Dossier thématique

Quelques profils de participantes et de participants au projet « Un Canadien errant »

  • Chedly Belkhodja,
  • Gabrielle Breton-Carbonneau,
  • Yves Frenette,
  • Jacquelyn Hébert,
  • Monica Heller,
  • Patricia Lamarre et
  • Isabelle Monin

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Couverture de Un Canadien errant : les mobilités et la construction de la francité canadienne, Numéro 52, automne 2021, p. 9-166, Francophonies d'Amérique

Ce texte présente les trajectoires de quelques participantes et participants au projet « Un Canadien errant ». L’objectif est de braquer les projecteurs sur celles et ceux qui ont généreusement accepté de partager avec nous leurs projets, leurs ambitions et leurs réalités. Ces personnes s’inscrivent dans une longue histoire de mobilité dans la francophonie nord-américaine. Leurs mobilités et leurs ancrages sont l’illustration de la construction de la francité canadienne, dans le passé comme au présent. Nous commençons ce profil avec un couple, Paulette (Lemay) et Denis Duguay, résidants de Saint-Boniface. Comme la majorité des francophones de la Prairie canadienne, Paulette et Denis comptent parmi leurs ancêtres des personnes qui sont très mobiles, que ces derniers soient des Métis, des Canadiens français ou des immigrants franco-européens. L’histoire familiale des Duguay et des Lemay jette de la lumière sur la mobilité et le plurilinguisme à la base du peuplement de larges pans du continent, les liens avec les autochtones, la place des Métis au Manitoba et les profonds ancrages géographiques et communautaires des francophones du Manitoba. L’ancrage de Paulette et de Denis à Saint-Boniface est profond. Paulette naît le 9 février 1955 sur la route Tymthorak, au parc Windsor. Elle est la fille de France (Vermette) et de Pierre Ovila Lemay. La maison était une petite cabane « près du champ où les vaches laitières de monsieur Speirs de Modern Dairy broutaient de l’herbe à la journée longue », tel que le décrit Paulette, et où la famille avait même assez d’espace pour un poulailler. Lorsque Paulette a 3 ans, la famille déménage au 174 rue Goulet, dans le quartier Norwood. C’est dans cette maison que Paulette passera son enfance. En 1970, alors que Paulette a 15 ans, la famille emménage au 505 rue Ritchot. Bien que Paulette continue de fréquenter la même école (Précieux-Sang), le déménagement l’affecte énormément. Elle adorait la maison de la rue Goulet, sa chambre étant située près d’un petit grenier qui donnait sur la rue. De la petite fenêtre, elle pouvait observer les passants sans qu’ils ne la voient : « Ici, je pouvais espionner le monde. Quand ma soeur aînée revenait d’une date, je regardais pour voir… (rires) ». Cette vue sur la rue Goulet, Paulette l’a encore lorsqu’elle visite le cabinet de son médecin. En effet, la maison de son enfance est aujourd’hui un centre de santé. « Quand je vais dans la salle d’attente, là, pour voir mon médecin, je suis dans ma chambre à coucher. » Denis est aussi natif de Saint-Boniface. Il est né le 4 octobre 1951. Il est l’ainé des trois enfants de Simone (Dubois) et de Roland Duguay. Il a été élevé au 750 rue Taché dans un appartement adjacent au garage de son père, Rolly’s Autobody. Vers 1961, lorsque Denis a environ 10 ans, la famille emménage dans une nouvelle maison au 141 rue La Vérendrye, sur le même terrain que le garage. Peu après le déménagement, Rolly’s Autobody passe au feu. Son père reconstruit le garage, mais décède quatre ans plus tard, en 1965. Simone et ses enfants demeurent dans la maison et elle travaille tout près comme comptable pour une compagnie de construction. Elle suivra plus tard des cours par correspondance pour devenir comptable agréée. Elle se remarie en 2000 à Léo Grouette. Paulette et Denis se rencontrent au Cercle Molière, à Saint-Boniface. Elle y est comédienne et lui, technicien. Ils se marient le 23 juin 1973 à la cathédrale de Saint-Boniface. Partis en lune de miel par le train Transcontinental, Paulette et Denis s’arrêtent au retour à Québec, où ils passent deux ans (1973-1975). …

Parties annexes