ThèsesDissertations

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BLAKNEY, Sherrie Lee

2010 Connections to the Land: The Politics of Health and Wellbeing in Arviat Nunavut, Ph.D., University of Manitoba, Winnipeg, 282 pages.

This dissertation is about traditional knowledge as process. The thesis examines the relationships between Inuit Qaujimajatuqangit (IQ) (‘the Inuit way of doing things’; traditional knowledge [TK]), Inuit perceptions of health and wellbeing and the land, and what the relationships mean for integrated coastal and ocean management. Among Arviat Inuit (Arviarmiut), IQ, health and wellbeing, and the land are tightly interconnected. When one relationship is stressed, disruptions occur throughout the whole system. IQ is embedded in Inuit perceptions of health and wellbeing. To be healthy, Inuit maintain they must interact with the land in Inuit ways. In 2004, issues surrounding the nature of IQ and its control, production, documentation, and legitimation were hotly contested by Arviarmiut. Inuit strongly resented input from academics, resource managers, scientists, or other Southern “experts.” Arviarmiut sensitivities regarding IQ were in part the result of the rapid social change that had occurred over the last half century. Social systems suffered upheaval as colonial processes and institutions impacted values, networks, families, and identity. The rate of change did not allow time for traditional systems to adapt, and aspects of social change happened out of sync with each other, resulting in dysfunction. Arviat’s history of relocation, uneven social change, and expanded communication ability all affected the formation of IQ. Through participatory research, participant observation, interviews, and network-building with Inuit organizations, the research explores IQ as process and the interconnections with the land and wellbeing. It recommends greater integration of Inuit into resource management planning and decision-making in ways consistent with IQ, and allowing Inuit to decide what processes and policies are most appropriate for them.

Les liens au territoire: les politiques de santé et de bien-être à Arviat, Nunavut, Ph.D., University of Manitoba, Winnipeg, 282 pages.

Cette thèse porte sur les savoirs traditionnels en tant que processus. Elle examine les relations entre l’Inuit Qaujimajatuquangit (IQ) [«la façon de faire inuit»; les savoirs traditionnels] et les perceptions qu’ont les Inuit de la santé, du bien-être et du territoire, et ce que signifient ces relations pour une gestion intégrée du littoral et de l’océan. Chez les Inuit d’Arviat (Arviarmiut), l’IQ, la santé et le bien-être sont intimement liés au territoire. Lorsque l’une de ces relations est affectée, cela perturbe tout le système. Pour être en bonne santé, affirment les Inuit, ils doivent interagir avec le territoire à la manière inuit. En 2004, les questions relatives à la nature de l’IQ et de son contrôle, de sa production, de sa documentation et de sa légitimation furent vivement contestées par les Arviarmiut. Les Inuit ont pris violemment ombrage de l’intervention des universitaires, des gestionnaires des ressources, des scientifiques et autres «experts» du Sud. L’extrême sensibilité des Arviarmiut en ce qui concerne l’IQ résulte en partie des changements sociaux rapides qui sont intervenus au cours du dernier demi-siècle. Les systèmes sociaux ont été bouleversés au moment où les processus coloniaux et leurs institutions ont affecté les valeurs, les réseaux, les familles et les identités. La rapidité du changement n’a pas laissé aux systèmes traditionnels le temps de s’adapter, et certains aspects de ces changements sociaux se sont manifestés indépendamment les uns des autres, provoquant des dysfonctionnements. À Arviat, sur le plan historique, la relocalisation, les changements sociaux chaotiques et les possibilités étendues de communication ont tous affecté la formation de l’IQ. Par le biais d’une recherche participative, d’observations, d’entrevues et d’un réseautage avec des organisations inuit, cette étude explore l’IQ en tant que processus, et ses interconnexions avec le territoire et le bien-être. Elle recommande une meilleure intégration des Inuit à la planification de la gestion des ressources et aux prises de décisions, d’une manière qui s’accorde avec l’IQ et qui permette aux Inuit de décider quels processus et quelles politiques leur conviennent le mieux.

BLUMLO, Daniel J.

2010 The Creoles of Russian America, Ph.D., The Florida State University, Tallahassee, 181 pages.

This dissertation examines the identity of Alaska’s mixed-race inhabitants—the Creoles—during Russian colonial rule in the late 18th and 19th centuries. As the children of Russian men and Aleut, Alutiiq, Tlingit, Dena’ina, Chugach, and Yup’ik women, some Creoles acted as intermediaries between both worlds, while others lived in either their mother’s community or their father’s. As the Russian American Company (RAC) transformed these mixed-race offspring into a colonial labour force, the RAC and the Orthodox Church also sought to integrate them into Russian culture. For example, Orthodox missionaries somewhat unsuccessfully tried to implement marriages within the Church, while the RAC endeavoured to keep track of the number of births from these unions. The RAC and the Orthodox Church also educated the Creoles in order to supplement their ranks within Russian America; the RAC established schools so that they could train a company workforce, as the Orthodox Church used Creole clergymen to spread Christianity and Russian imperialism. While the Russians worked to assimilate the Creoles, their European colonial attitudes prevented the Creoles from truly becoming Russian and ensured their subordination throughout imperial rule. As a result, those Creoles who lived closest to the Russians were never completely assimilated into Russian identity and began to view themselves as a distinct non-European and non-Indigenous society. Like mixed-race populations elsewhere in the colonized world, the Creoles might have become their own nation had the United States not purchased Alaska in 1867. After the American acquisition, U.S. policies and prejudices splintered the Creoles into those who wanted to take advantage of the benefits of white society, those who re-entered Native American life, and those who kept relics of Russian culture alive.

Les Créoles de l’Amérique russe, Ph.D., The Florida State University, Tallahassee, 181 pages.

Cette thèse examine l’identité des habitants métissés de l’Alaska durant la période coloniale russe — les Créoles —, à la fin du XVIIIe et au XIXe siècle. Enfants d’hommes russes et de femmes aléoutes, alutiiq, tlingit, dena’ina, chugach et yup’ik, certains Créoles ont servi d’intermédiaires entre deux mondes, tandis que d’autres vivaient soit dans la communauté de leur mère, soit dans celle de leur père. Au moment où la Russian American Company (RAC) s’efforçait de transformer ces descendants de sang mêlé en une main-d’oeuvre coloniale, elle s’efforçait aussi, de pair avec l’Église orthodoxe, de les intégrer à la culture russe. Par exemple, les missionnaires orthodoxes essayaient, sans grand succès, de les faire se marier à l’église, tandis que la RAC tentait de tenir le compte du nombre d’enfants issus de ces unions. La RAC et l’Église orthodoxe instruisaient également les Créoles pour qu’ils viennent gonfler leurs rangs au sein de l’Amérique russe; la RAC créa des écoles pour qu’ils puissent devenir une force de travail pour la compagnie, tandis que l’Église orthodoxe employait des prêtres créoles pour diffuser le christianisme et l’impérialisme russe. Bien que les Russes aient oeuvré à l’assimilation des Créoles, leurs attitudes colonialistes européennes ont empêché les Créoles de devenir véritablement Russes et ont assuré leur subordination durant toute la période impériale. Par conséquent, les Créoles vivant dans la plus grande proximité avec les Russes ne se sont jamais totalement assimilés à l’identité russe et ont commencé à se considérer comme une société distincte, non européenne et non indigène. À l’instar d’autres populations métissées du monde colonisé, les Créoles auraient pu devenir une nation en propre si les Américains n’avaient pas acheté l’Alaska en 1867. Après cette acquisition, les politiques et les préjugés des Américains divisèrent les Créoles entre ceux qui voulaient tirer parti des avantages de la société blanche, ceux qui retournèrent à la vie autochtone, et ceux qui maintinrent en vie des reliques de la culture russe.

CALLISON, Candis L.

2010 More information is not the problem: Spinning climate change, vernaculars, and emergent forms of life, Ph.D., Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, 340 pages.

This dissertation argues that alongside the dominant discourse occurring in and through media in the midst of immense transformation, social networks and affiliations provide a vital translation of science in varied vernaculars such that climate change is becoming invested with diverse meanings, ethics, and/or morality. Based on ethnographic research, this dissertation analyzes such processes of translation and articulation occurring among five different discursive communities who actively enunciate the fact and meaning of climate change through their own vernaculars. The five groups are: 1) Arctic Indigenous representatives who are part of the Inuit Circumpolar Council; 2) corporate social responsibility activists working with Ceres; 3) American Evangelical Christians active in the nascent movement known as Creation Care; 4) leading science journalists; and 5) scientists who often act as science-policy experts. This dissertation tracks the formation by which evidence comes to matter and have meaning for groups, and the ways in which this process transforms the definition of and questions posed by climate change. It posits that climate change constitutes an emergent form of life replete with multiple, competing instantiations that feed into, configure, and continually revise definitions of and models of/for climate change. Such articulations and attempts at defining climate change are full of friction as epistemologies, forms of life, advocacy, and expertise evolve and bump up against one another in a process of socialization, negotiation, and meaning-making. In this framework, climate change is a simultaneous intellectual, scientific, and moral challenge—it is both a problem of assessing what is happening, what might happen, and how to act in the world. The presentation and circulation of information provide only partial answers. Partnering facts with multiple codes for meaning, ethics, and morality delineate what the stakes and risks entail, articulating rationales to act. These diverse partnerships produce attendant translations, assemblages, modes of speech, and material forms of training and disciplining that enrol scientific findings and policy aspirations.

Le problème n’est pas d’avoir plus d’informations: le tourbillon du changement climatique, de la vulgarisation et des formes de vie émergentes, Ph.D., Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, 340 pages

Cette thèse postule que, de pair avec le discours dominant élaboré dans et par l’intermédiaire des médias, au beau milieu d’une gigantesque transformation, les réseaux sociaux et les affiliations répondent à un besoin vital de vulgarisation de la science en la transmettant à différents milieux, à tel point que le changement climatique se trouve investi de significations, d’éthiques ou de morales différentes. Basée sur une recherche ethnographique, cette thèse analyse de tels processus de transferts et d’articulations qui se produisent dans les discours de cinq communautés différentes qui s’efforcent activement de formuler le fait et le sens du changement climatique en leurs propres termes. Ces cinq groupes sont: 1) des représentants autochtones de l’Arctique faisant partie du Conseil circumpolaire inuit; 2) des activistes de la responsabilité sociale des entreprises travaillant avec Ceres; 3) des évangélistes américains actifs dans le mouvement émergent connu sous le nom de Creation Care; 4) quelques-uns des meilleurs journalistes scientifiques; et 5) des scientifiques qui jouent souvent le rôle d’experts des politiques scientifiques. Cette thèse met en lumière le cheminement par lequel la preuve scientifique prend de l’importance et du sens pour les groupes, et les manières par lesquelles ce processus transforme la définition du changement climatique et des questions qu’il pose. Elle avance que le changement climatique représente une forme de vie émergente surchargée d’énoncés multiples et concurrents, qui alimentent, configurent et corrigent continuellement les définitions et les projections/prévisions du changement climatique. De telles articulations et tentatives de définir le changement climatique entraînent des frictions, car les épistémologies, les formes de vie, l’activisme et l’expertise évoluent et se heurtent les unes aux autres dans un processus de socialisation, de négociation et de création de sens. Dans ce cadre, le changement climatique se trouve être à la fois un défi intellectuel, scientifique et moral — c’est à la fois un problème d’évaluation de ce qui arrive, de ce qui pourrait arriver et de la manière d’agir dans le monde. La présentation et la circulation des informations ne procurent que des réponses partielles. Apparier les faits aux multiples codes de signification, d’éthique et de morale permet de cerner ce qu’impliquent les enjeux et les risques, et de formuler des raisons d’agir. Ces appariements divers s’accompagnent de traductions, de compositions, de modes discursifs et de formes concrètes de formations et de disciplines qui enrôlent les découvertes scientifiques au service des aspirations politiques.

EICHELBERGER, Laura Palen

2011 Manufacturing insecurity: Power, water, waste, and the silences of sustainability and suffering in northwest Alaska, Ph.D., The University of Arizona, Tucson, 378 pages.

With its oil wealth and an environment of abundant rivers, lakes, and the largest coastline in the United States, Alaska is one of the last places one would expect to find water insecurity. Yet approximately one third of households in remote Alaska Native villages lack in-home piped water and suffer the health consequences of poor sanitation and inadequate treated water. This problem has become particularly acute in the wake of surging energy prices and a concomitant shift in policies that increasingly require demonstrated economic sustainability before funding will be allocated for village water and sanitation projects. In response to increasing costs of living and the failure of development projects to foster the conditions under which they would be able to provide for their needs, many Iñupiat assert the importance of traditional values, practices, and values that from their view constitute a path out of insecurity and into self-sufficiency. These Iñupiat point to modern technology as the source of what they call the spoiling of their communities. In this dissertation, I explore the disjuncture between how the State and the Iñupiat signify historical and contemporary issues and solutions around water, energy, and development. I suggest that the unintended consequences of decades of interventions to improve Iñupiat health and wellbeing have been manufactured insecurity that is exacerbated by weakened social networks of reciprocity (the Iñupiat traditional value of sharing), and rendered invisible by sustainability policies. I argue that these multifaceted processes of domination and suffering are all part of what many Iñupiat describe as spoiling. In other words, when the Iñupiat talk about being spoiled by technology, they are talking about the historical domination by the State over their social reproduction in ways that produce and exacerbate the insecurities characterizing daily life in these remote villages.

La fabrication de l’insécurité: énergie, eau, déchets et silences du développement durable et de la souffrance au nord-ouest de l’Alaska, Ph.D., The University of Arizona, Tucson, 378 pages.

Avec ses ressources en pétrole et l’abondance de ses rivières et de ses lacs, en plus d’avoir la plus longue bande côtière des États-Unis, personne ne pourrait se douter que l’Alaska souffre d’insécurité sur le plan de l’approvisionnement en eau. Et cependant, près d’un tiers des ménages des villages éloignés des Autochtones de l’Alaska n’ont pas l’eau courante dans leurs maisons et souffrent des conséquences sur la santé des insuffisances de l’assainissement et d’un traitement des eaux inadéquat. Ce problème s’est particulièrement aggravé dans la foulée de l’augmentation brutale des prix de l’énergie et d’un changement concomitant dans les politiques qui exigent de plus en plus que les villages fassent la preuve de leur vitalité économique avant de financer leurs projets d’approvisionnement en eau et d’assainissement. En réaction à l’augmentation du coût de la vie et à l’échec des projets de développement destinés à créer les conditions qui leur permettraient de répondre à leurs besoins, de nombreux Inupiat valorisent l’importance des valeurs et des pratiques traditionnelles qui, de leur point de vue, représentent une porte de sortie de l’insécurité et une voie vers l’autosuffisance. Ces Inupiat accusent la technologie moderne d’être la source de ce qu’ils appellent la spoliation de leurs communautés. Dans cette thèse, j’explore la dichotomie du sens que l’État et les Inupiat respectivement attribuent aux problèmes historiques et contemporains, ainsi qu’aux solutions à apporter aux questions de l’eau, de l’énergie et du développement. J’avance que la conséquence imprévue de décennies d’interventions pour améliorer la santé et le bien-être des Inupiat a été la fabrication de l’insécurité, celle-ci étant exacerbée par l’affaiblissement des réseaux sociaux de réciprocité (la valeur traditionnelle du partage chez les Inupiat) tout en étant rendue invisible par les politiques de développement. Je soutiens que ces processus à multiples facettes de domination et de souffrance font tous partie de ce que de nombreux Inupiat entendent par le terme de spoliation. Autrement dit, lorsque les Inupiat évoquent le fait qu’ils sont spoliés par la technologie, ils parlent en fait de la domination historique de l’État sur leur reproduction sociale d’une manière qui produit et exacerbe les insécurités qui caractérisent la vie quotidienne dans ces villages reculés.

FRITZ, Stacey A.

2010 DEW line passage: Tracing the legacies of Arctic militarization, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 393 pages.

Grounded within the context of modern American militarization, this dissertation is a descriptive, ethnohistorical, and ethnographic study focusing on the impacts and legacies of the development, implementation, and decommissioning of the western sector of the Distant Early Warning radar line (DEW Line) in northern Alaska and Canada’s western Arctic. Understanding the localized social and environmental impacts of global militarization is a critical task for anthropology and one that coincides in the North with the need to gather histories from Inuit perspectives. This study’s purposes are to elucidate how the global phenomenon of modern militarization penetrates and brings about change in small communities and to determine whether local attitudes towards security, the environment, industrialization, and political participation can be traced to the policies of the Canadian and American governments during the construction, operation, and clean-up of the line. Ethnohistorical research and pilot studies in communities adjacent to radar sites provided background for the project. Personal narratives of Arctic residents and employees, combined with documentation of the radar stations and remnants, were collected during a multi-season voyage along the western sector of the DEW line in Canada’s western Arctic and Alaska.

Le long de la ligne DEW: les séquelles de la militarisation de l’Arctique, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 393 pages.

Inscrite dans le contexte de la militarisation américaine moderne, cette thèse est une étude descriptive, ethnohistorique et ethnographique des impacts et des séquelles du développement, de l’implantation puis du démantèlement de la ligne DEW (acronyme de Distant Early Warning radar line, «ligne avancée d’alerte précoce»), dans son secteur ouest, dans le nord de l’Alaska et l’Arctique de l’ouest canadien. Le fait de comprendre, au niveau local, les impacts sociaux et environnementaux de la militarisation mondiale représente une tâche essentielle pour l’anthropologie, d’autant plus qu’elle coïncide dans le Nord avec la nécessité de regrouper les récits du point de vue des Inuit. Cette étude se propose d’élucider la manière dont le phénomène mondial de la militarisation moderne imprègne les petites communautés et les fait changer, en plus de déterminer si les attitudes locales envers la sécurité, l’environnement, l’industrialisation et la participation politique remontent aux politiques des gouvernements canadien et américain à l’époque de la construction, de l’activité et du démantèlement de la ligne. Une recherche ethnographique et des études pilotes dans des communautés adjacentes aux sites de la ligne du radar ont constitué l’arrière-plan du projet. Des récits personnels de résidents de l’Arctique et d’employés, associés à la documentation relative aux stations radar et à leurs vestiges, ont été recueillis au cours d’un voyage de plusieurs saisons le long du secteur ouest de la ligne DEW en Arctique de l’ouest canadien et en Alaska.

JOHNSON, Donald S.

2010 Close World-System Encounters on the Western/Central Canadian Arctic periphery: Long-Term Historic Copper Inuit-European and Eurocanadian Intersocietal Interaction, Ph.D., University of Manitoba, Winnipeg, 318 pages.

This study examines long-term direct and indirect historic Copper Inuit-European and Eurocanadian intersocietal interaction in the western/central Canadian Arctic periphery. Utilizing theoretical perspectives deriving from world-system theory and moderate relativist orientations, and embracing ethnographic, ethnohistorical, and archaeological methodologies, the historic process by which the historic Copper Inuit, living externally to the modern capitalist world-system, came into contact with and were gradually incorporated into this expanding global system of interconnected states is examined. The process leading to the ultimate incorporation of the historic Copper Inuit into the world-system is scrutinized through chronological stages and through two views: the perspective of the historic Copper Inuit mediating the penetration of the world-system, and a perspective based on world-system orientations.

Rencontres à la périphérie du système-monde dans le centre et l’ouest de l’Arctique canadien: interactions intersociétales à long terme entre les Inuit du Cuivre de l’époque historique et les Eurocanadiens, Ph.D., University of Manitoba, Winnipeg, 318 pages.

Cette étude se penche sur les interactions intersociétales directes et indirectes à long terme entre les Inuit du Cuivre de l’époque historique et les Européens et Eurocanadiens dans la périphérie que constitue l’Arctique canadien du centre et de l’ouest. En se fondant sur les perspectives théoriques issues de la théorie du système-monde et en prenant une orientation relativiste modérée, tout en intégrant des méthodologies ethnographiques, ethnohistoriques et archéologiques, nous examinons le processus par lequel les Inuit du Cuivre de l’époque historique, vivant à l’extérieur du système-monde capitaliste moderne, sont entrés en contact avec le système mondial en expansion d’États interconnectés et y ont progressivement été incorporés. Ce processus conduisant à l’incorporation ultime des Inuit du Cuivre de l’époque historique au système-monde est scruté par le biais d’étapes chronologiques et par l’intermédiaire de deux perspectives: celle des Inuit du Cuivre de l’époque historique temporisant la pénétration du système-monde, et celle qui se base sur les orientations du système-monde.

KREJCI, Paul R.

2010 Skin drums, squeeze boxes, fiddles and phonographs: Musical interactions in the western Arctic, late 18th through early 20th centuries, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 577 pages.

This dissertation explores the nature of early globalization in the Western Arctic with a focus on musical interaction between Indigenous and foreign populations from the late 18th century to the 20th century. The region experienced an unprecedented amount of cultural contact represented by various cultural groups including Native Alaskan, Canadian, Chukotkan, European American, African American, Latin American, Asian American, Oceanic peoples, and others. Numbering in the thousands, Natives and non-Natives developed continuous and long-term relations working as explorers, whalers, traders, missionaries, miners, hunters, trappers, seamstresses, educators, law-enforcement officials, and scientists. The Western Arctic’s ethnically diverse population, relatively harsh physical surroundings, and absence of a common language allowed musical activity to serve as an important means of communication and increase awareness of the world. Music and dance helped to promote social bonding, trade, and religion. They also expressed cultural identity and contributed to ethnic differentiation. An examination of this musical interchange forms the first part of this study. Local Indigenous communities during the late 18th, 19th, and early 20th centuries interacted most extensively with the influx of explorers, commercial whalers, traders, and missionaries. Throughout the year but especially during the long winter season, these groups often participated in formal, informal, and impromptu gatherings featuring various types of music such as Indigenous drum dance and song, folk, popular, church, and classical. Musical instruments including frame drums, fiddles, accordions, harmonicas, organs, pianos, guitars, and devices such as phonographs, organettes, and music boxes played an essential role in musical exchange. Just as significantly, these objects also ranked as some of the region’s more popular trade commodities. Perceptions of Northern Indigenous peoples through music and dance constitute a second part of this study. Outside fascination with the Arctic and its inhabitants, as reflected in the many examples of late 19th and early 20th century sheet music, piano rolls, and recordings, suggests that cross-cultural interests, though often superficial and caricatured, were also reciprocal. Early musical representation of Arctic culture via Southern compositions and performances shares crucial links to the expansion of globalization in North America and beyond.

Tambours de peau, accordéons, violons et phonographes: interactions musicales en Arctique de l’ouest, de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 577 pages.

Cette thèse explore la nature des débuts de la mondialisation en Arctique de l’ouest en se concentrant sur les interactions musicales entre les populations autochtones et étrangères, de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle. La région a connu un niveau sans précédent de contacts culturels entre des groupes culturels variés, au nombre desquels se trouvent des autochtones de l’Alaska et du Canada, des Tchouktches, des Euro-Américains, des Afro-Américains, des Sud-Américains, des Américains d’origine asiatique, des peuples de l’Océanie, et d’autres. Par milliers, les Autochtones et non-Autochtones ont entretenu des relations continues et à long terme en tant qu’explorateurs, baleiniers, commerçants, missionnaires, mineurs, chasseurs, trappeurs, couturières, enseignants, représentants de la loi et scientifiques. La diversité ethnique de la population de l’Arctique de l’ouest, de pair avec un environnement physique relativement dur et l’absence d’un langage commun ont permis à l’activité musicale de servir d’important moyen de communication et d’accroître la conscience du monde environnant. La musique et la danse ont contribué à faciliter les liens sociaux, le commerce et la religion. Elles ont également permis l’expression de l’identité culturelle et ont contribué à la différenciation ethnique. La première partie de cette étude consiste en un examen de ces interactions musicales. Les communautés autochtones locales, entre la fin du XVIIIe, tout le cours du XIXe et le début du XXe siècle, ont eu des interactions intenses avec le flux des explorateurs, des baleiniers, des commerçants et des missionnaires. Tout au long de l’année, mais plus particulièrement au cours de la longue saison d’hiver, ces groupes se rassemblaient souvent, de manière formelle, informelle ou impromptue, pour jouer différents types de musique telles que chansons et danses du tambour autochtones, ou musiques folkloriques, populaires, religieuses et classiques. Les instruments de musique, au nombre desquels se trouvent tambours sur cadre, violons, accordéons, harmonicas, harmoniums, pianos, guitares, et les appareils tels que phonographes, orgues de Barbarie et boîtes à musique ont joué un rôle essentiel dans les échanges musicaux. Il est tout aussi significatif de constater que ces objets se classaient également parmi les biens de consommation les plus recherchés dans la région. La seconde partie de cette étude examine les perceptions des peuples autochtones du Nord à travers la musique et la danse. Hormis la fascination pour l’Arctique et ses habitants qui se traduit par de nombreux exemples à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les partitions de musique, les rouleaux des pianos mécaniques et les enregistrements suggèrent que l’intérêt interculturel, bien que souvent superficiel et caricatural, était également réciproque. Les premières représentations musicales de la culture arctique par l’intermédiaire de compositions et de représentations dans le Sud partagent des liens incontournables avec l’expansion de la mondialisation en Amérique du Nord et au-delà.

LUKENS, Robert D.

2011 American Arctic exploration: A social and cultural history, 1890-1930, Ph.D., Temple University, Philadelphia, 266 pages.

The Arctic has long held power over the American imagination as a place of otherworldly beauty, life-threatening elements, and dangerous wildlife. Nearing the end of the 19th century, in a time of great anxiety about the direction of American society, the region took on new significance. As a new frontier, the Arctic was a place where explorers could establish a vigorous and aggressive type of American manhood through their exploits. Publications, lectures, newspaper accounts, and other media brought the stories of these explorers to those at home. Through such accounts, the stories of brave explorers counteracted the perceived softening of men and American society in general. Women played a crucial role in this process. They challenged the perceived male-only nature of the Arctic while their depiction in publications and the press contradictorily claimed that they retained their femininity. American perceptions of the Arctic were inextricably intertwined with their perceptions of the Inuit, the Indigenous peoples who called the region home. In the late 19th century, Americans generally admired the Inuit as an exceptional race who embodied characteristics that were accepted in American Society as representing ideal manhood. Over time the image of the Arctic in American society shifted from one of a terrifying yet conquerable place to one of an accessible and open place by the 1920s. This “friendly Arctic”—a term coined by anthropologist Vilhjalmur Stefansson—appeared to be a less threatening and intimidating place. Due to new technologies and geographical accomplishments, the Arctic appeared to become more accessible and useable. As the Arctic’s depiction in American society gradually shifted towards a more “friendly Arctic,” the role of women in the Arctic shifted as well. Women increasingly participated in this new friendly Arctic. While still claiming that their femininity remained, both fictional and non-fictional female explorers participated in a wide array of Arctic activities. The image of the Inuit, too, underwent a transformation. Americans viewed the Inuit with less respect than in prior decades. Open Arctic theories and rising technological advancements contributed to this change. The decline in respect also stemmed from beliefs that the Indigenous Northerners were set on a course of extinction or assimilation. Ultimately, the late-19th- and early-20th-century relationship between Americans and the Arctic laid the foundation for present-day views of the region and the Inuit.

Exploration de l’Arctique par les Américains: histoire culturelle et sociale, 1890-1930, Ph.D., Temple University, Philadelphie, 266 pages.

L’Arctique a longtemps exercé son pouvoir sur l’imagination des Américains, qui le concevaient comme un lieu d’une beauté d’outre monde, où les éléments étaient impitoyables et la vie sauvage, dangereuse. À l’approche de la fin du XIXe siècle, à une époque où la société américaine connaissait de grandes angoisses quant à la direction qu’elle devait prendre, la région prit une nouvelle signification. En tant que nouvelle frontière, l’Arctique devenait le lieu où les explorateurs pouvaient affirmer un type vigoureux et agressif de virilité américaine en y accomplissant des exploits. Diverses publications et conférences, des récits journalistiques et de divers médias rapportaient dans les foyers les histoires de ces explorateurs. Par l’intermédiaire de ces récits, les histoires des courageux explorateurs contrebalançaient ce que l’on percevait être l’amollissement des hommes et de la société américaine en général. Les femmes jouèrent un rôle essentiel dans ce processus. Elles mettaient au défi ce que l’on percevait comme la nature exclusivement masculine de l’Arctique, tandis que les publications et la presse les contredisaient en affirmant qu’elles conservaient toute leur féminité. Les perceptions que les Américains avaient de l’Arctique étaient inextricablement mêlées à leur perception des Inuit, les autochtones dont cette région était le foyer. À la fin du XIXe siècle, les Américains, en général, admiraient les Inuit pour être une race exceptionnelle incarnant les traits de caractère qui, dans la société américaine, représentaient la masculinité idéale. Avec le temps, l’image de l’Arctique dans la société américaine se transforma, passant de lieu terrifiant mais dont la conquête était cependant possible, à un lieu accessible et ouvert, dans les années 1920. Cet «Arctique amical» — expression forgée par l’anthropologue Vilhjalmur Stefansson — paraissait moins menaçant et intimidant. Grâce aux nouvelles technologies et aux avancées sur le plan des connaissances géographiques, l’Arctique devint plus accessible et utilisable. À mesure que les descriptions de l’Arctique, dans la société américaine, passaient progressivement à un stade «plus amical», le rôle des femmes dans l’Arctique se transformait également. Les femmes eurent une participation de plus en plus grande dans ce nouvel «Arctique amical». Tout en affirmant toujours avoir conservé leur féminité, des exploratrices tant réelles que de fiction ont participé à un large éventail d’activités en Arctique. L’image des Inuit connut également une transformation. Les Américains les considérèrent avec moins de respect que durant les décennies précédentes. La diversité des théories sur l’Arctique et les progrès technologiques contribuèrent à ce changement, mais le déclin du respect provenait également de la croyance que les peuples autochtones nordiques étaient voués à l’extinction ou à l’assimilation. Finalement, c’est cette relation des Américains à l’Arctique, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, qui a posé les fondations des perceptions contemporaines de la région et des Inuit.

RIDDLE, Andrew Thomas Ray

2010 Camping at the Caribou Crossing: Relating Palaeo-Eskimo Lithic Technological Change and Human Mobility Patterns in Southeastern Victoria Island, Nunavut, Ph.D., University of Toronto, Toronto, 325 pages.

This dissertation explores the interrelatedness of lithic technology and human mobility in the ancient central North American Arctic. Palaeo-Eskimo populations inhabited southeastern Victoria Island, Nunavut, discontinuously for over 3,000 years. During this time, Palaeo-Eskimo lifeways are believed to have changed significantly in regards to subsistence economy, settlement patterns, interaction patterns, and mobility. One of the most significant changes is a marked decrease in the scale and frequency of human mobility and an increase in the re-occupation of seasonal camps. Palaeo-Eskimo material culture is observed to undergo important changes at the same time; consequently, one wonders what influence(s) mobility may have effected on the form and nature of Palaeo-Eskimo material culture. This work examines the potential influence of human mobility on lithic technology in the Pre-Dorset, Early Dorset, and Middle Dorset periods as evidenced by lithic assemblages from nine archaeological sites and site components in the Iqaluktuuq (Ekalluk River) region of Victoria Island. Over 800 formal tools and 30,000 pieces of debitage were examined and analyzed according to two interpretive frameworks: one technological and the other mobility-related. The technological analyses demonstrate that significant changes took place in lithic production and maintenance processes during the Palaeo-Eskimo period. The mobility-related analyses demonstrate that, while many of the changes to lithic technological organization are consistent with expected trends resulting from a decrease in human mobility, not all aspects of Palaeo-Eskimo lithic tool production, maintenance, and use appear to have been similarly influenced by this change in mobility.

Camper à Caribou Crossing: changements dans la technologie lithique des Paléoesquimaux et schèmes de déplacements humains au sud-est de l’île Victoria, Ph.D., University of Toronto, Toronto, 325 pages.

Cette thèse explore les interconnexions entre la technologie lithique et la mobilité humaine dans l’Arctique nord-américain central d’autrefois. Les populations paléoesquimaudes ont habité le sud-est de l’île Victoria (Nunavut) depuis plus de 3 000 ans, de manière discontinue. On estime qu’au cours de cette longue période, les modes de vie des Paléoesquimaux ont considérablement changé sur le plan de l’économie de subsistance, des schèmes d’établissement, des modes d’interactions et de la mobilité. L’un des changements les plus significatifs est celui d’un déclin marqué de l’échelle et de la fréquence des déplacements humains et une réoccupation plus fréquente des campements saisonniers. On constate également que la culture matérielle des Paléoesquimaux a connu d’importants changements concomitants. On peut par conséquent s’interroger sur l’influence que la mobilité a pu exercer sur la forme et la nature de la culture matérielle des Paléoesquimaux. Cette étude examine l’influence potentielle de la mobilité humaine sur la technologie lithique durant les périodes du Pré-Dorsétien, du Dorsétien ancien et du Dorsétien moyen, telle qu’on peut la constater dans les assemblages lithiques de neuf sites archéologiques dans la région de l’Iqaluktuuq (rivière Ekalluk) dans l’île de Victoria. Plus de 800 outils achevés et 30 000 éclats de débitage ont été examinés et analysés en fonction de deux cadres d’interprétation: l’un technologique, l’autre se basant sur la mobilité. Les analyses technologiques démontrent que d’importants changements sont intervenus dans la production lithique et les processus de fabrication au cours de la période paléoesquimaude. Bien que de nombreux changements dans l’organisation technologique lithique concordent avec ce à quoi l’on pouvait s’attendre du fait d’un déclin de la mobilité humaine, les analyses se fondant sur la mobilité démontrent que tous les aspects de la production, de l’entretien et de l’usage d’outils lithiques par les Paléoesquimaux n’ont pas été semblablement influencés par ce changement dans la mobilité.

TURCOTTE-SEABURY, Catherine

2011 Wage employment, traditional subsistence, and aspirations among Inupiat and Yup’ik in the mixed economy of Northwest Alaska, Ph.D., University of New Hampshire, Durham, 214 pages.

This project identifies, investigates, and analyzes factors contributing to the maintenance of a mixed economy in villages and regional centres largely inhabited by Iñupiat and Yup’ik in three regions of Northwest Alaska. By examining employment and subsistence patterns, desires for relocation, and employment and subsistence aspirations, this research will contribute to understanding of work (both traditional and modern), culture, and population shift within Indigenous, Arctic populations. The Survey of Living Conditions in the Arctic (SLiCA) is used in conjunction with aggregate demographic data from the Arctic Observation Network Social Indicators Project (AON-SIP), and interviews with residents in the Northwest Arctic Borough communities of Kotzebue and Kivalina, Alaska to provide a detailed account of factors contributing to wage and subsistence practices. Bivariate and multivariate analyses are used to discern differences in behaviour and attitudes across gender and place types, and to uncover patterns of work, choice, and movement throughout the region. By focusing on four SLiCA variables that capture actual subsistence and employment levels, a desire to leave one’s town or village, and work aspirations on an individual level, I explore cultural, economic, individual, and community-level factors associated with participating in and having ambitions for wage employment, subsistence activities, and migration. Although a number of previous studies have focused on the Northern mixed economy and levels of participation, little research has sought to identify factors acting as catalysts—pushing individuals to desire work in the wage economy while maintaining traditional subsistence patterns. Few, if any, studies have examined what individuals do versus what they aspire to do. Results show that aspirations for participation in the mixed economy diverge by place, with more town residents appearing both to desire wage employment and to have thought of moving elsewhere. Males are more apt to participate more heavily in subsistence activity and wage work. Overall, results indicate that participation in subsistence and traditional activities while young is closely linked to participation as an adult, to desiring a lifestyle including subsistence, and to remaining in one’s Native community.

Emplois salariés, modes de subsistance traditionnels et aspirations des Inupiat et des Yup’ik dans l’économie mixte du Nord-Ouest de l’Alaska, Ph.D., University of New Hampshire, Durham, 214 pages.

Cette étude identifie, interroge et analyse les facteurs qui contribuent au maintien d’une économie mixte dans les villages et les centres régionaux habités majoritairement par les Inupiat et les Yup’ik dans trois régions du Nord-Ouest de l’Alaska. En examinant l’emploi et les schémas de subsistance, les désirs de relocalisation et les aspirations à l’emploi et à la subsistance, cette recherche contribuera à la compréhension des changements dans le travail (autant traditionnel que moderne), de la culture et de la population au sein des populations autochtones de l’Arctique. Le Sondage sur les conditions de vie en Arctique (Survey of Living Conditions in the Arctic, SLiCA), est utilisé en conjonction avec des données démographiques compilées à partir du Projet des indicateurs sociaux du Réseau d’observation de l’Arctique (Arctic Observation Network Social Indicators Project, AON-SIP), ainsi que des entrevues réalisées auprès des habitants des communautés de Kotzebue et Kivalina (Northwest Arctic Boroughs, Alaska) pour fournir un rapport détaillé des facteurs qui contribuent aux emplois salariés et aux pratiques de subsistance. Nous utilisons des analyses bivariées et multivariées pour discerner les différences de comportements et d’attitudes selon les genres et les lieux, et pour découvrir les schémas de travail, de choix et de mouvement à travers toute la région. En prenant pour base quatre variables SLiCA qui donnent une image réaliste des niveaux de subsistance et d’emploi, des désirs de quitter sa ville ou son village et les aspirations de travail au niveau individuel, nous explorons les facteurs culturels, économiques, individuels et communautaires associés à la participation et à l’aspiration à l’emploi salarié, aux activités de subsistance et à la migration. Bien qu’un certain nombre d’études antérieures se soient focalisées sur l’économie mixte du Nord et les niveaux de participation, peu de recherches ont été effectuées pour identifier les facteurs qui agissent comme catalyseurs — qui poussent les individus à désirer travailler dans l’économie salariée tout en conservant des schémas de subsistance traditionnels. Très peu d’études, s’il en est, ont examiné la disparité entre ce que font les individus et ce qu’ils aspirent à faire. Les résultats démontrent que les aspirations à participer à l’économie mixte sont variables en fonction des lieux, davantage d’habitants des villes paraissant désirer à la fois un emploi salarié et avoir pensé à vivre ailleurs. Les hommes sont plus désireux de participer davantage aux activités de subsistance et au travail salarié. Dans l’ensemble, les résultats indiquent que la participation aux activités traditionnelles et de subsistance pendant la jeunesse est étroitement liée à la participation en tant qu’adulte, au désir d’un mode de vie qui puisse inclure la subsistance, tout en restant dans sa communauté de naissance.

WILLIAMS, Lisa A.

2010 Media, identity, and international relations: The Arctic and Inuit in film and Canada’s Arctic foreign policy, Ph.D., York University, Toronto, 490 pages.

Beginning with the assertion that much of what is known about the Canadian Arctic and the Inuit has to do with popular culture and international relations, this dissertation explores the formation of knowledge about the Canadian Arctic and Inuit through an intertextual analysis of film and Canada’s Arctic foreign policy from WWII to 2007. Drawing on postcolonial and critical theories of international relations and security studies, film studies, and literary criticism, this dissertation identifies themes, characters and actors, settings, and techniques of representation as intertexts produced by film and discourses in Canada’s Arctic foreign policy. It is found that film and Canada’s Arctic foreign policy have identified and defined the Arctic space through a theme of militarization, have represented the Arctic space as an empty, marginal setting lacking intrinsic worth, and have used white-settler technologies of cartography and surveillance as techniques to make the Arctic a knowable space. Inuit have been represented and defined through a theme of tradition and modernity as peoples who are invisible non-actors or are subjugated and subservient, as understood through white-settler technologies of exclusion and surveillance. These intertexts connect with a larger system of meaning that is underpinned by colonial knowledge, in which it is common sense to think about the Arctic and Inuit in particular ways. Additionally, through Inuit films and Inuit circumpolar transnational relations, this dissertation shows how Inuit have challenged knowledge created by film and Canada’s Arctic foreign policy. The theme of participation through representation, the identification of Inuit as legitimate actors and characters, the representation of the Arctic setting as Nunaat (Inuit homeland), and the use of techniques of representation that promote Inuit identities are intertexts produced by Inuit film and Inuit circumpolar transnational relations. These intertexts connect with a larger system of meaning that challenges white-settler common sense knowledge about the Arctic and Inuit. The knowledge underpinning this alternative system of meaning is Inuit, as it is shaped by Inuit actors and is a part of Inuit knowledge (Inuit Qaujimajatuqangit). It is also postcolonial, as it questions and challenges white-settler forms of knowledge and representation.

Médias, identité et relations internationales: l’Arctique et les Inuit dans les films et dans la politique étrangère du Canada en Arctique, Ph.D., York University, Toronto, 490 pages.

En commençant par l’axiome que l’essentiel de ce que l’on connaît sur l’Arctique canadien et les Inuit relève de la culture populaire et des relations internationales, cette thèse explore la formation de la connaissance au sujet de l’Arctique canadien et des Inuit par le biais d’une analyse intertextuelle des films et de la politique étrangère canadienne concernant l’Arctique depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’en 2007. En se basant sur les théories critiques et postcoloniales des relations internationales, ainsi que les études sur la sécurité, les études filmiques et la critique littéraire, cette thèse identifie des thèmes, des personnages et des acteurs, des localisations et des techniques de représentation en tant qu’intertextes produits par les films et les discours de la politique étrangère canadienne relative à l’Arctique. On découvre que le film et la politique étrangère ont identifié et défini l’espace de l’Arctique par le biais du thème de la militarisation, qu’ils ont représenté cet espace comme étant vide, lieu marginal dépourvu de valeur intrinsèque, et qu’ils ont utilisé les technologies de la cartographie et de l’exploration des colons blancs pour faire de l’Arctique un espace connaissable. Les Inuit ont été représentés et définis par l’intermédiaire des thèmes de la tradition et de la modernité en tant que non-acteurs invisibles, ou bien subjugués et soumis, du point de vue des technologies d’exclusion et de surveillance des colons blancs. Ces intertextes entrent en relation avec un système de sens élargi sous-tendu par la connaissance coloniale, dans laquelle il est usuel de penser l’Arctique et les Inuit de manière particulière. En outre, par le biais de films inuit et de récits inuit circumpolaires et transnationaux, cette thèse montre comment les Inuit ont contesté la connaissance créée par les films et la politique étrangère canadienne concernant l’Arctique. Le thème de la participation par le biais de la représentation, de l’identification des Inuit en tant qu’acteurs et personnages légitimes, la représentation de l’environnement arctique en tant que Nunaat (pays des Inuit), et l’usage de techniques de représentation qui valorisent les identités inuit sont des intertextes produits par les films inuit et les relations inuit circumpolaires transnationales. Ces intertextes entrent en relation avec un système de sens élargi qui contredit la connaissance communément admise des colons blancs au sujet de l’Arctique et des Inuit. La connaissance qui sous-tend ce système de sens alternatif est inuit, tout comme elle est constituée par des acteurs inuit et qu’elle fait partie des savoirs inuit (Inuit Qaujimajatuqangit). Elle est également postcoloniale en ce qu’elle remet en question et contredit les formes de connaissance et de représentation des colons blancs.

WISNIEWSKI, Josh

2010 Come on Ugzruk, let me win: Experience, relationality, and knowing in Kigiqtaamiut hunting and ethnography, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 312 pages.

This ethnography of marine mammal hunting explores linkages between personal experiences and shared understandings of ecological phenomena among a group of Kigiqtaamiut hunters in Shishmaref, Alaska. Specifically it examines the relationships between Kigiqtaamiut hunters’ experiences in the world and means by which the experienced world is brought into being through hunters’ ways of knowing. This research is informed by three spring hunting seasons spent as a member of a familial marine mammal hunting crew and over 20 months of fieldwork. It addresses hunters’ ways of learning, knowing, and directly experiencing the reality of the phenomenal world. Exploring a multiplicity of modes and facets of experience connected to the relationships between hunters’ process-oriented way of knowing bearded seals (Eringathus barbatus) through an experiential ethnographic investigation, I empirically examine the practices of hunting and the ethnography of hunting as linked, reflexive, and ultimately inseparable processes of coming to know. Considering the plausibility that a more rigorous presentation of a way of knowing can be realized through highlighting the reflexive and experiential interactions that shape these two concurrent phenomenological inquiries, this study proposes an “ethnography of knowing” to engage these multiple-linked processes of knowledge construction. It is suggested that separating hunters’ ways of being and knowing misconstrues the depth and complexity of local knowledge as actualized in pragmatic decision-making processes in a context of hunting. By examining Kigiqtaamiut/bearded seal relations, the set of hunting practices that most significantly shape the hunting mode of being in Shishmaref are explored. Collapsed into this ethnographic and phenomenological analysis of human/bearded seal ecology are the connections between hunters’ ways of knowing, local pedagogy, the structure and usage of hunting narratives and topical lexicon to convey information, and the significance of place and local histories. Analysis of these intersecting and mutually informative themes highlights how hunters’ means of learning and knowing as a continuous process of experience both shape and are shaped by socioculturally mediated experiences with natural phenomena. This work speaks to dimensions of hunters’ ways of knowing both manifest in and shaping lived experiences. In doing so, this dissertation furthers regional ethnography, the anthropology of knowledge studies, human environmental relations, and understandings of the human condition of being-in-the-world.

Allez, Ugzruk, laisse-moi gagner: expérience, relationalité et savoir dans la chasse et l’ethnographie des Kigiqtaamiut, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 312 pages.

Cette ethnographie de la chasse aux mammifères marins explore les liens entre les expériences personnelles et la compréhension commune des phénomènes écologiques parmi un groupe de chasseurs kigiqtaamiut à Shishmaref, Alaska. Elle examine plus particulièrement les relations entre les expériences du monde par les chasseurs kigiqtaamiut et les moyens par lesquels le monde expérimenté existe à travers les modes de savoir des chasseurs. Cette recherche se base sur 20 mois de terrain dont trois saisons de chasse aux mammifères marins passées en tant que membre d’un groupe familial de chasseurs. Elle porte sur les modes d’apprentissage, de savoir et d’expérience directe de la réalité du monde phénoménologique des chasseurs. En explorant une multiplicité de modes et de facettes d’expériences en lien avec le savoir processuel que les chasseurs partagent au sujet du phoque barbu (Eringathus barbatus), j’examine empiriquement les pratiques de chasse et leur ethnographie comme des processus d’acquisition du savoir qui sont liés, réflexifs et finalement indissociables. Considérant qu’une présentation plus rigoureuse d’un mode de savoir peut être réalisée en mettant en évidence les interactions réflexives et expérientielles qui donnent forme à ces deux enquêtes phénoménologiques concurrentes, cette étude propose une «ethnographie du savoir» pour aborder ces processus, aux multiples liens, de l’élaboration des savoirs. Il est suggéré que le fait de séparer les modes d’être et de savoir des chasseurs donne une idée fausse de la profondeur et de la complexité du savoir local tel qu’il se réalise dans les processus pragmatiques de prises de décision dans un contexte de chasse. En examinant les relations des Kigiqtaamiut avec les phoques barbus, j’explore l’ensemble des pratiques de chasse qui donnent forme et sens au fait d’être un chasseur à Shismaref. À l’arrière-plan de cette analyse ethnographique et phénoménologique de l’écologie humains/phoques barbus se trouvent les connexions entre les modes de savoir des chasseurs, la pédagogie locale, la structure et l’usage des récits de chasse et le lexique topique servant à véhiculer l’information, en plus de la signification du lieu et des histoires locales. L’analyse de ces thèmes qui s’entrecroisent et se nourrissent mutuellement révèle comment les moyens d’apprentissage et de savoir des chasseurs à la fois constituent et sont constitués continuellement par les expériences de phénomènes naturels négociées socioculturellement. Ce travail évoque les dimensions des modes de savoir des chasseurs qui se manifestent dans les expériences vécues tout en leur donnant forme. Ce faisant, cette thèse approfondit l’ethnographie régionale, l’anthropologie des études sur les savoirs, les relations de l’être humain à son environnement et la compréhension de la condition humaine d’être au monde.