Comptes rendus : Mondialisation et transnationalisme

Le monde contemporain : grandes lignes de partage.Boniface, Pascal. Coll. 1er cycle, Paris, Presses universitaires de France, 2001, 234 p.[Record]

  • Dany Deschênes

…more information

  • Dany Deschênes
    Auxiliaire de recherche
    Institut québécois des hautes études internationales
    Université Laval, Québec

La collection premier cycle des Presses universitaires de France propose des ouvrages d’introduction à un sujet spécifique ou à une discipline donnée. Elle vise aussi bien les étudiants du 1er cycle universitaire qu’un public plus large qui s’intéresse à ces questions ou disciplines. Ce livre est la contrepartie manuscrite d’un cours d’introduction du même nom créé en 1990 à l’Institut d’études politiques de Paris. Ainsi, dans Le monde contemporain : grandes lignes de partages, Pascal Boniface propose une introduction à différentes dimensions de l’espace international. Loin de vouloir s’enfermer dans une conception théorique particulière des relations internationales, l’auteur opte pour une approche pluraliste utilisant différentes grilles de lecture des relations internationales et en se concentrant sur le système international en émergence depuis la fin de la guerre froide. L’ouvrage est divisé en trois grandes sections qui tentent de mettre en perspective les nouvelles réalités de l’espace international. La première partie, intitulée « le bouleversement de la scène mondiale », recoupe sept chapitres qui cherchent à définir certains aspects spécifiques de l’ordre international en émergence. Le premier chapitre offre une réflexion sur la mondialisation. Boniface fait bien ressortir les éléments de la longue durée qui alimentent le processus, mais aussi les aspects novateurs : la nouvelle représentation de l’espace, la contraction et l’accélération du temps et aussi les bouleversements issus des développements technologiques. Toutefois, il me semble que cette réflexion sur la question de la mondialisation laisse dans l’ombre deux aspects : tout d’abord, il est regrettable qu’elle ne fasse pas de place à tout le mouvement antimondialisation et à l’idée de l’existence possible d’une société civile internationale. Les chapitres deuxième et septième présentent la diversification des acteurs du système international, c’est-à-dire de l’acteur étatique aux acteurs non étatiques. L’auteur fait une bonne synthèse des rôles de tous et chacun en précisant bien qu’à son avis, l’État demeure l’acteur central du système international. Dans les chapitres trois à six, l’auteur pose une réflexion sur la configuration nouvelle du système international qui prend place depuis la fin du monde bipolaire. Il débute par quelques observations sur la notion de puissance. Sans entrer dans les débats théoriques sur cette notion, si importante pour les théoriciens des relations internationales, il dresse un constat assez exact sur les diverses conceptions possibles. Cependant, il aurait été aussi intéressant que l’auteur jette également un regard sur la conception structurelle de la puissance comme l’a proposé Susan Strange. Pour elle, la puissance est centrée autour des domaines de la sécurité, du savoir, de la production et des capacités financières. À mon avis, cette conception a l’avantage d’être plus opératoire que les conceptions unificatrices ou trop relationnelles de l’idée de puissance. Dans les chapitres suivants, Boniface fait une réflexion intéressante sur la configuration du système international en émergence. Tout d’abord, son propos s’attarde sur les États-Unis comme seule hyper-puissance dans le système. L’auteur montre bien les forces, mais aussi les faiblesses de l’hégémonie étasunienne : son unilatéralisme et ses dysfonctionnements internes. Cependant, d’autres pôles de puissance commencent à émerger comme la Chine, le Japon, l’Inde ou bien l’Europe. Seront-ils aptes à remettre en cause la prépondérance des États-Unis ? C’est une question qui demeure ouverte mais les propos des chapitres cinq et six suggèrent que le monde de demain soit davantage multipolaire, avec l’Europe comme contrepoids stratégique possible. La seconde partie s’intéresse à « l’apparition de nouveaux défis » et regroupe les chapitres ...