Comptes rendus : Droit international

HENKIN, Louis, HOFFMANN, Stanley, KIRKPATRICK, Jeane J. & GERSON, Allan, ROGERS, William D., SCHEFFER, David J. Right v. Might : International Law and the Use of Force. Second Edition. New York, Council on Foreign Relations Press, 1991,212 p.[Record]

  • Onnig Beylerian

709

John O'Loughlin et Luc Anselin développent une théorie et une méthodologie pour l'analyse spatiale des relations internationales, déterminant la nature et l'importance du facteur géographique dans ces relations. Ils en font ensuite une application à l'analyse régionale des conflits/coopération en Afrique. Le cas de l'Afrique est également retenu par Andrew Kirby et Michael D. Ward, dans une comparaison du processus de la formation des États entre l'Europe (où il a été le plus fréquemment analysé) et l'Afrique.

Les quatre chapitres suivants traitent de la géopolitique des guerres et activités militaires. Jan Nijman étudie la dynamique temporelle-spatiale des expansionnismes soviétique et américain. Paul Diehl présente une revue de la littérature empirique sur la géographie et la guerre, distinguant deux lignes de recherche : les travaux traitant la géographie comme une condition facilitant l'émergence de conflits, et ceux qui analysent la géographie comme source de conflits. Parmi les nouvelles directions de recherche suggérées, les études développant les thèmes d'opportunité et volonté dans l'analyse des guerres peuvent être enrichies par l'apport de la géographie, comme le développent plus loin Randolph Siverson et Harvey Starr à propos de la diffusion des guerres sur la période 1816-1965 dans le chapitre final. Auparavant, Charles Gochman applique le concept de proximité géographique à l'analyse des conflits interétatiques depuis le Congrès de Vienne.

L'ouvrage présente en effet, comme annoncé par son coordonnateur,

quelques-unes des directions nouvelles de la géopolitique. Il ne débouche pas encore vraiment sur la thématique annoncée de l'érosion de l'État.

Marie Lavigne

Université de Pau, France

DROIT INTERNATIONAL

Henkin, Louis, Hoffmann, Stanley, Kirkpatrick, Jeane J. & Gerson, Allan, Rogers, William D., Scheffer, David J. Right v.

Might : International Law and the Use of Force. Second Edition. New York, Council on Foreign Relations Press, 1991,212 p.

Une partie substantielle du recueil a été écrite dans le contexte, maintenant révolu, du débat sur la Doctrine Reagan. Souvenons-nous que suivant cette doctrine les États-Unis s'attribuaient le droit d'appuyer militairement tout mouvement in-surrectionnaire luttant contre les régimes communisants. D'où l'interrogation auxquelles se rapportent la plupart des contributions qui paraissent dans ce recueil; le droit international permet-il l'usage de la force pour promouvoir la démocratie et les droits de la personne ?

Certains auteurs répondent par une affirmative retentissante. Ainsi Kirkpatrick et Gerson pensent non seulement que la Doctrine développe les doctrines américaines traditionnelles quant au principe du bon gouvernement, respectueux des droits de la personne, mais encore elle se conforme à la Charte des Nations Unies, surtout ses principes concernant le respect des droits de la personne [art. 1(3)].

710

Études internationales, volume xxiv, n° 3, septembre 1993

Tel n'est pas le point de vue de Henkin pour qui la Doctrine Reagan est en réalité une révision malencontreuse des doctrines de politique extérieure proclamées après la Seconde Guerre mondiale. Henkin pense que la Doctrine Reagan outrepasse les finalités de la Doctrine Truman qui se limite à l'aide octroyée aux démocraties aux prises avec des minorités armées jurant d'instaurer un totalitarisme. Henkin préconise l'abandon de la Doctrine Reagan, car l'emploi de la force même pour démocratiser un État totalitaire ou à régime dictatorial viendrait à violer le principe de l'interdiction du recours à la force [art. 2(4)].

Mais avec la fin de la guerre froide, tout ce débat sur la convenance de réaliser les objectifs énoncés par la Doctrine Reagan paraît désormais désuet et donc la plupart des contributions semblent avoir subi un coup de vieux, surtout celle de Stanley Hoffmann ...