numérique. Connectez-vous si vous possédez déjà un abonnement, ou cliquez sur le bouton “Options d’accès” pour obtenir plus d’informations sur l’abonnement individuel.

Dans le cadre de l’engagement d’Érudit en faveur du libre accès, seuls les derniers numéros de cette revue sont sous restriction. L’ensemble des numéros antérieurs est consultable librement sur la plateforme.

Options d’accès
Couverture de L’enseignement de l’histoire au premier cycle universitaire, Volume 29, numéro 1, automne 2020, p. 7-247, Bulletin d'histoire politique

Le bilinguisme constitue l’un des fondements identitaires du Canada contemporain, tant du point de son importance symbolique dans le récit historique national qu’en vertu de son statut au sein de la culture politique canadienne. C’est notamment par le biais de la Loi sur les langues officielles de 1969, mise sur pied par le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau, que fut officiellement instauré le principe du bilinguisme institutionnel au sein de l’État fédéral. Concrètement, la Loi stipule que les citoyens ont le droit de recevoir des services des administrations fédérales et d’être entendus devant un tribunal fédéral dans la langue officielle de leur choix, en français ou en anglais. La Loi oblige également le Parlement fédéral à adopter et à publier ses lois et ses règlements dans les deux langues officielles. Elle permet également aux fonctionnaires fédéraux de travailler en anglais ou en français dans certaines régions dites bilingues. Enfin, la Loi de 1969 institue le Commissariat aux langues officielles, dont la fonction est de promouvoir le principe du bilinguisme, mais aussi de recevoir les plaintes des citoyens concernant le non-respect de la Loi et de faire enquête lorsque la situation l’exige. Pour ainsi dire, la Loi sur les langues officielles de 1969 vise à résoudre un vide législatif prévalant depuis l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867. En fait, la dualité linguistique au Canada était reconnue dans la Loi constitutionnelle de 1867, mais celle-ci n’offrait aucune réelle garantie sur le plan linguistique. Seuls étaient alors garantis les droits d’utiliser le français et l’anglais aux Parlements canadien et québécois ainsi que dans les tribunaux de compétence fédérale et ceux du Québec. La Loi sur les langues officielles cherche donc à combler ce vide juridique, mais aussi à calmer les esprits au Québec, où on assiste durant la décennie 1960 à une montée du nationalisme et à une préoccupation grandissante pour l’avenir du français. Faut-il d’ailleurs souligner que la Loi de 1969 est mise sur pied en partie en réaction aux travaux de la commission Laurendeau-Dunton, qui visent à diagnostiquer les sources du « mal canadien ». Dès 1965, les commissaires affirment « qu’il y a crise : c’est l’heure des décisions et des vrais changements ; il en résultera soit la rupture, soit un nouvel agencement des conditions d’existence ». C’est donc dans cet état d’esprit que le gouvernement Trudeau procède à la création de la Loi au terme de la décennie 1960, afin de « sauver le pays » d’une rupture politique, mais aussi pour favoriser un sentiment d’appartenance au grand ensemble canadien chez la population. Selon le commissaire aux langues officielles Keith Spicer, la Loi a permis de « considérer la justice dans le bilinguisme d’État comme un idéal de dignité humaine, comme un de ces ponts qu’il importe de jeter entre les Canadiens pour les amener à une compréhension mutuelle durable ». C’est donc dans le cadre du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles que s’inscrit la sortie du documentaire Bi* - Bilinguisme, la grande utopie canadienne ? rendu disponible sur la plateforme d’Ici Tou.tv à l’automne 2019. Produit par Machine Gum Productions et réalisé par le cinéaste Simon Madore, le documentaire est animé (et scénarisé) par Frédéric Choinière, que l’on a pu voir comme chroniqueur à TFO (Volt), Télé-Québec (Les Verts contre-attaquent, Ça vaut le coût) et Ici Radio-Canada (Médium large, Les éclaireurs, Culture club). En résumé, Bi* – chapeau pour le titre accrocheur ! – aborde la délicate question du bilinguisme canadien principalement par le …

Parties annexes