Circuit
Tous les articles de cette revue sont soumis à un processus d’évaluation par les pairs.
Musiques contemporaines
Volume 24, numéro 2, 2014 La recherche musicale : aux croisements de l’art et de la science Sous la direction de Cléo Palacio-Quintin
Sommaire (11 articles)
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Introduction : rechercher la musique
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Ces lieux où ingénieurs et musiciens convergent
Cléo Palacio-Quintin
p. 9–30
RésuméFR :
Particulièrement au cours du xxe siècle, le développement des technologies d’enregistrement du son, puis de l’informatique, ont révolutionné la pratique musicale de nombreux créateurs. Le musicien, intéressé par les possibilités sonores inouïes qu’offrent ces nouveaux outils, deviendra de plus en plus « technicien », « ingénieur » voire « programmeur », afin de réaliser ses oeuvres. La nécessité d’avoir accès à des équipements de pointe (au départ rares et très coûteux) et aux connaissances techniques pour s’en servir et les développer donne naissance à des centres de recherche et de création où vont se réunir ingénieurs et compositeurs. Cet article présente les premières institutions ayant posé d’importants jalons pour la discipline, en examinant particulièrement deux figures phares du développement de la musique-technologie, soit Pierre Schaeffer (grm, France) et Max Mathews (Bell Labs, États-Unis), souvent respectivement qualifiés de « pères » de la musique électroacoustique et de la musique informatique. Les collaborateurs privilégiés de Mathews sont également présentés : Jean-Claude Risset et John Chowning (de l’Université de Stanford). Des parties thématiques soulignent l’historique des tout premiers studios fondés au sein de radios d’État, ainsi que plusieurs autres fondés au sein des universités nord-américaines à partir des années 1950. Ce survol se termine sur des institutions françaises fondées au cours des années 1960 et 1970. Ces lieux pionniers ont tous engagé des activités de recherche et de création significatives, qui ont permis le développement d’outils technologiques pour la création musicale.
EN :
During the 20th century, the development of sound recording and information technologies revolutionized the musical practices of many creators. Fascinated by the unprecedented sonic possibilities of these new tools, musicians became technicians, engineers, and even programmers in order to realize their musical goals. The need for up-to-date equipment (rare and very expensive at first), as well as the technical knowledge to use and develop it, gave rise to research and creative centres where engineers and composers gathered. The present article examines the early institutions that were so important to the discipline, focusing on two key figures in the development of musical technology, Pierre Schaeffer (grm, France) and Max Mathews (Bell Labs, United States), often referred to as the fathers of electroacoustic and computer music. Mathews’ primary collaborators are also discussed: Jean-Claude Risset, and John Chowning of Stanford University. Sections of the article describe the history of the very first studios, which were founded by state broadcasters, as well as others that sprang up at North American universities during the 1950s. The survey concludes with French institutions that appeared in the 1960s and 1970s. These groundbreaking institutions cultivated important research and creative activities that sparked the development of technological tools for musical creation.
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À propos du Centre interdisciplinaire de recherche en musique, médias et technologie (cirmmt) : entretien avec Marcelo Wanderley
Guillaume Boutard
p. 31–39
RésuméFR :
Le Centre interdisciplinaire de recherche en musique, médias et technologie (cirmmt) a été créé en 2000. Marcelo Wanderley, son directeur actuel, nous présente les enjeux de cette institution. À travers différents projets, il nous décrit les différents axes de recherche du cirmmt, et sa structure en adaptation constante aux évolutions des domaines et des structures académiques. Dans un contexte foncièrement interdisciplinaire soutenu par cette mobilité et ce dynamisme, les projets évoqués nous entraînent vers les terrains des nouveaux instruments, de la recherche d’information musicale, de la cognition et de la perception, de la pédagogie et des pratiques musicales étendues.
EN :
The Centre for Interdisciplinary Research in Music Media and Technology (cirmmt) was founded in 2000. Its current director Marcelo Wanderley discusses the challenges facing this institution. Through a survey of various projects, he describes the different areas of research at cirmmt and how its structure constantly adapts to the ever-evolving academic disciplines and structures. In a markedly interdisciplinary context, underpinned by this flexibility and dynamism, the projects he describes lead us to new instruments, research into musical information, cognition and perception, pedagogy, and extended musical practices.
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Quelle place pour la science au sein de la musicologie aujourd’hui ?
Caroline Traube
p. 41–49
RésuméFR :
De Pythagore à aujourd’hui, le rôle de la science dans l’étude de la musique a connu de nombreux positionnements et repositionnements. Avant la spécialisation des savoirs et le cloisonnement des disciplines qui se sont produits au xixe siècle, la musique pouvait être étudiée suivant différentes perspectives disciplinaires par un même savant, penseur ou philosophe. En 1885, Guido Adler formalise un modèle tripartite comprenant, d’une part, la musicologie historique et, d’autre part, la musicologie comparative, qui elle-même se scindera en l’ethnomusicologie et la musicologie systématique. Cette musicologie dite systématique, maintenant aussi appelée musicologie expérimentale ou musicologie computationnelle suivant les méthodes de recherche privilégiées, tire profit du développement de disciplines connexes, comme la neurocognition et les technologies du numérique. Aujourd’hui, elle se retrouve soutenue par la mobilisation récente des digital humanities, concept qui a émergé il y a quelques années et qui désigne l’application du savoir-faire des technologies de l’information et de l’informatique à des problématiques relevant du domaine des sciences humaines et sociales.
EN :
From Pythagoras to the present day, the role of science in the study of music has shifted in many ways. Before the specialization of knowledge and the segregation of disciplines in the 19th century, the study of music could be conducted with various approaches by a single thinker or philosopher. In 1885, Guido Adler formalized a tripartite model comprising on one hand historical musicology and, on the other, comparative musicology, which was itself broken down into ethnomusicology and systematic musicology. This so-called systematic musicology, now also called experimental or computational musicology in certain quarters, drew on the development of related disciplines such as neurocognition and digital technologies. Today, it draws strength from the recent surge of the “digital humanities,” a concept which emerged a few years ago with the aim of applying the know-how of information technology to problems in the humanities and social sciences.
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Une introduction musicologique à la recherche « mathémusicale » : aspects théoriques et enjeux épistémologiques
Moreno Andreatta
p. 51–66
RésuméFR :
Cette contribution se propose de présenter certains aspects théoriques et discuter quelques enjeux épistémologiques des recherches menées par l’auteur dans le domaine des rapports entre mathématiques et musique. Après une introduction générale sur le contexte de la recherche « mathémusicale » à l’Ircam et la place du projet misa (Modélisation informatique des structures algébriques en musique) au sein des activités de recherche de l’équipe Représentations musicales, nous discutons le problème de la formalisation algébrique de la théorie des ensembles de classes de hauteurs (Set Theory) et de la théorie transformationnelle (Transformational Theory), deux paradigmes analytiques dont nous avons étudié les aspects théoriques et computationnels à travers une démarche de modélisation informatique des structures et processus musicaux. L’analyse musicale basée sur les ensembles de classes de hauteurs et leurs transformations soulève des questions philosophiques intéressantes, notamment dans ses rapports avec la phénoménologie et les sciences cognitives. En particulier, en confrontant notre point de vue musicologique avec la phénoménologie, nous pouvons avancer l’hypothèse d’une pertinence de la catégorie de « structuralisme phénoménologique » dans une relecture/réactivation de la tradition structurale en analyse musicale.
EN :
This article presents certain theoretical aspects and discusses some epistemological challenges of the author’s research into the links between mathematics and music. After a general introduction on the context of “mathemusical” research at Ircam and the place of the misa project (Computer Modeling of Algebraic Structures in Music and Musicology) in the research activities of the Musical Representations team, we discuss the problem of algebraic formalization in set theory and transformational theory, two analytic paradigms whose theoretical and computational aspects we have studied in the process of constructing an abstract model of musical structures and processes. Musical analysis based on the theory of sets and their transformations raises interesting philosophical questions, notably in their relationships with phenomenology and the cognitive sciences. In particular, relating our musicological perspective with phenomenology, we advance the idea of “phenomenological structuralism” in a reinterpretation of the structural tradition in musical analysis.
Cahier d’analyse
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Onomatopoeias and Robert Normandeau’s Sonic World of Baobabs: Transformation, Adaptation, and Evocation
Alexa Woloshyn
p. 67–87
RésuméEN :
For many composers, remaining in the secluded world of the studio allows them to completely internalize their ideas, to control every element, and to realize their exact musical imagination. While Normandeau is certainly most known for his fixed acousmatic works, he does not restrict himself to the closed and controlled world of the electronic music studio. He embraces process, change, and adaptation, in this case adapting the acousmatic work Le renard et la rose (1995) for four singers, six percussionists, and electroacoustics in Baobabs (2012). This article first contextualizes vocal onomatopoeias in 20th-century compositions and Normandeau’s output. Following an overview of the Onomatopoeias cycle and Baobabs, the analysis is divided into rhythm, tonal and formal relationships, and texture and timbre. The article concludes with a reflection on the fundamental differences between the two works, particularly as they relate to control and the composer/performer binary.
FR :
Selon plusieurs compositeurs, le studio est un espace retiré qui permet d’intérioriser leurs idées, contrôler chaque élément et réaliser l’entièreté de leur imagination musicale. Bien que Normandeau soit un compositeur renommé pour ses oeuvres acousmatiques fixées, il ne se limite pas à l’espace solitaire et contrôlé du studio électronique. Il apprécie le processus, la transformation et l’adaptation. C’est ainsi qu’il adapte l’oeuvre acousmatique Le renard et la rose (1995) pour quatre chanteurs, six percussionnistes et électroacoustiques, dans le cadre de Baobabs (2012). Après avoir contextualisé l’utilisation des onomatopées dans les compositions du xxe siècle et dans l’oeuvre de Normandeau, et à la suite de la présentation du cycle Onomatopées et de Baobabs, l’article propose une analyse orientée du point de vue du rythme, des relations tonales et formelles, de la texture et du timbre. L’étude propose en conclusion une réflexion sur les différences fondamentales entre les deux compositions, particulièrement autour de la question du contrôle et de la dualité compositeur/interprète.
Actualités
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La Chapelle historique du Bon-Pasteur, Guy Soucie et la création musicale
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32e Festival International du Film sur l’Art (20-30 mars 2014)
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Éblouissement : Gilles Tremblay et la musique contemporaine, de Robert Richard, Montréal, Nota Bene, « Nouveaux essais Spirale », 2013, 206 pages
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Nouveautés en bref