Dossier : L’enseignement de l’histoire au premier cycle universitaire

Les études de 1er cycle en histoire au Québec. Réflexions d’une ancienne directrice du Département d’histoire de l’UQAM

  • Magda Fahrni

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  • Magda Fahrni
    Département d’histoire, Université du Québec à Montréal

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Couverture de L’enseignement de l’histoire au premier cycle universitaire, Volume 29, numéro 1, automne 2020, p. 7-247, Bulletin d'histoire politique

En organisant cette journée d’étude sur les études universitaires de premier cycle en histoire au Québec, François-Olivier Dorais et Martin Pâquet ont permis à un petit groupe d’historiennes et d’historiens universitaires d’avouer publiquement ce que nous avions tendance à réserver pour des conversations entre collègues dans nos départements respectifs, soit le fait que les inscriptions en histoire dans presque toutes les universités québécoises connaissent une baisse importante depuis maintenant quatre ou cinq ans (voir à ce sujet l’article de François Guérard paru dans le présent numéro). Cette journée fort instructive nous a permis de comparer la situation de notre propre université avec celles de nos institutions soeurs. Ce fut aussi un moment de « thérapie de groupe » qui nous a donné l’occasion de partager avec les collègues d’autres institutions nos angoisses, nos analyses du problème et même quelques pistes de solutions. Enfin, cette journée de réflexion nous a rappelé, je pense, à quel point la communauté historienne au Québec tient à l’enseignement – et à l’avenir – de sa discipline. François-Olivier et Martin m’ont demandé de brosser un portrait de l’état des inscriptions au premier cycle en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), une université urbaine reconnue pour son enseignement en sciences humaines aux trois cycles. Mes propos sont le fruit de réflexions entreprises notamment pendant mes trois années à la direction du Département d’histoire de l’UQAM, de 2016 à 2019, trois années pendant lesquelles la baisse des inscriptions au premier cycle était, pour moi comme pour mes collègues, une préoccupation constante. Je vais d’abord présenter un état des lieux, pour ensuite contextualiser ce déclin et offrir quelques hypothèses pour expliquer ce que vit mon université – et des institutions semblables – en ce moment. Les inscriptions au Département d’histoire de l’UQAM étaient relativement stables jusqu’en 2015. Une première diminution du nombre de demandes d’admission avait été constatée en 2008-2009, mais depuis vingt ans le nombre d’inscriptions est demeuré relativement constant, et ce jusqu’en 2014-2015. À l’automne 2015, nous avons connu une chute drastique, à la fois en ce qui concerne les demandes d’admission et les inscriptions. Par la suite, nos données sont restées stables – ou plutôt stagnantes –, c’est-à-dire que les inscriptions n’ont pas diminué davantage – ou pas beaucoup –, mais n’ont pas augmenté non plus. À l’automne 2019, nous avons connu une autre réduction importante des inscriptions dans tous nos programmes de premier cycle : baccalauréat, majeure, mineures, certificat, programme de gestion des documents et des archives. Par rapport à l’année 2014-2015, le taux d’inscriptions dans nos programmes de premier cycle a chuté de 38 %. Par bonheur, les nouvelles ne sont pas entièrement mauvaises : nos programmes des cycles supérieurs se portent très bien, même si la grande majorité de nos étudiant.e.s de maîtrise provient de notre programme de baccalauréat. Toutefois, la baisse des inscriptions au premier cycle, elle, est bien réelle. Si nous savons que, un peu partout en Amérique du Nord et même au Royaume-Uni, les nouvelles inscriptions en histoire sont en déclin – j’y reviendrai –, un fait est tout aussi inquiétant pour nous : les réinscriptions en histoire – c’est-à-dire les inscriptions d’étudiant.e.s en deuxième ou troisième année – sont également en décroissance à l’UQAM. Ces données soulèvent donc la question du recrutement, mais aussi celle de la rétention des étudiant.e.s. Comment attirer davantage d’étudiant.e.s dans nos programmes, et surtout, comment les garder chez nous ? Le Département d’histoire n’est pas le seul département de l’UQAM touché par cette diminution du nombre d’inscriptions. Le problème …

Parties annexes