Volume 150, Number 1, Spring 2026
Table of contents (11 articles)
Le mot de la rédaction
Gens d’action
Écologie végétale
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Services et risques écosystémiques de la nature urbaine : un indice intégré appliqué au campus de l’UQTR
Jacob Isabelle, Thierry Laurent-St-Pierre, Laurent J. Lamarque, Alexandre Roy, Geneviève Bergeron, Pierre-André Bordeleau, Matteo Giacomazzo, Charles A. Martin, Jessika Malko, Sylvie Miaux, Asseye Neglo, Mathieu Point, Sébastien Rojo and Vincent Maire
pp. 5–26
AbstractFR:
La nature en ville offre de multiples bienfaits tant sur le plan écologique que sociologique, en favorisant la santé physique et mentale. De nombreuses initiatives municipales à travers le monde se penchent ainsi sur l’identification et le maintien de ces services écosystémiques, à l’heure où ces derniers risquent d’être durement touchés par les changements climatiques. Pourtant, peu de recherches se sont concentrées sur les facteurs régulant la combinaison des services rendus par la nature urbaine et des risques auxquels elle est exposée. Notre étude vise donc à quantifier 6 services (perméabilité des sols, régulation de la température de surface, séquestration/stockage de carbone, biodiversité, interactions humaines avec les écosystèmes et cueillette de champignons comestibles) et 5 risques (mortalité des arbres, maladies/dépérissement, dépôts de neige, vulnérabilité aux intempéries et espèces exotiques envahissantes) pour 12 écosystèmes du campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Les résultats révèlent que les services et les risques varient selon le type d’écosystème. La jeune pinède blanche et les milieux mixtes surannés fournissent les services les plus importants, tandis que la pinède grise et le milieu mixte sont les plus exposés aux risques. Plus les écosystèmes sont âgés et éloignés des perturbations anthropiques, plus ils rendent un grand nombre de services, sans augmenter le niveau moyen des risques. Cette étude fournit une méthodologie facilement ajustable pour évaluer la dynamique spatiale des services offerts et des risques encourus par la nature urbaine et, de ce fait, formuler des recommandations aux gestionnaires.
EN:
Urban nature provides multiple benefits, both ecological and sociological, with the latter including supporting physical and mental health. Therefore, many municipal initiatives worldwide are focusing on identifying and maintaining these ecosystem services. However, this comes at a time when urban nature risks being severely affected by climate change. Despite this, few studies have examined the factors governing the combination of services provided by urban nature and the risks to which it is exposed. The present study aimed to quantify 6 services (soil permeability, surface temperature regulation, carbon sequestration, biodiversity, human-ecosystem interactions, and edible wild mushroom harvesting) and 5 risks (tree mortality, disease or decline, snow deposits, vulnerability to extreme weather, and invasive alien species) across 12 ecosystems on the campus of the Université du Québec à Trois-Rivières (Canada). The results show that services and risks vary according to ecosystem type. Young white pine stands and mature mixed stands provide the highest levels of services, while jack pine stands and younger mixed stands are most exposed to risks. Older ecosystems located farther from anthropogenic disturbances, deliver a greater number of services without increasing their average level of risk. This study provides a methodology that can be easily adjusted to evaluate the spatial dynamics of services delivered and risks faced by urban nature, thereby offering actionable recommendations for managers.
Entomologie
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État des connaissances sur la richesse de l’odonatofaune de l’Abitibi-Témiscamingue : une population insoupçonnée de l’aeschne cintrée (Odonata : Aeshna constricta) au lac Abitibi, Québec
Michel Savard
pp. 27–44
AbstractFR:
La récupération d’un lot de spécimens d’odonates capturés en 1997 et en 1998 par le botaniste Jean Gagnon révèle une population insoupçonnée de l’aeschne cintrée (Odonata : Aeshna constricta) à l’île Nepawa du lac Abitibi, au nord-ouest de la région administrative de l’Abitibi-Témiscamingue, Québec. Dans le passé, le frère Adrien Robert au début des années 1940, le carabidologue André Larochelle en 1978 et l’odonatologiste Jean-Guy Pilon au tournant des années 1990 fournissent les premières connaissances sur la richesse de l’odonatofaune méconnue de cette région. Plus récemment, un mouvement de science citoyenne comble une grande lacune en ajoutant 33 espèces à la liste régionale établie préliminairement en 2009, ce qui porte le total à 95 espèces, dont 11 en situation précaire dans la province.
EN:
The retrieval of a collection of odonate specimens obtained by botanist Jean Gagnon on Île Nepawa in Lac Abitibi (northwestern Abitibi-Témiscamingue, Québec, Canada) between 1997 and 1998, revealed the presence of a previously undetected population of the lance-tipped darner (Odonata: Aeshna constricta). The first insights into the rich odonatofauna of this region were provided by Brother Adrien Robert (early 1940s), carabidologist André Larochelle (1978), and odonatologist Jean-Guy Pilon (early 1990s). More recently, citizen scientists have helped fill a major knowledge gap by adding 33 species to the initial regional list drawn up in 2009, bringing the total number of species known to occur in the area to 95, including 11 that are identified as being in a precarious situation in the province.
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Une riche odonatofaune au parc national du Mont-Saint-Bruno, Québec
Alain Mochon and Michel Savard
pp. 45–66
AbstractFR:
Des inventaires odonatologiques réalisés entre 2012 et 2024 au parc national du Mont-Saint-Bruno (Montérégie, Québec) ont permis de recenser une richesse de 64 espèces. La composition des communautés diffère grandement selon la présence de poissons en lien avec la profondeur de l’eau. Comparativement au lac du Moulin, le lac des Atocas compte 16 espèces exclusives, dont le leste flamboyant (Lestes eurinus), l’agrion émaillé (Enallagma aspersum) et l’aeschne des nénuphars (Rhionaeschna mutata), typiquement associées aux plans d’eau sans poissons. Alors que 13 espèces se trouvent uniquement au lac du Moulin, dont l’agrion minime (E. geminatum) et l’agrion dévoyé (E. traviatum), qui sont des indicateurs de lacs poissonneux. Sur le plan de la conservation, le parc abrite 14 espèces en situation précaire, dont 11 se trouvent au lac des Atocas, ce qui confère à ce site une valeur écologique exceptionnelle. Parmi celles-ci, 4 sont « à risques très élevés d’extinction ou d’extirpation » (S1) : l’agrion dévoyé, le cordulégastre fléché (Zoraena obliqua) et le sympétrum rouquin (Sympetrumrubicundulum), en plus de l’unique population connue de l’aeschne des nénuphars au Québec. Par ailleurs, parmi les 3 espèces dont l’aire de répartition s’étend depuis peu dans la province et qui ont été signalées dans le parc, le pachydiplax (Pachydiplaxlongipennis) est bien établi.
EN:
Odonate surveys conducted between 2012 and 2024 in the Parc national du Mont-Saint-Bruno (Montérégie, Québec, Canada) identified 64 species. Community composition varied significantly depending on the presence of fish, which is often linked to water depth. Sixteen species were found only at the shallow Lac des Atocas, including the amber-winged spreadwing (Lestes eurinus), azure bluet (Enallagma aspersum), and spatterdock darner (Rhionaeschna mutata), which are all associated with fishless lakes. By contrast, 13 species were found only at the deeper Lac du Moulin, including the skimming bluet (E. geminatum) and slender bluet (E. traviatum), both indicators of lakes with fish. From a conservation perspective, the park hosts 14 species considered at risk, 11 of which are found at Lac des Atocas, giving this site exceptional ecological value. Among these, 4 species are classified as “at very high risk of extinction or extirpation” (S1): the slender bluet, arrowhead spiketail (Zoraena obliqua), and ruby meadowhawk (Sympetrum rubicundulum), along with the only known population of the spatterdock darner in Québec. Additionally, among the 3 species whose distribution range has recently expanded into the province, and which have been recorded in the park, the blue dasher (Pachydiplax longipennis) has become well established.
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Protection des érablières acéricoles contre la livrée des forêts au Québec : évaluation d’un premier programme de protection
Richard Berthiaume and Chantale Francoeur
pp. 92–102
AbstractFR:
La livrée des forêts (Malacosoma disstria Hübner) est une espèce indigène largement répandue au Canada et aux États-Unis. Elle est considérée comme le plus important insecte défoliateur des forêts de feuillus du Canada. Les épidémies peuvent couvrir de vastes territoires. Cette espèce cause aussi des infestations importantes dans les érablières. Considérant les sommes investies pour mettre en place les installations acéricoles, des pertes de rendement liées à la défoliation par un insecte forestier sont difficilement envisageables. En 2024, des inventaires automnaux de la livrée des forêts au Témiscouata ont permis de délimiter plusieurs secteurs dans lesquels les populations hivernales étaient suffisamment élevées pour anticiper des défoliations importantes au printemps suivant. Après avoir obtenu l’engagement financier des propriétaires, la SOPFIM (Société de protection des forêts contre les insectes et maladies) a, pour la première fois de son histoire, mis en place un programme de lutte pour combattre un insecte dans des forêts de feuillus, soit des érablières en production acéricole. Ce programme de protection aérienne implique l’épandage d’un insecticide biologique (Bacillus thuringiensis var. kurstaki) couvrant un total de 3 606 ha d’érablières en production acéricole. Les résultats montrent que les secteurs protégés ont peu été affectés par la livrée des forêts, le niveau de défoliation variant de 2 à 13 % pour les érablières protégées, et plus de 75 % de ces peuplements avaient subi moins de 10 % de défoliation. L’article présente les grandes lignes, les défis et les résultats de cette opération de protection unique dans l’histoire du Québec.
EN:
The forest tent caterpillar moth (Malacosoma disstria Hübner) is a native species widely distributed throughout Canada and the United States. Its larvae are considered the most important defoliator of hardwood forests in Canada, and outbreaks can cover extensive areas. This species can cause significant infestations in maple forests, and considering the investment required to establish maple syrup production facilities, yield losses due to insect defoliation are a serious challenge. In fall 2024, inventories of overwintering forest tent caterpillar moth egg masses in the Témiscouata region (Québec, Canada) identified several areas where populations were high enough for significant defoliation to be expected the following spring. After obtaining a financial commitment from local landowners, SOPFIM (Société de protection des forêts contre les insectes et maladies) initiated its first insect control program in a hardwood forest context, namely in maple stands managed for maple syrup production. This aerial protection program involved the application of a biological insecticide (Bacillus thuringiensis var. kurstaki) over 3,606 ha of maple forest. Results show that treated stands were little affected by larvae of the forest tent caterpillar moth. Defoliation rates ranged from 2% to 13% in protected maple stands, and more than 75% of these stands showed less than 10% defoliation. This article outlines the main points, challenges and results of this operation, the first of its kind in Québec.
Ornithologie
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Stratégie de conservation du hibou des marais (Asio flammeus) dans le sud du Québec : état des connaissances et recommandations
Jean-François Therrien, Catherine Dion, Francis Bordeleau, Pascal Côté and Jérôme Lemaître
pp. 67–75
AbstractFR:
Le hibou des marais (Asio flammeus) connait un déclin important en Amérique du Nord et son statut au Québec ne fait pas exception. Un enjeu majeur pour cette espèce est la destruction non intentionnelle des nids en milieux agricoles. Cette revue de la littérature explore les stratégies de conservation déployées dans l’ensemble de l’aire de répartition du hibou des marais afin de maximiser son succès de nidification. Nous avons trouvé 54 documents d’intérêt, mais aucune étude empirique permettant de mesurer l’efficacité des méthodes sur le sujet. En comparant les études incluant d’autres espèces d’oiseaux champêtres, nous recommandons une stratégie regroupant plusieurs mesures à court (p. ex. interventions d’urgence), à moyen (p. ex. modifications de pratiques agricoles) et à long terme (p. ex. sensibilisation, acquisition et intendance des terres). Cette stratégie devrait permettre d’augmenter le recrutement de l’espèce. Le présent ouvrage recueille et émet des recommandations sur les mesures de conservation qui pourraient être envisagées pour le hibou des marais dans le sud du Québec.
EN:
The short-eared owl (Asio flammeus) has undergone a marked decline in North America, and its situation in Québec (Canada) is no exception. One of the major issues facing this species is the accidental destruction of nests in agricultural landscapes. This literature review explores conservation strategies used throughout the species’ range to maximize nesting success. Fifty-four documents were consulted, but no empirical studies were identified that measured the efficiency of different management strategies. This review compiles and makes recommendations on the conservation measures that could be considered for the short-eared owl in the province. Based on a comparison of studies on other grassland species, a strategy that uses various short (e.g. emergency intervention), medium (e.g. changes in agricultural practices), and long-term (e.g. awareness raising, land acquisition and stewardship) approaches is proposed. This strategy should help increase recruitment of the species in southern Québec.
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Influence des modifications de l’occupation du sol dans la plaine inondable du lac Saint-Pierre sur l’habitat et le nombre potentiel de couples nicheurs de cinq espèces d’oiseaux
Benoît Jobin and Charles A. Martin
pp. 77–86
AbstractFR:
L’occupation du sol dans la plaine inondable du lac Saint-Pierre (LSP) a connu des changements marqués de 1950 à 2016. Nous avons estimé la disponibilité des habitats qui permettent de maintenir des populations locales d’oiseaux afin d’évaluer les changements du nombre potentiel de couples nicheurs d’espèces indicatrices de 1950 à 2016 pour divers types d’habitats. La superficie des cultures pérennes propices à la nidification des oiseaux (> 40 ha) en 2016 était 33 fois inférieure à celle de 1950, ce qui représente une perte potentielle de 19 608 couples reproducteurs pour le goglu des prés. Le nombre potentiel de couples nicheurs de pioui de l’Est aurait doublé dans les forêts convenables (> 100 ha, de 191 à 383 couples) et les marécages convenables (> 100 ha, de 1 668 à 3 649 couples) durant cette période, alors que ceux du tyran tritri seraient passés de 189 couples en 1950 à 225 couples en 2016 dans les friches favorables (> 5 ha). Les marais propices (> 5 ha) auraient accueilli 13 464 couples de râle de Virginie en 2016 comparativement à 10 389 couples en 1950, et ceux de la bécassine de Wilson seraient passés de 296 couples en 1950 à 201 couples en 2016 dans les prairies humides favorables (> 5 ha). Les tendances démographiques analysées avec les données d’observation eBird pour la période 1983-2016 montrent des changements de même nature pour les espèces analysées. La restauration d’habitats connectés à des parcelles résiduelles d’habitat permettrait d’augmenter la disponibilité d’habitats propices pour maintenir des populations locales d’oiseaux nicheurs dans la plaine inondable du lac Saint-Pierre.
EN:
Land cover in the Lac Saint-Pierre floodplain (Québec, Canada) underwent marked changes between 1950 and 2016. The present study estimated the amount of suitable habitat in different land cover types available to support local bird populations. This allowed changes in the potential number of breeding pairs of five indicator species to be determined. The area of land under perennial crops considered large enough for breeding grassland birds (> 40 ha) was 33-fold lower in 2016 than in 1950. This represents a potential loss of 19,608 pairs of bobolink. Over the same period, the potential number of pairs of eastern wood-pewee is estimated to have doubled in suitable tracts of forest (> 100 ha, from 191 to 383 pairs) and swamp (> 100 ha, from 1,668 to 3,649 pairs). In appropriate-sized oldfield sites (> 5 ha), the number of pairs of eastern kingbird is estimated to have increased from 189 to 225. Suitable marshes (> 5 ha) are estimated to have hosted 13,464 pairs of Virginia rail in 2016, compared with 10,389 pairs in 1950, while in suitable-sized wet meadows (> 5 ha), Wilson’s snipe numbers are estimated to have fallen from 296 to 201 pairs. Population trends analyzed using eBird data collected during the period from 1983 to 2016 show similar changes for the five indicator species. Restoring habitat connected to residual habitat patches would increase the availability of suitable sites conducive to maintaining local breeding bird populations in the Lac Saint-Pierre floodplain.
Botanique
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Estuaire laurentin : limite amont de la section macrotidale
Benoît Gauthier and Jacques Labrecque
pp. 87–91
AbstractFR:
Depuis plusieurs années, il y a une recrudescence des efforts de conservation du littoral à Neuville et à Saint-Augustin-de-Desmaures, localités associées au littoral nord du haut estuaire du fleuve Saint-Laurent. Or, la plus récente régionalisation de cette partie de l’estuaire laurentin date de plus de 25 ans et n’a guère été diffusée, appliquée ou commentée. Au cours de la présente étude, nous avons revu la limite amont de la section macrotidale de l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent et nous rapportons les différentes limites et sections de l’estuaire laurentin. Nous avons aussi réévalué les limites de distribution de 27 espèces végétales étudiées antérieurement. En fin de compte, la distribution de 18 espèces s’interrompt entre les localités de Neuville et de Cap-Rouge. Le facteur écologique régional régissant cette distribution est l’amplitude moyenne de la marée de 3,6-3,7 m de nature macrotidale. Puisque la région caractérisée est englobée dans des territoires maintenant protégés à Neuville et à Saint-Augustin-de-Desmaures, elle pourra à l’avenir servir de référence et d’exemple pour l’ensemble des herbiers, des marais et des marécages laurentins.
EN:
In recent years, there has been a marked increase in shoreline conservation efforts in Neuville and Saint-Augustin-de-Desmaures, two municipalities located on the north shore of the upper St. Lawrence Estuary (Québec, Canada). However, the most recent classification of this part of the estuary dates back more than 25 years and has been little publicized, used, or discussed. The present study reviews the upstream limit of the macrotidal freshwater section of the St. Lawrence Estuary and reports on its various sections and their boundaries. The range limit of 27 previously studied plant species was reassessed. For 18 of these, their distribution ends between Neuville and Cap-Rouge and can be explained by the important mean tidal range in this portion of the estuary of between 3.6 m and 3.7 m. As the sector in question is now within protected areas in Neuville and Saint-Augustin-de-Desmaures, in the future, it will be able to serve as a reference and example of tidal freshwater marshes and wetlands in the upper St. Lawrence.
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Portrait de la flore forestière de Montréal et de ses îles environnantes
Alexandre Bergeron, Claude Lavoie and Stéphanie Pellerin
pp. 103–150
AbstractFR:
Cette étude brosse un portrait de la flore forestière de l’archipel d’Hochelaga (Montréal et ses environs). De 2009 à 2017, des inventaires réalisés dans 84 îlots boisés ont permis de recenser 642 taxons de trachéophytes (dont 67 % sont indigènes), soit environ le cinquième de la flore vasculaire québécoise. Malgré son statut d’espèce vulnérable, l’érable noir (Acer nigrum) est fréquent à Montréal et confère un caractère distinct à plusieurs bois, contrairement à d’autres espèces en situation précaire rencontrées de façon sporadique. Une vingtaine de taxons exotiques recensés ne figurent pas encore sur les listes d’espèces naturalisées. Les bois anciens se distinguent par une flore indigène diversifiée, dominée entre autres par Acer saccharum, Caryacordiformis, Cornus alternifolia et Solidagoflexicaulis. À l’inverse, les petits bois urbains, souvent issus du reboisement spontané de terres agricoles, présentent une flore appauvrie dominée par des espèces pionnières, des lianes et plusieurs plantes exotiques envahissantes, dont Acernegundo, Anthriscussylvestris et Rhamnuscathartica. L’omniprésence de substrats calcaires favorise les espèces calcicoles, tandis que les rares sites sur grès, notamment sur l’île Perrot, enrichissent la diversité régionale par une flore acidophile distincte. Les données de l’étude offrent une base solide pour assurer un suivi écologique rigoureux et, plus largement, pour orienter les actions de conservation axées sur la représentativité des habitats et le maintien de la diversité floristique régionale.
EN:
This study provides an overview of the forest flora of the Hochelaga Archipelago, also known as the Montréal Islands (Québec, Canada). Between 2009 and 2017, surveys conducted in 84 wooded patches documented 642 vascular plant taxa (67% of which were native), representing roughly one fifth of the vascular flora of the province. In contrast to those at-risk species encountered only sporadically, the black maple (Acernigrum), which is listed as vulnerable in Québec, is frequent in Montréal and gives a distinctive appearance to several of its woodlands. Approximately 20 of the exotic taxa detected during the study are not yet listed as naturalized in the province. Older woodlands were distinguished by a diverse native flora dominated notably by Acersaccharum, Caryacordiformis, Cornusalternifolia, and Solidagoflexicaulis. In contrast, small urban woodlands, often established through natural reforestation of former agricultural land, were typically species-poor and dominated by pioneer species, lianas, and invasive exotics such as Acernegundo, Anthriscussylvestris, and Rhamnuscathartica. The widespread presence of calcareous substrates supports calcicolous species, whereas rare sandstone-based sites, particularly on Île Perrot, enhance regional diversity by hosting a distinct acidophilous flora. The dataset generated by this study provides a solid foundation for rigorous ecological monitoring and, more broadly, for guiding conservation actions focused on habitat representativeness and the maintenance of regional floristic diversity.