FR :
Et si le cliché des « grands espaces infinis et silencieux » nous empêchait d’entendre ce qui travaille la page ? En m’appuyant sur trois études de cas (ioleda au Yukon, Michèle Smolkin sur le littoral pacifique, Hélène Ouedraogo entre Prairies et Sahel), j’avance une écopoétique depuis la périphérie et une « poétique du discret » : oiseaux, vent, eau, pas, froissements ne relèvent pas du décor; ils pilotent la forme et déplacent l’éthos de la voix. L’analyse procède par le repérage du lexique sonore, la lecture des coupes et des blancs, la mise en relation des timbres et des milieux, puis par le suivi d’une chaîne bruit → forme → geste éthique. Elle montre que les espaces dits périphériques sont d’abord des milieux d’écoute qui recomposent la page et réorientent l’attention critique.
EN :
What if the cliché of “vast, infinite, silent spaces” prevents us from hearing what is at work on the page ? Drawing on three case studies (ioleda in the Yukon, Michèle Smolkin on the Pacific littoral, and Hélène Ouedraogo between the Prairies and the Sahel), I propose an ecopoetics from the periphery and a “poetics of the discreet”, in which birds, wind, water, footsteps, and rustlings are not mere scenery: they drive form and shift the voice’s ethos. The analysis proceeds by identifying the sound lexicon, reading cuts and white space, relating timbres to environments, and tracing a chain from sound → form → ethical gesture. It shows that so-called peripheral spaces function first and foremost as listening environments that recompose the page and reorients critical attention.