Numéro hors-série, été 2025 L'Acadie, une biorégion ? Sous la direction de Yves-Marie Abraham
Comment concevoir des sociétés humaines plus soutenables, plus justes et plus démocratiques ? Telle est la question qui fonde pour l’essentiel le projet décroissanciste. Militants et chercheurs convergent généralement autour de l’idée que l’une des conditions à respecter pour atteindre cet objectif est de réorganiser nos vies à une échelle locale. Mais, comment définir cette échelle ? Quels principes adopter pour cette relocalisation ? Le concept de biorégion, élaboré par des écologistes et anarchistes californiens dans les années 1970, fournit une piste a priori prometteuse. Il désigne un territoire naturel à « échelle humaine », présentant une certaine unité sur le plan géographique (un bassin versant, par exemple), habité par une population s’efforçant d’en tirer sa subsistance à long terme, dans un souci de justice et d’autonomie. Nul n’observera aujourd’hui un tel phénomène. Il s’agit d’un projet politique à accomplir, d’un horizon à poursuivre. Dans cette perspective, on peut en revanche commencer par estimer le « potentiel biorégional » d’un territoire donné. C’est à ce travail que s’est attelée, au printemps 2024, une vingtaine d’étudiant.es ayant suivi le cours d’Yves-Marie Abraham sur la décroissance à HEC Montréal. Et c’est à propos de la péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, qu’ils ont enquêté sur les conditions dans lesquelles ce bout du monde pourrait devenir une biorégion. Pour ce faire, ils ont bénéficié des lumières d’Alain Deneault qui vit dans la région et promeut l’idéal biorégional. Avec une introduction d’Yves-Marie Abraham, ce numéro hors-série de Possibles présente une partie de leurs travaux, suivis d’une postface d’Alain Deneault.
Sommaire (37 articles)
Section Thématique
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Introduction : la péninsule acadienne, une biorégion potentielle ?
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Une goutte d’espoir
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Pris en étau
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L’érosion : risque ou catalyseur pour la biorégion ?
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Inconséquence
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La pêche aux homards, une activité à la fois familiale et industrielle
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Opportunités, mais pour qui ?
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Tim Hortons : un club social acadien
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HEC contre le monde
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La pétro-dépendance, principe structurant en Péninsule acadienne
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À la quête de l’« eau mort »
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Québédien, ou l’art de choisir sa patrie
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De l’Église catholique à la spiritualité en général, le tissage des liens communautaires dans la Péninsule acadienne
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Cercle fermé
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Les incontournables
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Éducation populaire entre deux lignes de pêche
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Pincez-moi
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Compatibilité d’une biorégion avec des idées libertariennes
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Gens d’Acadie
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Voyage acadien vers une utopie sonore
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Des distances qui rapprochent
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Espace délaissé, terre promise
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De pêche en fils
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Femme capitaine
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Miscou, mon amour insulaire
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La plage de Miscou
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Journée « mieux-être » à Lamèque
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L’Homme-orchestre de Miscou
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La grelinette et le levier du changement
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Les communs acadiens
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Réapprendre à produire ses aliments
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Les aîné∙es comme force motrice d’un projet biorégional
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Arriver au phare et ne pas virer de bord
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Du Commun
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Un jardin comme un monde
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Ensemble – Une oeuvre biorégionaliste
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Postface. La biorégion ici maintenant