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Recensions

Royer, N. (dir.) (2004). Le monde du préscolaire. Montréal : Gaëtan Morin

  • Sonia Cloutier et
  • Pierre Pagé

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  • Sonia Cloutier
    Université Laval

  • Pierre Pagé
    Université Laval

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Corps de l’article

Réalisé sous la direction de Nicole Royer, l’ouvrage regroupe douze auteurs qui traitent de différentes problématiques du monde de l’éducation préscolaire. Il s’adresse aux différents intervenants qui travaillent avec de jeunes enfants et aux étudiants en cours de formation initiale. Le document est divisé en quatre parties et présente dix chapitres portant sur des thèmes actuels qui rejoignent les questions et les intérêts des intervenants oeuvrant dans le monde du préscolaire.

La première partie contient deux chapitres traitant des services et de la pédagogie préscolaire. Au chapitre 1, Jean-Marie Miron décrit les différents services offerts et les situe globalement à travers un rappel historique. Ginette Beauséjour présente, au chapitre 2, la situation des maternelles et expose la position de l’Association d’éducation préscolaire du Québec (AEPQ) face aux nouvelles exigences auxquelles le monde du préscolaire doit répondre.

La deuxième partie est divisée en trois chapitres. Marc A. Provost et Nicole Royer nous amènent à réfléchir sur l’importance de la famille dans le développement de l’enfant. Ils traitent du contexte de vie de l’enfant en l’inscrivant dans l’approche écologique de Bronfenbrenner. Dans le chapitre suivant, Nicole Royer et Marc A. Provost présentent un portrait de différentes situations d’apprentissages sociaux en milieu préscolaire. Quant à lui, le chapitre 5 permet à Louise Poirier de préciser quatre catégories de notions mathématiques qui peuvent être développées, plus particulièrement dans le contexte de la maternelle.

Dans la troisième partie, trois chapitres sont consacrés à l’intervention pédagogique. Au chapitre 6, Colette Deaudelin et Monique Brodeur suggèrent des possibilités d’utilisation de la télévision et des technologies de l’information et de la communication (TIC) à des fins éducatives, et ce, sous l’angle de l’approche socioculturelle. Elles soulignent, sans toutefois les approfondir, les risques encourus à la suite d’une mauvaise utilisation de ces technologies. Dans le chapitre suivant, Sylvain Coutu, Geneviève Tardif et Daniel Pelletier abordent les facteurs de risque liés aux différentes difficultés comportementales et proposent des instruments de dépistage et d’évaluation. Une description sommaire de différentes interventions préventives est présentée sans toutefois que les auteurs élaborent sur les principes d’inclusion des enfants présentant des besoins particuliers. Le dernier chapitre de cette partie porte sur la gestion de la classe préscolaire ; Jocelyne Morin y décrit l’organisation pédagogique dans une classe-type de maternelle.

La dernière partie de l’ouvrage traite de la collaboration entre les différents intervenants. Linda Cormier, au chapitre 9, présente le portfolio et évoque l’importance de l’observation dans la démarche éducative. Le portfolio rejoint davantage la classe de maternelle, mais des stratégies d’adaptation pour les Centres de la Petite Enfance (CPE) et les garderies sont proposées. Le dernier chapitre, rédigé par Jean-Marie Miron, nous rappelle le rôle du parent dans l’éducation de son enfant. Il situe la relation de partenariat entre le milieu familial et le préscolaire en s’appuyant notamment sur la notion d’empowerment des parents.

La structure de l’ouvrage est conviviale et les différents articles peuvent être abordés de façon autonome. Si, d’une part, la diversité des thèmes abordés permet de rejoindre les intérêts multiples des intervenants en petite enfance, le nombre de chapitres, d’autre part, ne favorise pas toujours un traitement en profondeur des notions qui y sont présentées. Cependant, les textes sont accessibles et incitent le lecteur intéressé à pousser plus loin sa démarche d’appropriation du contenu. Les références citées dans les textes et les lectures suggérées à la fin de chaque chapitre donnent des ressources intéressantes à ceux qui voudraient développer davantage les contenus ciblés.

L’ouvrage accorde une place importante à l’enfant ainsi qu’à sa famille. Il s’adresse à tous les intervenants du monde préscolaire. Cependant, quelques textes rejoignent principalement la réalité du monde scolaire. Dans l’éventualité d’une suite à ce document, il serait intéressant d’explorer davantage certaines réalités des CPE, comme le développement de la motricité globale et les jeux symboliques, par exemple. Il serait aussi pertinent d’y trouver un chapitre qui présente de façon détaillée l’organisation pédagogique d’un CPE, à l’instar de celui traitant de la maternelle. Cependant, joindre dans un même ouvrage les réalités si différentes de l’école, des CPE et des garderies s’avère un défi de taille. Cet ouvrage constitue un premier pas dans cette direction.