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252.Plus d’information
On étudie généralement les grèves en tant que phénomènes se rattachant au système des relations industrielles. N'y aurait-il pas lieu de se demander si, jusqu'à un certain point, les grèves ne seraient pas l'expression d'un état de tension sociale plus généralisé et si elles n'agiraient pas à la manière d'une soupape de sécurité.On définit généralement la grève comme un arrêt temporaire du travail par un groupe d'employés afin d'exprimer leurs griefs et de faire valoir leurs revendications. Ainsi considérée, la grève fait partie du système des relations de travail. Mais cette définition, fort valable en matière de statistiques, suffit-elle à expliquer ce phénomène à l'intérieur de la société?L'étude porte sur l'analyse des statistiques relatives aux grèves dans dix pays sur une période de dix ans: Australie, Canada, France, Grande-Bretagne, Israël, Italie, Japon, Suède, États-Unis sont identifiés comme des sociétés dans lesquelles l'agitation ouvrière est principalement due à des facteurs reliés au système des relations de travaillui-même. En d'autres pays, cependant, les conflits de travail ont tendance à être dépendants de facteurs externes. La tension sociale peut exercer une importance déterminante dans la fluctuation des grèves dans ce deuxième groupe.La tension sociale peut provenir de frictions ou de frustrations et s'extérioriser de plusieurs façons. Le concept de soupape de sécurité institutionnel exprime des tensions dans des sphères autres que celles du conflit proprement dit, la grève se présentant comme une soupape de sécurité pour relâcher des tensions qui se font sentir à l'extérieur du système des relations du travail.Selon une première hypothèse, des modifications dans le niveau de la tension hors des relations de travail se manifestent par des changements dans le nombre et l'importance des grèves. Une augmentation ou une diminution du niveau de tension sociale donnera lieu conséquemment à une augmentation ou à une diminution des grèves. En deuxième hypothèse, la grève est dépendante du niveau de tension sociale compte tenu des soupapes de sécurité qui existent dans une société donnée.La vérification de ces deux hypothèses s'est faite en deux étapes. Dans la première, qui se fonde uniquement sur les statistiques d'Israël, l'action de grève et la tension sociale furent mesurées indépendamment l'une de l'autre. La deuxième étape a consisté en une tentative pour vérifier la deuxième hypothèse fondée sur les données des neuf autres pays entre 1958 et 1967 au moyen de trois variables: la présence d'institutions agissant comme soupapes de sécurité, le degré de tension sociale et l'action de grève.Pour Israël, on a fait l'analyse de l'activité de grève, puis on s'est basé sur les thèmes des éditoriaux d'un journal populaire pour mesurer le degré de tension sociale, en retenant, en particulier, les critiques contre le gouvernement.Par cette analyse, on a découvert que les grèves deviennent plus fréquentes dans un climat de tension sociale d'où l'on peut s'attendre à ce que le nombre des grèves soit plus grand là où la grève constitue une soupape de sécurité importante alors qu'il en sera autrement dans les sociétés où il existe d'autres institutions aptes à relâcher la tension sociale.Le résultat des recherches s'explique, pour Israël, par les caractéristiques suivantes: un niveau de tension sociale relativement bas, le non recours à l'appareil militaire pour le règlement des conflits politiques internes, l'existence de soupapes de sécurité efficaces et, parmi celles-ci, le recours à la grève qui paraît jouer un rôle majeur.
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256.Plus d’information
Avant le concile Vatican II, l'Église catholique considérait le peuple juif comme déicide, réprouvé et maudit par Dieu ; après cet événement, elle renonça à ce qui fut appelé la « théologie de la substitution », s'engagea dans la voie du dialogue, affirma la permanence de l'élection d'Israël et considéra les juifs comme des « frères aînés ». Dans cet article, l'auteur étudie le rôle de la Congrégation Notre-Dame de Sion dans l'évolution du regard porté par l'Église catholique sur les juifs et le judaïsme, rôle qui a conduit à une remise en cause théologique et à un changement des mentalités qui ont mené, plus ou moins directement, à la déclaration Nostra Aetate du concile Vatican II.
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259.Plus d’information
L'oeuvre de Philip Roth peut être lue comme la quête d'un épique perdu, capable de justifier l'individu en l'inscrivant dans un processus historique et dans une collectivité avec qui le lien est rompu. Cette quête met en débat deux interrogations constantes : la judéité et l'identité américaine. Car dans cette Amérique où l'héroïsme vire au conformisme et à l'immobilisme, où chacun aspire au confort de la « pastorale », les Juifs américains sont coupés des souffrances historiques qui, en l'absence de dimension religieuse ou spirituelle, demeurent le seul fondement de l'être juif moderne. La dynamique centrale de l'oeuvre pourrait alors être d'opérer une bascule depuis une épopée enchaînée à une épopée délivrée, qui redéfinit les fondements identitaires des personnages.
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260.Plus d’information
Cet article cherche à rendre compte de l'ethnicité à l'oeuvre dans le roman juif-lesbien-américain. À partir de Stone Butch Blues de Leslie Feinberg et d' Empathy de Sarah Schulman, nous analyserons l'articulation du lesbianisme à la judéité afin de parvenir à mieux définir ce que peut être l'appartenance « fictionnelle » à la communauté ou à l'histoire juive lorsque le roman se propose comme lieu d'avènement aux États-Unis d'une double marginalité. La question qui sous-tend le travail est celle de la différence entre le sentiment d'appartenance et le sentiment d'identité.