Documents repérés
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À l'ère du tout numérique et des questionnements sur la pérennisation de la masse documentaire virtuelle au sein des entreprises, les archivistes spécialisés en documents historiques constatent qu'il existe très peu de fonds d'archives industrielles au Québec, peu importe le support (papier, analogique, etc.). Plusieurs entreprises, ayant contribué à l'essor économique des villes et des régions depuis la fin du XIXe siècle, ont fermé leurs portes pour de multiples raisons et leurs archives sont disparues. Il existe cependant des entreprises plus que centenaires toujours en exploitation. Ont-elles conservé leurs archives et, dans l'affirmative, sont-elles protégées ? Ces industries savent-elles comment empêcher, à l'avenir, la perte de ce patrimoine archivistique industriel ? Ce texte est le fruit de recherches menées en ce sens, dans le cadre d'une maîtrise en archivistique à l'Université Laval, qui s'est terminée par un stage de cinq cents heures chez Casavant Frères de Saint-Hyacinthe, le plus important facteur d'orgues à tuyaux toujours en activité sur le marché mondial, depuis sa fondation en 1879. Cette démarche a permis d'évaluer l'importance, en termes quantitatifs et qualitatifs, de la masse documentaire archivée depuis maintenant cent quarante ans, et de mieux saisir son utilité et son rôle dans les processus d'affaires. Néanmoins, des questions demeurent sans réponse relativement à la conservation adéquate de ces archives, ainsi qu'à l'absence de ressources humaines et financières pour assurer l'avenir de ce riche patrimoine industriel.
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3586.Plus d’information
Enregistrer de façon expérimentale des sons dans un square central montréalais très peu fréquenté nous a conduits à l'analyse de la matérialité du son et de l'enregistrement de l'audible en zone urbaine. Le square Viger a été construit dans les années 1980 au-dessus d'une autoroute est-ouest reliant le Quartier latin et le Vieux-Montréal. Jamais réellement terminé, le square, aujourd'hui mal entretenu, est un parc urbain délabré et abandonné que quelques groupes de personnes itinérantes se sont approprié. La dynamique complexe de santé publique et de souffrance sociale alimente l'image d'échec urbain du square. En septembre 2012, nous avons quadrillé le square en enregistrant son paysage sonore (Schafer 2010 [1977]). Nous souhaitions explorer l'intersection de différentes textures sensorielles associées à l'espace et ainsi approfondir notre compréhension de ses aires comme des surfaces tridimensionnelles et sensoriellement complexes. L'objectification de l'audible a révélé la coexistence de différents paysages sonores dans le square et leurs interactions avec l'environnement immédiat mais invisible. L'analyse de ces paysages par la rythmanalyse de Lefebvre (1992) a fait émerger différentes matérialités. Notre réflexion, théorique et empirique, souligne le rôle potentiel qu'une ethnographie des sons pourrait jouer dans l'orientation d'interventions visant à améliorer le design et l'utilisation du square.
Mots-clés : Boucher, Fletcher, square Viger, paysage sonore, rythmanalyse, Lefebvre, ambiance, espace public, design, Boucher, Fletcher, Viger square, Soundscape, Rhythmanalysis, Lefebvre, Atmosphere, Public Space, Design, Boucher, Fletcher, square Viger, paisaje sonoro, ritmo-análisis, Lefebvre, ambiente, espacio público, diseño
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3587.Plus d’information
Février 1941: Gabrielle Roy n'a pas encore amorcé sa carrière de romancière. Alors reporter, elle publie dans Le Bulletin des agriculteurs un article intitulé «Mort d'extrême vieillesse». La future auteure propose une lecture journalistique d'un fait alors contemporain. Au début de la décennie 1940, la propriété seigneuriale n'est pas affaire du passé dans la province de Québec. Le reportage de Roy se veut à la fois historique et didactique et s'appuie sur certains témoignages de «vieux habitants». L'auteure y est très critique à l'égard de cette «vénérable» institution que les historiens de son temps encensent. Elle nous rappelle que, près d'un siècle après l'abolition du régime seigneurial (1854), «nous éprouvons encore les derniers effets du régime colonial qu'il [Richelieu] nous imposa il y a plus de trois cents ans». Il faudra attendre les années 1970, alors que la question seigneuriale ne sera toujours pas réglée, pour que des historiens adoptent une telle position. Le présent article s'emploiera à montrer que ce texte de Gabrielle Roy n'a rien d'anodin et qu'elle s'y révèle une observatrice perspicace d'un événement passé sous le radar mais pourtant crucial dans l'histoire du Québec moderne: l'ultime extinction des rapports «seigneurs/censitaires».
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La mobilisation contre la mondialisation des échanges économiques au tournant du xxie siècle et, au Québec en particulier, dans le cadre du Sommet des Amériques en 2001 a donné l'impulsion à un mode d'engagement politique qui prend forme à l'extérieur des voies institutionnalisées de l'action partisane et du milieu communautaire. S'inspirant de la pensée politique anarchiste, les initiatives en apparence fragmentées qui s'inscrivent dans cette option libertaire forment aujourd'hui dans la province une communauté de mouvement social antiautoritaire. L'article a pour objectif de tracer un portrait empirique de cette communauté en dégageant la culture politique et l'interface organisationnelle qui relient les différents acteurs qui la composent. Mobilisés sur une variété de thématiques de lutte, ces acteurs antiautoritaires portent l'embryon d'un projet politique alternatif fondé sur la promotion de l'autonomie collective. Ce faisant, la communauté antiautoritaire porte les germes d'une façon novatrice de se réapproprier le politique par la pratique de la préfiguration, contribuant à la radicalisation du répertoire des formes d'engagement disponibles dans le paysage social et politique québécois.