Revue québécoise de psychologie
Volume 46, numéro 3, 2026 Prévention en santé psychologique au travail en sécurité publique Sous la direction de Andrée-Ann Deschênes et Annie Gendron
N.D.L.R. : L’utilisation du genre non marqué dans certains textes vise à alléger la lecture et ne se veut aucunement discriminatoire.
Sommaire (10 articles)
Présentations
Articles
-
Thérapie cognitive et comportementale sur Internet pour le personnel de la sécurité publique : analyse qualitative de la rétroaction des usagères et des usagers du Québec
Amélie Fournier, Marie-Christine Rivest, Jill Price et Heather Hadjistavropoulos
p. 4–21
RésuméFR :
Les membres du personnel de la sécurité publique (PSP) sont régulièrement exposés à des situations potentiellement traumatiques pouvant nuire à leur santé mentale. Malgré l’importance des besoins, l’accès aux soins demeure limité en raison de contraintes d’horaire, du manque de temps, de la stigmatisation et de l’éloignement géographique. Dans ce contexte, la thérapie cognitive et comportementale sur Internet constitue une solution accessible et flexible permettant aux PSP d’obtenir du soutien en tout temps et en tout lieu. PSPNET est un programme de thérapie cognitive et comportementale sur Internet conçu pour soutenir la santé mentale des PSP au Canada, notamment au Québec, en abordant différents troubles comme l’anxiété, la dépression et le trouble de stress post-traumatique. La présente étude s’intéresse à la démarche « Développement du bien-être du PSP », offerte avec un suivi possible par une ou un psychothérapeute. Une analyse qualitative des rétroactions écrites de 113 usagères et usagers ayant complété un questionnaire de satisfaction a été réalisée. Les résultats montrent que 88 % ont développé des compétences jugées utiles et que 91 % ont apprécié différents aspects de la démarche, notamment le suivi thérapeutique. Toutefois, 51 % ont mentionné certains éléments moins appréciés, comme le rythme perçu comme trop rapide. Des effets indésirables ont été rapportés par 18 % des usagères et usagers, alors que 12 % ont formulé des suggestions d’amélioration. Des différences nuancées selon le genre ont également été observées.
EN :
Public safety personnel (PSP) are regularly exposed to potentially traumatic situations that may negatively affect their mental health. Despite the significant need for care, access to mental health services remains limited due to scheduling constraints, lack of time, stigma, and geographic distance. In this context, Internet-delivered cognitive behavioural therapy represents an accessible and flexible solution that allows PSP to receive support anytime and anywhere. PSPNET is an Internet-delivered cognitive behavioural therapy program designed to support the mental health of PSP across Canada, including in Quebec, by addressing various mental health conditions such as anxiety, depression, and post-traumatic stress disorder. The present study focuses on the “PSP Well-Being Course”, offered with optional support from a psychotherapist. A qualitative analysis of written feedback from 113 users who completed a satisfaction questionnaire was conducted. Results showed that 88 % developed skills they considered useful and that 91 % appreciated various aspects of the course, particularly therapist support. However, 51 % mentioned less appreciated elements, such as the pace being perceived as too fast. Negative effects were reported by 18 % of users, while 12 % suggested improvements to the program. Nuanced gender differences were also observed.
-
Stress traumatique et événements potentiellement traumatiques auprès d’un échantillon de policiers belges francophones
Audrey Vicenzutto, Emilie Telle et Thierry H. Pham
p. 22–40
RésuméFR :
La police constitue l’une des principales professions de premiers répondants et l’exposition répétée à des événements potentiellement traumatisants (EPT) représente un facteur de risque important pour la santé mentale. Si la littérature internationale documente le stress traumatique chez les policiers, peu d’études portent sur les policiers belges francophones à partir d’un protocole indépendant du milieu policier. Cette étude investigue la prévalence et les facteurs associés au stress traumatique auprès de policiers belges francophones, en tenant compte des caractéristiques des EPT, des ressources mobilisées, ainsi que d’autres problématiques connexes telles que le traumatisme secondaire et l’épuisement professionnel. L’échantillon comprend 208 policiers issus de 16 Zones de Police Locale et d’un service de la Police Judiciaire Fédérale (69 % d’hommes; Mâge = 41,09 ans; É.-T. = 9,18). Le protocole reposait sur un entretien structuré incluant la Stanford Acute Stress Reaction Questionnaire (SASRQ), le Questionnaire d’évaluation du traumatisme psychique (TraumaQ) et l’Échelle de qualité de vie professionnelle (ProQOL). Les résultats indiquent un faible taux de stress aigu (13,9 %), mais une prévalence importante du stress post-traumatique (44,2 %), principalement de niveau léger. Près de 15 % présentent toutefois un niveau moyen à élevé nécessitant un soutien psychologique accru. Les policiers rapportent également un niveau modéré d’épuisement professionnel. Enfin, les participant rapportent mobiliser davantage des ressources informelles (collègues, proches) que des aides professionnelles. Ces résultats rejoignent en grande partie les tendances de la littérature internationale et sont mis en perspective au regard des besoins d’aide psychologique en milieu policier belge.
EN :
Policing is one of the primary first-responder professions and repeated exposure to potentially traumatic events (PTEs) constitutes a significant risk factor for mental health problems. Although traumatic stress among police officers has been widely documented in the international literature, few studies have focused on French-speaking Belgian police officers using a protocol independent from police institutions. This study investigated the prevalence and predictors of traumatic stress among French-speaking Belgian police officers, considering the characteristics of PTEs, the formal and informal resources mobilized, and related mental health outcomes such as secondary traumatic stress and burnout The sample included 208 police officers from 16 Local Police Districts and one Federal Judicial Police service (69 % male; Mage = 41,09 years, SD = 9,18). Data collection relied on a structured interview protocol including the Stanford Acute Stress Reaction Questionnaire (SASRQ), the Psychological Trauma Assessment Questionnaire (TraumaQ), and the Professional Quality of Life Scale (ProQOL). Results indicate a low prevalence of acute stress (13,9 %) but a higher prevalence of PTSD symptoms (44,2 %), mainly at a mild level. Approximately 15 % of officers reported moderate-to-severe PTSD symptoms, suggesting a greater need for psychological support. Participants also showed low levels of secondary traumatic stress but moderate levels of burnout. Officers relied more frequently on informal support resources (colleagues and relatives) than on professional psychological services. These findings are consistent with trends reported in the international literature and highlight the importance of strengthening psychological support interventions within the Belgian police context.
-
Différences de genre et santé mentale en milieu policier : une revue de la littérature
Andréanne Angehrn et Alexandra Bisson Desrochers
p. 41–54
RésuméFR :
La population policière est régulièrement exposée à des évènements à potentiel traumatique. Elle est de ce fait plus à risque de développer divers troubles de santé mentale. La présence féminine ne cesse de croître à travers les organisations policières canadiennes, bien que les femmes demeurent minoritaires. Même si la prévalence de certains troubles de santé mentale varie en fonction du genre dans la population générale, peu d’études s’y intéressent dans la population policière. Pour ces raisons, il est primordial d’acquérir une compréhension approfondie des différences de genre dans le contexte de la santé mentale policière. La présente revue narrative vise à faire état des connaissances empiriques en ce qui a trait aux différences de genre en contexte de santé mentale policière. En somme, la littérature scientifique suggère que les hommes et les femmes présentent des profils cliniques distincts. Par exemple, les femmes policières sont plus à risque de développer des troubles anxieux et dépressifs. Les hommes policiers, quant à eux, ont plus de chance de développer un trouble lié à l’usage de substance. La documentation scientifique suggère également des résultats partagés quant au trouble de stress post-traumatique. En effet, les policières semblent davantage user de stratégies d’adaptation positive et s’appuyer sur leur soutien social, qui s’avèrent être d’importants facteurs de protection. Cet article permet d’approfondir la compréhension des différences et similitudes entre le vécu des hommes et des femmes policiers, outillant les personnes cliniciennes à mieux dépister certaines difficultés et à adapter leurs interventions cliniques afin de soutenir le bien-être de ces travailleurs.
EN :
Police officers are regularly exposed to potentially traumatic events. As a result, they are at greater risk of developing various mental disorders. The presence of women is steadily increasing across Canadian police organizations, yet they remain a minority. Although the prevalence of certain mental disorders varies by gender in the general population, few studies have focused on the topic within policing. As such, it is crucial to gain a thorough understanding of gender differences in the context of police mental health. This narrative review aims to present the empirical knowledge regarding gender differences in police mental health. In short, the scientific literature suggests that men and women present distinct clinical profiles. For example, women police officers are more at risk of developing anxiety and depressive disorders. Men police officers, on the other hand, are more likely to develop substance use disorders. The scientific literature also suggests mixed results regarding post-traumatic stress disorder. Indeed, women police officers appear to make greater use of positive coping strategies and rely more heavily on their social support networks, which prove to be important protective factors. The current review offers a more in depth and nuanced understanding of the differences and similarities between men and women working in policing, equipping clinicians to better identify certain difficulties and adapt their clinical interventions to support the well-being of these workers.
-
Portrait de la santé mentale des paramédics québécois en contexte post-pandémie
Sarah Bourget, Isabelle Cindy Légaré et Charles Côté
p. 55–67
RésuméFR :
La profession de technicien ambulancier paramédic (ci-nommé après paramédic) est hautement exigeante au niveau psychologique (Nirel et al., 2008; Sterud et al., 2006) ce qui a été exacerbé par le passage de la pandémie Covid-19 (Patel et al., 2023). L’objectif du présent article vise à décrire un portrait initial en matière de santé mentale des paramédics québécois en contexte post-pandémie à l’aide de questionnaires validés portant sur l’épuisement professionnel, la dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique. Les résultats démontrent que chacun des éléments évalués s’avère présent chez les paramédics, et ce, dans une proportion plus élevée comparativement à la population en général.
EN :
The profession of emergency medical technician (hereinafter referred to as paramedic) is highly demanding psychologically (Nirel et al., 2008; Sterud et al., 2006), which has been exacerbated by the Covid-19 pandemic (Patel et al., 2023). The objective of this article is to describe an initial portrait of the mental health of Quebec paramedics in a post-pandemic context using validated questionnaires on burnout, depression, anxiety and post-traumatic stress disorder. The results demonstrate that each of the elements assessed is present among paramedics, and in a higher proportion compared to the general population.
-
« Et peu importe à quel point tu veux t’en éloigner, tu te retrouves quand même affecté » : santé mentale et travail des policiers dans une municipalité du sud du Brésil
Karine Vanessa Perez, Ana Laura Brum et Carmem Regina Giongo
p. 68–78
RésuméFR :
Le travail policier se caractérise par une charge de travail intense et des expériences de souffrance, générant une usure physique et mentale. Dans ce contexte, l’objectif de cette étude était d’analyser les impacts du travail sur la santé mentale des policiers d’une municipalité de la région sud du Brésil, en mettant l’accent sur l’identification des stratégies utilisées au quotidien pour faire face aux adversités inhérentes à la profession. Pour ce faire, une approche qualitative a été choisie, basée sur une adaptation de la psychodynamique du travail. Des entretiens individuelles semi-dirigés ont été menés auprès de dix policiers, tous en poste depuis au moins six mois dans l’institution. Les résultats ont montré que, malgré les adversités, les participants ont fait état d’expériences de plaisir au travail, principalement grâce aux relations interpersonnelles établies avec leurs collègues. Cependant, la souffrance était présente, liée à la surcharge de travail et au manque de reconnaissance, justifiant ainsi l’usure physique et mentale observée. Un autre résultat a été le fait que l’activité policière s’étend à tous les aspects de la vie des professionnels, exigeant un état d’alerte constant, ce qui intensifie la souffrance psychique. Ces résultats soulignent l’urgent besoin de politiques publiques axées sur la promotion de la santé psychologique, notamment dans le contexte de la sécurité publique.
EN :
Police work is characterized by intense workloads and experiences of suffering, generating physical and mental fatigue. Against this backdrop, the aim of this study was to analyze the impact of work on the mental health of police officers in a municipality in the southern region of Brazil, focusing on the identification of strategies used on a daily basis to cope with the adversities inherent in the profession. To this end, a qualitative approach was chosen, based on an adaptation of the psychodynamics of work. Semi-structured individual interviews were conducted with ten police officers, all of whom had been with the institution for at least six months. The results showed that, despite adversities, the participants reported experiences of pleasure at work, mainly thanks to the interpersonal relationships established with their colleagues. However, suffering was present, linked to work overload and lack of recognition, justifying the physical and mental fatigue observed. Another finding was that police activity extends to all aspects of professionals’ lives, requiring a constant state of alert, which intensifies psychological suffering. These results underline the urgent need for public policies aimed at promoting psychological health, particularly in the context of public safety.
-
La mentalisation chez les policiers : un levier pour la santé mentale et la qualité des pratiques
Julie Maheux, Marie-Ève Cadieux, Annie Gendron et Andrée-Ann Deschênes
p. 79–95
RésuméFR :
Les policiers évoluent dans un milieu exigeant, marqué par des interventions fréquentes auprès de populations confrontantes ou vulnérables. La prise rapide de décisions sous pression les expose à des conséquences importantes, autant pour leur santé et leur sécurité que celles des citoyens. Ces défis professionnels, bien qu’inhérents à leur métier, peuvent mener à une détérioration de leur bien-être psychologique et affecter la qualité de leurs pratiques. Pour relever ces défis, de solides compétences interpersonnelles, cognitives et émotionnelles sont essentielles pour se protéger des risques du métier et pour favoriser des décisions et des interventions adaptées à chaque situation. La mentalisation, c’est-à-dire la capacité à détecter, se représenter et interpréter les états mentaux sous-jacents aux comportements de soi et d’autrui, constitue une compétence particulièrement importante dans ce contexte. En milieu policier, la mentalisation permettrait aux agents de maintenir une distance adéquate face à des situations à forte charge émotionnelle, tout en demeurant engagés et empathiques. Ceci favoriserait donc un équilibre qui permettrait d’éviter la réactivité et, ultimement, d’améliorer l’efficacité des interventions. Cet article présente une perspective théorique et conceptuelle sur le rôle de la mentalisation chez les policiers. Il propose un modèle exploratoire écosystémique qui considère cette habileté à la fois comme facteur de protection de leur santé psychologique et comme un levier pour améliorer leurs interventions auprès des populations vulnérables. Ce modèle vise également à orienter les équipes policières et les instances décisionnelles vers une considération accrue de cette compétence dans la formation et les pratiques professionnelles.
EN :
Police officers work in a demanding environment, frequently engaging with populations that may be confronting or vulnerable. The need to make rapid decisions under pressure exposes them to significant consequences, not only for their own health and safety but also that of the citizens they serve. While these professional challenges are inherent to their work, they can lead to a decline in psychological well-being and negatively impact the quality of their practices. To address these challenges, strong interpersonal and emotional skills are essential for protecting themselves from occupational risks and for making appropriate decisions and interventions tailored to each situation. Mentalization, which refers to the ability to detect, represent, and interpret one’s own mental states underlying one’s behaviors, as well as the mental states of others, is a particularly important skill in this context. In policing, mentalization may help officers maintain appropriate distance during highly emotional situations while remaining empathetic. This balance can help prevent impulsive reactions and ultimately improve the effectiveness of interventions. This article offers a theoretical and conceptual perspective on the role of mentalization in policing. It proposes an exploratory ecosystemic model that frames this ability both as a protective factor for officers’ psychological health and as a lever for improving their interventions with vulnerable populations. This model also aims to guide police organizations and decision-making bodies toward greater recognition of this skill in training and professional practices.
-
Inventaire des pratiques et des besoins des policiers en matière de soutien et d’intervention post-trauma
Andrée-Ann Deschênes, Annie Gendron, Marie-France Marin, Clémence Emeriau-Farges et Francis Lapointe
p. 96–110
RésuméFR :
Les policiers, par la nature de leur métier, peuvent faire face à des événements potentiellement traumatiques sur le plan psychologique, ce qui peut contribuer à des conséquences psychologiques importantes, notamment le trouble de stress post-traumatique. Ces problématiques peuvent générer des coûts personnels et organisationnels, incluant absentéisme, présentéisme et roulement de personnel. Il est donc essentiel d’étudier la prévention de la santé psychologique dans ce milieu et d’adapter les pratiques de soutien aux besoins des policiers. La présente étude vise à documenter les pratiques organisationnelles existantes ainsi que les besoins des policiers quant aux mesures de soutien psychologique offertes à la suite d’une exposition à un événement potentiellement traumatique vécu au travail. Pour atteindre l’objectif, une méthodologie qualitative a été privilégiée. Des entrevues semi-dirigées ont été menées auprès de 46 policiers provenant de 12 organisations. Tous ont rapporté avoir vécu au moins un événement potentiellement traumatique dans le cadre de leur fonction. Les analyses thématiques ont permis d’identifier des pratiques existantes dans les trois niveaux de prévention (primaire, secondaire et tertiaire), bien que celles-ci soient incomplètes et non uniformes entre les organisations. Les résultats ont également révélé cinq catégories de besoins à considérer dans l’offre de soutien psychologique post-trauma : organisation, gestionnaires, représentants syndicaux, pairs et intervenants psychosociaux. Cette étude contribue à l’avancement des connaissances sur les pratiques actuelles et les besoins des policiers après une exposition à un événement potentiellement traumatique.
EN :
Due to the nature of their work, police officers are regularly exposed to potentially traumatic events, which can lead to significant psychological consequences, including post-traumatic stress disorder. These issues generate considerable personal and organizational costs, such as absenteeism, presenteeism, and staff turnover. It is therefore essential to study the prevention and promotion of psychological health in this context and to adapt support practices to officers’ needs. This study aims to document existing organizational practices and the needs of police officers in Quebec regarding psychological support measures offered after exposure to a potentially traumatic work-related event. To achieve this objective, a qualitative methodology was adopted. Semi-structured interviews were conducted with 46 officers from 12 Quebec police organizations, continuing until data saturation was reached. All participants reported experiencing at least one potentially traumatic event in the course of their duties. Thematic analysis identified existing practices across the three levels of prevention (primary, secondary, and tertiary), although these practices were incomplete and inconsistent among organizations. The results also revealed five categories of needs to consider in post-trauma psychological support: Organization, managers, union representatives, peers, and psychosocial professionals. This study contributes to advancing knowledge on current organizational practices and the needs of police officers following exposure to a potentially traumatic event.
Rubrique méthodologique
-
Le rôle critique de la fidélité interjuge dans l’analyse des données observationnelles en psychologie
William Trottier-Dumont, Simon Paradis, Ève-Line Bussières et Chantal Cyr
p. 111–118
RésuméFR :
Les méthodes observationnelles, à partir desquelles des observateurs externes évaluent des comportements, sont des plus importantes pour assurer la fiabilité des données d’une étude, la validité des résultats obtenus, leur réplicabilité, et l’avancement des connaissances d’un domaine. Cependant, l’observation de comportements est sensible à la subjectivité des observateurs. Pour minimiser l’influence des biais personnels, il est essentiel d’évaluer la fidélité interjuge et d’atteindre un niveau de fidélité élevée, c’est-à-dire un accord satisfaisant entre plusieurs observateurs. L’objectif du présent article est de sensibiliser le lecteur aux pratiques rigoureuses permettant d’évaluer et faciliter la fidélité interjuge. Notamment, le kappa de Cohen sera utilisé pour les variables nominales et la corrélation intra-classe (ICC) le sera pour les variables continues. D’autres indices statistiques, comme l’interprétation adéquate des intervalles de confiance pour les variables continues, sont également présentés. Enfin, la formation des évaluateurs à l’outil d’observation, de même que le processus mis en place pour obtenir et calculer l’interjuge sont décrits comme des facilitateurs d’une fidélité interjuge élevée.