Comptes rendus

L’entreprise du xxie siècle sera politique ou ne sera plus, Pascal DEMURGER, Éditions de l’Aube, Paris, 2019, 239 p.

  • Sandrine Berger-Douce

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  • Sandrine Berger-Douce
    Professeure de l’Institut Mines-Télécom Mines Saint-Étienne, Laboratoire Coactis (EA4161)

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Couverture de L’entrepreneuriat en marge des masses dans les industries créatives et culturelles, Volume 33, numéro 3-4, 2020, p. 7-304, Revue internationale P.M.E.

En pleine crise sanitaire de la Covid-19 au printemps 2020, Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, entreprise française célèbre pour sa signature d’assureur militant, défend le monde de l’assurance attaqué de toutes parts par ces mots : « Les assureurs ont un rôle à jouer dans la société, pour amortir les chocs, pour accompagner les populations dans les crises. C’est cela qui nous guide. Sans doute le secteur dans son ensemble aurait-il dû agir dans ce sens plus tôt, plus vite, plus fort. » Hasard ou coïncidence, ce grand dirigeant français a publié à l’été 2019 un essai ambitieux sur sa vision de l’entreprise du xxie siècle, dont il a confié la préface à Nicolas Hulot, écologiste engagé et ancien ministre français de la Transition écologique et solidaire en 2017-2018. Ce dernier confirme que « les entreprises doivent devenir des acteurs d’une transition écologique et sociale d’ampleur. […]. La RSE (responsabilité sociétale des entreprises) est certes devenue un garde-fou tangible et louable, mais un changement d’échelle est désormais impératif […]. Le graal du xxie siècle est de donner au travail une dimension de plaisir, car, oui, l’entreprise est un objet politique. Oui, celle-ci peut et doit, elle aussi, changer le monde. » (p. 11-13) L’introduction intitulée L’âge de la conscience revient sur les défis majeurs auxquels notre monde est confronté : montée des inégalités sociales, changement climatique, etc. et précise l’impérieuse nécessité de dépasser les réponses bien connues comme la RSE pour davantage s’engager dans un modèle d’entreprise politique tel que désormais pratiqué au sein de la MAIF, un modèle faisant de son engagement une source majeure de sa performance. L’ouvrage est construit autour de deux parties : la première, L’entreprise, menace ou secours pour le monde ?, questionne le rôle de l’entreprise en proie à une inconséquence économique couplée à une impuissance politique croissante et la seconde, L’entreprise politique, de l’expérience au modèle, décrit et analyse la révolution opérée à la MAIF durant ces dernières années pour en proposer un modèle réplicable à l’ensemble des entreprises pour changer le monde et atteindre un développement plus respectueux de l’environnement et des personnes. Dans la première partie, Pascal Demurger commence par dénoncer la folie du monde actuel tiraillé entre inconséquence économique et impuissance politique. Les révolutions techniques successives depuis la machine à vapeur jusqu’à la transformation digitale en cours ont profondément bouleversé nos modes de vie, tout en provoquant des catastrophes tant économiques que sociales et environnementales. La financiarisation à outrance de l’économie est présentée comme l’une des causes majeures de la montée des inégalités sociales. La perte de sens tant décriée, notamment par les jeunes générations, se trouve encore amplifiée par une mondialisation effrénée des échanges commerciaux, dont les limites sont pourtant reconnues (pénurie de masques de protection en France au début du printemps 2020…). Par ailleurs, les impacts de cette mondialisation à outrance sur l’environnement sont globalement de moins en moins sujets à débat, grâce aux travaux du GIEC et à la multiplication des initiatives sur de nombreux sujets comme la sobriété numérique autour du collectif The Shift Project visant à décarboner l’économie. S’agissant de la digitalisation, l’auteur semble sceptique sur sa capacité à se fondre dans l’économie de marché dans la mesure où il met l’accent sur ses dérives en lien avec la question des libertés individuelles. Autrement dit, « financiarisé, mondialisé, digitalisé, le capitalisme semble dénaturé. Là où il fut pendant deux siècles synonyme de progrès collectif, adossé à une vague de libéralisme politique, il nous impose aujourd’hui un reflux puissant, nous plaçant entre les mains de géants hors de contrôle » …

Parties annexes