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2495.Plus d’information
La province de Québec abrite un peuple québécois, titulaire du droit à l'autodétermination. Mais, à la lumière des règles pertinentes du droit international positif, ce peuple ne peut prétendre posséder un droit à l'autodétermination externe, c'est-à-dire à l'indépendance étatique, car il ne s'agit ni d'un peuple colonisé, ni d'un peuple dont le droit à l'autodétermination interne est nié. En effet, dans le cadre de la fédération canadienne, les institutions fédérales accordent une place importante aux Québécois, et ces dernières détiennent le contrôle à l'endroit d'un État fédéré et de son appareil politique. De plus, la Constitution canadienne ne permet pas, en l'état, la sécession de l'une des provinces de la fédération. Un tel processus nécessiterait une modification constitutionnelle, et donc l'ouverture de négociations entre le Québec et le reste du Canada.En conséquence, afin d'accéder à l'indépendance, suite à un référendum remporté de façon démocratique, les autorités québécoises disposent de deux moyens pouvant concrétiser l'accession de leur province à la souveraineté. Elles peuvent soit faire accepter cette indépendance par les autorités fédérales et provinciales canadiennes, soit passer outre et l'acquérir sur la base de l'effectivité politique et la reconnaissance internationale par les autres États, tout en sachant qu'elles risquent de se heurter à une opposition à la fois d'Ottawa et des minorités anglophones et allophones du Québec.
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2497.Plus d’information
Sous la désignation de « grand écart identitaire », on s’est proposé d’analyser -- du point de vue de l’histoire des idées, à trois époques précises : 1931, 1947, 1969 et sur des citations précises, souvent peu connues -- les positions politiques et esthétiques du groupe surréaliste français qui entoure André Breton. Loin de l’image pourtant ingénieuse employée par Régis Debray (« l’honneur des funambules »), ces analyses font apparaître le détail de stratégies complexes, parfois un certain déni de réalité mais aussi une leçon poétique de grande facture et l’esquisse d’une anthropologie politique – apte à faire réfléchir bien des politologues aujourd’hui.
Mots-clés : Surrealist movement, Groupe surréaliste, André Breton, André Breton, history of ideas, histoire des idées, esthetics and politics, esthétique et politique
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2498.Plus d’information
Dans la Chronique du roi David (1991) , Stefan Heym (1913-2001) propose une perspective favorable sur le potin, nonobstant la censure biblique de cette activité (ex : Proverbe 11:13). La réécriture satirique de Heym de l'histoire biblique se concentre sur le personnage d’Ethan, un écrivain-historien nommé par le roi Salomon pour composer un rapport officiel sur la vie et l’arrivée au pouvoir du roi David. À un moment donné les deux fils d’Ethan, Sem et Sheleph, reviennent du marché et racontent à Ethan certaines rumeurs «savoureuses» qu'ils y ont entendues. Ces rumeurs, tandis qu’elles sont un peu exagérées et embellies, fournissent toutefois des aperçus de la situation politique qui sont beaucoup plus fidèles à la vérité que les inventions des porte-parole officiels. Pour justifier le portrait littéraire de Heym du potin comme une voie pour communiquer la vérité subversive dans les régimes autoritaires, je cite la recherche historique systématique de Robert Darnton au sujet des voies diverses pour communiquer les nouvelles de Paris au dix-huitième siècle (Darnton, 2000).
Mots-clés : potin, gossip, communication, re-writing the Bible, Stefan Heym, authoritarian regime, Robert Darnton, Bakhtin, Bible, régime autoritaire