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1422.Plus d’information
RésuméLes rapports de la ville et du goût ont peu fait l'objet de recherche. Afin de contribuer à ouvrir ce chantier de réflexion, trois pistes principales sont explorées. La première s'interroge principalement sur la manière dont les villes, pour des raisons historiques, géographiques et culturelles, auraient développé des « savoriels » propres c'est-à-dire des systèmes de saveurs uniques qui seraient en quelque sorte leur signature. La seconde piste tente de montrer en quoi l'amour de la bonne chère à Montréal a des effets réels sur l'aménagement du temps et de l'espace urbains. Enfin, dans une perspective prospective, nous entrevoyons un accroissement des relations entre la ville et le goût, notamment à travers le développement de circuits gourmands, l'affirmation de villes-jardins comme nouveaux centres de production de nourriture et la création de nouvelles institutions consacrées au goût.
Mots-clés : Lemasson, ville, goût, Montréal, circuits, gastronomie, cosmopolite, ville-jardin, Lemasson, city, taste, gastronomy, Montréal, circuit, cosmopolitan, garden city, Lemasson, ciudad, gusto, gastronomía, cosmopolíta, ciudad-jardín
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1424.Plus d’information
RÉSUMÉLa santé en milieu urbain au Québec n'est devenue objet d'étude pour les historiens qu'à partir de la décennie 1970. Depuis, divers chercheurs qui inscrivaient leur démarche dans le courant de l'histoire sociale ont réexaminé, du point de vue de la santé, la ville et sa population, ses institutions et ses services. Dans quelles perspectives les ont-ils abordés? Comment les ont-ils intégrés à leurs problématiques? Quelle a été leur contribution à la compréhension de la société québécoise? Un bilan historiographique est présenté qui cherche à répondre à ces questions, tout en mettant en perspective les acquis de recherche et les avenues encore négligées.
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1425.Plus d’information
RÉSUMÉAu XIXe siècle, les divorces étaient très rares au Québec, à cause du coût des procédures et de l'opposition de l'Église. Les couples recouraient plutôt à la séparation de corps et de biens : 253 procès de ce genre ont été étudiés pour le district judiciaire de Montréal entre 1795 et 1879. Les femmes entament les procédures dans 95% des cas, en se plaignant le plus souvent de mauvais traitements et de l'alcoolisme de leur mari. Ces derniers allèguent plutôt l'adultère de leur épouse. La séparation est accordée dans 80% des cas. Les juges veillent à maintenir l'autorité des maris et le « double standard » sexuel : il est plus facile à un mari d'obtenir la séparation pour adultère de son épouse que l'inverse. Mais les femmes jouissent d'une certaine sécurité financière grâce au régime de la communauté de biens, et elles obtiennent la garde des enfants plus souvent que leur mari. Sur ces deux derniers points, la situation des Québécoises paraît plus favorable que celle des Canadiennes des autres provinces. Dans les dernières décennies du XIXe siècle, le nombre de procès augmente de façon considérable et l'interprétation de la loi favorise davantage les femmes.
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1427.Plus d’information
RésuméAu cours des dernières décennies, la criminologie clinique a connu un essor qui annonce des changements importants pour la recherche et l'intervention à venir. Les études longitudinales sur les facteurs de risque, sur l'apparition des comportements antisociaux et sur leur trajectoire à travers la vie des individus ont d'abord produit un ensemble de connaissances qui ont permis une meilleure compréhension du phénomène de la délinquance dans une perspective développementale. Puis, l'évolution fulgurante de la recherche en sciences biomédicales et son impact sur la compréhension de l'étiologie et sur le traitement des problèmes de santé mentale, lesquels recoupent de façon importante les comportements antisociaux, ont entraîné l'émergence du paradigme bio-psycho-social comme base d'étude et d'intervention en criminologie clinique. Les résultats des études en neurosciences et en génétique du comportement sont particulièrement éloquents quant à l'utilité de ce paradigme pour aborder dans sa totalité le phénomène délinquant. Si l'avènement de l'approche bio-psycho-sociale dans un cadre développemental et son impact sur la compréhension du comportement antisocial sont récents, les possibilités sans précédent qui s'offrent maintenant aux chercheurs et aux intervenants en criminologie clinique rendent la poursuite active de cette nouvelle stratégie incontournable.
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1428.Plus d’information
RÉSUMÉ« L'intellectuel » apparaît en France au moment de l'affaire Dreyfus et constitue une figure typique du milieu culturel français jusqu'à ses représentants les plus fameux, Jean-Paul Sartre et Albert Camus. Le substantif « intellectuel » est utilisé pour la première fois au Québec par Léon Gérin en 1901 et devient de plus en plus usuel dans l'Action française et à Parti pris en passant par André Laurendeau et la jeunesse de la Crise, chez les universitaires de l'Ecole des Sciences sociales de l'Université Laval et les collaborateurs de Cité libre et de Liberté.Le présent article tente de répondre à la question suivante : pourquoi l'intellectuel francophone ne fut-il pas possible au Québec avant 1900 ? Tout en comparant les sociétés française et québécoise, nous analysons le lexique qui désigne le phénomène et les conditions socioculturelles qui rendent possible l'intellectuel; nous proposons une mesure des professions culturelles d'où pouvait émerger cet intellectuel et nous scrutons les formes d'expression et de sociabilité du milieu culturel québécois du XIXe siècle. En ayant à l'esprit l'évolution de l'intellectuel québécois francophone au XXe siècle, nous proposons quelques explications à son émergence spécifique.
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1430.Plus d’information
Avec les considérables travaux de P. Ricœur consacrés à l’œuvre littéraire — en particulier La métaphore vive (1975) et les trois volumes de Temps et récit (1982-1986), mais aussi les très nombreux articles et communications plus brèves —, l’élucidation de l’œuvre sous horizon herméneutique semble s’être imposée au détriment d’une approche plus strictement phénoménologique. En effet, la philosophie de Ricœur accomplit un tournant, au milieu des années soixante dix, d’une phénoménologie post-husserlienne (bien représentée par Le volontaire et l’involontaire ainsi que par de nombreux articles sur Husserl) à une herméneutique de l’existence humaine finie et facticielle qui allait interroger de manière constante la littérature. Ce tournant est antérieur aux travaux sur l’œuvre littéraire — il s’esquisse dans l’essai sur Freud de 1969 —, mais il a permis d’ouvrir la voie à une interprétation des textes assumant le point de vue herméneutique. Nous voudrions montrer ici qu’une élucidation plus purement phénoménologique était — et reste — possible. Cette voie, R. Ingarden l’avait ouverte dès 1931 dans son livre capital : L’œuvre d’art littéraire et cet ouvrage servira de fil conducteur à notre esquisse d’une possible phénoménologie de l’œuvre.