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Recensions

Rinaudo, J.-L. et Poyet, F. (2009). Environnements numériques et milieu scolaire. Quels usages et quelles pratiques ? Lyon, France : Institut national de recherche pédagogique

  • Michel Desmarais

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  • Michel Desmarais
    École Polytechnique de Montréal

Couverture de Se former professionnellement : une dynamique individuelle et collective, Volume 37, numéro 2, 2011, p. 231-448, Revue des sciences de l’éducation

Corps de l’article

L’ouvrage de Rinaudo et Poyet est une compilation de onze chapitres sur le thème des usages et pratiques dans les environnements numériques en milieu scolaire. Une part importante des chapitres porte sur des expériences d’introduction massives des technologies à la base des environnements numériques dans plusieurs régions de France durant les années 2000. Dans la majorité des cas, ces expériences sont le fruit d’initiatives au niveau régional, comme par exemple le programme landais Un collégien, un ordinateur portable. Ces programmes incluaient aussi généralement un accès Internet. Les initiatives ont fourni une occasion intéressante d’observer les différentes pratiques et les différents usages qui ont émergé, d’autant plus que les conditions dans lesquelles les environnements numériques ont été introduits se démarquaient sensiblement d’une région et d’une école à l’autre.

Les technologies évoluent à un rythme rapide. Les ouvrages comme celui de Rinaudo et Poyet sont essentiels pour maintenir à jour notre connaissance du degré et des mécanismes d’assimilation des technologies de l’information et de la communication en enseignement dans les écoles. Ces études permettent d’identifier les conditions qui déterminent si la mise en place des dispositifs informatiques mènera à des usages et à des pratiques fructueuses. L’ouvrage a la qualité de mettre en évidence ces phénomènes dans un contexte où ils sont concentrés sur une courte période, généralement en une année, et à travers des conditions variables. À travers les chapitres, on relève des tendances qui émergent et, dans une bonne mesure, une certaine convergence des conclusions. Ainsi, plusieurs auteurs rapportent que l’assimilation varie beaucoup selon le niveau de maîtrise des enseignants. Sans surprise, les difficultés rencontrées par les enseignants dont la maîtrise des technologies de l’information et de la communication en enseignement demeure faible et la préparation inadéquate sont nombreuses et font obstacle au développement de pratiques et d’usages. Un autre phénomène sur lequel les résultats de plusieurs études convergent est celui du risque que l’introduction des technologies de l’information et de la communication en milieu scolaire soit perçue comme une ingérence dans les pratiques pédagogiques en vigueur. Ici encore, la diversité des contextes spécifiques à chaque école et à chaque région permet de dégager des pistes pour mieux gérer ce risque.

En général, l’ouvrage porte un regard souvent critique sur les initiatives d’introduction de ces technologies dans l’école qui émanent des différents niveaux de gouvernance, en partant de l’école, au niveau régional, et même au niveau des volontés nationales. En ce sens, le public ciblé en première ligne est vraisem- blablement celui des décideurs et des praticiens concernés à ces différents niveaux administratifs. À cela s’ajoutent bien entendu les chercheurs qui étudient la transformation de la pédagogie qui s’opère, ou qui ne s’opère pas comme on pourrait l’espérer, une fois que de nouvelles conditions technologiques sont mises en place.

On le sait, l’introduction de la technologie, et en particulier celle des technologies de l’information et de la communication en enseignement, exige de l’organisation une planification rigoureuse à différents niveaux (humain, organisationnel, technologique). Cet ouvrage nous rappelle cette exigence.