Atlantic Geoscience
Journal of the Atlantic Geoscience Society
Volume 62, 2026
Sommaire (5 articles)
Articles
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Pygocephalid pancrustaceans from the late Carboniferous of Nova Scotia, Canada, with comments on the cuticular microstructures of Pygocephalamorpha
Thomas Laville, Antoine Andréo et Jade B. Atkins
p. 1–20
RésuméEN :
Pygocephalomorphs are fossil eumalacostracans with a shrimp to lobster-like morphology, known from the Late Devonian (Famennian) to the early Permian (Cisuralian; Artinskian). In the late Paleozoic, pygocephalamorphs formed an important component of marginal marine, brackish and freshwater communities. Several species, including species of Tealliocaris and Pygocephalus, have been described from the Carboniferous of Canada, in particular from the Pennsylvanian. A revision of Pygocephalus from the Carboniferous of Nova Scotia, Canada, is proposed based on original material described by Copeland and on undescribed material from the Joggins Fossil Cliffs UNESCO World Heritage Site. The presence of three taxa is confirmed: Pygocephalus cooperi, Pygocephalus cf. cooperi and Pygocephalus dubius. The pygocephalomorphs of Joggins Fossil Cliffs, and more generally Nova Scotia, were likely benthic walkers based on their leg morphology and the paleoichnological evidence. A comparison of the studied assemblages with previously known assemblages from the Mississippian of Canada shows a faunal turnover among these assemblages, which could reflect paleoenvironmental changes in Atlantic Canada during the Carboniferous and thus various ecological affinities among taxa. We also observed three types of microstructures on the shield of Pygocephalus dubius: canal-like pores, which are most probably organule canals, setal attachment site, and polygonal reticular ornamentation.
FR :
Les pygocéphalomorphes sont des eumalacostracés fossiles présentant une morphologie évoquant celle des crevettes et des homards, daté du Dévonien supérieur (Famennien) au Permien inférieur (Cisuralien, Artinskien). Vers la fin du Paléozoïque, les pygocéphalomorphes constituaient un élément important des communautés marines marginales, d’eau saumâtre et d’eau douce. Plusieurs espèces, notamment des espèces de Tealliocaris et de Pygocephalus, ont été relevées durant le Carbonifère au Canada, en particulier dans le Pennsylvanien. Une révision de Pygocephalus remontant au Carbonifère en Nouvelle-Écosse (Canada) est proposée à partir du matériel original décrit par Copeland ainsi que de matériel inédit provenant du site classée au patrimoine mondial de l’UNESCO des falaises fossilifères de Joggins. La présence de trois taxons est confirmée : Pygocephalus cooperi, le Pygocephalus cf. cooperi et Pygocephalus dubius. Les pygocéphalomorphes des falaises de Joggins, et de façon plus générale de la Nouvelle-Écosse, étaient probablement des marcheurs benthiques, d’après la morphologie de leurs appendices et les indices paléoichnologiques. Une comparaison des assemblages étudiés avec ceux déjà connus du Mississippien au Canada révèle un renouvellement faunique entre ces assemblages, lequel pourrait témoigner de changements paléoenvironnementaux au Canada atlantique durant le Carbonifère, et par conséquent de différentes affinités écologiques entre les taxons. Nous avons également observé trois types de microstructures sur le bouclier du Pygocephalus dubius : des pores en forme de canaux, très probablement des canaux d’organules, des pores d'attachement des soies et une ornementation réticulaire polygonale.
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Redescription of the cockroachoid Archimylacris acadica Scudder 1868, key species of the family Archimylacridae, with description of a new specimen from the early Moscovian (Pennsylvanian) of Canada
Joerg W. Schneider, Olivia A. King, Matthew R. Stimson, Olivier Béthoux, Luke F. Allen, Rowan E. Norrad, Bailey C. Malay, Lucy L. Smith, Caleb P.W. Bohus, Steven J. Hinds et Adrian F. Park
p. 21–37
RésuméEN :
The species Archimylacris acadica Scudder, first described from Nova Scotia (Canada), is the type species of the genus Archimylacris and the family Archimylacridae. It is re-described based on historical drawings and a coeval new specimen from the same geographic area, the Maritimes Basin of eastern Canada from Robertson Point (Sunbury Creek Formation) in central New Brunswick. A precise diagnosis of the genus and the species and an emended diagnosis of the family Archimylacridae are given. This new specimen and the type specimen of Archimylacris lubnensis are proposed as reference specimens for the missing holotype of Archimylacris acadica. Paleobiogeographically and stratigraphically, archimylacrids appeared suddenly in the fossil record of the paralic Appalachian Basin with no evolutionary forerunners yet discovered; they became common in the paralic Variscan foreland basins in northern Europe. They are so far unknown from contemporaneous entomofaunas of Cathaysia, from the Angara biotic province, and from Gondwana.
FR :
L’espèce Archimylacris acadica Scudder, décrite pour la première fois en Nouvelle-Écosse (Canada), est l’espèce type du genre Archimylacris et de la famille des Archimylacridae. Une nouvelle description en est faite à partir de dessins historiques et d’un nouveau spécimen contemporain provenant du même secteur géographique, le bassin des Maritimes dans l’est du Canada, sur la pointe Robertson (Formation de Sunbury Creek) dans le centre du Nouveau-Brunswick. Une diagnose précise du genre et de l’espèce, ainsi qu’une diagnose révisée de la famille des Archimylacridae, sont fournies. On propose le nouveau spécimen et le spécimen type d’Archimylacris lunensis comme spécimens de référence pour remplacer l’holotype manquant de l’Archimylacris acadica. Sur les plans paléobiogéographique et stratigraphique, les archimylacrides apparaissent soudainement dans le registre fossile du bassin appalachien paralique, alors qu’aucun ancêtre évolutif n’a encore été découvert; ils deviennent ensuite courants dans les bassins d’avant-pays varisques paraliques d’Europe du Nord. Ils demeurent inconnus parmi les entomofaunes contemporaines de la Cathaysia, de la province biotique de l’Angara et du Gondwana.
Special Series: In Recognition of the Geological Career of Sandra M. Barr
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Early Ordovician Connell Mountain porphyry Cu deposit, Woodstock, New Brunswick, Canada: Geochemical, S isotopic, and Re–Os geochronologic constraints on adakitic slab failure magmatism
David R. Lentz, Robert A. Creaser, Kathleen G. Thorne et Fazilat Yousefi
p. 39–60
RésuméEN :
The Early Ordovician subvolcanic Gibson intrusive complex, located near Woodstock, New Brunswick, Canada, is composed of the main Gibson pluton, and mineralized marginal (satellite) stocks at Connell Mountain, Bulls Creek, and the tuffisitic diatreme at Sharp Mountain. The high-level Connell Mountain hornblende-plagioclase porphyritic tonalite stock (~100 MPa) is a small cupola, 1500 m north of the main Gibson pluton, and hosts low-grade porphyry copper mineralization (23 Mt at 0.18% Cu). These intrusions are calc-alkalic, metaluminous, and magnesian, with low TiO2 (0.16 to 0.38 wt.%) and Zr (67 to 92 ppm), and low Nb (4.3–7.7 ppm) and Ta (<0.5 ppm), low Y (5 to <20 ppm) and Yb (1.0 to 2.9 ppm), which are consistent with adakitic slab failure magmatic rocks. Sulphur isotopic compositions of pyrite and chalcopyrite from the porphyry and altered sedimentary rocks range from δ34S = +9.3 to +12.5‰ (n = 8), indicating derivation from carbonaceous sulphidic metasedimentary rocks of the Cambrian–Ordovician Woodstock Group. The crystallization age of the Connell Mountain tonalite (474.5 +1/-4 Ma, U–Pb zircon, previously published) is similar to a previously determined U–Pb zircon age of the Gibson granodiorite, which is coeval with the volcanic-dominated Meductic Group (470–477 Ma) located just to the west. Three Re–Os model ages of 475.6 ± 1.2, 475.8 ± 1.2, and 476.5 ± 1.2 Ma from three textural varieties of molybdenite at Connell Mountain (Re = 333, 642, and 1562 ppm) yield a weighted average model age of 475.9 ± 1.1 Ma indistinguishable from those earlier zircon U–Pb ages, so the porphyry and Cu mineralization at Connell Mountain are related to a hypabyssal phase of the Gibson Granodiorite that is exposed (part of the Gibson Intrusive Complex).
FR :
Le complexe intrusif subvolcanique de l’Ordovicien précoce de Gibson, près de Woodstock, au Nouveau-Brunswick (Canada), est constitué du pluton principal de Gibson et de petits massifs marginaux (satellites) minéralisés du mont Connell, de la crique Bulls et du diatrème tuffisitique du mont Sharp. Le petit massif intrusif de tonalite porphyrique à hornblende-plagioclase du mont Connell de niveau élevé (~100 MPa) correspond à une petite coupole située à 1 500 m au nord du pluton principal de Gibson et il abrite une minéralisation porphyrique de cuivre de faible teneur (23 Mt à 0,18 % de Cu). Ces intrusions sont calcoalcalines, métalumineuses et magnésiennes, avec de faibles teneurs en TiO₂ (0,16 à 0,38 % en poids) et en Zr (67 à 92 ppm), en Nb (4,3 à 7,7 ppm) et en Ta (<0,5 ppm), ainsi qu’en Y (5 à <20 ppm) et en Yb (1,0 à 2,9 ppm), caractéristiques des roches magmatiques adakitiques liées à la rupture d’une plaque subductée. Les compositions isotopiques du soufre dans la pyrite et la chalcopyrite provenant du porphyre et des roches sédimentaires altérées varient de δ³⁴S = +9,3 à +12,5 ‰ (n = 8), ce qui témoigne de leur provenance des roches métasédimentaires carbonées et sulfurées du Groupe de Woodstock (Cambrien–Ordovicien). L’âge de cristallisation de la tonalite du mont Connell (474,5 +1/–4 Ma, U–Pb sur zircon, publié antérieurement) est similaire à la datation U–Pb sur zircon précédemment obtenue dans le cas de la granodiorite de Gibson, contemporaine du Groupe de Meductic dans lequel prédominent les roches volcaniques (470 à 477 Ma), situé juste à l’ouest. Trois âges modèles Re–Os de 475,6 ± 1,2 Ma, 475,8 ± 1,2 Ma et 476,5 ± 1,2 Ma obtenus de trois variétés texturales de molybdénite au mont Connell (Re = 333, 642 et 1 562 ppm) accusent un âge modèle moyen pondéré de 475,9 ± 1,1 Ma, indiscernable des datations U–Pb sur zircon précédentes. Le porphyre et la minéralisation cuprifère du mont Connell sont ainsi apparentés à une phase hypabyssale de la granodiorite de Gibson qui affleure actuellement (et qui fait partie du Complexe intrusif de Gibson).
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Kinematics of the Cabot Fault Zone: An example of long-lived large-scale orogen-parallel transcurrent movements during the accretionary history of the northern Appalachian orogen, Canada
Arjan Brem, Shoufa Lin et Cees van Staal
p. 61–83
RésuméEN :
The Cabot Fault Zone (CFZ) in the western Newfoundland Appalachian orogen is a long-lived crustal-scale tectonic zone that separates the Corner Brook Lake block (CBLB) of the internal Humber Zone from the Dashwoods block of the western Dunnage Zone. The two blocks comprise different tectonostratigraphic assemblages and had distinct Early Palaeozoic tectonic histories. Using field and microscopic observations, five phases of deformation have been recognized in the CFZ, demonstrating a progressive evolution of the tectonic zone from mid-crustal levels (D1 gneisses and D2 mylonites) to shallow-crustal levels (D5 cataclasites). Integrating available geochronological data, the CFZ has recorded a protracted history of dominant oblique-dextral transcurrent movement, as evidenced by well-developed Late Ordovician–earliest Silurian (post-Taconic) D1 and late Early Silurian to Early Devonian (post-Salinic) D2 fabrics. Large-scale (i.e., 100s of km) of Early Palaeozoic orogen-parallel movement along the CFZ can explain the present-day juxtaposition of the distinct CBLB and the Dashwoods block. Such large-scale orogen-parallel motion implies that presently neighbouring terranes could have been far apart during convergence and ocean closures, which has significant implications for tectonic interpretation of the Early Palaeozoic evolution of the Newfoundland Appalachian orogen.
FR :
La zone de la faille de Cabot (ZFC) dans l’orogène appalachien de l’ouest de Terre-Neuve est une zone tectonique d’échelle crustale de longue durée qui sépare le bloc du lac Corner Brook (BLCB), une partie de la zone interne de Humber, du bloc de Dashwoods, situé dans l’ouest de la zone de Dunnage. Les deux blocs renferment des assemblages tectonostratigraphiques distincts et ont des passés tectoniques du début du Paléozoïque distincts. Des observations sur le terrain et des analyses microscopiques ont permis la reconnaissance de cinq phases de déformation dans la ZFC, ce qui témoigne d’une évolution progressive de la zone tectonique depuis des niveaux intermédiaires (gneiss D1 et mylonites D2) à des niveaux superficiels (cataclasites D5) de la croûte. L’intégration des données géochronologiques disponibles révèle que la ZFC recèle un passé prolongé à prédominance de décrochements obliques dextres, tel qu’en témoignent les fabriques matures D1 de l’Ordovicien tardif au tout début du Silurien (post-Taconien) et D2 de la fin du Silurien précoce au Dévonien précoce (post-Salinien). Des déplacements orogéniques parallèles de forte ampleur (c.-à-d. de plusieurs centaines de kilomètres) le long de la ZFC durant le Paléozoïque précoce peuvent expliquer la juxtaposition actuelle du BLCB et du bloc de Dashwoods, pourtant distincts. De tels mouvements orogéniques parallèles à grande échelle laissent supposer que des terranes aujourd’hui voisins ont pu être largement séparés durant la convergence et la fermeture des océans, ce qui a des implications déterminantes sur l’interprétation tectonique de l’évolution paléozoïque précoce de l’orogène appalachien de Terre-Neuve.