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Documentation

Forsyth, Louise H., dir. (2010) : Anthology of Québec Women’s Plays in English Translation. Volume III (1997-2009). Toronto : Playwrights Canada Press, 510 p.

  • Chantal Gagnon

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  • Chantal Gagnon
    Université de Montréal, Montréal, Canada

Couverture de La manipulation de la traduction audiovisuelle, Volume 57, numéro 2, juin 2012, p. 275-539, Meta

Corps de l’article

Le livre Anthology of Québec Women’s Plays in English Translation en est à son troisième volume. Parue en 2010, cette anthologie propose la traduction de dix pièces contemporaines de théâtre québécois au féminin. Les deux premières anthologies couvraient les périodes 1966-1986 et 1987-2003 et elles proposaient la traduction d’oeuvres classiques du répertoire québécois, comme The Savage Season (Anne Hébert, traduit par Pamela Grant et Gregory Reid), The Fairies Are Thirsty (Denise Boucher, traduit par Alan Brown) ou Joye (Pol Pelletier, traduit par Linda Gaboriau). Dans le troisième volume, on trouve plusieurs oeuvres qui n’avaient jamais été publiées auparavant, même en français. La directrice de l’ouvrage n’explique d’ailleurs pas pourquoi le troisième volume commence en 1997, alors que le deuxième volume se terminait en 2003.

Pour la plupart, les dramaturges choisies ont déjà été primées pour la qualité de leur travail. Le livre est découpé en onze chapitres, soit une introduction au troisième volume, suivie des dix pièces traduites. Chaque pièce de théâtre est précédée d’une introduction de quelques pages et d’une présentation de la dramaturge. À deux reprises, une note du traducteur précède également la pièce. Les traducteurs eux-mêmes sont présentés à la toute fin de l’ouvrage. Dans les dernières pages du livre, on trouve aussi une bibliographie sur la recherche universitaire associée au théâtre québécois et à la traduction du théâtre. Ajoutons que c’est Louise H. Forsyth, une spécialiste de la performance féminine et de la dramaturgie québécoise, qui a rassemblé et brièvement commenté les oeuvres des trois volumes.

D’entrée de jeu, il faut souligner l’importance d’un tel recueil de textes traduits. Trop rares sont les anthologies uniquement constituées de traductions. Entre autres choses, une telle initiative facilite les échanges culturels entre le Québec d’expression française et le monde anglo-saxon. De plus, la sélection de Forsyth semble allier classiques, oeuvres de la génération montante et coups de coeur, soit un portrait représentatif du théâtre québécois au féminin. Nous ne nous prononcerons pas sur la qualité des traductions de l’anthologie puisque nous n’avons pas cherché à accéder aux originaux et surtout, parce qu’il s’agit ici d’un compte rendu plutôt que d’une analyse traductologique.

En plus d’aborder et d’analyser brièvement les thèmes des différentes pièces du troisième volume (par exemple, les relations mère-enfant, la violence et la cruauté, les conditions des marginaux, le processus créateur…), l’introduction de l’anthologie offre une courte mais intéressante réflexion sur l’art de la traduction théâtrale. Louise H. Forsyth élabore l’idée que toute traduction d’un texte de théâtre nécessite un processus d’interprétation, ce qui remet en question l’idée reçue voulant que la traduction du théâtre repose simplement sur les équivalences de dialecte et de niveau de langue.

D’un point de vue traductologique, il manque à cette anthologie la perspective des traducteurs. Les notes de traducteur sont très rares : on ne leur donne peut-être pas assez la parole. Cela dit, l’objectif avoué de ce livre est de faire découvrir les femmes-dramaturges du Québec. Accorder une plus grande place aux traducteurs et traductrices aurait peut-être nui à cet objectif.

Les oeuvres de l’anthologie se déclinent comme suit : Catch a Tiger (de Nathalie Boisvert, traduit par Bobby Theodore), Earthbound (de Carole Fréchette, traduit par John Murrell), When Books Come Tumbling Down (de Marie-Ève Gagnon, traduit par Louise H. Forsyth), Public Disorder (d’Evelyne de la Chenelière, traduit par Morwyn Brebner), Chinese Portrait of an Imposter (de Dominick Parenteau-Leboeuf, traduit par Crystal Beliveau), Rock, Paper, Jackknife… (Marilyn Perreault, traduit par Nadine Desrochers), Jouliks (Marie-Christine Lê-Huu, traduit par Crystal Beliveau), My Mother Dog (de Louise Bombardier, traduit par Leanna Brodie), Gisèle’s Wedding Dress (de Julie Vincent, traduit par Maureen Labonté) et The Sound of Cracking Bones (de Suzanne Lebeau, traduit par Julia Deschene et John Van Burek).

Ce livre s’adresse aux amoureux de la littérature ou de la dramaturgie québécoise, mais aussi aux traductologues à la recherche d’un corpus de travail novateur. Les étudiants et chercheurs qui s’intéressent à la traduction du théâtre trouveront sans doute la bibliographie intéressante, puisqu’elle réunit les titres les plus importants de la traductologie théâtrale.