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In memoriam

Hommage à Sylvie Vincent (1941-2020)

  • Laurent Jérôme,
  • Pierre Lepage,
  • Rita Mestokosho,
  • Nelcya Delanoë,
  • Laurent Girouard,
  • Gérald McKenzie et
  • Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM)

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  • Laurent Jérôme
    Directeur de la revue

  • Pierre Lepage

  • Rita Mestokosho

  • Nelcya Delanoë

  • Laurent Girouard

  • Gérald McKenzie

  • Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM)

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Couverture de Le consentement préalable, libre et éclairé : du principe à la mise en oeuvre en contexte canadien, Volume 49, numéro 2, 2019, p. 3-113, Recherches amérindiennes au Québec

Le départ de Sylvie Vincent, anthropologue et spécialiste de la tradition orale innue, a été vécu comme un choc. Pour plusieurs, Sylvie incarnait la rigueur intellectuelle, l’indépendance, l’esprit critique, l’engagement social et politique, l’honnêteté de la pensée et la franchise des mots. Elle a porté la revue Recherches amérindiennes au Québec, presque à bout de bras, avec ses amis et collègues, Rémi Savard, Laurent Girouard et Gérald McKenzie, pendant près de cinquante ans. Elle a influencé de nombreux collègues, jeunes chercheurs ou étudiants. Elle continuera encore à le faire, sans aucun doute. Quel étudiant de maîtrise ou de doctorat travaillant sur les Premières Nations du Québec n’a pas lu un texte de Sylvie Vincent ? Quel professeur n’a jamais proposé un texte de Sylvie dans ses lectures obligatoires ? Ses textes restent plus que jamais d’actualité. Mais ils ne sont que la partie visible de l’iceberg, la pointe d’un travail titanesque portant sur la tradition orale, le territoire et le patrimoine culturel des Innus. Nombre de ses essais, synthèses ou rapports n’ont jamais été publiés. Ils le seront, espérons-le, un jour. Sylvie était une travailleuse acharnée, humble, déterminée, sachant trouver l’équilibre entre fermeté et douceur, toujours à la recherche d’une forme de perfection, dira Serge Bouchard. Je l’ai entendue moi-même lutter contre les raccourcis dans le traitement des réalités des Premières Nations du Québec dans l’exposition de référence du Musée de la civilisation ; je l’ai entendue s’insurger contre le changement de paradigme imposé aux revues qui doivent, depuis quelques années, être reliées à une université pour pouvoir survivre ; je l’ai entendue déplorer tous ces protocoles de recherche, dont elle n’avait pas besoin, elle qui travaillait dans une relation de confiance, profonde et sincère avec et pour ses amis innus depuis tant d’années. « Avec sa rigueur et son dévouement, elle a su raconter notre histoire, nos traditions orales, notre culture et notre identité autant pour nos générations futures, mais également pour la défense de nos droits », affirmera la Nation innue dans son hommage. Sylvie, « elle m’a redonné mon histoire », déclarera encore son amie Joséphine Bacon. La Société et la Revue saluent aujourd’hui la contribution et la mémoire de Sylvie Vincent, en publiant ici les témoignages de Pierre Lepage, Rita Mestokosho, Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam, Nelcya Delanoë, Laurent Girouard et Gérald McKenzie. Bon voyage Sylvie, et merci. Voilà bientôt quinze jours que j’ai appris le décès de Sylvie Vincent, victime de la Covid-19, et les mots me manquent toujours pour faire son éloge et témoigner à quel point cette femme exceptionnelle a été importante pour moi sur le plan personnel et particulièrement sur le plan professionnel. J’ai eu le plaisir de faire la connaissance de Sylvie Vincent au tout début de ma carrière au sein de la Commission québécoise des droits de la personne. Elle mettait la dernière main, avec Bernard Arcand à L’image de l’Amérindien dans les manuels scolaires du Québec, publié en 1979 aux Éditions HMH. Cette étude nous intéressait au plus haut point puisqu’elle nous permettait de comprendre d’où venait, au Québec, la profondeur de notre ignorance collective et en grande partie la source de nos préjugés au sujet des premiers peuples. Ce fut certainement le début d’une grande complicité entre nous. Encore aujourd’hui je cite cet ouvrage majeur dans presque toutes mes conférences. Tout au long de ma carrière j’ai pu compter sur son soutien et ses avis judicieux. Lorsque je lui soumis, en 2002, mes textes de la première édition de Mythes et réalités sur les peuples autochtones, Sylvie Vincent a été ma critique la plus sévère. …

Parties annexes