TTR
All articles in this journal are selected through a peer review process.
Traduction, terminologie, rédaction
Volume 39, Number 1, 1er semestre 2026 Access to current issues of this journal requires a subscription. Les fabriques de la traduction. La traduction à l’épreuve de la culture populaire et médiatique Translations in the Making. Translating Popular and Media Culture Guest-edited by Dorothée Cailleux and Lucia Quaquarelli
Table of contents (16 articles)
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Présentation
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Le Monde de MeMo. Une poétique de l’archive au service de la traduction
Hélène Buzelin
pp. 19–48
AbstractFR:
En quoi les archives d’un éditeur jeunesse peuvent-elles enrichir notre compréhension de ce qui se joue dans l’exercice de la traduction? Comment lire et interpréter ces documents d’archives? Peut-on en déduire la pratique et la pensée traductives d’un éditeur? Telles sont les questions explorées ici à partir du cas de MeMo, une « petite » maison créée en 1993 dans la ville de Nantes (France) par Yves Mestrallet et Christine Morault. Issus des milieux de l’architecture et des beaux-arts, les fondateurs ont commencé par publier des catalogues et livres d’artistes, avant de se tourner vers l’édition jeunesse. Aujourd’hui ce catalogue jeunesse rassemble plus de 400 titres comprenant de nombreuses traductions et rééditions. Après avoir présenté cette maison en quelques jalons (section 1), puis interrogé comment aborder cette étude de cas (section 2), l’article analyse, selon la perspective des Mondes de l’art d’Howard Becker, les pratiques éditoriales, traductives et archivistiques de MeMo, telles qu’elles se dégagent des documents consultés (sections 3 et 4). Il propose, en fin de parcours (section 5), une interprétation mettant en relief ce que cet éditeur nous apprend sur les liens, trop souvent occultés, entre traduction et création, des liens qui deviennent plus visibles dès lors qu’on envisage la première comme un travail collectif de documentation et de mise en relation, un espace de dialogue mu par un désir de transmission, plutôt que comme une opération de transfert interlingual.
EN:
How can the archives of a publisher of children’s picture books enrich our understanding of translation? How are we to read and interpret these archival documents? Do they reveal the translation practices and ethics of the publisher? These are among the questions we explore by analyzing the archives of MeMo, a “small” publishing house founded in 1993 in Nantes, France by Yves Mestrallet and Christine Morault. With a background in architecture and fine arts, they published catalogues and books on artists before turning to children’s picture books. Today, their catalogue of children’s literature contains more than 400 titles, including numerous translations and reeditions. After briefly presenting MeMo’s trajectory (section 1) and questioning how to approach its archives (section 2), the article draws on Howard Becker’s Art Worlds to trace the publishers’ editorial, translation, and archival practices as they emerge from the documents consulted (sections 3 and 4). It concludes (section 5) by highlighting what this case tells us about the (often overlooked) links between translation and creation that become more visible once translation is practiced and conceived as a collaborative effort, a space for dialogue, networking, and sharing (research, knowledge, stories, images), as transmission rather than as mere interlinguistic transfer.
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« Profession » traducteur ? La traduction de littérature populaire à la Société Française des Traducteurs
Jeanne Sauvage
pp. 49–76
AbstractFR:
Les approches microhistoriques de la traduction, documentées par les archives de traducteur·rices, constituent indéniablement un apport méthodologique précieux à la discipline. Cependant, de telles études sont souvent tributaires des dynamiques institutionnelles qui président à la constitution et la préservation de fonds d’archives de traducteur·rices. Ces sources tendent à mettre en lumière les traducteur·rices doté·es d’une visibilité historique importante : des profils de « passeurs » majoritairement masculins, qui exercent une autre activité littéraire ou culturelle en sus de la traduction, et traducteur·rices de genres et d’auteurs reconnus comme prestigieux. En marge de tels profils atypiques, cet article prend pour objet une cohorte de traducteur·rices de littérature dite « populaire » syndiqué·es à la Société Française des Traducteurs (SFT), le premier syndicat professionnel de traducteur·rices en France, créée en 1947. Nous proposons ici d’étudier les données qualitatives et quantitatives fournies par cette « archive corporative » pour mettre au jour les profils sociologiques et traductifs de ces agent·es méconnu·es (genre, occupation professionnelle, distribution géographique, langues et genres littéraires traduits, nombre et fréquence de traductions publiées…) au moyen d’une analyse prosopographique, c’est-à-dire sur le mode de la biographie collective d’une cohorte de traducteur·rices. Nous montrons ainsi comment Traduire, le bulletin d’information publié par la SFT, documente les conditions matérielles d’exercice de la traduction parmi les traducteur·rices de littérature populaire.
EN:
Microhistorical approaches to translation, documented by translators’ archives, provide a key methodological contribution to translation and translator studies. However, such studies are often dependent on the institutional dynamics organizing and classifying translators’ papers. Typically, these archives tend to highlight translators with significant historical visibility: these are predominantly male, high-profile “passeurs” who engage in other literary or cultural activities in addition to translation, and translators of literary genres and authors deemed prestigious. This article looks beyond these atypical journeys to focus on a cohort of translators of so-called “popular” literature who were members of the Société Française des Traducteurs (SFT), the first professional union of translators in France, founded in 1947. This contribution examines the qualitative and quantitative data provided by the archives of the SFT, mainly its newsletter Traduire, to uncover the sociological and translational profiles of these little-known agents. I examine their profiles (gender, occupation, geographical distribution, languages and literary genres translated, number and frequency of translations published, etc.) using the method of prosopography, i.e., the collective biography of a cohort of translators. I thus show how the bulletin published by the SFT documents the material conditions under which translation was carried out among translators of popular literature.
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La voix éditoriale dans la traduction de la littérature jeunesse : l’apport du fonds Rageot à la traductologie
Dorothée Cailleux and Mathilde Lévêque
pp. 77–106
AbstractFR:
Les principales approches théoriques pour penser la traduction de la littérature pour la jeunesse se sont attachées aux spécificités de ce champ littéraire, mais sans nécessairement prendre en compte la pluralité des agents impliqués dans ces processus. L’étude des archives éditoriales à la lumière de la théorie des acteurs-réseaux, comme celle du fonds Rageot, qui donne à entendre une voix éditoriale elle-même multiple, permet de compléter ces approches voire de redéfinir les contours d’une traductologie à la fois propre aux textes littéraires destinés aux enfants et aux adolescents mais aussi éclairante pour mieux comprendre les processus de traduction des littératures plus « légitimées ».
EN:
Theoretical approaches to the translation of children’s literature have primarily focused on the specific features of this particular literary genre, without necessarily taking into account the plurality of agents involved in the translation process. This article proposes an analysis of the editorial archives of the French publishing house Rageot from the perspective of actor-network-theory. By bringing to the fore the collective dimension of the “editorial voice,” the analysis not only complements existing theoretical approaches to the translation of children’s literature, it also highlights the importance of editorial archives for better understanding, within the field of translation studies, the complex processes involved in the translation of other, more legitimized literary genres.
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De Ciboulet à Tit’Oignon : Cipollino de Gianni Rodari passe les Alpes
Chiara Denti
pp. 107–137
AbstractFR:
L’article vise à éclairer la réception du roman de Cipollino en France, l’une des oeuvres les plus politiques de Gianni Rodari, en s’appuyant sur ses deux versions françaises publiées en 1956 et en 2013. Ces traductions étant réalisées à partir de deux éditions italiennes distinctes, mais identiques dans de larges portions de texte, il est possible de mener une étude comparée. L’objectif est d’analyser ces textes traduits à la lumière des mutations du contexte socioculturel et de l’évolution des normes traductionnelles. Il s’agit en particulier d’explorer en quoi la seconde traduction se démarque de la première, afin de comprendre si le changement de position de la littérature de jeunesse au sein du polysystème littéraire conduit à une évolution dans les comportements traductifs. L’étude montre que chacune des versions met en oeuvre une série d’ajustements témoignant, à leur manière, d’une adaptation aux visées éditoriales et aux exigences culturelles de leur époque.
EN:
This article aims to shed light on the French reception of Cipollino, one of Gianni Rodari’s most political works, by examining its two French translations published in 1956 and 2013. Since these translations are based on two distinct Italian versions that remain identical for the most part, a comparative analysis can be conducted. The study aims to analyze both translated texts in relation to evolving socio-cultural contexts and shifting translational norms. Specifically, it explores how the second translation stands out from the first to determine whether the changing position of children’s literature within the literary polysystem leads to a transformation in translational behaviour. The analysis shows that each version incorporates a series of adjustments, reflecting the editorial goals and cultural expectations of its time.
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Traduire et s’(auto)traduire pour l’enfance et la jeunesse : une (auto)analyse
Giuseppe Sofo
pp. 139–165
AbstractFR:
La littérature d’enfance et de jeunesse se présente comme un domaine idéal pour étudier la traduction en tant que forme de nouvelle création, car les stratégies mises en oeuvre dans les pratiques de traduction liées à ce genre offrent des cas significatifs d’adaptation et de réécriture, parfois similaires aux mécanismes mis en oeuvre dans le domaine de l’autotraduction.
Dans cet article, je propose une (auto)analyse des pratiques d’écriture, réécriture, adaptation et traduction de cinq livres pour enfants que j’ai publiés au cours des cinq dernières années. Non seulement les livres ont été publiés dans leur version originale en langues différentes, mais les processus de création de ces textes ont impliqué plusieurs étapes d’adaptation et de réécriture et de traduction, de révision ou d’autotraduction. Je présenterai ces multiples niveaux de traduction pour décrire les possibilités de création et recréation accordées à l’autotraduction et à la traduction de la littérature d’enfance et de jeunesse.
EN:
Children’s and young adult literature is an ideal field for studying translation as a form of new creation, as the strategies employed in translation practices related to this genre offer significant examples of adaptation and rewriting, sometimes similar to the mechanisms used in the field of self-translation.
In this article, I offer a (self)analysis of the practices of writing, rewriting, adaptation and translation of five children’s books that I have published over the last five years. Not only were the books published in their original versions in different languages, but the processes of creating these texts involved several stages of adaptation and rewriting, translation, revision or self-translation. I will examine these multiple levels of translation to describe the possibilities for creation and re-creation offered by self-translation and translation of children’s and young adult literature.
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Espaces construits, échelles négociées : la circulation de l’oeuvre de Simenon vue à partir de Barcelone
Elisabet Carbó-Catalan
pp. 167–199
AbstractFR:
La liste des auteurs les plus traduits établie par l’Index Translationum révèle une prépondérance de la littérature populaire dans les flux globaux de traduction. Occupant une position ambiguë au sein de cet ensemble, Georges Simenon offre un cas pertinent pour interroger la catégorie de littérature populaire. Cette contribution vise ainsi à examiner s’il est possible de le caractériser comme un auteur de littérature populaire – et, le cas échéant, dans quel(s) sens. Pour ce faire, nous examinons la circulation de son oeuvre en prenant comme point de départ l’échelle locale. La ville de Barcelone sert de terrain d’observation pour analyser l’intersection de plusieurs espaces littéraires et aires linguistiques, à partir de données quantitatives et de matériaux d’archives. En mettant en relation la production des traductions de Simenon et leur distribution matérielle, nous mobilisons une approche constructiviste de l’espace, attentive à la manière dont les actions de plusieurs acteurs et processus du champ éditorial contribuent à dessiner des espaces et des échelles de circulation. Après une analyse empirique, l’article se clôt par une section d’ordre théorique dans laquelle sont problématisés les espaces et les échelles de la circulation littéraire, les concepts mobilisés pour les ordonner, les segmenter et les hiérarchiser, ainsi que les relations entre traduction, consécration et capitalisme dans le marché de l’édition. L’article entend ainsi contribuer à une réflexion critique sur les implicites des approches de la littérature mondiale traduite, en interrogeant la manière dont espaces, échelles et hiérarchies littéraires se construisent à partir de pratiques éditoriales situées.
EN:
The list of the most translated authors compiled by the Index Translationum reveals the predominance of popular literature within global translation flows. Occupying an ambiguous position within this corpus, Georges Simenon provides a particularly suitable case for interrogating the category of popular literature. This article examines whether the circulation of his work allows him to be characterized as an author of popular literature—and, if so, in what sense(s). To this end, the circulation of his work is analyzed from the local scale, the city of Barcelona, which serves as a site to examine the intersection of multiple literary spaces and linguistic areas, drawing on quantitative data and archival materials. By relating the production of translations to their material distribution, the article adopts a constructivist approach to space, attentive to the ways in which the actions of multiple actors and processes within the publishing field contribute to the construction of spaces and scales of circulation. Following the empirical analysis, the article concludes with a theoretical section that problematizes the spaces and scales of literary circulation, the concepts used to order, segment, and hierarchize them, as well as the relationships between translation, consecration, and capitalism in the publishing market. The article thus seeks to contribute to a critical reflection on the implicit assumptions of approaches to translated world literature by examining how literary spaces, scales, and hierarchies are produced through situated publishing practices.
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Übersetzerstreit : querelles de traducteurs dans l’espace médiatique
Solange Arber
pp. 201–230
AbstractFR:
Le terme allemand Übersetzerstreit [querelle de traducteurs] a été régulièrement utilisé dans la presse germanophone de 1989 à nos jours pour désigner des débats autour de la traduction. L’étude de ses principales occurrences révèle les dynamiques et les évolutions des discours sur la traduction et soulève la question de sa visibilité dans l’espace médiatique en tant que genre délégitimé. Ainsi, la polémique qui a entouré en 1992/1993 la traduction allemande d’un roman policier historique de Lawrence Norfolk par Hanswilhelm Haefs, Lemprière’s Wörterbuch, est un rare exemple d’intervention directe, concertée et offensive de traducteurs et traductrices dans la critique de la traduction. Cette querelle marque l’irruption dans la presse du débat traductologique, ainsi qu’un moment charnière pour une activité littéraire qu’il s’agit de faire sortir de l’ombre. Elle dévoile les enjeux de ce que, avec les outils de la sociologie des champs de Pierre Bourdieu, l’on peut caractériser comme une lutte de définition dans un processus d’autonomisation du champ de la traduction. Bien qu’elle porte sur un tout autre sujet, la deuxième grande « querelle de traducteurs », qui a lieu dans les années 2000, se situe dans la continuité de la première : plus visibles et organisés, les traducteurs et traductrices osent revendiquer une meilleure rémunération et des droits d’auteur équitables sur les bestsellers. Mais ce conflit montre aussi les limites du processus d’autonomisation, tout comme le fait que le terme Übersetzerstreit n’a guère été employé en 2021 au moment de l’affaire Amanda Gorman. Si les querelles médiatiques des années 1990-2000 ont bien joué un rôle de visibilisation des traducteurs et de la traduction, celle-ci semble à présent reculer à l’arrière-plan de débats économiques, politiques ou technologiques.
EN:
The German term Übersetzerstreit [translators’ quarrel] has been regularly used in the German-speaking press from 1989 onward to refer to debates around translation. Studying its main occurrences sheds light on the dynamics and evolution of discourses on translation as a delegitimized genre and raises the question of its visibility in the media. The controversy sparked in 1992/1993 around the German translation of Lawrence Norfolk’s historical thriller by Hanswilhelm Haefs, Lemprière’s Wörterbuch, is a rare example of a direct, coordinated, and polemic intervention of translators in translation criticism. This quarrel marked the emergence of translation debates in the press, as well as a turning point for a literary activity that was attempting to step out of the shadows. It reveals what is at stake in what can be characterized, from the perspective of Pierre Bourdieu’s theory of social fields, as a struggle for differentiation and autonomization. Although it addressed a totally different subject, the second significant “translators’ quarrel” that took place in the 2000s was in continuity with the first one: since translators were more visible and more organized, they demanded better remuneration and fair royalties on bestsellers. However, this conflict also underscores the limits of the autonomization process, as was subsequently demonstrated by the fact that the term Übersetzerstreit was rarely used in 2021 during the debates around the translation of Amanda Gorman’s inaugural poem. The article argues that while controversies in the media played a part in the visibilization of translators during the 1990s and early 2000s, it would appear that translation has since been relegated to the background of economical, political, and technological debates.
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Éloge de la baleine. L’imaginaire de la traduction en question
Lucia Quaquarelli
pp. 231–251
AbstractFR:
L’article propose une réflexion sur les imaginaires de la traduction tels qu’ils opèrent, tant sur le plan symbolique que pragmatique, dans les pratiques traduisantes et interroge la manière dont ils agissent également au sein des théories de la traduction. Il fait ensuite l’hypothèse que les textes traduits peuvent être appréhendés comme autant de métadiscours capables de révéler la trame, historiquement et géo-culturellement située, des représentations et des prescriptions qui orientent les processus traductifs. Ainsi, s’appuyant sur les résultats d’une recherche menée, à partir de la perspective de la génétique éditoriale, sur les pratiques traductives à l’oeuvre dans la « Série Noire » (Frenay et Quaquarelli, 2020, 2021a, 2021b, 2022; Chabaux, Frenay et Quaquarelli, 2025), il montre comment, en déplaçant le regard de la littérature légitimée vers la littérature de grande consommation, il est possible d’esquisser les contours d’un autre imaginaire du traduire, conçu comme pratique relationnelle à dominante créative et collaborative.
EN:
This article explores the imaginaries of translation as they operate, both symbolically and pragmatically, in translation practices, and examines how they also function within translation theories. It advances the hypothesis that translated texts can be understood as metadiscourses capable of revealing the historically and geoculturally situated framework of the representations and prescriptions that guide translation processes. Thus, drawing on the results of research conducted from the perspective of editorial genetics on the translation practices involved in the “Série Noire“ (Frenay and Quaquarelli, 2020, 2021a, 2021b, 2022; Chabaux, Frenay and Quaquarelli, 2025), the article demonstrates how, by shifting the focus from canonical literature to popular literature, it is possible to sketch the outlines of an alternative imaginary of translation, conceived as a relational practice based on creativity and collaboration.
Article libre / Non-Thematic Article
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Michel Foucault et la traduction comme ordre transgressif du discours
Michel Dalissier
pp. 253–282
AbstractFR:
Dans la présente étude, nous abordons spécifiquement la réflexion que Foucault a consacrée à la notion de traduction. Nous commençons par établir qu’il existe bien des textes où il nous en parle et quel est leur statut singulier. Nous procédons ensuite à une analyse conceptuelle approfondie de ces passages, afin de faire ressortir les traits saillants de la théorie foucaldienne. Nous examinons en quoi la traduction ne se dit pas en un seul sens, mais nécessite elle-même d’être traduite. Ainsi, nous montrons avec Foucault en quoi traduire n’est pas simplement recopier ou transférer une langue dans une autre, mais bien plutôt dérouter, transgresser, ordonner et présentifier un discours, lequel n’est pas seulement le nôtre mais aussi celui des autres. Enfin, nous mettrons en évidence les limites archéologiques possibles de cette conception foucaldienne de la traduction.
EN:
In the present study, I discuss Foucault’s reflection on the notion of translation. I begin by identifying the texts where he addresses the notion and their specific status. I then propose a detailed conceptual analysis of a number of passages, to highlight the salient features of Foucault’s conception. I show that “translation” does not have one, unique meaning, but needs to be translated itself. For Foucault, to translate is not merely to copy or transfer one idiom into another, but rather to obfuscate, transgress, organize and make present a discourse, which is not only ours but that of others. Lastly, I underscore the possible limits of Foucault’s conception of translation from an archeological point of view.
Comptes rendus / Book Reviews
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Leah Leone Anderson. Borges’s Creative Infidelities: Translating Joyce, Woolf, and Faulkner. New York, Bloomsbury Academic, 2024, 179 p.
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Marcotte, Sophie, dir. Imaginaires de la traduction. L’apport de Sherry Simon et de Judith Weisz Woodsworth. Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2025, 242 p.
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Abderrahman Boukhaffa. Self-Care, Translation Professionalization, and the Translator’s Ethical Agency: Ethics of Epimeleia Heautou. London and New York, Routledge, 2025, 316 p.
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Suzanne Jill Levine. Unfaithful: A Translator’s Memoir. New York, Bloomsbury Academic, 2025, 184 p.
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Dror Abend-David. Translating Silent Cinema: Film History, National Culture, and the Roaring Twenties. London and New York, Routledge, 2026, 312 p.
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Patrick Hersant et Leonid Livak. Portrait d’une traductrice. Ludmila Savitzky à la lumière de l’archive. Paris, Sorbonne Université Presses, 2025, 396 p.