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291.Plus d’information
RésuméLes colonisateurs français et espagnols s'entendaient pour voir dans l'éducation des Amérindiens un outil indispensable d'assimilation. Des deux côtés, ils pensaient que les autochtones étaient soit sans éducation, constituant dès lors un terrain propice à de nouveaux apprentissages, ou bien qu'ils étaient en mesure de comprendre la supériorité de l'éducation étrangère. Dans les deux cas, l'éducation était l'instrument nécessaire si l'on voulait voir les autochtones s'adapter aux us et coutumes des Européens. L'approche de chaque groupe était différente. Les Espagnols, par l'intermédiaire des Franciscains, furent à même de reprendre un système existant et de le modifier selon leurs propres besoins. Ils développèrent donc rapidement un savant réseau d'institutions scolaires, établissant un collège vers 1536. Leurs efforts obtinrent un immense succès, surtout parce que les autochtones conquis montrèrent peu de difficulté à passer d'une autorité à une autre qui correspondait à leurs désirs. Les Français ne se présentaient pas en conquérants, et ils n 'eurent pas, comme les Espagnols, à affronter une société autochtone en crise, les Récollets français entreprirent l'éducation chrétienne dès leur premier établissement. Puis les Jésuites leur succédèrent en moins de vingt ans. Les autochtones acceptèrent leur ministère parce que les Français en faisaient une condition du commerce. Les Hurons différaient radicalement des Indiens du Mexique par leur organisation démocratique et par la souplesse de leurs institutions. Ce n'est pas en peuple conquis que les Hurons entrèrent dans cette phase de transition de leur vie sociale et économique. Ils traitèrent les missionnaires comme des hôtes et dictèrent souvent les conditions des échanges. En dépit de circonstances bien différentes, les efforts des deux groupes touchant l'éducation arrivèrent au même résultat; les autochtones ne furent ni aussi maleables ni aussi faciles à assimiler que les Européens l'avaient pensé.
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292.Plus d’information
Cet article, présenté sous forme d'un récit d'expérience, rend compte d'un projet en cours de déroulement dans une classe multiâge de 26 élèves d'une école primaire Montessori. Il consiste en la réalisation par les élèves d'une entrevue avec une personne âgée de leur famille et la rédaction d'un récit. Dans un premier temps, nous exposons la place de l'histoire orale préconisée par le programme d'univers social au primaire. Ensuite, nous faisons état du cadre théorique qui guide notre recherche et qui a trait à la pertinence et aux modalités de l'histoire orale dans l'enseignement de l'univers social, ainsi qu'aux distinctions entre le récit de vie et le récit historien. Dans un troisième temps, nous rendons compte du déroulement du projet et des premiers résultats. Ils concernent les apports possibles de ce type de démarche sur le plan de la motivation et des apprentissages en univers social.
Mots-clés : histoire orale, récit de vie, temps historique, motivation, classe multiâge, oral history, life story, historical time, motivation, multi-age classroom, historia oral, relato de vida, tiempo histórico, motivación, clase multi-edad
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293.Plus d’information
Les parlamentos hispano-mapuche furent des conférences de paix tenues au sud du Chili entre l'armée coloniale espagnole et les autorités mapuche. Ces traités ont engendré un vocabulaire politique particulier, produit de la relation entre les deux communautés. Le présent article aborde l'occurrence, dans les traités de paix, du vocable parlamento, dans ses deux acceptions principales présentes tout au long du XVIIe – discours et réunion– pour devenir au cours du XVIIIe un terme clé du vocabulaire politique des modalités d'interaction entre la couronne espagnole et les Mapuches. L'étude du trajet thématique et discursif de ce vocable et de ses usages, ainsi que de celui d'autres vocables désignant les acteurs et l'espace physique de la cérémonie, repose sur une réflexion traductologique, à l'aune d'une approche sociohistorique et discursive, tout en recourant à certains outils et concepts de la terminologie. Le présent travail, sur un cas précis d'équivalence de traduction, prétend contribuer à l'histoire de la traduction, à l'histoire générale et à celle des concepts politiques.
Mots-clés : mediación, diplomacia hispano-mapuche, historia colonial, trayecto temático, discurso, médiation, diplomatie hispano-mapuche, histoire coloniale, trajet thématique, discours, mediation, Mapuche-Spanish diplomacy, Colonial history, thematic trajectory, discourse
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294.Plus d’information
RésuméCet article rend compte de l'épistémè religieux des peuples amérindiens du Nord du Canada en relativisant les concepts les plus fondamentaux de religions plus récentes, telles que le judaïsme, le bouddhisme, le christianisme et l'islam. Cette relativisation est effectuée en contrastant leur conception dualiste du monde avec celle des religions monistes grecque et romaine anciennes. Ce premier examen permet de constater qu'une religion peut parfaitement prôner la non-existence d'un paradis en dehors de l'ici-bas. En comparant ensuite les religions anciennes de la Grèce et de Rome et celles des aborigènes australiens, l'article révèle qu'une conception moniste du monde peut à son tour se concevoir sans l'existence de Dieu, ni même des dieux, demi-dieux et déesses des anciens Grecs. À ce terme, l'article s'ouvre sur une analyse des notions les plus fondamentales de l'épistémè religieux des Athapaskan tutchone du Territoire du Yukon —religion qui, comme celle des Australiens ne reconnaît d'autre monde que l'ici-bas, et aucun dieux ou déesses et encore moins Dieu. Y sont discutées les notions Tutchone d'ombre-âme, de souffle et de yindi' (intellect), ainsi que leur interaction dans la nature et à travers les rêves — avec les zhäak (puissances, chants guérisseurs) des animaux et de certains phénomènes naturels. La relativité des conceptions religieuses déistes en ressort de façon éclatante.
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295.Plus d’information
Cet article décrit les emplois de la littérature dans The Labor Advocate: A Weekly Labor Reform Newspaper (« Le défenseur syndical : Un journal hebdomadaire pour la réforme du travail ») (Toronto, 1890-91). En tant qu’éditeur du journal Advocate, Thomas Phillips Thompson espérait sensibiliser le public aux moyens et aux conséquences du capitalisme industriel, promouvant ainsi la possibilité de justice sociale pour la classe ouvrière. Il s’est engagé à atteindre cet objectif par le biais d’une publication périodique à format mixte comprenant de la poésie, des nouvelles littéraires et des romans-feuilletons, ainsi que des textes éditoriaux, des biographies, des avis nécrologiques, des comptes-rendus, des lettres et des chroniques. Sur quarante-quatre numéros, Thompson a mis à l’essai de nombreuses différentes expressions littéraires afin d’attirer un plus grand lectorat et encourager la réforme démocratique de l’organisation sociale. Une analyse de The Labor Advocate illustre l’importance des stratégies de communication aux débuts de l’histoire de la presse syndicale canadienne, ainsi qu’à l’histoire plus longue du mouvement ouvrier dans des contextes transfrontaliers.
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296.Plus d’information
Lorsque Valdés et son Diálogo de la lengua sont correctement considérés, la théorie poétique qu'ils impliquent apparaît comme une poétique destinée à l'empire de Charles V, appropriée au courtisan impérial, et ayant la capacité de contribuer à l'unification de la culture impériale. L'exemple le plus éclairant de cette poétique est les divers sonnets pétrarquistes d'un autre acteur de la cour impérial, Mendoza. Bien que ses affirmations directes et prosaïques au sujet de la préoccupation amoureuse manquent souvent d'intérêt pour le lecteur d'aujourd'hui, la poétique impériale de Valdés offre une herméneutique bien plus adaptée à leur appréciation.
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297.Plus d’information
Mots-clés : internacionalismo, internationalism, poesía, poetry, decolonialidad, decoloniality, body politics, políticas de cuerpo, guerra civil española, Spanish Civil War
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300.Plus d’information
L’article analyse un épisode de La Araucana qui a un caractère historique, si on peut qualifier d’historique un récit qui repose sur plusieurs témoignages indépendants. Nous montrons que sans trahir l’histoire, Ercilla construit cet épisode comme une tragédie, de façon probablement délibérée: par la forme de l’expression, analogue à celle d’une tragédie en trois actes, à la façon de la Numance de Cervantès; par la forme du contenu, structuré par une péripétie et une reconnaissance, suivant les principes de la Poétique d’Aristote; par les affects d’horreur et de compassion qu’elle cherche à éveiller; par des motifs épiques à tonalité tragique, comme l’attaque nocturne, le suicide préféré à la reddition, le crime humain qui a des répercussions dans une convulsion cosmique. Et enfin, l’épisode est tragique comme le symbole d’un échec politique qui aboutit à une guerre sans fin.
Mots-clés : La Araucana, La Araucana, tragédie, tragedia, unité des trois parties, unidad de las tres partes, Andresillo, Andresillo, Caupolicán, Caupolicán