Cuizine
The Journal of Canadian Food Cultures
Revue des cultures culinaires au Canada
Volume 11, numéro 2, 2025 Feeding Food Studies: Undergraduate and Graduate Student Research, Writing & Art Sous la direction de Holly Morgan et Barbara Parker
Sommaire (11 articles)
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Editor’s Introduction
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Introduction de l’équipe éditoriale
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Feeding Food Studies: Undergraduate and Graduate Student Research, Writing & Art
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Nourrir les études sur la nourriture : recherches étudiantes de premier et deuxième cycles, art et écriture
Research Articles / Articles de fond
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An Exploration of Discursive Framings of Body Weight in ObesityCanada and the Association for Size Diversity and Health’s Websites
Rachel Waugh
RésuméEN :
Body weight discourse varies based on which researcher you speak to. This can be confusing for those new to the field of weight science, especially for students or early career researchers. Organizations like Obesity Canada have student-led “Student and New Professional” groups which discuss higher-weights as “obesity” with students in healthcare related fields. Medicalizing body weight and labelling obesity as a chronic disease differs from Health At Every Size® or the work that fat studies scholars are doing. This can create turmoil for students, unsure of where they fit in these discussions of weight. This research paper was completed as part of an undergraduate directed study to explore discourse as a method to analyze body weight paradigms. First, discourse is explored as a method, then the medicalization of body weight is questioned. Viewpoints like those of Obesity Canada, Health At Every Size®, and fat studies scholars are explored and compared. A discourse analysis was completed to compare and contrast Obesity Canada and the Association of Size Diversity and Health’s websites. Findings indicate fatness can be framed differently, dependant on positionality (e.g., healthist or sizeist) and ideologies present on online websites.
FR :
Les conversations sur le poids varient selon la chercheure ou le chercheur à qui vous parlez, ce qui peut être déroutant pour les personnes nouvellement arrivées dans le domaine de la science du poids, particulièrement pour la population étudiante ou quiconque commence une carrière en recherche. Les organisations comme Obésité Canada ont des groupes destinés aux étudiant·e·s et jeunes chercheur·e·s, menés par des étudiant·e·s de domaines reliés aux soins de santé. Ces groupes associent poids corporel et « obésité ». La médicalisation du poids et l’identification de l’obésité comme une maladie chronique ne correspondent pas aux travaux de Health At Every Size® (traduction libre : La Santé à Toutes les Tailles) ou aux études récentes sur la graisse. Cela peut créer des incertitudes au sein de la population étudiante, incertaine de sa position dans ces discussions sur le poids. La présente recherche a été accomplie au sein d’un cours dirigé de premier cycle et explore le discours en tant que méthode d’analyse du paradigme autour du poids corporel. Dans un premier temps, le discours est exploré en tant que méthode. Ensuite, la médicalisation du poids corporel est contestée. Les points de vue tels que ceux d’Obésité Canada, de Health At Every Size® et des études sur la graisse sont étudiés et comparés. Une analyse du discours a été menée pour comparer et étudier les similitudes et les différences entre les sites internet d’Obésité Canada et de l’Association of Size Diversity and Health. Les conclusions indiquent que la corpulence peut être vue de manière différente, selon la positionnalité (ex., santéisme ou discrimination de taille) et les idéologies présentes sur les sites.
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Pig’s Feet: An Autoethnography of Weight-Based Discrimination
Amber Saville
RésuméEN :
Using autoethnography, this paper examines my experiences in public school and a medical encounter as these were shaped through my disability and an eating disorder. I explore themes of fat stigma, fat shaming and weight-based discrimination. Autoethnography is a research method that connects and critically reflects on personal narratives with wider cultural and social phenomenon. Through writing about my own embodied experiences, I employ the concept of healthism, which contends that individuals are responsible for their own health. Health is broadly understood in the socio-historical contexts of the childhood "obesity epidemic" and the thin ideal. Through my analysis I show how weight-bias and fat stigma lead to fat shaming and healthcare avoidance.
FR :
En utilisant l’auto-ethnographie, cette étude examine mes expériences à l’école publique et lors d’une rencontre médicale, influencées par mon handicap et mon trouble de l’alimentation. J’explore les thèmes de la stigmatisation de la corpulence, de la grossophobie et de la discrimination par le poids. L’auto-ethnographie est une méthode de recherche qui relie des récits personnels à des phénomènes culturels et sociaux plus larges et en fait une réflexion critique. Au travers de mes propres expériences, je recours au concept du santéisme, qui soutient que les individus sont responsables de leur santé. De manière générale, la santé est comprise dans le contexte socioéconomique de la « crise d’obésité » de la jeunesse et de l’idéal mince. Au travers de mon analyse, je démontre comment les préjugés sur le poids et la stigmatisation de la graisse mènent à la grossophobie et à l’évitement des soins de santé.
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Roots and Returns: An Afropolitan Reading of Food in Francesca Ekwuyasi’s Butter Honey Pig Bread
Sara-Ann Strong
RésuméEN :
Food, food related imagery, and food vocabulary are integral to Francesca Ekwuyasi’s acclaimed debut novel Butter Honey Pig Bread (2020). Beyond the edible items enumerated in the title, the narrative features numerous scenes of meals, kitchen prep, restaurants, culinary schools, and feasts, not to mention recurring imagery associated with the tastes and smells of food. This essay begins with Afropolitan conceptions of movement and class throughout the African diaspora to illuminate the way that food relates to plot, characterization, theme, and symbolism in Butter Honey Pig Bread. After establishing the premise that food is distinctly multidirectional in Ekwuyasi’s novel, this essay suggests that food operates to complexify the protagonists’ experiences of time and space by blurring the lines between youth and adulthood and between Canada and Nigeria. The main points of this essay offer an exploration of food’s ability to address the tension between the characters in their home through the sites dedicated to food such as the kitchen and the garden. Food divisions in the novel also gesture to the inherent privilege of the Afropolitan and the tensions within Afropolitanism. Food embodies these tensions as much as they defy them, temporally and spatially. In Butter Honey Pig Bread, sites of painful memories such as gardens and slaughterhouses are awaiting the creation of a memory that acts as a balm to the wound the pain creates. Ultimately, food in Butter Honey Pig Bread is a vehicle that simultaneously displaces and returns its passengers—the protagonists—home, wherever and whenever that may be.
FR :
La nourriture, son imagerie et son langage ont la part belle dans le premier roman acclamé de Francesca Ekwuyasi, Butter Honey Pig Bread (2020). Au-delà des aliments mentionnés dans le titre (beurre miel cochon pain), l’histoire contient de nombreuses scènes de repas, de cuisine, de restaurants, d’écoles culinaires et de festins, sans compter l’imagerie récurrente associée aux odeurs et saveurs. Cet article présente d’abord les notions afropolitaines de déplacement et de classe au travers de la diaspora africaine pour illustrer en quoi la nourriture se relie au récit, à la caractérisation, au thème et au symbolisme de ButterHoney Pig Bread. Après avoir établi la prémisse que la nourriture est résolument multidirectionnelle dans le roman d’Ekwuyasi, l’article montre qu’elle sert à complexifier le ressenti du temps et de l’espace des personnages principaux en brouillant les limites entre jeunesse et âge adulte, mais aussi entre Canada et Nigeria. Le coeur de cet article est d’offrir une exploration de la capacité qu’a la nourriture à résoudre les tensions entre les personnages chez eux, au travers de lieux dédiés à la nourriture, tels que la cuisine et le jardin. Les divisions propres à la nourriture dans le roman démontrent également le privilège inné des Afropolitains et les tensions au sein de l’afropolitanisme. La nourriture incarne ces tensions autant qu’elle les défie, temporellement et spatialement. Dans Butter Honey Pig Bread, les lieux de souvenirs douloureux tels que les jardins ou les abattoirs attendent la création d’un souvenir qui agit comme un baume sur la blessure créée par la douleur. Au final, la nourriture dans Butter Honey Pig Bread est un véhicule qui simultanément déplace et ramène ses passagers, les protagonistes, à la maison, peu importe, où et quand elle se trouve.
Say It Like You Eat It / Le Manger et Le Dire
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The Strawberry Girl
Shawna Guenther
RésuméEN :
I wrote this piece when I lived in Saskatchewan and visited my parents in Halifax. With the increasing distribution of GMO fruits and vegetables in megastores, this story brings us back to the most important source of food in Canada: the local small farming community.
FR :
J’ai écrit ceci quand je vivais en Saskatchewan et que j’ai visité mes parents à Halifax. Vu l’augmentation de la distribution de fruits et légumes OGM dans les supermarchés, cette histoire nous ramène à la source de nourriture la plus importante au Canada : les petites communautés agricoles locales.
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The Taste of Salt
Dylan Sammon
RésuméEN :
While depleting cod stocks, backroom politics, two world wars, an occasional natural disaster, and the unforgiving tug of modernity all contributed to the decline of Newfoundland’s outport villages, none of those factors could erase the rich culinary traditions that came from outport kitchens. What follows is a story that speaks to that decline, to the people who lived through it, and to the recipes they created. In 1970s Nebraska, rolling blackouts are causing disruptions in the local correctional facility’s execution schedule. Simply put, the electric chair won’t work if there’s no power. This breakdown plays to one death row inmate’s favour, however, as an institutional technicality allows him to get a different last meal for every night that he is due to be executed. The inmate’s name is Cupid Dawes, and his meal choices end up revealing a long-lost culture that (through taste) reignites his love of life and home and helps him come to terms with both his past and his present. Luckily for us, the local paper’s death-row correspondent is on hand to witness it all, even acting as a messenger between Cupid and the angry prison chef who must manage the inmate’s progressively more specific meal requests.
FR :
Même si la population de morue en chute libre, la politique, deux guerres mondiales, une catastrophe naturelle occasionnelle et l’avancée impitoyable de la modernisation ont contribué au déclin des ports de Terre-Neuve, aucun de ces facteurs n’a pu effacer les riches traditions culinaires qui émanent des cuisines de ces ports. Cet article parle de ce déclin, des personnes qui l’ont vécu et des recettes qu’elles ont créées. Dans le Nebraska des années 1970, les pannes d’électricité à répétition ont posé problème aux exécutions planifiées de la prison locale : pour simplifier, la chaise électrique ne fonctionne pas sans courant. Cette panne a bénéficié à l’un des condamnés à mort, car une spécificité des règlements applicables lui a permis d’avoir un dernier repas différent pour chaque soir où il est censé être exécuté. Le nom de ce prisonnier est Cupid Dawes, et ses choix de repas révèlent une culture perdue depuis longtemps qui (au travers des saveurs) lui rappelle sa joie de vivre et sa maison, et l’aide à se réconcilier avec son passé et son présent. Heureusement pour nous, le chroniqueur des condamnés à mort local était là, agissant même à titre de messager entre Cupid et le cuisinier de la prison mécontent qui devait se débrouiller avec les demandes de plus en plus spécifiques de son prisonnier.
Petite Madeleine
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Gentrified Foodways in North End Halifax
Megan White
RésuméEN :
The North End of Halifax has been subject to gentrification for decades. While much of the discourse about gentrification focuses on housing, this Petite Madeleine examines a less discussed type of gentrification, the gentrification of access to cultural foodways. The literature reviewed focuses on Black foodways, the forced displacement of Africville residents, and the how the foodscape of the North end has been influenced by white ways of eating. Told from the perspective of a North End resident who is a dietetic intern at the North End Community Health Centre, this paper highlights the inequalities in access to cultural foods stemming from racial marginalization, social exclusion, and how the preservation of foodways are used as resistance to systemic racism.
FR :
Le quartier North End d’Halifax s’embourgeoise depuis des décennies. Bien que la plupart des discussions sur l’embourgeoisement se concentrent sur le logement, cette Petite Madeleine examine un type d’embourgeoisement moins discuté, celui de l’accès à la gastronomie culturelle. Cet article s’intéresse à la gastronomie noire, au déplacement forcé des résidents d’Africville, et à la manière dont les restaurants du North End ont été influencés par les manières de manger blanches. Raconté du point de vue d’une résidente du North End, stagiaire en diététique au centre de santé communautaire du North End, cet article démontre les inégalités dans l’accès aux nourritures culturelles découlant de la marginalisation raciale et de l’exclusion sociale, mais aussi la manière dont la préservation de la gastronomie devient un acte de résistance face au racisme systémique.
CuizineArt
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Foodways as Highways: Using Food as Cultural Escape
Jack Chi
RésuméEN :
This digital art piece draws inspiration from my own experiences attempting to navigate the interconnectedness of food, culture, and queerness, as well as two pieces examining immigrant food experiences. Anita Mannur’s “Perfection on a Plate: Readings in the South Asian Transnational Queer Kitchen” relates queerness and food in an analysis of the film Nina’s Heavenly Delights, and Tulasi Srinivas’s "’As Mother Made It': The Cosmopolitan Indian Family, ’Authentic' Food and The Construction of Cultural Utopia” focusses on the unique experiences of the children of immigrants. In this piece, the girl flees heteronormativity in favor of queerness; simultaneously, she flees traditional Chinese foods in favour of Canadian fare. It is representative of the internal conflict experienced by immigrants and children of immigrants as they are torn between cultures, and the intrinsic links between food and culture. The girl strides across the chasm on a path of shattering plates, using food and foodways to deny her Chinese cultural identity. Though she takes this path willingly, she still weeps for the culture she is forced to leave behind. The relationships between culture, food, and queerness are undeniable but complex, and exploring these relationships is a journey unique to each individual. This art piece highlights the way in which food can serve as a cultural escape and attempts to represent my personal experience as the queer, rebellious child of an immigrant.
FR :
Cette oeuvre d’art digitale est inspirée de mes propres expériences à tenter de comprendre la relation entre nourriture, culture et identité queer, ainsi que de deux oeuvres examinant les expériences culinaires immigrantes. Perfection on a Plate: Readings in the South Asian Transnational Queer Kitchen d’Anita Manmur, parle d’identité queer et de nourriture dans le film Les Délices de Nina. ‘As Mother Made It’ : The Cosmopolitan Indian Family, ‘Authentic’ Food and The Construction of Cultural Utopia de Tulasi Sriniva se concentre sur les expériences uniques d’enfants d’immigrés. Dans cette oeuvre, la fille fuit l’hétéronormativité pour adopter une identité queer, mais simultanément, elle fuit la nourriture chinoise traditionnelle au profit de la gastronomie canadienne. Cela représente le conflit interne ressenti par les populations immigrantes et leurs enfants qui sont déchirés entre deux cultures ainsi que les liens intrinsèques entre nourriture et culture. La fille marche au-dessus du gouffre sur un chemin d’assiettes brisées, utilisant la nourriture et la culture alimentaire pour nier son identité culturelle chinoise. Bien qu’elle prenne ce chemin de son plein gré, elle pleure tout de même la culture qu’elle est forcée d’abandonner. La relation entre la culture, la nourriture et l’identité queer est incontestable, mais complexe, et l’exploration de cette relation est un parcours unique à chaque individu. Cette oeuvre d’art démontre comment la nourriture peut servir d’évasion culturelle et tente de représenter mes expériences personnelles en tant qu’enfant insoumise et queer d’immigrants.