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En commençant par déplorer l'absence de place pour la solidarité dans l'interprétation de la « justice de marché » au xxie siècle, l'article propose une autre voie, soit la relation dialectique entre la justice et la solidarité. Alors que la justice met l'accent sur l'« égalité » pour tous, la solidarité s'attarde surtout sur la « différence » et la diversité. Le pont entre les deux concepts peut être trouvé dans les récentes réinterprétations de la théorie de la reconnaissance, qui touche les sphères privée, sociale et politique. L'article préconise toutefois une approche critique, qui prend le manque de reconnaissance, plutôt que la reconnaissance, comme point de départ. L'éthique en général et l'éthique chrétienne en particulier doivent prêter attention aux expériences et aux récits des personnes qui semblent invisibles et inaudibles dans les systèmes de justice fondés sur le mérite et les accomplissements, et ce, dans le but d'identifier les violations de droits aussi bien que les pratiques d'exclusion subies par ces personnes. En se préoccupant d'abord des expériences réelles d'injustice au lieu de la théorie normative de la justice, la relation dialectique entre la justice et la solidarité devient claire : la solidarité révèle non seulement le fossé entre la théorie et la pratique, ou l'inévitable côté aveugle de la justice, mais elle s'affiche aussi clairement en faveur des personnes souffrant d'injustice. La solidarité est orientée vers l'action. Elle fait pression sur les institutions pour qu'elles deviennent justes, tout en prônant des changements pour ceux et celles qui souffrent le plus d'injustice, et tout en accompagnant ces personnes. Par ailleurs, la solidarité critique mais aussi partisane nécessite la vision impartiale et égalitaire d'une justice en tant que critique d'une idéologie potentielle qui est liée à un concept identitaire et à une politique identitaire.
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