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Recensions

Auriac-Slusarczyk, E. (2013). Apprendre et former : la dimension langagière. Clermont-Ferrand, France : Presses universitaires Blaise-Pascal

  • Anne-Marie Dionne

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  • Anne-Marie Dionne
    Université d’Ottawa

Couverture de Les transformations et défis actuels de la formation générale des adultes,                Volume 40, numéro 2, 2014, p. 191-447, Revue des sciences de l'éducation

Corps de l’article

Ce volume propose un tour d’horizon de la dimension langagière telle qu’elle se fait entendre dans des contextes scolaires variés. Pour en comprendre la pluralité, il y a lieu d’écouter ce qui se dit dans les institutions scolaires (11), ce à quoi s’évertuent les contributeurs de cet ouvrage. Chaque chapitre montre des résultats de recherches qui doivent être considérées comme des témoignages scientifiques, lesquels prennent place dans des contextes variés tels que les cours de français ou de gymnastique, de la maternelle au cours universitaire. À l’évidence, ces écrits démontrent que la question langagière englobe tous les axes scolaires. Mais en plus, ils guident la réflexion du lecteur en lui faisant réaliser à quel point le langage n’est jamais neutre.

Cette publication présente un intérêt pour les spécialistes du langage qui souhaitent connaître les données, les méthodes et les résultats d’études qui montrent que les mots, choisis inconsciemment ou non, peuvent déterminer les rapports sociaux qui s’instaurent dans l’environnement scolaire. L’une des forces de ce livre est d’avoir pris en considération l’ensemble du milieu éducatif. Une autre de ses qualités est la rigueur que l’on retrouve dans chaque chapitre. Chacun décrit de façon détaillée les fondements ou le cadre théorique de l’étude. De nombreuses transcriptions (verbatims) illustrent bien les propos des auteurs. On remarque toutefois que les chapitres sont très inégaux en ce qui concerne l’envergure, qui varie entre 19 et 58 pages. Par ailleurs, malgré des lourdeurs stylistiques qui marquent quelques chapitres, le lecteur averti saura tirer profit de ces écrits, surtout s’il connaît déjà les divers fondements épistémologiques qui servent d’assises à ces recherches. Le novice en la matière risque toutefois d’en trouver la lecture quelque peu ardue, mais elle mérite d’être poursuivie, car elle est très instructive, voire formatrice.

Un détail concernant la conception de la littératie, avancée dans le premier chapitre du volume, doit être souligné. Partant du principe que l’oralité et la littératie représentent deux univers différents (la littératie étant associée à l’écrit), les auteures s’appliquent à en montrer l’interdépendance. Pourtant, la vision singulière de la littératie a depuis un certain temps fait place à une conception selon laquelle elle fait référence aux multiples aspects des fonctions communicatives dans différents contextes, incluant la communication orale. Ce détail n’est pas anodin et il doit être pris en considération par le lecteur, puisqu’il témoigne du fait que dans le contexte de la mondialisation, le concept de la littératie tarde à se définir clairement selon les champs d’étude ou les contextes géographiques.

Enfin, soulignons que ce volume apporte une vérification empirique en regard de certaines notions de la dimension langagière que l’on pouvait percevoir d’une façon intuitive. En effet, s’il s’avérait nécessaire de démontrer scientifiquement que parler n’est jamais neutre, il semble bien que les auteurs de ce volume aient su relever le défi en faisant part de leurs témoignages scientifiques, datés et situés dans le contexte scolaire contemporain.