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Conférence H.D. WoodsUn éclairage par les margesConference H.D. WoodsShedding Light from the Margins

  • Martine D’Amours

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  • Martine D’Amours
    Professeure, Département des relations industrielles, Université Laval, Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES)

Conférence prononcée le 27 mai 2021.

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Couverture de Volume 76, numéro 3, automne 2021, p. 389-615, Relations industrielles / Industrial Relations

Bonsoir à toutes et à tous, et merci au comité organisateur de l’édition 2021 du congrès de l’Association canadienne des relations industrielles (ACRI) de m’offrir cette tribune pour vous faire part de certains de mes travaux et réflexions sur le travail et l’emploi. J’aurais aimé m’adresser à vous lors de ce traditionnel banquet qui ouvre la voie aux échanges informels, mais, faute de pouvoir le faire, nous nous rabattrons une fois de plus sur le virtuel. D’abord quelques mots sur le titre de la conférence : « Un éclairage par les marges ». Je me suis toujours intéressée aux objets à première vue marginaux en relations industrielles, comme le travail indépendant, les formes de travail atypique et les régimes particuliers de représentation collective, comme celui des artistes. Je ne suis évidemment pas la seule à l’avoir fait. Sans aucune prétention d’exhaustivité, et pour me limiter ici aux chercheuses et chercheurs canadiens, je voudrais citer les Cranford, Vosko, Fudge, Tucker, Lewchuck, Vallée, Coiquaud, Boivin, Bernstein, Bartkiw sur l’emploi atypique, les Bernier, Slinn, Jalette, Bilodeau, Hanin sur les régimes particuliers de représentation collective. Puisqu’on m’a donné carte blanche quant au choix du thème de cette conférence, j’aimerais vous faire part de certaines réflexions sur ce que les marges nous apprennent, et sur l’occasion qu’elles nous fournissent de renouveler les modèles d’analyse en relations industrielles. Les marges sont des phénomènes minoritaires d’un point de vue statistique, mais elles agissent comme des révélateurs de changements fondamentaux et durables. Rappelons ici que, lorsque Marx fondait ses travaux sur le salariat, celui-ci n’occupait encore qu’une minorité des actifs. Et, pour reprendre les termes de l’historien Fernand Braudel, « les faits importants sont ceux qui ont des conséquences », et surtout quand ces conséquences sont « la modernité de l’économie, le “modèle” des “affaires” à venir, la formation accélérée du capital […], il faut y réfléchir à deux fois » (avant de considérer ces faits comme non pertinents) (Braudel, 1979, vol. 2, p. 540, cité dans Boltanski et Chiapello, 1999 : 100). Je me propose donc de vous parler de trois objets qui se situent plutôt aux marges du courant dominant en relations industrielles – le travail indépendant, le travail de plateforme et le travail informel –, pour ensuite faire le lien avec le renouvellement des modèles d’analyse dans notre champ de recherche. Ces réflexions me sont suggérées en partie par mes propres travaux, mais aussi par ceux de l’équipe de recherche que je forme depuis sept ans avec mes collègues Guy Bellemare et Louise Briand de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Frédéric Hanin de l’Université Laval et Leticia Pogliaghi, de la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM), ainsi que par les lectures et les discussions dans le cadre de mon séminaire doctoral annuel, auquel participent une proportion importante d’étudiantes et étudiants internationaux. Cette première partie de la conférence traite donc de trois objets en marge du courant dominant en relations industrielles. Les objets de la marge sont intéressants à étudier et à comprendre en soi, mais aussi comme des observatoires des transformations qui touchent ou toucheront le travail et l’emploi de manière plus générale. Le travail indépendant, traditionnellement conceptualisé comme l’envers du salariat, a décru tout au long du xxe siècle pour ensuite connaître une remontée importante à partir de la fin des années 1970, suivie d’une légère diminution. En 2020, sa part au sein de la population occupée s’est stabilisée autour de 13 % au Québec et de 15,4 % au Canada. Statistiquement, le travail salarié demeure et demeurera sans aucun doute la norme, au Canada comme ailleurs en Occident industrialisé ; c’est …

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