Présentation

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  • Stéphane Guay and
  • Isabelle Ouellet-Morin

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  • Stéphane Guay
    Professeur titulaire à l’École de criminologie et au Département de psychiatrie et d’addictologie – Université de Montréal – Directeur du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM)

  • Isabelle Ouellet-Morin
    Chaire de recherche du Canada sur les origines développementales de la vulnérabilité et de la résilience – Professeure agrégée, École de criminologie, Université de Montréal – Chercheure affiliée à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et au GRIP – Codirectrice d’AXEL : Accélérateur d’intelligence technologique en santé mentale – Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM)

La pandémie COVID-19 et son confinement forcé ont mis en lumière toute la pertinence, voire la nécessité d’utiliser des moyens numériques afin de pouvoir offrir des soins de santé mentale. Toutefois, c’est depuis 2014 que la Commission de la santé mentale du Canada propose un changement de paradigme et souligne le rôle de la technologie dans la transformation de la prestation des services de santé mentale (Commission de la santé mentale du Canada, 2014). Rappelons-nous qu’avant la pandémie plusieurs facteurs empêchaient déjà nombre de personnes aux prises avec un trouble mental, ou à risque de l’être, d’accéder à des soins adaptés à leurs besoins. Pour plus de 50 % d’entre elles, l’accès à des soins déployés de façon traditionnelle s’avérerait complexe en raison d’un accès limité. Désormais, de plus en plus d’options numériques disponibles sur une multitude de plateformes permettent de pallier ces difficultés d’accès à des fins de prévention ou de traitement en santé mentale. À ce jour, plusieurs études empiriques suggèrent que ces nouvelles technologies peuvent être efficaces pour prévenir ou réduire les symptômes psychopathologiques. Pour plusieurs d’entre elles, les améliorations notées suite à leur utilisation sont comparables aux traitements traditionnels de psychothérapie (c.-à-d. en face à face). En particulier, les résultats de nombreuses études indiquent que certaines applications mobiles et les plateformes Web visant la réduction des symptômes dépressifs et anxieux sont très prometteuses, que ce soit sous l’angle d’une autogestion autonome ou en appui à un traitement traditionnel (Andrews et coll., 2009 ; Lecomte et coll., 2020). En particulier, ces interventions numériques peuvent faciliter : 1) le déploiement de composantes thérapeutiques qui ne nécessitent pas un contact direct (p. ex. la psychoéducation) ; 2) l’accès à des stratégies d’autosoins à utiliser entre les rencontres ou en attente de services (p. ex. régulation des émotions, activation comportementale) ; 3) l’application de stratégies accessibles uniquement par le biais de la technologie (p. ex. la réalité virtuelle). De plus, les technologies numériques offrent la possibilité d’étendre l’offre de services, incluant les services spécialisés, à un plus grand nombre de personnes dispersées sur un plus grand territoire. De son côté, la recherche en santé mentale bénéficie de l’apport des technologies dans leurs retombées éventuelles, notamment en : 1) améliorant le monitorage de divers indicateurs de l’état de santé mentale des individus, incluant les symptômes, mais pas exclusivement, de manière peu intrusive ; 2) permettant une évaluation en temps réel ; 3) générant des quantités substantielles de données qui pourraient bonifier l’efficacité de ces interventions par le biais de techniques d’apprentissage machine et d’intelligence artificielle ; 4) permettant de personnaliser les interventions en fonction des besoins et des préférences de l’utilisateur (National Institute of Mental Health, 2017). Les outils numériques, qu’ils soient pour la clinique ou la recherche, doivent reposer sur des balises de développement et d’utilisation responsables et éthiques. Les éléments incontournables à considérer sont, entre autres, l’efficacité documentée de ces outils, la sécurité, la confidentialité, l’accessibilité de même que le caractère inclusif. De surcroît, bien qu’initialement négligés, plusieurs aspects retiennent maintenant l’attention d’un nombre croissant de personnes impliquées dans le développement de ces outils, tels que la coconstruction (ou codesign) afin d’optimiser l’engagement, l’adhésion et le soutien des utilisateurs ainsi que la nécessité de déployer ces outils par le biais d’une stratégie d’offre intégrée de services idoines. Le présent recueil d’articles sur le numérique au service de la santé mentale représente un effort collectif de 58 auteurs visant à mettre en lumière le potentiel de diverses formes d’outils numériques pour la recherche, la prévention, le traitement, le rétablissement et la formation en santé mentale. Isabelle Ouellet-Morin et coll. discutent …

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