Documents repérés
-
191.Plus d’information
La vulnérabilité des zones côtière aux impacts des changements climatiques et aux aléas météo-marins (tempêtes, inondations, etc.) résulte conjointement de dynamiques liées au milieu naturel et à l'élément humain et social qui façonnent le système socio-écologique. Pour tenir compte de cette dualité, des approches théoriques ont été développées, telles que le couple exposition/sensibilité dans le développement d'indices de vulnérabilité climatique ou le couple aléa/enjeux dans le domaine de la gestion du risque. Souvent, ces approches ne s'appliquent que de manière instantanée et n'intègrent pas, entre autres, l'historique du territoire et l'évolution temporelle de la vulnérabilité. Nous nous intéressons ici à la dimension historique de la vulnérabilité, c'est à dire comment l'aménagement et l'utilisation du territoire ont contribué à créer une vulnérabilité. Nous décrirons comment la vulnérabilité aux changements climatiques de certains territoires côtiers en France, au Sénégal et dans l'Est du Canada est déterminée par l'évolution de l'aménagement du territoire, lui-même fonction de facteurs démographiques, économiques, environnementaux, sociaux et culturels qui se sont mis en place sur différentes échelles de temps, séculaires pour certains, récentes pour d'autres. Nous constatons que différentes trajectoires historiques, p. ex. le développement du tourisme côtier, l'ouverture du territoire à travers des nouveaux modes de transport, l'évolution d'activités économiques côtières comme la pêche, ou encore les changements démographiques résultant de conditions climatiques difficiles dans l'hinterland peuvent rendre un territoire sensible aux impacts des changements climatiques et des aléas météo-marins. La synergie entre ces différentes transformations du territoire côtier et les changements climatiques actuels et attendus, donne le portrait d'une vulnérabilité en constante transformation.
Mots-clés : changements climatiques, augmentation du niveau de la mer, développement côtier, risque, aléa, vulnérabilité, adaptation, perception, climate change, sea level rise, coastal development, risk, hazard, vulnerability, adaptation, perception
-
193.Plus d’information
Depuis les années 1970, l’archéologie s’est professionnalisée à une très grande vitesse avec l’évolution de l’administration française et l’explosion des postes en archéologie préventive. Les avantages apportés par cette évolution rapide doivent aujourd’hui tenir compte des acteurs non professionnels (bénévoles, amateurs et citoyens) dont la diversité a également évolué. En effet, la distance prise par les professionnels à l’égard de ces derniers se creuse un peu plus chaque jour. Pourtant, pendant longtemps, sociétés savantes et associations ont alimenté la production scientifique. Certaines ont même donné lieu à la création de centres de recherches associés parfois à la création d’un musée. Ces initiatives d’envergure issues de personnes morales peuvent également se retrouver au titre d’une personne physique. À des degrés très divers, bien d’autres archéologues bénévoles, se définissant parfois comme libres chercheurs, ont apporté leur pierre à la connaissance de l’être humain via une approche archéologique. Certains sont même devenus professionnels. Au travers de la présentation des apports et des limites des différents acteurs non professionnels de la recherche (en particulier archéologues bénévoles et chercheurs amateurs), nous mettrons en évidence l’importance qu’il y aurait à renforcer le lien entre professionnels et non professionnels pour la recherche archéologique de demain en mode science 4.0.
Mots-clés : archéologie, éthique, bénévoles, amateurs, professionnels, témoignage, France, pyramide, archaeology, ethics, volunteers, amateurs, professionals, testimony, pyramid, France
-
194.Plus d’information
Depuis quelques années, les États cherchent à diversifier leurs sources d'énergie par le développement de nouvelles formes de production de masse, afin de limiter l'exploitation des usines thermiques au charbon, au pétrole ou nucléaires. Cette tendance a mis de l'avant de nouvelles technologies, comme celle de l'éolien, qui ont des répercussions notables sur les territoires et les paysages. Ces développements soulèvent notamment des questions en termes de durabilité et d'influence sur les activités existantes comme le tourisme. En effet, la beauté des paysages et des panoramas compte parmi les principales ressources – sinon la principale dans bien des cas – sur lesquelles est construite l'attractivité touristique d'une région. La question se pose donc toujours de savoir si l'implantation de turbines de grande taille ne modifiera pas le paysage à tel point que cette attractivité et, par extension, l'économie touristique s'en trouveraient affectées. Les études sur les impacts du développement éolien ont fait l'objet de nombreuses publications ces dernières années, mais celles sur leurs conséquences sur le tourisme se font plus rares. Celles recensées suggèrent qu'il n'y a pas nécessairement d'incompatibilité entre ces deux secteurs, quoiqu'elles mettent en évidence un impact mineur de ces infrastructures sur les perceptions des touristes. L'objectif de la présente recherche était de mesurer, par une étude quantitative, l'impact des éoliennes sur la représentation que des touristes se font de la Gaspésie et de ses paysages, pour ainsi saisir si l'attractivité de cette région s'en trouve modifiée. Le cadre d'analyse repose sur trois concepts principaux que sont le « paysage », en tant que ressource pour le tourisme, et « l'horizon d'attente » qui, conjointement avec le « champ d'expérience », permettent l'intégration des pratiques touristiques dans un ensemble plus large socialement et temporellement. Bien que les résultats d'enquête fassent ressortir des nuances quant à l'influence de l'emplacement des éoliennes, cette recherche confirme que leur présence a en réalité peu d'impact sur l'expérience touristique et sur le désir de fréquentation future.
Mots-clés : éoliennes, tourisme, paysage, parcs éoliens, Gaspésie, Québec
-
196.Plus d’information
Cadre de la recherche : Depuis une dizaine d'années en France, les ménages dont le chef de famille est ouvrier et employé ont rattrapé leur retard de connexion internet à domicile. Objectifs : L'intégration d'Internet dans ces ménages s'est-elle pour autant opérée de la même manière que dans les ménages de cadres et de professions intermédiaires qui se sont équipés plus précocement ? Y prend-il la même signification ? Quelles transformations induit-il dans le cadre domestique et dans les dynamiques familiales ?Méthodologie : L'article est fondé sur une enquête par entretiens semi-directifs (N =41), menée auprès de mères de famille travaillant dans le secteur des services à la personne et vivant en dehors des grandes agglomérations urbaines en France.Résultats : L'enquête montre une tension importante. D'un côté les mères rencontrées ont la conviction qu'Internet est garant d'une meilleure réussite scolaire et professionnelle pour leurs enfants, ce qui génère un véritable « devoir de connexion » au nom de la modernité et de la conformité sociale. De l'autre, elles constatent que l'outil est chronophage et perturbe la vie collective familiale aussi bien dans les relations de couple qu'entre parents et enfants. N'ayant pas de modèle de régulation de la génération précédente, elles bricolent des tactiques quotidiennes pour limiter le potentiel d'individualisation des outils en instaurant un principe de transparence des pratiques et en encourageant les usages en co-présence.Conclusions : La régulation d'internet dans cette fraction non précaire des classes populaires est un modèle qui se cherche et reste fondé sur des tâtonnements et des compromis. Toutefois la priorité donnée aux liens familiaux semble être un enjeu fort des arbitrages : les discours continuent à valoriser avec une grande constance le « nous » familial, exprimant sinon une réalité, du moins une aspiration forte. Contribution : Cette recherche met en valeur les spécificités des modes de régulation familiale d'internet dans les fractions stables des classes populaires. Elle s'intéresse aussi aux régulations dans le couple, rarement étudiées dans la littérature existante.
Mots-clés : sociologie, internet, norme, pratiques parentales, éducation, famille, couple, classe populaire, recherche qualitative, Internet, sociology, norms, parental practices, education, family, couple, working class, qualitative research
-
199.Plus d’information
Avant même d'avoir mis le pied en Europe, Lionel Groulx avait parcouru la France. L'histoire et la littérature, d'une part, la religion, la culture et le nationalisme canadiens-français, d'autre part, lui avaient fait faire ce voyage virtuel et paradoxal. Il y avait puisé en abondance des connaissances et des attentes, des images et des sentiments. Ses voyages réels dans la patrie de ses ancêtres lui ont fourni l'occasion de vérifier et de confirmer ses croyances et son idéologie plutôt que de les éprouver et de les transformer. Ses cinq séjours en France ne marquent une rupture ni dans sa vie, ni dans ses attitudes. Une admiration et un amour authentiques de la France, tenus en laisse par son esprit critique, n'ont fait de lui ni un francophile, ni un gallophobe, dans le sens que prêtait à ces mots le nationalisme traditionaliste canadien-français.
-
200.Plus d’information
À l'exception de Blanchard, de Deffontaines, de Derruau et de Hamelin, peu de géographes ont étudié le rang, en particulier son origine. Parmi les études plus récentes, signalons celles de Harris et de Bélanger qui soutiennent l'un, que le rang aurait pu être implanté indépendamment de la tenure en fief, l'autre, qu'il fut la conséquence de faits d'organisation régionale d'ordre naturel et social. Le présent article a pour but d'éclairer le contexte premier d'apparition du rang dans la vallée du Saint-Laurent. Il propose une interprétation selon laquelle seigneuries et censives définissent un système original de partage des terres destiné à servir les fins d'une occupation rapide et totale du couloir laurentien, axe principal de pénétration vers l'intérieur. Amorcée dans la première moitié du XVIIe siècle, l'implantation du rang sera suffisamment complétée en 1663 pour résister aux changements politiques ultérieurs.
Mots-clés : Géographie historique, rang, seigneurie, censive, village, vallée du Saint-Laurent, province de Québec, Historical geography, rang, seigneurie, roture, village, Saint Lawrence Valley, province of Québec