Documents repérés
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1584.Plus d’information
RésuméLa scène de la bouche de métro, dans The Seven Year Itch, est placée dans un contexte qui produit un « montage des attractions » projetant un éclairage nouveau sur les clichés légendaires de Marilyn Monroe. Un regard rétrospectif sur des films antérieurs rattache ces images à l'histoire du cinéma, alors que l'établissement de rapports prospectifs avec des films plus récents montre leur évidente modernité. Le fascinant dévoilement des dessous féminins est aussi un topos littéraire. Les écrits de Freud sur la sexualité expliquent les raisons de cette obsession, alors que ceux de Barthes, qui souligne le caractère érotique de l'intermittence, mettent en évidence les différences entre l'apparition/disparition au cinéma ou en littérature et le traitement de phénomènes similaires par les photographes.
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1586.Plus d’information
Le paradigme structuraliste peut être envisagé comme un mouvement d'opinion dominant dans la France des années 1960. À ce titre, il configure une normalité intellectuelle, à laquelle on peut opposer des exceptions. Cet article envisage deux de ces exceptions — Jean Borie et Henri Lefebvre — à travers le traitement qu'ils réservent au motif du couple. Quand ils évoquent les normes idéologiques et éthiques qui stigmatisent le « célibataire français » (chez Borie) ou sérialisent les « cybernanthropes » (chez Lefebvre), ces deux auteurs pointent des formes de terrorisme toujours bien d'actualité dans une société française des années 1960 très rétive à la déviance. L'exceptionnalité de ces auteurs est cependant également rhétorique : les discours de Borie et de Lefebvre recourent volontiers à un ethos fictionnalisant, qui développe une pensée utopique renvoyant dos à dos « progressistes » et « conservateurs ». C'est toute la charge politique de cette pensée qui sera refoulée par la génération successive, celle des « nouveaux philosophes » soucieux de liquider l'héritage structuraliste et, avec lui, toutes les formes de dissidence qu'il avait pu générer.
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1587.
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1588.Plus d’information
La médicalisation des comportements liés aux dépendances est une avenue privilégiée dans les modalités de gestion et de contrôle social. Comment s'effectuent les passages d'une condition sociale et des comportements de dépendance à un statut de maladie, de pathologie ? Sur quelles bases scientifiques et idéologiques s'appuient les discours qui permettent l'actualisation de ces conditions pour les rendre plus acceptables, voire plus désirables au plan social ? À partir d'une revue de littérature, cet article analyse la tendance actuelle à la médicalisation, en général, et le champ des dépendances, en particulier. À cette fin, quatre aspects seront mis en relief : 1) le processus de médicalisation ; 2) deux types de nouvelles dépendances : la cyberdépendance et la dépendance à la chirurgie esthétique ; 3) le concept de dépendance, qui sera considéré comme étant au coeur du débat dans le processus de médicalisation ; 4) le mouvement d'entraide anonyme, qui sera analysé comme relais idéologique du discours médical dans le champ des dépendances. En guise de conclusion, nous proposerons une réflexion sur les pistes d'intervention visant une participation citoyenne en contexte de médicalisation.
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1589.Plus d’information
L'article se propose de saisir le rôle du code symbolique dans l'échafaudauge de l'unité narrative du Rouge et du Noir, à travers le thème du cheval. Bien que la dimension symbolique paraisse exclue de la poétique stendhalienne (Racine & Shakspeare), et que nombre de ses commentateurs lui reprochent "une écriture sans images”, les thèmes et les symboles équestres jouent cependant un rôle central dans en tant qu'éléments garantissant la cohérence du discours narratif. L'article se propose d’abord de présenter les potentialités symboliques sous-jacentes à la poétique romanesque de Stendhal. Ensuite, le topos du cheval est présenté à la fois comme thème et comme symbole dans la structure narrative du Rouge et du noir. En dernier lieu, le recours au symbole dans Le Rouge et le Noir est considéré comme un outil avouant l’artifice romanesque lui-même, de sorte à compromettre l’“illusion parfaite” de la fiction et, par conséquent, empêcher toute identification complète du lectorat à la figure de Julien.
Mots-clés : Stendhal, Stendhal, symbole, symbol, cheval, horse, roman, novel, theory, théorie, Julien, Julien, Red, Rouge, Black, Noir
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1590.Plus d’information
« Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, que les peuples d'Asie, qui font les eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu'ils ont avec nous d'une façon plus marquée. On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d'une si grande conséquence, qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains. » La citation de L'Esprit des lois est célèbre. Montesquieu ne laisse subsister aucun doute quant à la véracité des faits qu'il rapporte. À l'en croire, dans l'ancienne Égypte, la prévention contre les individus convaincus de délit de rousseur confinerait au génocide ! Or notre philosophe n'est pas homme à traiter l'érudition avec désinvolture. Consignée au titre d'exemplum a contrario, la cruauté absurde des « meilleurs philosophes du monde » semble être tenue pour argent comptant, et l'extermination systématique des personnes rousses pour pratique avérée. La prévention qui touche la rousseur est ancestrale : méchanceté, lubricité, félonie, odeur nauséabonde, caractère démoniaque, on ne compte plus les avatars du préjugé. Cette étrange fascination faite d'attraction et de répulsion s'est perpétuée de siècle en siècle, un peu partout dans l'occident chrétien, comme une rumeur qui se construit et enfle, jusqu'à la démesure, au point de devenir une vérité unanimement reconnue, et finalement indiscutable. Pourfendeur des superstitions et des outrages faits à la Raison, le XVIIIe siècle allait-il imposer un frein à la circulation d'une idée reçue aussi stupide qu'inconvenante ? Tout encouragerait à le croire, si le retour aux textes ne bémolisait l'optimisme spontané du chercheur et ne l'encourageait à l'exercice de la prudence. Comment peut-on être rousseau au siècle des Lumières ? Telle est la question à laquelle cette étude s'efforcera de répondre. Ne pas tuer les roux conduirait au génocide.