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Recensions

Winebrenner, S. (2008). Enseigner aux élèves en difficulté en classe régulière. Montréal, Québec : Chenelière Éducation

  • Daniel Daigle

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  • Daniel Daigle
    Université de Montréal

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Comme le titre l’indique, ce livre aborde la problématique très actuelle de l’intégration de l’élève en difficulté en classe régulière. La question générale qui constitue le fil conducteur de cet ouvrage est la suivante : Comment enseigner aux élèves qui ont un retard par rapport à la norme attendue pour leur âge ? Pour répondre à cette question, l’auteure propose, notamment à partir de son expérience de praticienne, un colligé de conseils et de suggestions visant à promouvoir la réussite de l’élève en difficulté. La principale force de cet ouvrage se rapporte au caractère multidisciplinaire des thématiques abordées. En effet, l’auteure tente de répondre à des questions variées qui relèvent autant de la psychopédagogie que de la didactique. On y traite, entre autres, de moyens pour créer un climat de classe favorable aux apprentissages et, pour motiver l’élève, d’enseignement des styles d’apprentissage, d’enseignement de la lecture et des mathématiques, d’évaluation du rendement des élèves et de la participation des parents dans le développement des compétences scolaires des élèves en difficulté. En trame de fond, les propositions énoncées sont basées sur les styles d’apprentissage des apprenants. Pour l’auteure, les élèves sont principalement soit auditifs, soit visuels ou encore kinesthésiques. Les conseils et suggestions se rapportent principalement aux élèves globaux (les visuels et les kinesthésiques) qui seraient plus susceptibles, selon l’auteure, de présenter des difficultés d’apprentissage.

Le lecteur trouvera dans ce livre plusieurs conseils intéressants et des suggestions pédagogiques qui valent la peine d’être mises à l’essai. Cependant, plusieurs réserves doivent être émises. Premièrement, la classification des élèves en fonction des styles d’apprentissage peut être réductrice. On ne peut certainement pas expliquer les difficultés d’apprentissage uniquement par le fait que l’élève soit considéré comme visuel ou kinesthésique. Cette taxinomie ne rend pas compte de tout ce que l’on sait sur l’élève en difficulté. Deuxièmement, les contenus abordés le sont le plus souvent de manière superficielle et ne permettent pas au lecteur de faire le point sur l’état actuel des connaissances. Par exemple, lorsqu’il est question de didactique de la lecture, l’auteure suggère d’éviter d’enseigner les correspondances graphèmes-phonèmes aux élèves en difficulté en lecture et d’opter plutôt pour une approche plus globale dans les premières années de scolarisation. Ce type de suggestion ne s’inscrit certainement pas dans le courant actuel de la didactique de la lecture. Troisièmement, même si la distinction entre difficulté d’apprentissage et trouble d’apprentissage est abordée brièvement, ce livre ne traite pas des élèves ayant des troubles d’apprentissage. Or, en classe régulière, on retrouve de plus en plus de ces élèves. Le lecteur n’y trouvera que peu de réponses pour les élèves atteints de dyslexie, de dysorthographie ou de dyscalculie. Enfin, même si le titre du livre laisse entendre que la différenciation pédagogique sera abordée, il en est peu question. L’auteure a fait le choix de donner des conseils et des suggestions se rapportant essentiellement à l’enseignement aux élèves dits globaux. Un enseignement différencié demande non seulement la prise en compte des caractéristiques des élèves en difficulté, mais aussi de celles des autres élèves de la classe.