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1081.Plus d’information
De tous les écrivains québécois contemporains, André Major est sans doute celui qui se réclame le plus directement d'un certain réalisme, notamment dans sa trilogie Histoires de déserteurs (1974-1976). Ce réalisme est mal reçu à l'époque, jugé trop conventionnel, trop « bourgeois ». Inspiré d'écrivains devenus classiques, comme Tchékhov ou Simenon, André Major s'inscrit naturellement contre une modernité fascinée par la virtuosité formelle et les thèmes à la mode. Le réalisme prend chez lui une valeur polémique paradoxale : ce qui situe son texte dans un certain canon littéraire est aussi ce qui reçoit une valeur contestatrice. De même, la prose discrète, précise et lisse que pratique Major dans ses romans comme dans ses carnets s'oppose aux jeux de mots et au style baroque qu'affectionnent tant d'écrivains au Québec. Dans cet article, l'auteur étudie ce curieux renversement de valeurs qui fait du réalisme le plus discret une forme « nouvelle » de contestation.
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1082.Plus d’information
La publication et la réception massive de l'autofiction, de Serge Doubrovsky jusqu'à Nelly Arcan, a modifié de façon importante, en France d'abord, mais au Québec également, une approche médiatique de la littérature. Une nouvelle convention de réalité a alors vu le jour. Ce nouveau réalisme engage une suite de conséquences idéologiques que des romans québécois des années 2000 contestent à l'aide, notamment, de la figure du romancier fictif. En utilisant deux exemples, La blonde de Patrick Nicol, de Patrick Nicol, et Matamore no 29, d'Alain Farah, cette étude entend analyser le réel autofictif et sa contestation dans la littérature québécoise contemporaine.
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1083.Plus d’information
Un des aspects les plus fascinants de ce Québécois surdoué qu'on connaît sous le nom de Louis Dantin est l'histoire de sa vie. Il en était conscient, comme en témoigne son souci de livrer des éléments autobiographiques, que ce soit dans sa correspondance, ses oeuvres lyriques, son « esquisse autobiographique » ou dans Les enfances de Fanny, qu'il qualifiait de « roman autobiographique ». Même s'il n'a pas osé publier plusieurs de ces textes de son vivant, son exemple a inspiré beaucoup d'écrivains de l'entre-deux-guerres. Cet article examine les différents volets de son discours autobiographique tout en suggérant que la complexité de cet homme, qui était en avance sur son temps, dépasse nettement l'image qu'il a osé livrer dans ses écrits.
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1086.Plus d’information
RésuméL'antiphonaire intègre dans la trame de son contenu diégétique une multitude de références à plusieurs savoirs non littéraires. Cet article porte sur l'un d'entre eux, le savoir alchimique, et ce, dans une perspective épistémocritique. Il s'agira non seulement de repérer les principales occurrences hermétiques de ce savoir dans le roman, mais également d'analyser la façon dont les emprunts théoriques faits à la philosophie alchimique influent sur la diégèse et l'écriture aquiniennes. Nous démontrerons comment l'épigraphe, tirée d'un traité d'alchimie attribué à Marie la Copte, structure l'ensemble du système des personnages, lesquels, loin de correspondre à des individualités distinctes, apparaissent au contraire comme les différents avatars d'une entité unique, partagée entre les deux pôles de la conscience et de l'inconscient. L'antiphonaire consisterait ainsi en une tentative de réunir ces deux composantes dans une démarche où l'oeuvre littéraire coïncide avec le Grand Oeuvre.
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1088.Plus d’information
RésuméQue tout commerce épistolaire repose sur une pragmatique du don, sur un geste qui, parce que sans garantie de retour, engendre une dette permanente entre les partenaires de l'échange, c'est ce que suggère la lettre de Saint-Denys Garneau écrite à Sainte-Catherine-de-Portneuf le 30 décembre 1932. Là, l'épistolier s'adonne à une intense activité comptable qui a pour effet de conférer à son offrande une valeur inestimable. La présente étude propose de replacer cette pratique du don épistolaire dans le contexte discursif du Québec des années trente, à une époque où le système du don apparaît aux principaux doxographes comme une alternative à la morale utilitariste et à l'économie de marché qui ont précipité le Québec dans la Crise. Profondément engagé dans l'idéologie de son temps, Saint-Denys Garneau fait également figure d'usurier épistolaire, spéculant sur la logique corporatiste du don afin d'amorcer sa carrière d'écrivain.
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1089.Plus d’information
RésuméPlusieurs oeuvres récentes d'André Brochu mettent de l'avant la question de l'identité: La Grande Langue. Éloge de l'anglais, Fièvres blanches et La Vie aux trousses. Dans ce dernier ouvrage, l'interrogation s'articule plus précisément autour de la création d'une identité masculine spécifique. Il s'agira donc d'étudier ce roman afin de voir quelle tangence prend l'interrogation identitaire au regard de la masculinité. À partir des nouvelles théories de la masculinité, nous verrons que le texte de Brochu oscille entre une conception traditionnelle et une autre plus près de la pensée constructiviste - elle-même à l'origine des théories actuelles de la masculinité-, notamment par rapport à la représentation de l'homosexualité. En s'attardant au langage du texte et plus particulièrement aux divers procédés rhétoriques, nous pouvons voir que la construction de l'être masculin dans La Vie aux trousses s'effectue de façon ludique, ironique et parfois contradictoire.
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1090.Plus d’information
RésuméÉtude comparée des Demoiselles d'Avignon et de masques de sociétés africaines à institution poro. L'étude démontre que l'esthétique de ce tableau de Picasso et l'esthétique de celle des masques des sociétés à poro constituent une seule et même esthétique, tandis que le politique lié au travail de Picasso et le politique promu par les masques sont diamétralement opposés. D'où la conclusion suivante: ce qui est politique en art ne relève pas de la forme mais du signifié.