Comptes rendus : Mondialisation et transnationalisme

Le marché culturel à l’ère de la mondialisation.Nyahoho, Emmanuel. Québec, Presses de l’Université du Québec, 2001, 220 p.[Record]

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  • Faculté de Droit
    Université de Toulouse 1, France

La thématique du marché culturel ne cesse d’aiguiser la curiosité et la réflexion des chercheurs. Depuis quelques années, la culture est devenue la muse des discours politiques. D’aucuns prêchent des conceptions libérales visant à soumettre les biens culturels aux règles qui régissent les échanges des biens et des marchandises. D’autres tirent la sonnette d’alarme face à la puissance des géants de la communication. Ils considèrent que la libéralisation du marché culturel est non seulement antinomique à la sauvegarde de l’identité culturelle nationale mais aussi une manoeuvre visant à la planétarisation de la culture des pays riches. Les économistes s’y sont intéressés dès lors que le secteur culturel est devenu un agrégat économique et un marché florissant grâce à l’échange international des biens culturels : pour certains pays les recettes issues du marché des services (biens culturels) emboîtent le pas aux recettes provenant des secteurs classiques de l’échange international. Les juristes, à leur tour, ne vont pas tarder à se préoccuper de ce domaine. L’encadrement normatif s’avère de plus en plus nécessaire à l’heure d’Internet et de la révolution numérique. Les diverses approches et disciplines s’intéressant au marché culturel ont donné lieu à une littérature abondante et plurielle en la matière. L’intérêt de l’ouvrage sur « le marché culturel à l’ère de la mondialisation » résulte, d’ailleurs, de cette démarche qui combine à la fois les volets économique, politique et juridique. L’auteur part de l’hypothèse selon laquelle le marché culturel se trouve actuellement au confluent de deux logiques : la logique de la mondialisation des échanges des biens culturels grâce ou à cause de l’évolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication et la logique de la préservation des acquis culturels. De là, il forge sa problématique qui gravite autour de deux interrogations à savoir d’une part, comment les biens culturels, au travers des théories relatives aux échanges, s’intègrent dans le commerce international et n’échappent pas aux facteurs de compétitivité entre les nations et d’autre part, dans quelle mesure un cadre réglementaire s’avère opportun pour réguler le marché culturel ? La réponse à ces interrogations a été apportée tout au long de cet ouvrage. Dans le premier chapitre, l’auteur se livre à la délimitation du champ d’investigation en définissant la culture et les biens culturels comme des produits de l’esprit procurant un bien-être affectif, intellectuel et spirituel. En l’absence d’une classification type des activités culturelles, il retient la typologie relatant la tendance dominante au sein des Institutions internationales (onu, unesco, ocde...) à savoir que la notion du bien culturel désigne à la fois le produit culturel (imprimés et littérature, musique, arts visuels...) et le service culturel (film, radio, télévision, arts de la scène...) Le second chapitre, s’attelle à vérifier si les biens culturels sont commercialisables. Il en résulte qu’ils sont soumis aux opérations d’importation et d’exportation. Pour ce faire, l’auteur part d’un constat chiffré à savoir que les échanges internationaux des biens culturels occupent une part importante du commerce international. Le total de l’ensemble d’exportation formé de l’imprimerie, de la musique, des films et des objets d’art est passé entre 1985 et 1993 de 13 milliards à 38 milliards de dollars. Les pays de l’ocde se taillent la part du lion dudit marché. Le troisième chapitre vise à savoir dans quelle mesure la théorie classique du commerce international peut servir à identifier les déterminants des avantages comparatifs dans le domaine des biens ...