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21091.Plus d’information
RésuméEntre 1975 et 1997, la négociation chez les enseignants a été conduite sous l'égide de la loi concernant la négociation collective entre les commissions scolaires et leurs enseignants, communément appelée le « Bill 100 ». Suite à l'élection du gouvernement Harris en 1995, le secteur public, incluant l'éducation, a fait l'objet de coupures budgétaires, de restructuration et de réduction de sa taille. Cet article analyse la réforme gouvernementale du secteur public de l'éducation et fait une évaluation de son impact sur la négociation chez les enseignants. Notre message est le suivant : dans son zèle à remanier le système d'éducation, le gouvernement a jeté le bébé avec l'eau du bain ! De façon plus spécifique, il a démantelé un système innovateur et fructueux de négociation collective chez les enseignants et a entrepris un « assaut législatif » contre la négociation collective. Cela a déstabilisé le système de relations du travail et créé un climat de perpétuel conflit.L'adoption du Bill 100 en 1975 venait formaliser les coutumes et les traditions des négociations informelles pratiquées alors depuis des décennies, incluant la perpétuation d'une structure locale et balkanisée de négociation. L'étendue de la négociation incluait virtuellement toute condition de travail pourvu qu'elle n'entrât pas en conflit avec le droit existant. Les enseignants obtenaient le droit de grève et un nombre de mesures furent établies pour la prévention et le règlement des conflits; par exemple, la commission d'enquête obligatoire, le recours obligatoire aux offres finales et le vote de grève. On mettait également sur pied un organisme administratif distinct, la Commission des relations dans l'éducation, dont le rôle consistait à surveiller les négociations avec les enseignants, à nommer des tiers neutres, à conseiller le gouvernement dans des situations où des arrêts de travail pouvaient nuire à l'éducation des élèves et à maintenir une banque de données sur les conventions collectives entre les commissions scolaires et leurs enseignants.Quoique « l'assaut sur la négociation » chez les enseignants n'ait débuté qu'en 1997, une multitude de changements dans le secteur de l'éducation l'avait précédé. D'abord, l'allocation budgétaire prévue pour les écoles publiques avait été réduite de 400 millions de dollars pour l'année 1996 seulement et le gouvernement avait annoncé des projets de changements et d'améliorations du système scolaire. Ensuite, le gouvernement avait mandaté deux études, une pour analyser la structure des coûts de l'éducation et l'autre pour évaluer l'efficacité et l'efficience de la législation en vigueur (le Bill 100). Ces rapports ont donné le coup d'envoi à des changements législatifs majeurs au cours de l'année qui a suivi.Les changements les plus importants et les plus contestés ont été apportés par le « Bill 160 », soit la loi de 1997 visant l'amélioration de la qualité de l'éducation. Ceci a donné lieu à un arrêt de travail de deux semaines chez les 126 000 enseignants de la province et a entraîné un congé forcé pour 2,1 millions d'élèves. Cette nouvelle loi abrogeait le Bill 100 et assujettissait les enseignants à la loi sur les relations du travail. Elle prévoyait aussi l'imposition d'une charge de travail plus lourde pour les enseignants du secondaire. D'autres changements non moins controversés accordaient au Cabinet des pouvoirs étendus pour établir la politique de l'éducation et pour contrôler les commissions scolaires et leurs dirigeants. Elle accordait aussi à la province un plus grand contrôle des dépenses en éducation et empêchait les commissions scolaires locales de se procurer des revenus par l'imposition d'une taxe sur la propriété locale.Le Bill 160 annonçait un glissement de paradigme en matière de négociation collective. Il mettait fin à presque un quart de siècle de négociations sous l'égide du Bill 100. C'était aussi le début d'un chapitre de négociation forcée, au sein de laquelle le gouvernement intervenait de plus en plus en vue de restreindre le champ du négociable, enrayer le droit de grève et restreindre l'impartialité et l'indépendance du mécanisme d'arbitrage des différends.La ronde de négociation de l'année 1998 a donné lieu à une montée spectaculaire des litiges sur la charge de travail et le refus des enseignants de se porter volontaires pour des activités parascolaires. À la fin, la tentative du gouvernement d'établir une norme plus élevée et standardisée du temps d'enseignement a échoué. En juin 2000, le gouvernement dû légiférer pour imposer une charge plus élevée de travail aux enseignants. De plus, dans une tentative de réduire la marge de manoeuvre de négociation chez les syndicats d'enseignants, il menaçait de rendre obligatoires les activités parascolaires si les enseignants refusaient d'y participer. Les syndicats d'enseignants ont alors évité la confrontation en acceptant l'accroissement de la charge de travail mais ils ont maintenu leur refus de participer aux activités parascolaires. S'ensuivit une guerre d'usure jusqu'au moment où le gouvernement décida d'abandonner la ligne dure en mai 2001, ce qui traçait la voie vers une réduction de la charge de travail des enseignants.L'assaut sur la négociation collective des enseignants semble traduire un éventail de facteurs. Pour une chose, la négociation collective apparaissait comme un obstacle à une réforme de l'éducation. D'autres facteurs, de nature idéologique (la politisation des politiques du travail et l'hostilité du gouvernement face aux syndicats), de nature opportuniste (le fait d'humilier les enseignants pouvait se traduire par des gains électoraux), de nature personnelle (l'antipathie du Premier ministre à l'égard des syndicats d'enseignants), ont façonné l'approche gouvernementale dans le domaine. Le gouvernement Harris a apparemment fait preuve d'un manque de compréhension et d'appréciation des relations du travail dans le secteur public. Ceci s'est traduit dans ses tentatives à courte vue pour restreindre le champ de la négociation collective par la législation; dans son échec à reconnaître que le contrôle centralisé des dépenses et d'autres sujets en éducation ne cadraient pas avec les structures locales de négociation, et, également, dans ses attaques à l'intégrité de l'arbitrage des différends.En conclusion, la poursuite de la stratégie de réduction des coûts de la part du gouvernement Harris et le mépris de ce dernier à l'endroit des syndicats d'enseignants ont abouti au retrait d'une législation hautement stable et fructueuse. À la place, on retrouve une série de mesures cavalières dans une tentative de contrôle du processus de négociation et de ses résultats. Ces efforts ont sous-évalué la persistance de la négociation collective et, en bout de ligne, se sont avérés vains. De plus, et d'une manière plus importante, les tentatives pour discréditer la négociation collective ont entraîné une escalade drastique des conflits aussi bien à la table des négociations que sur les lieux de travail. Il sera intéressant de voir l'impact qu'auront le récent compromis sur la charge de travail des enseignants et la démission du Premier ministre Harris sur les perspectives d'une négociation stable chez les enseignants.
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21092.Plus d’information
Cette étude s'intéresse aux déterminants et aux incidences de la rémunération basée sur les compétences. Les données ont été colligées par questionnaire auprès de 189 responsables de la gestion des ressources humaines à l'emploi d'entreprises du secteur privé comptant plus de 200 employés. Les résultats confirment que l'adoption de la rémunération basée sur les compétences est positivement reliée à la culture de gestion participative. Après avoir contrôlé pour la taille de l'entreprise et la présence syndicale, les résultats montrent que, comparés aux autres, les répondants qui sont à l'emploi des organisations où l'on adopte la rémunération des compétences sont statistiquement plus portés à estimer (a) que leur organisation est plus performante tant sur le plan de la finance que des ressources humaines et (b) que leur processus de gestion du rendement est plus efficace tant pour réaliser la stratégie d'affaires que pour traiter équitablement le personnel.
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21093.Plus d’information
RésuméLa drogue, le sexe, le sida et la survie dans la rue Les voix de cinq femmesL'observation ethnographique d'un réseau d'une centaine d'utilisateurs de drogues par voie intraveineuse dans un quartier de New York en 1989 et 1990 nous a permis d'examiner leurs attitudes concernant le sida et les mesures de protection contre le VIH. Les récits et les expériences de cinq femmes qui s'injectaient de la drogue et qui gagnaient de l'argent en se prostituant constituent le cœur de cet article. À l'aide de témoignages comparables de leurs amis et de leurs proches, ainsi que d'un tableau plus général de l'usage des drogues et du commerce du sexe, nous avons obtenu des détails qui corroborent les événements qu'elles décrivent. Dans l'ensemble, il émerge de ces descriptions une certaine image récurrente des dangers et de la dure réalité de la survie dans la rue, faite de lutte constante contre le sort, de moments de désespoir, de solidarité et de dignité.
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21095.Plus d’information
RésuméLe visage de la femme. Entre la shari'a et la coutumeEn Algérie comme dans les autres sociétés islamisées, le conflit entre modernistes et fondamentalistes en cache un autre aussi important, sinon plus, entre le fondamentalisme et les coutumes locales. La discussion au sujet du vêtement et de l'apparence des femmes l'atteste. On essaie de montrer ici que la propagation du voile fondamentaliste recouvre une offensive contre les usages maghrébins et contre la doctrine mâlikite, qui a concilié pendant des siècles la lettre de la loi religieuse avec les usages locaux, la religion écrite et la religion orale.Mots clés : Benkheira, islam, rapport homme-femme, tradition, honneur, fondamentalisme, corps
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21096.Plus d’information
RésuméChamp de recherche à l'interface de la géographie et de l'épidémiologie, l'analyse des effets du milieu sur la santé a été l'objet, au cours des dernières années, d'un intérêt croissant. Les travaux dans ce domaine ont pour objectif l'étude des caractéristiques sociales et matérielles des milieux locaux comme facteurs de risque pour la santé. Dans un premier temps, nous proposons un survol des principales explications quant aux mécanismes par lesquels s'exercent les influences du milieu sur la santé. Nous présentons ensuite les aspects empiriques de la mesure des effets de milieu sur la santé. En conclusion, nous identifions des enjeux pour la recherche.
Mots-clés : Effets de contexte, milieux locaux, facteurs socioenvironnementaux, inégalités sociales de santé, Contextual effects, local milieux, socioenvironmental factors, social inequalities in health, Efectos de contexto, medios locales, factores socio-medio ambientales, desigualdades sociales de salud
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21097.Plus d’information
Même si plusieurs réformes ont été mises en place ces dernières années, la professionnalisation de l'université en Espagne est souvent remise en question dans des rapports d'expertise internationale. Pourtant, dans ce même contexte, les formations infirmières se distinguent par une longue tradition de coopération avec le monde professionnel, d'orientation pratique des curriculums et d'ouverture vers une forme d'alternance. En fondant notre analyse sur le principe d'une distinction entre une offre de formation et ses usages effectifs, nous nous sommes posé la question des effets de ces dispositifs sur le développement professionnel d'étudiants infirmiers. À partir d'une recherche collaborative menée en Espagne dans une faculté en sciences infirmières, nous avons mis en évidence les dynamiques professionnalisantes induites par un dispositif. Au-delà de l'influence de variables contextuelles, ces conjectures éclairent les conceptions que l'on peut avoir de l'objet « formation en alternance ».
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21098.Plus d’information
RésuméL'objet de cette recherche est de faire émerger les ressorts de la motivation entrepreneuriale et de repérer les logiques d'action des créateurs d'entreprise (projets) associées à chaque dimension de cette attitude. Plus précisément, l'étude vise à répondre aux deux questions suivantes : Quels sont les besoins et leur intensité à l'origine de la création d'entreprise ? Et dans quelle mesure la motivation entrepreneuriale influence-t-elle les projets des entrepreneurs ?À partir des questionnaires à l'attention de chefs d'entreprises nouvellement installés, nous recherchons les ressorts de la motivation entrepreneuriale (besoins et intensité de ces derniers), ses antécédents et les logiquesd'action du créateur (imitation, innovation-aventure, reproduction et innovation-valorisation). Cette étude s'appuie sur un cadre théorique issu de recherches sur la motivation et l'entrepreneuriat. Une série de relations de causalité est retenue puis testée. L'analyse permet de tirer un ensemble de conclusions sur la motivation entrepreneuriale.Les chemins de la motivation nous conduisent à des logiques d'action liées à des projets innovants et éclairent le phénomène de reproduction (ou mimétisme) que l'on observe parfois chez les créateurs d'entreprise. À l'origine, on relève des objectifs de développement et d'indépendance. Dans le premier cas, le créateur espère que son entreprise lui apportera des résultats tangibles sur les plans financier et matériel. Dans le second cas, l'entrepreneur est conscient que son projet lui demandera de s'investir de façon autonome sur l'ensemble des dimensions de son entreprise (gestion, commercialisation, etc.). Sur le chemin de la logique d'action de valorisation, on retrouve la non-aversion pour le risque, l'exploitation d'un contexte porteur conjuguée à une maîtrise des compétences et à un besoin de créativité. Ces deux dimensions sont associées à un objectif d'indépendance. La logique de reproduction est motivée par un sentiment de confiance en soi (locus of control, LOC) et répond à un objectif de développement de l'entreprise.
Mots-clés : Entrepreneuriat, Motivation, Logiques d'action, Innovation, Valorisation, Reconnaissance, Projets
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21099.Plus d’information
Cet article a pour objet de tester empiriquement les liens entre le niveau d'investissement productif des PMI et le degré d'incertitude de leur environnement et d'aversion au risque de leur dirigeant.Cette analyse est effectuée à partir de données issues de l'enquête qualitative de la Banque de France menée en 1996 sur les comportements stratégiques de 1439 PMI de l'industrie manufacturière française.Quatre styles de management, correspondant à des niveaux d'incertitude et d'aversion au risque opposés, sont mis en évidence et associés à des taux d'investissement significativement différents. Le recours à une régression multiple permet ensuite de confirmer et d'affiner les résultats obtenus.Il en ressort notamment que les phénomènes combinés d'incertitude et d'aversion au risque apparaissent comme des déterminants pertinents de la décision d'investir. Les conclusions de cette étude indiquent que, nonobstant un nécessaire renforcement de leur structure financière, la stimulation de l'investissement des PMI passe par des actions de sensibilisation à l'importance du recueil et du traitement de l'information stratégique ainsi que par des incitations à l'accroissement de leurs efforts en matière de dépenses en recherche et développement.
Mots-clés : Investissement, Irréversibilité, Dirigeant, Incertitude, Aversion au risque
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21100.Plus d’information
Dans la dernière décennie, l'école québécoise a accueilli un nombre important d'enseignants formés à l'étranger (MEES, 2018). Les recherches sur leur savoir-évaluer montrent que, pour les enseignants qui s'habituent aux normes et aux valeurs de la culture de l'évaluation pour la sanction dans leur pays d'origine, la prise en compte des conventions du travail de leur milieu d'accueil est un enjeu névralgique de leur intégration socioprofessionnelle (Morrissette & Demazière, 2018a). Inspirée de l'approche théorique de la justice sociale de Rawls (1971), une recherche collaborative s'est intéressée à un groupe de six enseignants formés à l'étranger et provenant de milieux méritocratiques, pour étudier leur adaptation à l'éthique de la différenciation en évaluation. Les analyses documentent une adhésion qui se conjugue au rythme d'un processus de conversion identitaire, négociée au travers d'une socialisation de la débrouille en quatre phases : la négation, la découverte, l'apprentissage et l'implication.
Mots-clés : enseignants formés à l'étranger, éthique de la différenciation en évaluation, recherche collaborative, socialisation de la débrouille, théorie de la justice sociale, collaborative research, ethics of differentiation in assessment, foreign-trained teachers, social justice theory, socialization of resourcefulness, ética da diferenciação na avaliação, investigação colaborativa, professores formados no estrangeiro, socialização do desenrasque, teoria da justiça social