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Eynaud, Philippe, et Genauto Carvalho França Filho « Solidarité et organisation : penser une autre gestion », Toulouse : ERES, 2019[*]

  • Cynthia Srnec

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  • Cynthia Srnec
    Université Paris-Saclay, Univ Evry, IMT-BS, LITEM, 91025, Evry-Courcouronnes, France, Fondation d’entreprise MGEN pour la santé publique, France

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Cover of Les paradoxes de l’innovation collaborative, Volume 24, Number 5, 2020, pp. 12-212, Management international / International Management / Gestiòn Internacional

Les pratiques de collaboration entre acteurs sont encastrées dans un système socio-économique dominant que cet ouvrage propose de déconstruire, en montrant comment les sciences de gestion peuvent penser des modalités de collaboration socioéconomiques plus justes et respectueuses des écosystèmes naturels. Cet ouvrage a été publié dans la collection « Sociologie économique » dirigée par Jean-Louis Laville, qui propose de questionner l’ordre économique et d’articuler des analyses critiques en mettant en avant des pratiques sociales émergentes. Si elle met l’accent sur le champ de l’économie solidaire, cette collection est ouverte à des ouvrages portant sur une pluralité de formes et de logiques économiques. Ce n’est donc pas par hasard que l’ouvrage d’Eynaud et França Filho y est édité par les Éditions Erès, qui ont déjà publié deux livres sur la gouvernance des associations et sur la gestion des associations, acteurs clés de l’économie sociale et solidaire. Ces deux ouvrages ont mis en évidence des modèles hybrides et alternatifs de gestion des associations, où les objectifs sociaux font partie intégrante de la stratégie organisationnelle. L’ouvrage d’Eynaud et Franca Filho propose quant à lui de se recentrer sur les sciences de gestion et la théorie des organisations, afin de construire le socle épistémologique d’une gestion alternative à la pensée économique libérale et penser l’économie solidaire tout comme l’état actuel de nos sociétés. Plus précisément, la proposition des auteurs est de repenser la gestion pour la redéfinir face aux défis environnementaux et sociaux, en vue d’ouvrir des nouveaux chemins vers des modèles plus soutenables. Cet objectif est d’autant plus d’actualité depuis le déclenchement de la crise sanitaire globale de la Covid-19. Le point de départ de « Solidarité et organisation : penser une autre gestion » est la difficulté du modèle économique dominant de satisfaire les besoins sociétaux de manière juste et respectueuse des équilibres écologiques. Selon les auteurs, il est urgent de changer de modèle et les sciences de gestion peuvent y contribuer. Les inégalités économiques et sociales sont liées aux nombreuses externalités écologiques négatives de l’activité économique, dont les changements climatiques. Les impacts négatifs du modèle économique dominant sont difficilement gérables voire ignorés ou incompréhensibles par les citoyens, surtout si nous prenons en compte leurs conséquences politiques sur les territoires les plus vulnérables de la planète. Bref, en dépit de ses objectifs affichés de progrès social et écologique, l’économie hégémonique semble être en guerre contre la nature et l’équilibre social. Or, les sciences de gestion par ses apports théoriques et empiriques peuvent favoriser la prise de conscience de ces enjeux et dangers pour tous les habitants de la planète, afin de rééquilibrer les dimensions sociale et environnementale des sociétés humaines. La faible présence des enjeux sociaux et intergénérationnels dans l’économie dominante nous renvoie à une question clé des sciences de gestion : nous faisons partie d’une gestion pour quoi et pour qui ? Est-ce qu’il reste une place pour la solidarité dans le monde économique et la gestion des organisations ? On ne se doute pas des conséquences négatives sur la société et la planète d’activités économiques principalement guidées le profit. Plutôt que de rester dans une posture dénonciatrice, les auteurs proposent en premier lieu de questionner les principes historiques et prééminents de la gestion d’origine anglo-saxonne, et dans un second temps de revenir à des penseurs classiques tout en bénéficiant de l’apport d’autres disciplines et de contributions venant de pays moins présents dans la pensée dominante. Si leur exposé est clair, il est toutefois recommandé d’avoir quelques connaissances préalables sur les caractéristiques spécifiques de l’économie sociale, de l’économie solidaire, et des biens communs. L’ouvrage engage tout d’abord un dialogue « Nord-Sud …

Appendices