Documents repérés
-
231.Plus d’information
RésuméDans cet article, l'auteur analyse la représentation de l'Orient (Chine, Corée, Japon) chez quatre écrivains québécois d'origines diverses à partir d'un même topos, celui du Chinatown. En s'appuyant sur un échantillon composé de quatre romans — Les lettres chinoises de Ying Chen, L'enfant chinois de Guy Parent, Kimchi d'Ook Chung et Tsubame d'Aki Shimazaki —, il met au jour une critique de l'orientalisme qui se profile dans ces oeuvres à travers une poétique de la désorientation. Il questionne enfin l'avenir du « désorientalisme », conçu comme une stratégie d'écriture délibérément désorientante, dans la littérature québécoise contemporaine.
-
232.Plus d’information
RésuméDepuis deux décennies, les discours académiques, politiques et individuels sur le sexe sont de plus en plus nombreux. Discours sur la sexualité et réalités de la sexualité ne sont toutefois pas synonymes. Afin de saisir la teneur de différentes sources, sont mises en regard traces écrites, bandes magnétiques et observations ethnographiques. Des correspondances privées d'une prostituée, Fantine, et celles d'une jeune journaliste, Jeanne, servent de trame. Les lettres de Fantine sont comparées à celles de certaines de ses consoeurs, écrites à des élus au moment de leur récente mobilisation en France. Les deux corpus montrent des facettes en partie opposées. Jeanne, par contre, dans les lettres à son amant, expose toutes les dimensions de sa vie. Mais à la complexité et aux paradoxes que renferme sa correspondance répond un semblant de cohérence affiché dans le cadre politique ou donné en pâture aux sociologues. Fantine et Jeanne témoignent également de la pluralité des expositions intimes selon le ou les destinataires. Elles obligent les sciences sociales à questionner le statut de la preuve et à multiplier les méthodes pour prétendre constituer le puzzle sexuel. Ces traces écrites sont en conséquence l'occasion de discuter des apports et des limites propres aux différentes sources utilisées en sciences sociales autour de la sexualité. Le choix des populations étudiées (le plus souvent des minorités) et la manière de les aborder fondent un projet de connaissance prisonnier des catégories de pensée contemporaines. En réponse au morcellement et aux dogmes scientifiques, l'association de deux femmes au profil apparemment si dissemblable prend alors une valeur performative.
-
233.
-
234.Plus d’information
Cet article veut dégager le discours sur la lecture et son apprentissage à l'aube du XXe siècle au Québec français. L'étude exploratoire porte sur l'ensemble des numéros du Journal de l'Instruction publique parus mensuellement de 1874 à 1898. Mis à part les paramètres usuels d'identification des énonciateurs (qui parle, quand, où ?), l'identification du discours sur la lecture fait appel à un dépouillement des unités de sens qui le composent : définition du livre, de la lecture, des auteurs, des genres littéraires; modes et formes d'apprentissage et d'appropriation; usage scolaire et enjeux de l'acte de lire. L'analyse permet de nommer les préoccupations qui fondent ce discours et en définissent les objectifs : développer la capacité de lire et contrôler l'usage de la lecture à des fins morales ou sociales. L'axiome « Apprendre à bien lire pour lire peu », attribué à Sénèque, servira à résumer cet argument.
-
235.
-
236.Plus d’information
Dans cet article, l'auteur met en lumière les innovations poétiques opérées par les quatre textes publiés dans la collection « Les Romans de la jeune génération » (1931-1932). Plus spécifiquement, il montre comment « la vie », vue comme idéal philosophique structurant de l'espace social canadien-français de la décennie 1930, s'infuse dans les formes et les discours romanesques des quatre titres qui composent l'éphémère collection créée par l'éditeur Albert Lévesque : Dans les ombres, d'Éva Senécal ; La chair décevante, de Jovette-Alice Bernier ; Dilettante, de Claude Robillard ; et L'initiatrice, de Rex Desmarchais. Après une présentation des auteurs et du contexte sociolittéraire entourant la création de la collection, Rannaud aborde les textes en isolant trois variables : le genre romanesque, la représentation de la parole écrite ou lue, et les thèmes et discours dominants de la série.
-
237.Plus d’information
L'oeuvre de Lise Tremblay regorge de personnages, de narratrices et de narrateurs dont le quotidien est façonné par l'expérience de la honte. La pêche blanche et La danse juive ont ceci de particulier qu'ils situent dans l'enfance l'origine de la honte, toujours engendrée par un regard de dédain du père posé sur le corps de l'enfant — fils « chétif », boiteux ; fille souffrant d'obésité. Dans l'expérience traumatique de cet affect particulier, le sujet est appelé à assumer son image sous le regard d'autrui ; une image qui ne correspond pas à son désir, mais qui le détermine malgré tout. L'oeuvre de Tremblay présente des pères dont le regard et la voix ont établi les frontières réelles et imaginaires qui contraignent les sujets, tant dans leur corps que dans l'espace. Cet article aborde, depuis une perspective psychanalytique de l'identification, l'articulation poétique particulière entre la honte, la figure paternelle et le corps que l'oeuvre de Lise Tremblay déploie, et qui permet de lire le meurtre perpétré à l'endroit du père dans La danse juive comme le prolongement d'un fantasme parricide déjà mis en récit dans La pêche blanche.
-
238.Plus d’information
Cet article s'intéresse aux gloses métalinguistiques dans trois récits traduits en wolof : L'Enfant noir (Goneg nit ku ñuul gi) de Camara Laye, Une si longue lettre (Bataaxal bu gudde nii) de Mariama Bâ et L'Africain (Baay sama, doomu Afrig) de J.M.G. Le Clézio. Nous montrons que ces trois textes font apparaître trois usages différents de la glose qui nous renseignent sur le projet de traduction des traducteur(trice)s et construisent des ethos différents depuis le traducteur-passeur (Goneg nit ku ñuul gi) jusqu'au traducteur-raconteur (Baay sama, doomu Afrig), en passant par la linguiste militante (Bataaxal bu gudde ni).
Mots-clés : traduction postcoloniale, traduction en langue africaine, wolof, poétique plurilingue
-
240.Plus d’information
Le Bel immonde de V. Y. Mudimbe a souvent été considéré comme un roman à part, le seul à posséder une intrigue, à afficher clairement ses intentions subversives dans le thème de la marginalité. L'héroïne du roman est une prostituée, amoureuse ou non, on ne le sait pas vraiment, d'un ministre influent du pays. La modernité du roman apparaît, selon nous, dans ses procédés de réflexivité (métatextualité et mise en abyme) comme dans ses techniques de décentrement (métalepse, anamorphose). Le présent article vise à montrer que le texte mudimbien s'accompagne d'un métatexte qui se veut mise en abyme, hypotypose, métalepse ou anamorphose. L'immonde, qui fait appel à la notion religieuse de l'impur et à celle, esthétique, du beau, se cache dans la plus stricte banalité du discours, du menu fait ou geste quotidien, voire du silence. À travers une dialectique du même et de l'autre, le roman subvertit les clichés de la norme sociale.
Mots-clés : Mudimbe, roman, société, métatextualité, mise en abyme, Mudimbe, novel, society, metatextuality, mise en abyme