Comptes rendus

Jessica Trisko Darden, Alexis Henshaw et Ora Szekely, Insurgent Women. Female Combatants in Civil Wars, Georgetown, Georgetown University Press, 2019, 96 p.

  • Bénédicte Santoire

…plus d’informations

  • Bénédicte Santoire
    Université d’Ottawa

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Options d’accès :

  • via un accès institutionnel. Si vous êtes membre de l’une des 1200 bibliothèques abonnées ou partenaires d’Érudit (bibliothèques universitaires et collégiales, bibliothèques publiques, centres de recherche, etc.), vous pouvez vous connecter au portail de ressources numériques de votre bibliothèque. Si votre institution n’est pas abonnée, vous pouvez lui faire part de votre intérêt pour Érudit et cette revue en cliquant sur le bouton “Options d’accès”.

  • via un accès individuel. Certaines revues proposent un abonnement individuel numérique. Connectez-vous si vous possédez déjà un abonnement, ou cliquez sur le bouton “Options d’accès” pour obtenir plus d’informations sur l’abonnement individuel.

Dans le cadre de l’engagement d’Érudit en faveur du libre accès, seuls les derniers numéros de cette revue sont sous restriction. L’ensemble des numéros antérieurs est consultable librement sur la plateforme.

Options d’accès

Dans leur ouvrage intitulé Insurgent Women. Female Combatants in Civil Wars, les trois autrices tracent un portrait concis, vulgarisé et accessible de la littérature sur les femmes dans les conflits armés à l’heure actuelle. Dès le début, elles démystifient la pensée tenace à savoir que les conflits internationaux et les guerres civiles sont des affaires d’hommes. En effet, les femmes ont, à travers l’histoire, pris les armes dans de multiples conflits armés – tant dans les armées nationales que dans les groupes non étatiques – à travers le monde. L’ouvrage de Jessica Trisko Darden, Alexis Henshaw et Ora Szekely se concentre sur ces derniers, plus précisément sur les femmes faisant partie de groupes insurgés non étatiques. Pour ce faire, elles proposent d’étudier trois cas contemporains où la présence des femmes est non négligeable : Bien qu’ils soient significativement différents, ces cas ont été choisis pour leur illustration pertinente de trois étapes distinctes du cycle de vie des conflits : le recrutement (Ukraine), la participation (Kurdistan) et la résolution (Colombie). De plus, ces cas soulignent à quel point les expériences singulières et les rôles que peuvent jouer les femmes dans la guerre varient considérablement : dans le même conflit à travers le temps (Colombie), dans des groupes insurgés opposés du même conflit (Ukraine) et dans une multitude d’organisations luttant parallèlement dans la même région (Kurdistan). Pour ce faire, les trois autrices utilisent une grande variété de données (entrevues, matériels en ligne, vidéos de propagande, archives, données gouvernementales, articles de journaux). Le but de l’ouvrage est clair : dresser un bilan de la littérature existante et tenter de répondre aux failles théoriques. En matière de relations internationales et d’études de sécurité, la catégorie de « combattant » a été, et demeure, androcentrique (male normative). Quand on reconnaît la place des femmes dans les conflits armés, non seulement toutes leurs expériences sont mises dans la même catégorie rigide, mais les narratifs existants tendent soit à minimiser leur agentivité (agency) en tant qu’actrices à part entière, soit à exagérer leur exceptionnalité et leur déviance par rapport aux normes de genre sociétales. Alors que la majorité des femmes présentes dans les conflits armés ont un rôle de soutien, environ le tiers des groupes armés mondialement placent des femmes dans des positions de combat et le quart d’entre eux, dans des postes de décision et de commande. Bref, il existe de multiples évidences quant à la participation volontaire et éclairée des femmes à la violence politique. Or, étant donné l’association persistante entre la guerre et la masculinité, la perception sociale des femmes comme naturellement pacifiques persiste. La manière dont l’agentivité des femmes dans les conflits armés est conçue a des conséquences concrètes, dans le milieu tant académique que pratique, car elle influence la façon dont on théorise ce phénomène et dont on intervient (par exemple, dans les interventions militaires étrangères, les processus de paix, les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR)). Bref, les travaux existants stigmatisent les femmes et contribuent au manque de données théoriques et empiriques à ce sujet. Dans le chapitre 1, les autrices examinent l’asymétrie du conflit en cours dans le Donbass afin d’explorer les différents motifs de participation des femmes dans les deux camps. Les combattantes ukrainiennes alignées avec le gouvernement central sont engagées dans les forces nationales ou dans des milices volontaires ultranationalistes et d’extrême droite (telles que Azov ou Aidar) pour défendre l’intégrité territoriale de leur pays et résister aux agressions russes. Les femmes des groupes séparatistes prorusses, quant à elles, revendiquent leur identité ethnique et linguistique (entre autres) et veulent briser le joug …

Parties annexes