Comptes rendus : Régionalisme – Europe

The New Transatlantic Agenda. Facing the Challenges of Global Governance.Gardner, Hall et Radoslava Stefanova (dir.). Hampshire, Ashgate, 2001, 197 p.[Record]

  • Alice Landau

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  • Alice Landau
    Département de science politique
    Université de Genève, Suisse

L’ouvrage de Hall Gardner et Radoslava Stefanova, « The New Transatlantic Agenda » n’offre que peu d’éléments nouveaux dans le débat sur les relations entre les États-Unis et l’Europe, mais il comporte quelques bons chapitres d’auteurs aussi connus que John Ikenberry, Jan Zielonka et David Calleo et un très bon chapitre de Radoslava Stefanova sur le conflit des Balkans. Le livre offre ainsi un panorama des relations entre le super pouvoir, irritant parce que trop puissant mais réassurant à la fois pour l’Europe. Celle-ci est fille de la guerre froide ; elle s’est construite grâce à la protection américaine. Il faut rappeler qu’une des conditions du plan Marshall, en 1947, était la coordination des États européens, ce qui cadrait avec les visions francaises de contenir l’Allemagne dans une structure suffisamment contraignante pour éviter de nouveaux dérapages impérialistes. L’Europe a ainsi connu une ère de stabilité, en complète opposition avec les siècles passés de guerres et de conflits incessants. Stabilité qui a été assurée par la présence bienfaitrice des États-Unis et grâce à l’environnement structuré dans laquelle elle s’est immergée. Derrière l’ordre occidental démocratique se profile l’idée que le monde doit être maillé d’organisations et d’institutions qui contôlent la conduite des États et assurent la coopération. L’architecture institutionnelle de l’après-guerre est le témoin d’une véritable prolifération d’organisations internationales qui ont transformé le paysage institutionnel de l’Europe. Il y a trois institutions centrales – l’Union européenne, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (otan) et l’Organisation de sécurité et de coopération en Europe (osce) – qui s’allient à d’autres : la Commission des Nations Unies pour l’Europe (unece), le Conseil de l’Europe, l’Union de l’Europe occidentale (ueo), l’Association européenne de libre-échange (aele). L’otan est partie intégrante de la construction européenne. Elle n’est pas seulement une alliance militaire. Comme le disait Foster Dulles : elle est un cadre de coopération pour quelque chose et non pas seulement contre quelque chose. L’otan a enchaîné l’Allemagne dans son filet sécuritaire en même temps qu’elle a contenu les Soviétiques. L’ordre du jour de l’otan s’est d’ailleurs aussi transformé sous la pression de nouveaux problèmes régionaux : prévention et gestion des crises, stabilisation régionale, conflits ethniques. Mais la dépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis s’est peu à peu distendue depuis près de cinquante ans et les frictions ont été nombreuses dans des domaines aussi divers que le commerce, le militaire ou le politique. Il y a ainsi une divergence croissante entre les intérêts américains et européens. Il y a plus de trente domaines dans lesquels l’Europe s’oppose aux États-Unis, de la guerre de la banane, au boeuf aux hormones et aux ogm. Les préoccupations des États-Unis eux-mêmes ne se concentrent plus sur l’Europe, mais se tournent vers l’Asie et vers le continent émergent, la Chine. L’Europe ne peut plus compter sur les États-Unis pour sa défense et doit essayer de se bâtir une politique commune de défense et de sécurité et une armée commune qui seront également positifs pour le continent américain. Car, comme le rappelle David Calleo, la domination américaine pose une menace contre les autres États si elle s’exerce de manière arbitraire et abusive. Il faut se rappeler la Loi Helms Burton contre laquelle le Canada et l’Europe se sont battus avec acharnement et la Loi 301 qui menace de rétorsion tout partenaire commercial qui ne respecterait pas les règles américaines de droits de ...