Rubrique sur la mobilisation des connaissances

SBAT : un outil de diagnostic et d’accompagnement pour les petites entreprises

  • Nadine Levratto et
  • Maarouf Ramadan

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  • Nadine Levratto
    Directrice de recherche au CNRS EconomiX, UMR CNRS, Université Paris Nanterre

  • Maarouf Ramadan
    Professeur agrégé École de gestion, Département d’entrepreneuriat, Université de Sherbrooke

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Couverture de L’entrepreneuriat en marge des masses dans les industries créatives et culturelles, Volume 33, numéro 3-4, 2020, p. 7-304, Revue internationale P.M.E.

Le soutien à la création et au développement de petites entreprises est un élément central des politiques économiques de la plupart des pays (Blackburn, 2016). L’une des préoccupations récurrentes de cette famille de politiques, quel que soit le pays considéré, est la difficulté que ces entrepreneurs peuvent rencontrer pour accéder à des prêts bancaires (Beck, Demirgüç-Kunt, et Singer, 2013). Les petites entreprises réalisent en moyenne 13 % moins de points d’investissement que les grandes. Cet écart résulte en partie de difficultés expliquées par leurs spécificités : une taille modeste, une gestion centralisée, voire personnalisée, un rôle décisif et polyvalent du dirigeant, etc. sont à l’origine de leur opacité informationnelle. Cette dernière explique les réticences à s’engager des apporteurs de ressources prêtables (Kirschenmann, 2016) et de ressources propres. Une information asymétrique se traduit en effet par un risque accru de sélection adverse et d’aléa moral ainsi que par des coûts d’agence plus élevés. Le prêteur répercute alors les coûts de défaut supérieur sur le taux débiteur ou refuse de s’engager, ce qui augmente le risque d’échec de l’entreprise. L’opacité de la petite entreprise est également à l’origine d’une hausse des conditions débitrices en raison du renchérissement des coûts de diligence raisonnable. Par la méconnaissance du positionnement de marché qui l’accompagne, l’opacité explique ainsi que les petites entreprises soient particulièrement exposées au rationnement du crédit (par l’offre ou l’autocensure de la demande). L’écart entre leurs besoins de financement et les moyens qui leur sont affectés nuit ainsi à leur développement. Cependant, plusieurs recherches empiriques ont montré que l’utilisation de différents mécanismes permet aux banques et aux petites entreprises d’éviter ou de limiter le rationnement du crédit. La constitution d’une garantie, l’exigence de durées d’échéance plus courtes, l’insertion de clauses restrictives et la fixation de prix variables en font partie. La production d’une information normée est également un gage de survie et de meilleure performance de l’entreprise (Levratto et Paranque, 2011). Le rapprochement avec les praticiens s’est opéré en 2015 avec la mise en place d’un atelier organisé à Marseille avec des réseaux d’entrepreneurs, des organismes de financement, des experts de l’analyse du risque, des représentants d’organismes financiers et des représentants de réseaux d’investisseurs européens français et de pays de la rive sud de la Méditerranée. Un réseau méditerranéen d’acteurs destiné à favoriser l’entrepreneuriat et à améliorer les performances des entreprises est né ; il sera ultérieurement intégré à un programme européen de la Direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement (DG NEAR) dénommé The Next Society. Composé de 32 partenaires implantés dans douze pays membres et non membres de l’UE, ce projet ambitionne de tester la faisabilité d’une plateforme au service des entrepreneurs méditerranéens. Une première version de l’outil d’évaluation, intitulé Small Business Assessment Tool MENA (SBAT-MENA) en raison de son orientation vers les entrepreneurs des pays du Maghreb et du Machrek, est alors mise en place au cours de la première phase du projet. Il reçoit l’appui d’experts académiques, de structures d’accompagnement et d’entreprises, dont les préconisations sont mises en oeuvre par les partenaires opérationnels. Ces échanges ont permis d’identifier les différents volets à faire intervenir dans le processus d’évaluation financière et non financière des entreprises, de formuler des questionnaires faisant sens pour les entrepreneurs, de proposer une ergonomie de la plateforme cohérente avec les habitudes des entreprises et de formuler le rapport d’évaluation selon les besoins des entrepreneurs et de leurs partenaires. L’entrée de nouveaux acteurs dans le réseau a ainsi permis de renforcer l’efficacité de l’outil de diagnostic des entreprises et d’élargir le champ d’application au-delà de la zone MENA. La plateforme ainsi créée permet de générer automatiquement …

Parties annexes