Enfances, Familles, Générations
Numéro 49, 2025 Criminalités et dynamiques familiales : nouvelles perspectives Crime and Family Dynamics: New Perspectives Delincuencia y dinámicas familiares: nuevas perspectivas Sous la direction de Carolyn Côté-Lussier, Leslie Touré Kapo et Stéphane Paquin
Sommaire (11 articles)
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Criminalités et dynamiques familiales : nouvelles perspectives
Carolyn Côté-Lussier, Leslie Touré Kapo et Stéphane Paquin
RésuméFR :
Cadre de recherche : Étudier la criminalité et la famille implique la considération d’enjeux sur le plan de l’individu, des relations, de la communauté et de la structure sociale.
Objectifs : Ce numéro vise à regrouper des perspectives interdisciplinaires afin de montrer comment la criminalité s’insère dans les dynamiques familiales, en portant une attention particulière à l’intersectionnalité des inégalités sociales, et aux formes de violences structurelles.
Méthodologie : Les contributions de ce numéro incluent des analyses empiriques qualitatives, quantitatives, ainsi qu’une analyse sociale de la jurisprudence.
Résultats : Les comportements troubles et criminalisés, et la victimisation, sont liés au genre, à l’exclusion sociale et économique, aux pratiques parentales, aux relations avec les pairs, et aux relations conjugales. La criminalité implique également des violences structurelles : des systèmes, politiques et pratiques qui structurent les milieux de vie et dynamiques des familles. Les interventions visant à réprimer et sanctionner la criminalité peuvent ainsi représenter une forme de violence structurelle qui reproduit les violences physiques, psychologiques, sociales et économiques vécues au sein de la famille.
Conclusion : La criminalité et la violence sous toutes ses formes sont caractérisées par des processus structuraux et sociaux qui font en sorte que ces types de « problèmes sociaux » ont tendance à être regroupés ensemble. La famille, en tant qu’unité de base du système social, peut promouvoir la résilience ou reproduire la violence. Les interventions qui ignorent le « fil du trauma » des familles risquent de reproduire la violence, façonnant ainsi les trajectoires familiales.
Contribution : Ce numéro contribue à démontrer que la criminalité s’insère dans des dynamiques relationnelles, sociales et institutionnelles. La mise en application d’une approche interdisciplinaire et intersectionnelle permet d’analyser la complexité des expériences familiales de la criminalité.
EN :
Research framework : Studying crime and the family involves considering issues at the individual, relational, community, and social structural levels.
Objectives : This issue aims to bring together interdisciplinary perspectives to demonstrate how crime shapes family dynamics, with a particular focus on the intersectionality of social inequalities and forms of structural violence.
Methodology : The contributions in this issue include qualitative and quantitative empirical analyses, as well as a social analysis of case law.
Results : Problematic and criminalized behavior, and victimization, are linked to gender, social and economic exclusion, parenting practices, peer relationships, and intimate relationships. Crime also involves structural violence: systems, policies, and practices that shape family environments and dynamics. Interventions aimed at suppressing and punishing crime can thus represent a form of structural violence that reproduces the physical, psychological, social, and economic violence experienced within the family.
Conclusion : Crime and violence, in all its forms, are subject to structural and social processes that cause these types of “social problems” to cluster together. The family, as a basic unit of the social system, can promote resilience or reproduce violence. Interventions that ignore families’ “thread of trauma” risk reproducing violence, thereby shaping family trajectories.
Contribution : This issue demonstrates that crime is embedded in relational, social, and institutional dynamics. The application of an interdisciplinary and intersectional approach allows for the analysis of the complexity of family experiences of crime.
ES :
Marco de investigación : Estudiar la delincuencia y la familia implica considerar cuestiones relacionadas con el individuo, las relaciones, la comunidad y la estructura social.
Objetivos : Este número tiene como objetivo reunir perspectivas interdisciplinarias para demostrar cómo la delincuencia se inscribe en las dinámicas familiares, prestando especial atención a la interseccionalidad de las desigualdades sociales y a las formas de violencia estructural.
Metodología : Las contribuciones de este número incluyen análisis empíricos cualitativos y cuantitativos, así como un análisis social de la jurisprudencia.
Resultados : Los comportamientos problemáticos y criminalizados, así como la victimización, están relacionados con el género, la exclusión social y económica, las prácticas parentales, las relaciones con los pares y las relaciones conyugales. La delincuencia también implica violencia estructural: sistemas, políticas y prácticas que estructuran los entornos de vida y las dinámicas familiares. Las intervenciones destinadas a reprimir y sancionar la delincuencia pueden representar así una forma de violencia estructural que reproduce la violencia física, psicológica, social y económica que se vive en el seno de la familia.
Conclusión : La delincuencia y la violencia, en todas sus formas, se caracterizan por procesos estructurales y sociales que hacen que este tipo de «problemas sociales» tiendan a agruparse. La familia, como unidad básica del sistema social, puede promover la resiliencia o reproducir la violencia. Las intervenciones que ignoran el «hilo conductor del trauma» de las familias corren el riesgo de reproducir la violencia, configurando así las trayectorias familiares.
Contribución : Este número demuestra que la delincuencia se inscribe en dinámicas relacionales, sociales e institucionales. La aplicación de un enfoque interdisciplinario e interseccional permite analizar la complejidad de las experiencias familiares de la delincuencia.
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Crime and Family Dynamics: New Perspectives
Carolyn Côté-Lussier, Leslie Touré Kapo et Stéphane Paquin
RésuméEN :
Research framework : Studying crime and the family involves considering issues at the individual, relational, community, and social structural levels.
Objectives : This issue aims to bring together interdisciplinary perspectives to demonstrate how crime shapes family dynamics, with a particular focus on the intersectionality of social inequalities and forms of structural violence.
Methodology : The contributions in this issue include qualitative and quantitative empirical analyses, as well as a social analysis of case law.
Results : Problematic and criminalized behavior, and victimization, are linked to gender, social and economic exclusion, parenting practices, peer relationships, and intimate relationships. Crime also involves structural violence: systems, policies, and practices that shape family environments and dynamics. Interventions aimed at suppressing and punishing crime can thus represent a form of structural violence that reproduces the physical, psychological, social, and economic violence experienced within the family.
Conclusion : Crime and violence, in all its forms, are subject to structural and social processes that cause these types of “social problems” to cluster together. The family, as a basic unit of the social system, can promote resilience or reproduce violence. Interventions that ignore families’ “thread of trauma” risk reproducing violence, thereby shaping family trajectories.
Contribution : This issue demonstrates that crime is embedded in relational, social, and institutional dynamics. The application of an interdisciplinary and intersectional approach allows for the analysis of the complexity of family experiences of crime.
FR :
Cadre de recherche : Étudier la criminalité et la famille implique la considération d’enjeux sur le plan de l’individu, des relations, de la communauté et de la structure sociale.
Objectifs : Ce numéro vise à regrouper des perspectives interdisciplinaires afin de montrer comment la criminalité s’insère dans les dynamiques familiales, en portant une attention particulière à l’intersectionnalité des inégalités sociales, et aux formes de violences structurelles.
Méthodologie : Les contributions de ce numéro incluent des analyses empiriques qualitatives, quantitatives, ainsi qu’une analyse sociale de la jurisprudence.
Résultats : Les comportements troubles et criminalisés, et la victimisation, sont liés au genre, à l’exclusion sociale et économique, aux pratiques parentales, aux relations avec les pairs, et aux relations conjugales. La criminalité implique également des violences structurelles : des systèmes, politiques et pratiques qui structurent les milieux de vie et dynamiques des familles. Les interventions visant à réprimer et sanctionner la criminalité peuvent ainsi représenter une forme de violence structurelle qui reproduit les violences physiques, psychologiques, sociales et économiques vécues au sein de la famille.
Conclusion : La criminalité et la violence sous toutes ses formes sont caractérisées par des processus structuraux et sociaux qui font en sorte que ces types de « problèmes sociaux » ont tendance à être regroupés ensemble. La famille, en tant qu’unité de base du système social, peut promouvoir la résilience ou reproduire la violence. Les interventions qui ignorent le « fil du trauma » des familles risquent de reproduire la violence, façonnant ainsi les trajectoires familiales.
Contribution : Ce numéro contribue à démontrer que la criminalité s’insère dans des dynamiques relationnelles, sociales et institutionnelles. La mise en application d’une approche interdisciplinaire et intersectionnelle permet d’analyser la complexité des expériences familiales de la criminalité.
ES :
Marco de investigación : Estudiar la delincuencia y la familia implica considerar cuestiones relacionadas con el individuo, las relaciones, la comunidad y la estructura social.
Objetivos : Este número tiene como objetivo reunir perspectivas interdisciplinarias para demostrar cómo la delincuencia se inscribe en las dinámicas familiares, prestando especial atención a la interseccionalidad de las desigualdades sociales y a las formas de violencia estructural.
Metodología : Las contribuciones de este número incluyen análisis empíricos cualitativos y cuantitativos, así como un análisis social de la jurisprudencia.
Resultados : Los comportamientos problemáticos y criminalizados, así como la victimización, están relacionados con el género, la exclusión social y económica, las prácticas parentales, las relaciones con los pares y las relaciones conyugales. La delincuencia también implica violencia estructural: sistemas, políticas y prácticas que estructuran los entornos de vida y las dinámicas familiares. Las intervenciones destinadas a reprimir y sancionar la delincuencia pueden representar así una forma de violencia estructural que reproduce la violencia física, psicológica, social y económica que se vive en el seno de la familia.
Conclusión : La delincuencia y la violencia, en todas sus formas, se caracterizan por procesos estructurales y sociales que hacen que este tipo de «problemas sociales» tiendan a agruparse. La familia, como unidad básica del sistema social, puede promover la resiliencia o reproducir la violencia. Las intervenciones que ignoran el «hilo conductor del trauma» de las familias corren el riesgo de reproducir la violencia, configurando así las trayectorias familiares.
Contribución : Este número demuestra que la delincuencia se inscribe en dinámicas relacionales, sociales e institucionales. La aplicación de un enfoque interdisciplinario e interseccional permite analizar la complejidad de las experiencias familiares de la delincuencia.
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Dynamiques des familles immigrantes prises avec les violences basées sur l’honneur au Québec : perception des intervenant·es psychosociaux·ales des établissements scolaires de niveau collégial
Estibaliz Jimenez, Martine Le Corff, Bryan Dallaire-Tellier et Marie-Marthe Cousineau
RésuméFR :
Cadre de la recherche : Les violences basées sur l’honneur (VBH) sont un phénomène assez récemment reconnu au Québec dans différents milieux de l’intervention. Il a été constaté que bien que ces violences semblent se produire essentiellement dans des familles issues de l’immigration, ce serait plutôt le système familial basé sur des normes et des valeurs patriarcales qui serait à l’origine de ce type de conduites. Ce système peut notamment être à la source de certaines zones culturellement sensibles pouvant escalader en zones de tension et de conflits, notamment lorsque les adolescentes tentent de s’intégrer à la culture d’accueil au Québec, en opposition aux valeurs de la culture d’origine véhiculée dans la famille. Parmi ces conflits culturels, souvent intergénérationnels, entre différents membres de la famille, certains aboutissent dans des violences, parfois justifiées au nom de l’honneur. Au Québec, le milieu scolaire collégial accueille les étudiant·es poursuivant des études postsecondaires. S’y retrouvent, nécessairement, des étudiant·es d’origines ethnoculturelles variées, dont plusieurs issu·es de systèmes familiaux basés sur un mode de fonctionnement patriarcal. À notre connaissance, ce milieu n’a pas fait l’objet d’études sur les VBH à travers la province.
Objectifs : Devant ce constat, nous cherchons à comprendre la dynamique des familles immigrantes vivant en contexte de VBH, et ce, à partir du point de vue des intervenant·es psychosociaux·ales issu·es du milieu collégial au Québec et des autres membres du personnel qui pourraient œuvrer auprès des étudiant·es en milieu collégial victimes de VBH.
Méthodologie : Nous avons entrepris de sonder les intervenant·es psychosociaux·ales et membres du personnel de différents établissements scolaires de niveau collégial à l’aide d’entrevues de groupe et individuelles pour cerner ce qu’ils·elles connaissent sur le phénomène des VBH, particulièrement en regard des dynamiques familiales pouvant y donner lieu et comment leur intervention en tient compte.
Résultats : Les dynamiques familiales des familles vivant en contexte de VBH sont illustrées par le biais des zones sensibles et de tensions culturelles et le contrôle excessif pouvant avoir lieu en réponse à un comportement déshonorant. La multiplicité des personnes pouvant commettre ces violences, tout comme la protection de la victime par un autre membre de la famille, ainsi que le désir de quitter la dynamique familiale, permettent d’illustrer le portrait des dynamiques familiales des familles aux prises avec des VBH. En terminant, les différentes implications pour les dynamiques familiales des familles immigrantes aux prises avec des VBH qui sont soulevées mettent en relief des enjeux de dépistage qui peuvent conduire à des enjeux au niveau de l’intervention.
Conclusions : L’article met en lumière que les VBH posent des défis importants de dépistage et d’intervention. L’étude souligne la nécessité de renforcer les compétences interculturelles des professionnel·les afin d’éviter les jugements culturalisants, d’assurer la sécurité des victimes et d’adapter les interventions aux réalités familiales et communautaires.
EN :
Research Framework: Honour-Based Violence (HBV) is a phenomenon that has been relatively recently recognized in various intervention settings in Quebec. It has been observed that although these forms of violence appear to occur primarily in families from immigrant backgrounds, it is rather the family system based on patriarchal norms and values that is at the root of such behaviours. This system can be the source of certain culturally sensitive areas that may escalate into zones of tension and conflict, particularly when adolescent girls attempt to integrate into Quebec’s host culture, which may be in opposition to the values of the culture of origin upheld within the family. Among these cultural conflicts, often intergenerational, between different family members, some result in violence, sometimes justified in the name of honour. In Quebec, the college-level education system welcomes students pursuing postsecondary studies. This environment naturally includes students from diverse ethnocultural backgrounds, many of whom come from family systems structured around patriarchal dynamics. However, to our knowledge, this setting has not been the subject of studies on HBV across the province.
Objectives: Given this context, we seek to understand the dynamics of immigrant families experiencing HBV, specifically from the perspective of psychosocial workers in Quebec’s college-level education environment, as well as other staff members who may work with college students affected by HBV.
Methodology: We have undertaken to survey psychosocial workers and staff members from various college-level educational institutions using group and individual interviews, to identify their knowledge of the HBV phenomenon, particularly regarding the family dynamics that may lead to it, and how their interventions take this into account.
Results: The family dynamics of families experiencing HBV are illustrated through culturally sensitive and tension-prone areas, as well as excessive control that may occur in response to dishonourable behaviour. The involvement of multiple individuals in committing such violence, the possibility of another family member protecting the victim, and the desire to leave the family dynamic all contribute to depicting the reality of families affected by HBV. Finally, the various implications for the family dynamics of immigrant families facing HBV highlight screening challenges that can lead to intervention difficulties.
Conclusions: The article highlights that HBV presents significant challenges in terms of detection and intervention. The study underscores the need to strengthen professionals’ intercultural competencies in order to avoid cultural biases, ensure victims’ safety, and adapt interventions to family and community realities.
ES :
Marco de la investigación : En Quebec, las violencias basadas en el honor (VBH) son un fenómeno relativamente reciente en cuanto a su reconocimiento dentro del ámbito de intervención. Se ha observado que, si bien estas violencias parecen producirse principalmente en familias inmigrantes, en realidad, su origen radicaría más bien en un sistema familiar basado en normas y valores patriarcales. Este sistema de dominación puede ser el origen de ciertas zonas culturalmente sensibles que pueden intensificarse hasta convertirse en zonas de tensión y conflicto, especialmente cuando las adolescentes intentan integrarse a la cultura de acogida en Quebec, en oposición a los valores de la cultura de origen transmitida dentro de la familia. Entre estos conflictos culturales, a menudo intergeneracionales, entre diferentes miembros de la familia, algunos desembocan en actos de violencia, a veces justificados en nombre del honor. En Quebec, el entorno escolar colegial acoge a estudiantes que cursan estudios postsecundarios. En este espacio conviven estudiantes de diversos orígenes etnoculturales, muchos de los cuales provienen de sistemas familiares organizados bajo un modelo patriarcal. Sin embargo, hasta donde sabemos, este contexto no ha sido objeto de estudio sobre las VBH en la provincia de Quebec.
Objetivos: Ante esta situación, buscamos comprender la dinámica de las familias inmigrantes que viven en un contexto de VBH desde la perspectiva de los trabajadores y de las trabajadoras psicosociales de las instituciones colegiales en Quebec, así como de otros miembros del personal que pueden estar en contacto con estudiantes en situación de VBH.
Metodología: Hemos llevado a cabo un estudio en el que encuestamos a trabajadores y trabajadoras psicosociales y a otros miembros del personal de diversas instituciones escolares de nivel colegial, utilizando entrevistas grupales e individuales, con el objetivo de identificar su conocimiento sobre el fenómeno de las VBH, particularmente en relación con las dinámicas familiares que pueden darles origen, y cómo su intervención toma en cuenta estas dinámicas.
Resultados: Las dinámicas de las familias que viven en un contexto de VBH se ilustran a través de las zonas sensibles y de tensión cultural, así como del control excesivo que puede ejercerse en respuesta a un comportamiento considerado deshonroso. La multiplicidad de personas que pueden cometer estas violencias, así como la protección de la víctima por parte de otro miembro de la familia y el deseo de abandonar la dinámica familiar, permiten trazar un panorama de las dinámicas familiares afectadas por las VBH. Finalmente, las diferentes implicaciones de las VBH en las dinámicas de las familias inmigrantes resaltan los desafíos en la identificación de estos casos, lo que puede derivar en dificultades a nivel de intervención.
Conclusiones: El artículo pone de relieve que las VBH presentan importantes desafíos en materia de detección e intervención. El estudio subraya la necesidad de fortalecer las competencias interculturales de los y las profesionales para evitar juicios culturalizantes, garantizar la seguridad de las víctimas y adaptar las intervenciones a las realidades familiares y comunitarias.
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Analyse typologique des profils de violence familiale vécue à l’adolescence
Marie-Ève Clément et Frédérique Laprade
RésuméFR :
Cadre de recherche : À ce jour, peu d’études se sont attardées aux adolescent·es victimes de violence dans leur famille.
Objectifs : Cette étude vise à faire émerger des profils de violence familiale vécue par les adolescent·es québécois·es et à déterminer quelles sont leurs caractéristiques
Méthodologie : Des analyses de cluster hiérarchique et de régression logistique ont été réalisées à partir d’un échantillon populationnel de 1299 parents d’adolescent·es (13-17 ans) issu de la dernière enquête de l’Institut de la Statistique du Québec (Auteur, 2019). Le questionnaire, administré en mode téléphonique, a permis de documenter différentes formes de violence (exposition à la violence conjugale, agression psychologique, violence physique, négligence) et les caractéristiques des jeunes, des parents et du contexte socioéconomique (ex. : symptômes dépressifs et consommation des parents, stress parental, pauvreté, soutien social).
Résultats : Les analyses montrent la présence de cinq profils définis en fonction des formes de violences subies (parents définis comme distants, violents, négligents, désengagés et normatifs). Ces profils se démarquent sur la base de facteurs tels que les problèmes de consommation des parents, le stress parental et le soutien social
Conclusions : L’étude permet de dresser un portrait de la violence subie par les jeunes québécois dans la famille et d’identifier certains facteurs de risque.
Contributions : Elle met en lumière l’importance de porter attention aux vécus des familles d’adolescent·es souvent oubliés et de poursuivre les efforts de soutien auprès de celles-ci.
EN :
Research Framework: To date, few studies have focused on adolescents who are victims of violence within their families.
Objectives : This study aims to identify patterns of family violence experienced by Quebec adolescents and determine their characteristics.
Methodology : Hierarchical cluster and logistic regression analyses were conducted on a population sample of 1,299 parents of adolescents (ages 13-17) from the latest survey by the Institut de la Statistique du Québec (Clément et al ., 2019). The questionnaire, administered by phone, documented different forms of violence (exposure to domestic violence, psychological aggression, physical violence, neglect) as well as the characteristics of the young people, their parents, and their socioeconomic context (e.g., depressive symptoms and substance use among parents, parental stress, poverty, social support).
Results : The analyses show the presence of five profiles defined according to the forms of violence experienced (parents defined as distant, violent, neglectful, disengaged, and normative). These profiles differ based on factors such as parental substance use issues, parental stress, and social support.
Conclusions : The study provides an overview of the violence experienced in Quebec by young people in their family and identifies certain risk factors.
Contributions : It highlights the importance of paying attention to the experiences of adolescent families, which are often overlooked, and of continuing efforts to support them.
ES :
Marco de investigación : Hasta la fecha, pocos estudios se han centrado en los adolescentes víctimas de violencia en el ámbito familiar.
Objetivos : Este estudio pretende identificar perfiles de violencia familiar vivida por adolescentes quebequenses y determinar sus características.
Metodología : Se realizaron análisis de clúster jerárquico y regresión logística a partir de una muestra poblacional de 1 299 progenitores de adolescentes (13-17 años) procedente de la última encuesta del Institut de la Statistique du Québec (Clément et al ., 2019). El cuestionario, administrado por vía telefónica, permitió documentar distintas formas de violencia (exposición a la violencia conyugal, agresión psicológica, violencia física, negligencia) y las características de los jóvenes, de los progenitores y del contexto socioeconómico (p. ej.: síntomas depresivos y consumo de sustancias por parte de los progenitores, estrés parental, pobreza, apoyo social).
Resultados : Los análisis muestran la existencia de cinco perfiles definidos según las formas de violencia sufridas (progenitores definidos como distantes, violentos, negligentes, desentendidos y normativos). Estos perfiles se diferencian en función de factores como los problemas de consumo de los progenitores, el estrés parental y el apoyo social.
Conclusiones : El estudio permite delinear un panorama de la violencia familiar vivida por los jóvenes quebequenses e identificar ciertos factores de riesgo.
Contribuciones : pone de relieve la importancia de atender las experiencias de las familias de adolescentes, a menudo olvidadas, y de continuar los esfuerzos de apoyo hacia ellas.
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L’effet des pratiques parentales, des pairs antisociaux et de la satisfaction amicale sur les comportements antisociaux chez les jeunes : une approche interactionnelle
François-Pierre Saint-Gelais et Yanick Charette
RésuméFR :
Cadre de la recherche : Certaines pratiques parentales augmentent les risques qu’un jeune adopte des comportements antisociaux surtout pendant l’enfance et l’adolescence. Outre les parents, les pairs sont également des agents d’influence dans les comportements antisociaux des jeunes. Certaines recherches ont exploré l’effet modérateur de l’influence des pairs sur le lien entre les pratiques parentales et le comportement antisocial. Quelques lacunes empiriques existent.
Objectifs : Le présent article vise à identifier quelles pratiques parentales ont le plus d’influence sur les comportements antisociaux des jeunes. Il vise à vérifier un potentiel effet d’atténuation des relations amicales satisfaisantes et de la présence de pairs antisociaux sur ces pratiques parentales.
Méthodologie : Cette analyse utilise des données tirées de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) auprès de jeunes de 11 ans. Des analyses de régression linéaire multiple ont été réalisées afin d’observer les liens entre les pratiques parentales (la surveillance parentale et le rejet parental) et le comportement antisocial ainsi que l’effet modérateur des pairs.
Résultats : Les résultats montrent que le niveau de surveillance parentale est négativement lié au comportement antisocial. Les jeunes qui vivent du rejet sont plus à risque d’adopter des comportements antisociaux. Nos effets d’interaction révèlent que les relations amicales satisfaisantes réduiraient l’effet négatif des pairs antisociaux. Nos résultats soulèvent que les pairs antisociaux peuvent augmenter l’effet du rejet parental dans l’explication du comportement antisocial.
Conclusions : Comme observé dans d’autres études, les pratiques parentales et les pairs influencent les comportements antisociaux. Des analyses longitudinales et relationnelles pourraient permettre de mieux saisir le lien entre ces concepts.
Contribution : Ce projet s’inscrit dans une lignée empirique qui soutient que les pairs antisociaux peuvent accentuer le lien entre les pratiques parentales et le comportement antisocial. Ces recherches permettent de mieux comprendre les parcours délinquants dans le but de mettre en place des stratégies d’intervention adaptées en amont.
EN :
Research Framework: Many parental practices increase the risks of young people adopting antisocial behaviors, especially during childhood and adolescence. In addition to parents, peers are also an influential agents in youth’s antisocial behaviors. Some research has explored the moderating effect of peers influence on the link between parental practices and antisocial behavior. There are some empirical gaps in this field.
Objectives: This article aims to identify which parental practices have the greatest influence on antisocial behaviors in youth. It seeks to verify a potential mitigating effect of satisfying friendships and the presence of antisocial peers on these parental practices.
Methodology: This paper uses data from the Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) on 11-year-olds. Multiple linear regression analysis was conducted to examine the links between parental practices (monitoring and rejection) and antisocial behavior, as well as the moderating effects by peers. We control genre and financial status while using ELNEJ ponderations.
Results: The results show that the level of parental supervision is negatively correlated with antisocial behavior. Young people who experience rejection are at greater risk of adopting antisocial behaviors. Our interaction effects reveal that satisfying friendships reduce the negative effect of antisocial peers. Our results show that antisocial peers can increase the effect of parental rejection in explaining antisocial behavior.
Conclusions: As shown in other studies, parental practices and peers influence antisocial behaviors. Longitudinal and relational analyses could provide a better understanding of the link between these concepts.
Contribution: This paper is part of an empirical tradition arguing that antisocial peers can accentuate the link between parental practices and antisocial behavior. This research provides a better understanding of delinquent trajectories with the aim of implementing appropriate upstream intervention strategies.
ES :
Marco de la investigación: Ciertas prácticas parentales aumentan el riesgo de que un joven adopte comportamientos antisociales, especialmente durante la infancia y la adolescencia. Además de los padres, los pares también son agentes de influencia en los comportamientos antisociales de los jóvenes. Algunas investigaciones han explorado el efecto moderador de la influencia de los pares y la satisfacción con esas relaciones sobre el vínculo entre las prácticas parentales y el comportamiento antisocial. Sin embargo, existen ciertas lagunas empíricas.
Objetivos: El presente artículo tiene como objetivo identificar qué prácticas parentales tienen mayor influencia sobre los comportamientos antisociales de los jóvenes . Además, busca verificar un posible efecto atenuante de las relaciones amistosas satisfactorias y de la presencia de pares antisociales sobre dichas prácticas parentales.
Metodología: Este análisis utiliza datos extraídos de la Encuesta Longitudinal Nacional sobre Niños y Jóvenes (ELNEJ) realizada a jóvenes de 11 años. Se efectuaron análisis de regresiones lineales múltiples con el fin de observar los vínculos entre las prácticas parentales (la supervisión y el rechazo) y el comportamiento antisocial, así como el efecto moderador de los pares. Se ha controlado el género y la situación financiera de los ingresos anuales del hogar utilizando las ponderaciones de la ELNEJ.
Resultados: Los resultados muestran que un alto nivel de supervisión parental está negativamente relacionado con el comportamiento antisocial. Además, los jóvenes que experimentan rechazo tienen un mayor riesgo de adoptar comportamientos antisociales. Nuestros efectos de interacción revelan que las relaciones amistosas satisfactorias reducirían el efecto negativo de los pares antisociales. Finalmente, nuestros resultados muestran que los pares antisociales pueden moderar el efecto del rechazo parental en la explicación del comportamiento antisocial.
Conclusiones: Como se ha observado en otros estudios, las prácticas parentales y los pares influyen en los comportamientos antisociales. Recomendamos a los investigadores utilizar múltiples momentos de medición si se realizaran análisis similares. Los análisis longitudinales y relacionales podrían ayudar a comprender mejor la relación entre estos conceptos.
Contribución: Este proyecto se inscribe en una línea empírica que sostiene que los pares antisociales pueden moderar el vínculo entre las prácticas parentales y el comportamiento antisocial. Nuestro proyecto permite una mejor comprensión de la implicación de las relaciones amistosas satisfactorias en el comportamiento antisocial. Este trabajo ofrece a los investigadores la oportunidad de explorar las estructuras relacionales familiares y amistosas y su respectiva influencia.
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Les effets de réseau dans la (re)production de la violence postséparation envers les mères en contexte de judiciarisation de la garde au Québec
Ksenia Burobina, Deena White et Marie-Marthe Cousineau
RésuméFR :
Cadre de la recherche : Il est aujourd’hui bien documenté que la violence conjugale ne s’arrête pas après la séparation et que la judiciarisation de la garde est propice à la production de la violence conjugale postséparation (VCPS) envers les mères.
Objectifs : Cet article vise à mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre qui contribuent à la reproduction de la VCPS dans ces contextes et la manière dont divers acteur·rices y participent.
Méthodologie : L’article est tiré d’une recherche qualitative qui procède par l’étude de cas multiples reconstituant le point de vue des mères. Trois cas ont fait objet d’étude dans une perspective réseau.
Résultats : L’article identifie ce que nous appelons des « effets du réseau », constatant que les mécanismes de renforcement ou d’atténuation de la VCPS reposent sur les effets émergents générés par les (in)actions et interprétations de l’ensemble d’entités composant les réseaux des mères, dans des dynamiques relationnelles et de pouvoir interdépendantes. Une multiplicité d’entités y participe – dont des familles, des milieux juridiques, mais aussi des actants non humains (p. ex. documents, procédures) et des acteur·rices de la vie quotidienne, dont des milieux de l’éducation ou de santé.
Conclusions : Pour comprendre les mécanismes de (re)production de VCPS et pour identifier des solutions adéquates, il est nécessaire de considérer de façon holistique le contexte plus large de l’expérience des mères dans toute sa complexité.
Contribution : À travers les études de cas en profondeur, l’article met en lumière des aspects relationnels sous-explorés de la VCPS, le caractère interconnecté et complexe de sa reproduction, ainsi que des acteur·rices y contribuant qui ont reçu moins d’attention dans les écrits sur la VCPS.
EN :
Research Framework: It is well documented that domestic violence does not stop after separation and that custody disputes are fertile grounds for postseparation abuse (PSA) against mothers.
Objectives: This article aims to better understand the mechanisms that help perpetuate PSA in these contexts and how various actors contribute.
Methodology: The article is based on qualitative research conducted through multiple case studies reconstructing the mothers’ experience. Three cases were analyzed using a network perspective.
Results: This analysis found that the reproduction of PSA results from a cumulation of network events. The mechanisms that reinforce or mitigate PSA are grounded in emerging effects generated by the (in)actions and interpretations of multiplicity of entities that make up mothers’ networks. These include families, legal bodies, non-human entities, such as documents and procedures, and actors in everyday life, including education and health care providers. They intervene through interdependent dynamics and power relations.
Conclusions: To understand the mechanisms of PSA (re)production and identify the appropriate solutions, it is essential to adopt a holistic approach to the broader context of mothers’ experiences in all their complexity.
Contribution: Through in-depth case studies of mothers’ lived experience, the article highlights underexplored relational aspects of PSA and the interconnected and complex nature of its recurrence, while also documenting the impact of previously-overlooked agents’ involvement in the reproduction of PSA and in domestic violence more generally.
ES :
Marco de la investigación: Está ampliamente documentado que la violencia doméstica no se termina con la separación y que la judicialización de la custodia de menores favorece la producción de la violencia doméstica post-separación (VDPS) hacia las madres.
Objetivos: El presente artículo tiene como objetivo comprender mejor los mecanismos que contribuyen a la reproducción de la VDPS en estos contextos, y el rol que en ellos juegan distintos actores.
Metodología: El artículo se basa en una investigación cualitativa en la que se estudiaron casos múltiples, reconstruyendo el punto de vista de las madres. Se estudiaron tres casos desde una perspectiva de redes.
Resultados: El artículo identifica lo que se denomina «efectos de red», observándose que los mecanismos de refuerzo o de atenuación de la VDPS dependen de efectos emergentes generados por las acciones, inacciones e interpretaciones del conjunto de entidades que conforman las redes de las madres, en el contexto de dinámicas interdependientes relacionales y de poder. Múltiples entidades participan de estas dinámicas: familias, entornos jurídicos, actores no humanos (por ejemplo, documentos y procedimientos) y actores de la vida cotidiana como los del medio educativo y de atención de salud.
Conclusiones: Para comprender los mecanismos de (re)producción de la VDPS e identificar soluciones adecuadas, es necesario considerar de manera holística el contexto amplio y complejo en el que se desarrollan las experiencias de las madres.
Contribución: A través del análisis profundo de los casos, el artículo identifica aspectos relacionales poco explorados de la VDPS, destacando el carácter complejo e interconectado de su reproducción, así como la participación de actores menos estudiados en la literatura sobre la VDPS.
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Comprendre l’importance des relations conjugales de femmes judiciarisées à l’aube de leur réintégration sociale
Amélie Couvrette et Chloé Turpin
RésuméFR :
Cadre de recherche : Un des principes fondamentaux de l’approche sensible au genre est l’importance accordée aux relations. Selon la théorie relationnelle culturelle, les femmes, contrairement aux hommes, acquièrent leur identité et leur estime de soi surtout à travers leurs relations avec les autres. Les écrits scientifiques montrent que les relations que les femmes judiciarisées entretiennent avec leurs proches sont souvent caractérisées par de la violence et par différents traumatismes, en plus d’être fréquemment compliquées par la consommation de substances psychoactives.
Objectifs : Cette étude s’intéresse à la façon dont les femmes judiciarisées parlent de leurs relations conjugales ou amoureuses, à un moment crucial de leur trajectoire, soit au moment où elles contemplent leurs démarches de (ré)intégration sociale. La recherche vise aussi à explorer comment ces relations ont pu influencer leurs trajectoires, et ce, afin de mieux appréhender leur rôle potentiel dans leur avenir.
Méthodologie : À partir d’un corpus d’entretiens qualitatifs, menés auprès de 25 femmes, une analyse thématique a été réalisée.
Résultats : Les résultats ont permis de révéler deux trames relationnelles : une marquée par la violence et la domination, et une autre par l’amour et l’utilitarisme. L’importance de la maternité hâtive dans les relations avec les conjoints a également été soulignée dans nos résultats.
Conclusions : Ces résultats mettent en lumière l’importance de favoriser et d’encourager le développement de relations saines pour les femmes en processus de réintégration sociale, et ce, dans l’ensemble des relations qu’elles entretiennent.
Contributions : Nos résultats ont permis de donner une voix à ces femmes sur leurs dynamiques relationnelles, souvent nommées par les intervenants du terrain, mais rarement étudié dans les écrits scientifiques.
EN :
Research Framework : A principle of the gender-responsive approach is the emphasis on relationships. According to relational theory, women, unlike men, acquire their identity and self-esteem primarily through their relationships with others. Scientific literature shows that the relationships that women in the justice system have with their loved ones are often characterized by violence and trauma, and are often complicated by the use of psychoactive substances.
Objectives : This study focuses on the way in which court-appointed women talk about their marital or romantic relationships, at a crucial moment in their trajectory, i.e., when they are contemplating their steps towards their (re)integration into society. The research also aims to explore how these relationships may have influenced their trajectories, in order to better understand their potential role in their future.
Methodology : Based on a corpus of qualitative interviews with 25 women, a thematic analysis was carried out.
Results : The results revealed two relational patterns: one marked by violence and domination, and the other by love and practicality. The importance of early motherhood in relationships was also highlighted in our results.
Conclusions : These results highlight the importance of fostering and encouraging the development of healthy relationships for women in the process of social reintegration, in all their relationships.
Contribution : Our results have given these women a voice in their relationship dynamics, often named by field practitioners but rarely studied in the literature.
ES :
Marco de la investigación: Uno de los principios fundamentales del enfoque sensible al género es la importancia que se otorga a las relaciones. Según la teoría relacional, las mujeres, a diferencia de los hombres, desarrollan su identidad y autoestima principalmente a través de sus relaciones con los demás. Asimismo, la literatura científica muestra que las relaciones que las mujeres judicializadas mantienen con sus seres queridos están frecuentemente caracterizadas por la violencia y diversos traumas, además de estar a menudo complicadas por el consumo de sustancias psicoactivas.
Objetivos: Este estudio se interesa en la forma en que las mujeres judicializadas hablan de sus relaciones conyugales o amorosas en un momento crucial de su trayectoria, es decir, cuando contemplan su proceso de (re)integración social. La investigación también busca explorar cómo estas relaciones pudieron influir en sus trayectorias para comprender mejor su papel potencial en el futuro.
Metodología: A partir de un corpus de entrevistas cualitativas realizadas a 25 mujeres, se llevó a cabo un análisis temático.
Resultados: Los resultados revelaron dos patrones relacionales, uno marcado por la violencia y la dominación, y otro por el amor y el utilitarismo. La importancia de la maternidad temprana en las relaciones de pareja también fue destacada en nuestros resultados.
Conclusiones: Estos resultados subrayanla importancia de fomentar y promover el desarrollo de relaciones sanas para las mujeres en proceso de reintegración social en todos los aspectos de sus relaciones.
Contribución: Nuestros resultados permitieron dar voz a estas mujeres sobre sus dinámicas relacionales, a menudo mencionadas por los profesionales del campo, pero pocas veces estudiadas en la literatura.
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De l’enrôlement parental à l’exclusion sociale. Reconfigurations des solidarités familiales et reproduction des inégalités sociales et de genre en contexte judiciaire
Manon Veaudor
RésuméFR :
Cadre de la recherche : Les recherches sur les transformations de la justice des mineurs ont mis au jour l’injonction croissante à la participation des familles. Ils se sont moins penchés sur les incidences socioéconomiques de ce transfert, probablement en raison d’une focalisation sur le travail des intervenants et intervenantes sociales et à la manière dont les discours et les pratiques professionnelles façonnent des normes institutionnelles en termes de « bonne » parentalité.
Objectifs : Cette étude, conduite en France, suggère de déplacer le regard sur la reconfiguration des rythmes sociaux et familiaux des mères et des pères confronté·es à la justice pénale des mineurs. Dans le prolongement de ces travaux, nous montrons que la recherche d’une plus grande implication parentale tend à leur octroyer un rôle plus central, tout en invisibilisant les inégalités sociales et de genre auxquelles font face ces familles dans ce contexte judiciaire. Il s’agit d’analyser comment ces contraintes exacerbent les inégalités sociales.
Méthodologie : Elle se base sur une enquête ethnographique au sein d’un service territorial éducatif de milieu ouvert (STEMO) de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) de plusieurs mois, incluant une quinzaine d’entretiens auprès des jeunes et de leurs parents.
Résultats : Cet article examine les effets du placement judiciaire pénal et de la détention des mineurs sur les familles, tant sur le plan de la réorganisation des rythmes sociaux et professionnels que des rapports entretenus par les parents aux institutions sociojudiciaires. Il montre que le poids de ces épreuves varie selon les ressources sociales et économiques, le genre, et la configuration familiale.
Conclusions : La reconfiguration des rôles et des rythmes familiaux pendant une période de placement ou de détention des jeunes tend à accroître le poids des inégalités sociales et de genre devant les institutions pénales.
Contribution : Cette analyse apporte un éclairage renouvelé à l’étude des transformations des systèmes de justice pénale des mineur·es, en partant du point de vue des parents confrontés à la justice pénale des mineurs. Elle montre que la logique de responsabilisation parentale dans le travail de suivi amplifie les inégalités socioéconomiques, notamment pour les familles immigrées, et les disparités de genre dans la réorganisation des rythmes socioprofessionnels des parents.
EN :
Research framework : Research on changes of juvenile justice has highlighted the growing emphasis on family involvement. Less attention has been paid to the socioeconomic impact of this shift, probably because of a focus on the work of social workers and how professional discourse and practices shape institutional norms in terms of “good” parenting.
Objectives : This study, conducted in France, suggests shifting the focus to the reconfiguration of the social and family rhythms of mothers and fathers faced with juvenile criminal justice. Building on this work, we show that the quest for greater parental involvement tends to give parents a more central role, while obscuring the social and gender inequalities faced by these families in this judicial context. The aim is to analyze how these constraints exacerbate social inequalities.
Methodology : This study is based on an ethnographic survey conducted over several months within a territorial open educational service of the French public sector of youth protection (Protection judiciaire de la jeunesse), including some fifteen interviews with young people and their parents.
Results : This article examines the effects of juvenile placement and detention on families, both in terms of the reorganization of social and professional rhythms and the relationships maintained by parents with socio-judicial institutions. It shows that the burden of these ordeals varies according to social and economic resources, gender, and family configuration.
Conclusions : The reconfiguration of family roles and rhythms during a period of placement or detention of young people tends to increase the burden of social and gender inequalities before penal institutions.
Contribution : This analysis sheds new light on the study of changes in the juvenile criminal justice systems, based on the perspective of parents confronted with it. It shows that the logic of parental responsibility in follow-up work amplifies socioeconomic inequalities, particularly for immigrant families, and gender disparities in the reorganization of parents’ socio-professional rhythms.
ES :
Marco de la investigación : La investigación sobre los cambios en la justicia de menores ha puesto de relieve la creciente demanda de participación familiar. Sin embargo, se ha prestado menos atención a las repercusiones socioeconómicas de esta modificación, probablemente debido a la atención prestada a la labor de los trabajadores sociales y a la forma en que los discursos y las prácticas profesionales configuran las normas institucionales en términos de «buena» crianza.
Objetivos : Este estudio, llevado a cabo en Francia, sugiere una nueva mirada sobre la reconfiguración de los ritmos sociales y familiares de las madres y los padres enfrentados a la justicia penal juvenil. A partir de este trabajo, mostramos que la búsqueda de una mayor implicación parental tiende a otorgarles un papel central, al tiempo que invisibiliza las desigualdades sociales y de género a las que se enfrentan estas familias en este contexto judicial. El objetivo es analizar cómo estas limitaciones exacerban las desigualdades sociales.
Metodología : El estudio se basa en una encuesta etnográfica realizada durante varios meses en un servicio territorial educativo abierto (STEMO por sus siglas en francés) gestionado por el sector público de la protección judicial de la juventud en Francia, que incluyó una quincena de entrevistas con jóvenes y sus padres.
Resultados : Este artículo examina los efectos de la reubicación judicial penal y la detención de menores en las familias, tanto en lo que se refiere a la reorganización de los ritmos sociales y profesionales como a la relación entre los padres y las instituciones socio judiciales. Muestra que la carga de estas dificultades varía según los recursos sociales y económicos, el género y la configuración familiar.
Conclusiones : La reconfiguración de los roles y ritmos familiares durante un periodo de reubicación o detención de jóvenes tiende a aumentar el peso de las desigualdades sociales y de género en relación con las instituciones penitenciarias.
Contribución : Este análisis arroja nueva luz sobre el estudio de las transformaciones de los sistemas de justicia penal juvenil, partiendo del punto de vista de los padres que se enfrentan a la justicia penal juvenil. Muestra que la lógica de la responsabilidad parental en el proceso de seguimiento amplifica las desigualdades socioeconómicas, en particular para las familias inmigrantes, y las disparidades de género en la reorganización de los ritmos socio profesionales de los padres.
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Impact des familles polygamiques sur la délinquance juvénile dans le district d’Abidjan
Zozo Alain Dédou
RésuméFR :
Cadre de recherche : Cette étude s’inscrit dans le contexte des mutations sociales de la Côte d’Ivoire, où la polygamie, profondément ancrée dans les traditions, se confronte aux défis de l’urbanisation et de la modernité. À Abidjan, capitale économique en pleine expansion, les familles polygamiques peinent à s’adapter aux contraintes économiques, éducatives et culturelles, ce qui soulève des interrogations sur leurs effets sur les jeunes et leurs parcours sociaux.
Objectifs : L’objectif principal est d’analyser comment les dynamiques propres aux familles polygamiques urbaines influencent les comportements déviants des adolescents. Il ne s’agit pas de poser une relation causale directe, mais de comprendre les mécanismes internes (rivalités, inégalités de ressources, conflits d’autorité) et externes (précarité urbaine, pressions sociales et culturelles) qui fragilisent la socialisation des jeunes.
Méthodologie : La recherche repose sur une enquête qualitative menée de janvier à mars 2024 auprès de 35 jeunes âgés de 12 à 18 ans et pensionnaires du Centre d’observation des mineurs (COM) de Bingerville. Les données ont été collectées à travers des observations directes, des entretiens semi-directifs et l’analyse de documents institutionnels, puis traitées par une analyse thématique systématique afin d’identifier les dynamiques familiales associées aux conduites déviantes.
Résultats : Les résultats révèlent quatre mécanismes principaux : (1) les rivalités entre coépouses et demi-fratries, qui créent un climat de méfiance et d’insécurité affective ; (2) la précarité économique et éducative, qui limite les opportunités scolaires et accroît la vulnérabilité ; (3) la fragmentation de l’autorité parentale, réduisant la supervision ; (4) les pressions sociales et culturelles liées au genre, qui poussent certains jeunes à fuir leur foyer. Ces dynamiques ne produisent pas mécaniquement la délinquance, mais renforcent la probabilité de trajectoires de rupture.
Conclusions : La polygamie ne constitue pas en soi une cause directe de la délinquance juvénile. Les parcours sont façonnés par les interactions complexes entre contraintes structurelles, tensions intrafamiliales et pressions socioculturelles. L’étude souligne l’importance de l’autorité parentale cohérente, d’un accès équitable aux ressources éducatives et d’une meilleure prise en compte des vulnérabilités genrées.
Contributions : Ce travail enrichit la criminologie de la jeunesse en Afrique en apportant une lecture nuancée de l’influence des structures familiales polygamiques en milieu urbain. Il invite à dépasser les explications déterministes pour privilégier une approche contextuelle, attentive aux vulnérabilités, mais aussi aux potentialités de résilience. Il ouvre enfin des perspectives pour les politiques publiques en matière d’éducation, de soutien parental et de prévention de la délinquance.
EN :
Research Framework : This study is set against the backdrop of social change in Côte d’Ivoire, where polygamy is deeply rooted in tradition and is facing the challenges of urbanization and modernity. In Abidjan, a rapidly expanding economic capital, polygamous families are struggling to adapt to economic, educational and cultural constraints, raising questions about their impact on young people and their social trajectories.
Objectives : The main objective is to analyze how the dynamics specific to urban polygamous families influence deviant behavior among adolescents. The aim is not to establish a direct causal relationship, but to understand the internal mechanisms (rivalry, resource inequalities, conflicts of authority) and external mechanisms (urban precariousness, social and cultural pressures) that undermine the socialization of young people.
Methodology : This research is based on a qualitative survey conducted from January to March 2024 among 35 adolescents aged 12 to 18 who are residents of the Bingerville Juvenile Observation Center. Data was collected through direct observations, semi-structured interviews, and analysis of institutional records, and then processed using systematic thematic analysis to identify the family dynamics associated with deviant behaviour.
Results : The results reveal four main mechanisms: (1) rivalries between co-wives and half-siblings, which create a climate of mistrust and emotional insecurity ; (2) economic and educational precariousness, which limits educational opportunities and increases vulnerability ; (3) fragmentation of parental authority, reducing supervision ; (4) gender-related social and cultural pressures, which drive some young people to flee their home.
Conclusions : These dynamics do not automatically lead to delinquency, but they do increase the likelihood of disruptive trajectories. Polygamy is not in itself a direct cause of juvenile delinquency. Trajectories are shaped by complex interactions between structural constraints, intra-family tensions, and socialcultural pressures. The study highlights the importance of consistent parental authority, equitable access to educational resources, and greater consideration of gender-based vulnerabilities.
Contributions : This article contributes to the field of youth criminology in Africa by providing a nuanced analysis of the influence of polygamous family structures in urban areas. It challenges deterministic explanations that is attentive to vulnerabilities but also to the potential for resilience. It also opens up new perspectives for public policy in education, parental support, and crime prevention.
ES :
Marco de investigación : Este estudio se desarrolla en Costa de Marfil donde la poligamia, fuertemente arraigada en la tradición cultural, se enfrenta a los retos de la urbanización y la modernidad. En Abiyán, capital económica, las familias polígamas afrontan dificultades crecientes que afectan directamente a los jóvenes y a sus trayectorias sociales.
Objetivos : El propósito es analizar cómo las dinámicas internas de las familias polígamas (rivalidades, desigualdades de recursos, fragmentación de la autoridad) interactúan con factores externos como la pobreza urbana y las presiones culturales para influir en la conducta juvenil. El estudio no busca establecer una causalidad directa, sino comprender los mecanismos de vulnerabilidad.
Metodología : Se realizó una investigación cualitativa entre enero y marzo de 2024 con 35 adolescentes (de 12 a 18 años) en el Centro de Observación de Menores de Bingerville. Los datos se recogieron mediante observación directa, entrevistas semiestructuradas y documentos institucionales, y se analizaron con enfoque temático.
Resultados : Los hallazgos destacan cuatro factores principales : (1) rivalidades entre coesposas y medio hermanos ; (2) precariedad económica y educativa; (3) fragmentación de la autoridad parental ; y (4) presiones culturales de género que empujan a algunos jóvenes a abandonar el hogar.
Conclusiones : Estas dinámicas aumentan la vulnerabilidadsin generar de manera automática la delincuencia. La poligamia no es una causa directa de la delincuencia juvenil. Son más bien las tensiones familiares, la precariedad y las presiones sociales las que moldean los comportamientos de riesgo. La coherencia parental, el acceso justo a la educación y la atención a las vulnerabilidades de género se revelan como elementos claves de prevención.
Contribuciones : Esta investigación enriquece el estudio de la criminología juvenil en África al ofrecer una visión contextualizada y matizada de la poligamia urbana. Propone superar las explicaciones simplistas, resalta tanto las vulnerabilidades como las posibles resiliencias y abre caminos para políticas educativas, de apoyo familiar y de prevención social.
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Les « condamnations scolaires » : quels verdicts pour la famille ?
Zoé Yadan
RésuméFR :
Cadre de recherche : Cet article s’inscrit dans le champ de la sociologie de l’école et de la sociologie des familles. Il interroge les effets sociaux et familiaux des procédures disciplinaires scolaires, envisagées comme des « condamnations scolaires » où se rejouent les rapports entre école et familles populaires.
Objectifs : L’étude vise à comprendre comment la convocation d’un élève devant un conseil de discipline affecte non seulement sa trajectoire scolaire, mais aussi l’équilibre familial, les pratiques éducatives et la perception de soi des parents issus des classes populaires.
Méthodologie : L’enquête repose sur un dispositif qualitatif mené entre 2015 et 2018 : 31 entretiens parentaux (dont 18 avec des parents de classes populaires), 17 entretiens avec des professionnels scolaires et 28 observations de conseils de discipline. Ce matériau permet de croiser les points de vue institutionnels et familiaux sur ces « condamnations scolaires ».
Résultats : Les résultats montrent que la « condamnation scolaire » déborde largement le cadre de l’école. Elle devient, pour certains parents, une expérience collective marquante qui met sous tension l’autorité parentale, bouleverse les relations conjugales, renforce les tensions entre parents et enfants, et fragilise parfois la situation professionnelle des mères. Les conseils de discipline, loin d’être neutres, traduisent souvent un jugement implicite sur les familles populaires et leurs compétences éducatives. Au-delà de ces effets, les conseils de discipline sont des lieux de production d’un jugement implicite sur les familles populaires, en évaluant leurs pratiques éducatives et leur conformité aux normes scolaires.
Conclusions : La « condamnation scolaire » fonctionne comme un dispositif de moralisation et de responsabilisation des familles populaires. En individualisant les causes de l’indiscipline, elle invisibilise les logiques institutionnelles et sociales qui participent à la production des comportements jugés déviants. L’institution scolaire reste largement aveugle aux répercussions de ces « condamnations scolaires » sur les familles.
Contribution : Ce travail prolonge la compréhension des sanctions scolaires en les appréhendant comme des révélateurs des rapports de pouvoir entre école et familles. Il contribue à une sociologie de l’éducation attentive aux effets latents des dispositifs disciplinaires et à la manière dont ils participent à la reproduction des inégalités sociales.
EN :
Research framework : This article lies at the intersection of the sociology of education and family sociology. It examines the social and familial effects of school disciplinary procedures, understood as “school condemnations” in which the relationship between schools and working-class families is renegotiated.
Objectives : The study seeks to understand how a student’s summons before a disciplinary council affects not only their educational trajectory but also the family’s internal balance, parenting practices, and parents’ self-perception within working-class contexts.
Methodology : The research is based on a qualitative design conducted between 2015 and 2018: 31 interviews with parents (including 18 from working-class backgrounds), 17 interviews with school professionals, and 28 observations of disciplinary councils. This material provides a cross-analysis of institutional and family perspectives on “school condemnations.”
Results : Findings show that “school condemnation” extends far beyond the school sphere. For some parents, it becomes a significant collective experience that strains parental authority, disrupts conjugal relationships, intensifies tensions between parents and children, and sometimes weakens mothers’ professional situations. Disciplinary councils, far from being neutral, often convey an implicit judgment on working-class families and their educational competence. Beyond these effects, they act as spaces where parenting practices and adherence to school norms are assessed.
Conclusions : “School condemnation” operates as a mechanism of moralization and accountability directed at working-class families. By individualizing the causes of indiscipline, it obscures the institutional and social logics that contribute to the production of deviant behaviors. The school institution remains largely unaware of the repercussions of such disciplinary procedures on families.
Contribution : This work extends the understanding of school sanctions by considering them as indicators of power relations between schools and families. It contributes to a sociology of education attentive to the latent effects of disciplinary systems and their role in reproducing social inequalities.
ES :
Marco de investigación : Este artículo se inscribe en el campo de la sociología de la educación y de la sociología de la familia. Analiza los efectos sociales y familiares de los procedimientos disciplinarios escolares, concebidos como “condenas escolares” en las que se reconfiguran las relaciones entre la escuela y las familias populares.
Objetivos : El estudio busca comprender cómo la convocatoria de un alumno ante un consejo de disciplina afecta no solo su trayectoria escolar, sino también el equilibrio familiar, las prácticas educativas y la percepción de sí mismos de los padres pertenecientes a las clases populares.
Metodología : La investigación se basa en un enfoque cualitativo realizado entre 2015 y 2018: 31 entrevistas a padres (18 de ellos de clases populares), 17 entrevistas con profesionales escolares y 28 observaciones de consejos de disciplina. Este material permite cruzar las perspectivas institucionales y familiares sobre las “condenas escolares”.
Resultados : Los resultados muestran que la “condena escolar” trasciende ampliamente el ámbito educativo. Para algunos padres, se convierte en una experiencia colectiva significativa que pone en tensión la autoridad parental, altera las relaciones de pareja, refuerza los conflictos entre padres e hijos y, en algunos casos, debilita la situación profesional de las madres. Los consejos de disciplina, lejos de ser neutros, expresan a menudo un juicio implícito sobre las familias populares y sus competencias educativas. Más allá de estos efectos, constituyen espacios donde se evalúan las prácticas parentales y su conformidad con las normas escolares.
Conclusiones : La “condena escolar” funciona como un mecanismo de moralización y responsabilización dirigido a las familias populares. Al individualizar las causas de la indisciplina, invisibiliza las lógicas institucionales y sociales que contribuyen a la producción de los comportamientos considerados desviados. La institución escolar sigue siendo en gran medida ciega a las repercusiones de estas “condenas escolares” sobre las familias.
Contribución : Este trabajo amplía la comprensión de las sanciones escolares al considerarlas como reveladoras de las relaciones de poder entre la escuela y las familias. Contribuye a una sociología de la educación atenta a los efectos latentes de los dispositivos disciplinarios y a su papel en la reproducción de las desigualdades sociales.
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La répression de la violence familiale face au droit des victimes et des accusés à la vie de famille au Québec
Alain-Guy Sipowo
RésuméFR :
Cadre de la recherche : À la suite de plusieurs réformes législatives imposant la prise en compte de la violence familiale dans les décisions mettant en cause les droits parentaux, cette recherche analyse comment les tribunaux criminels, familiaux et de la jeunesse au Québec arbitrent entre répression de la violence familiale et droit à une vie de famille.
Objectifs : L’étude vise à comprendre comment les trois tribunaux concilient la répression de la violence familiale avec le droit fondamental des personnes impliquées de continuer de mener une vie de famille.
Méthodologie : À partir de la théorie libérale des droits de la personne, qui postule que le droit à la vie de famille peut être restreint dans l’impératif de lutte contre la violence et de protection des victimes, l’étude analyse un corpus de décisions récentes selon une grille thématique.
Résultats : L’étude révèle la prédominance de la protection des victimes et du contrôle des contrevenants, au détriment d’une réflexion approfondie sur le droit à la vie familiale et de l’autonomie individuelle. La casuistique entraîne incohérences et divergences entre juridictions.
Conclusions : L’intérêt de l’enfant sert de fondement justifiant surtout des restrictions, parfois totales, aux liens familiaux, à la lumière de la persistance de la violence familiale, de ses impacts négatifs, de sa gravité et de l’absence de réhabilitation du contrevenant.
Contribution : L’étude éclaire les tensions entre lutte contre la violence familiale, droits parentaux et continuité familiale. Elle ouvre la voie à une réflexion sur la nécessaire harmonisation des pratiques judiciaires.
EN :
Research Framework : Following several legislative reforms requiring domestic violence to be taken into account in decisions involving parental rights, this research analyzes how criminal, family, and youth courts in Quebec balance the repression of domestic violence with the right to family life.
Objectives : The study aims to understand how the three jurisdictions reconcile the repression of domestic violence with the fundamental right of those involved in maintaining family life.
Methodology : Based on liberal human rights theory, which posits that the right to family life can be restricted in the interest of fighting violence and protecting victims, this study uses a thematic framework to analyze a body of recent judicial decisions.
Results : The study reveals the predominance of victim protection and offender control, to the detriment of in-depth consideration of the right to family life and individual autonomy. Case-based reasoning leads to inconsistencies and divergences between jurisdictions.
Conclusions : The child’s best interests serve as the basis for justifying restrictions, sometimes total ones, on family ties, in light of the persistence of domestic violence, its negative impacts, its severity, and the offender’s failure to rehabilitate.
Contribution : The study highlights the tensions between combating domestic violence, parental rights, and family continuity. It paves the way for reflection on the necessary harmonization of judicial practices.
ES :
Marco de la investigación : A raíz de varias reformas legislativas que exigen tener en cuenta la violencia familiar en las decisiones que afectan los derechos parentales, esta investigación analiza cómo los tribunales penales, familiares y de menores de Quebec equilibran la represión de la violencia familiar con el derecho a la vida familiar.
Objetivos : El estudio pretende comprender cómo estas tres jurisdicciones concilian la represión de la violencia familiar con el derecho fundamental de las personas implicadas a mantener una vida familiar.
Metodología : Basado en la teoría liberal de los derechos humanos —que sostiene que el derecho a la vida familiar puede ser restringido en el marco de la lucha contra la violencia y la protección de las víctimas—, el estudio se apoya en un análisis cualitativo de sentencias recientes mediante una matriz temática.
Resultados : Los fallos muestran la predominancia de la protección de las víctimas y el control de los agresores, en detrimento de una reflexión profunda sobre el derecho a la vida familiar y la autonomía individual. El razonamiento casuístico genera incoherencias y divergencias entre tribunales.
Conclusiones : El interés superior del niño constituye el fundamento principal que justifica, a menudo, restricciones —incluso totales— a los vínculos familiares, a la luz de la persistencia de la violencia familiar, sus impactos negativos, su gravedad y la ausencia de rehabilitación del agresor.
Contribución : El estudio pone de relieve las tensiones entre la lucha contra la violencia familiar, los derechos parentales y la continuidad familiar, y abre el camino hacia una reflexión sobre la necesaria armonización de las prácticas judiciales.