Documents repérés
-
811.Plus d’information
Cet article souligne la contribution de la Francophonie mondiale au démantèlement du projet national canadien-français entre les années 1950 et 1980. L'auteur reconnaît que le projet canadien-français continental s'est progressivement effrité non seulement à cause du ralentissement des migrations hors Québec, de l'intervention croissante de l'État, du néonationalisme québécois et du fédéralisme renouvelé, mais aussi parce que le projet mondial émergent de la Francophonie a, pendant ces mêmes années, marqué l'esprit des Canadiens français. L'évolution du mouvement Richelieu en constitue un parfait exemple. La mutation d'un organisme canadien-français en organisme francophone mondial à partir de la fin de la décennie 1960 rappelle dans quelle mesure ce nouvel échelon de solidarité a rassemblé des gens de différents continents, qui se sont progressivement ralliés à un projet et à une identité « francophones » au détriment d'un projet national plus restreint comme celui du Canada français.
-
812.Plus d’information
Ce texte présente une méthodologie d'évaluation ex ante des projets d'adaptation au changement climatique qui repose sur le principe selon lequel éviter les maladaptations (environnementales, socioculturelles et économiques) est une voie pertinente pour engager un processus d'adaptation. Il repose sur une expérience de terrain concrète (projet The Other Migrants). L'article détaille la démarche. En préalable à l'élaboration de « critères significatifs » et d'« indicateurs de pertinence » des projets par rapport à l'enjeu d'adaptation, de nouvelles bases conceptuelles sont posées quant à l'identification des communautés dites « vulnérables ». La définition du GIEC est ainsi affinée pour être rendue plus opérationnelle. Les critères et indicateurs sont ensuite décrits, puis la méthodologie d'évaluation ex ante appliquée à des projets concrets. Trois conclusions principales ressortent. (i) Éviter les maladaptations constitue réellement un angle d'entrée privilégié pour mettre en oeuvre l'adaptation, car il permet d'identifier dès aujourd'hui des lignes d'action concrètes. (ii) L'approche ex ante permet de rapprocher porteurs de projets et bailleurs de fonds en élaborant des bases communes d'évaluation. Or, celles-ci s'avèrent indispensables pour la mise en cohérence des multiples initiatives d'adaptation, clairement appelées à se multiplier dans le contexte de croissance – espérée exponentielle – des fonds pour l'adaptation. (iii) L'évaluation ex ante des projets d'adaptation est tout aussi importante que leur évaluation ex post, aujourd'hui dominante, en ce sens qu'elle participe en amont, et en complément du suivi de la mise en oeuvre et de l'efficacité des projets, à une optimisation des efforts pour l'adaptation.
Mots-clés : projet, évaluation, maladaptation, vulnérabilité, changements climatiques, adaptation, Adaptation, climate change, assessment, projects, maladaptation, vulnerability
-
813.Plus d’information
Phénomène géoéconomique puissant, la métropolisation transforme également les conditions et les modes de la gouvernance aux différentes échelles, notamment locales : concurrence interurbaine pour l'attraction des personnes et des activités, hybridation des modes d'intervention public-privé, montée en puissance des revendications d'une société civile de mieux en mieux organisée. Les lieux de nature cultivée dans la ville sont traversés par ces mutations de la gouvernance. L'article vise ainsi à montrer que le caractère multifonctionnel de ces lieux de nature (bien écologique, ressource alimentaire, creuset d'interactions sociales et d'attachement individuel) en fait des « espaces enjeux » pour les acteurs de l'aménagement urbain. En effet, les objectifs des institutions urbaines et la manifestation des demandes habitantes y entrent en tension, car ils ne relèvent pas des mêmes points de vue sur les espaces vécus et pratiqués. À partir de l'exemple de l'agglomération de Rennes, dans l'ouest de la France, on peut ainsi questionner la capacité des institutions urbaines à assurer une démocratie locale à partir de la participation habitante, et à intégrer véritablement toutes les formes d'activités productives dans une même vision métropolitaine.
Mots-clés : nature cultivée, espaces enjeux, pratiques habitantes, institutions locales, métropole, gouvernance, agriculture urbaine, productive nature, spaces issues, résidents practices, local institutions, metropolitan area, governance, urban agriculture, Espacios naturales cultivados, espacios estratégicos, prácticas habitantes, instituciones locales, metropolización, gobernanza
-
814.Plus d’information
Des nouvelles imprimées circulent, aux XVIe-XVIIe siècles, qui révèlent la conversion soudaine au christianisme – parfois véritable, souvent inventée – de puissants monarques étrangers. Comment s’écrivent ou s’inventent de telles annonces ? Différents cas de figure se présentent. Il y a les nouvelles véritables, auxquelles on ajoute des détails cosmétiques et faux, ou encore des interprétations trop enthousiastes. Il y a les nouvelles fausses, quoique inventées pour simplifier l’annonce de véritables bouleversements de l’échiquier politique – par exemple l’entrée sur scène de la dynastie des Séfévides, fantasmée sous les traits d’une conversion des shahs Ismaïl Ier (1508) ou Abbas Ier (1606). L’étrange cas de La conversion de trois grands rois permet de distinguer deux mécanismes de falsification, voire deux étapes : en 1571 d’abord, la nouvelle est l’assemblage frauduleux d’extraits de lettres missionnaires jésuites véritables ; en 1588, 1608 et 1609 ensuite, elle est « regrattée » et circule à nouveau, rafraîchie. Ainsi se mêlent inextricablement la vérité et la fiction, mieux qu’elles ne s’opposent, paradoxalement au moment même où essaiment en Europe de véritables informations sur la Perse, l’Inde et l’Indonésie. De telles nouvelles chimériques signalent de plus, alors que se développe une véritable industrie de la littérature éphémère, la désirabilité toute particulière des annonces de conversion, lesquelles priment sur d’autres nouvelles davantage vraies, mais moins séduisantes.
-
819.Plus d’information
De tout temps, les chefs d'État et de gouvernement ont éprouvé le besoin de se rencontrer afin de régler leurs affaires. Ces rencontres étaient à l'origine destinées à résoudre des contentieux de nature militaire. À partir du XIXe siècle, les sommets internationaux se sont développés. Ils représentent aujourd'hui le mode normal des relations entre chefs d'État qui, par ce moyen, coordonnent leur stratégie. Les sommets internationaux apparaissent en effet comme une alternative aux organisations internationales dans des domaines comme le désarmement, le règlement pacifique des différends ou les relations internationales économiques. Mais les sommets internationaux apparaissent aussi comme la consécration de la puissance de certains États, qui dominent les autres membres de la Communauté internationale auxquels ils imposent leur propre vision des relations internationales. Le Cl en est une bonne illustration et l'on peut même se demander s'il n'est pas devenu un Conseil de sécurité économique. Les sommets internationaux ont en définitive une double fonction. Sur le plan institutionnel, Us remplacent les organisations internationales. Sur le plan normatif, Us sont à l'origine de l'adoption de nombreuses conventions internationales. Us pourraient également devenir un contre-poids à la puissance de certains États.
-
820.Plus d’information
RésuméCet article porte sur la « paradiplomatie identitaire » qui diffère de la protodiplomatie, car l'objectif des entrepreneurs identitaires n'est pas la réalisation de l'indépendance politique, mais la recherche à l'international de ressources (symboliques et matérielles) qui leur font défaut à l'interne. Cet article, en plus d'expliquer les motivations des entrepreneurs identitaires dans le développement d'une paradiplomatie identitaire, invalide la thèse selon laquelle tout partage des rôles en politique étrangère avec des nations subétatiques se solderait automatiquement par une escalade des conflits. Contrairement à ce que l'on affirme trop souvent, les revendications nationalistes sont négociables et peuvent faire l'objet de compromis. Les cas d'études sont le Québec, la Catalogne et la Flandre.