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3175.Plus d’information
Gilles Bibeau est anthropologue, philosophe et linguiste ; professeur émérite à l’Université de Montréal. A mené des recherches dans plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique latine (notamment au Brésil et au Pérou), ainsi qu’au Canada et en l’Inde. Au Québec, il a fait des études ethniques sur les transformations des structures familiales et de l'identité chez des migrants d'origine indienne, africaine et antillaise, sur le rôle des églises et groupes religieux dans l'accueil et l'adaptation des immigrants, sur l'ethnographie des bandes de jeunes en milieu immigrant, et sur l'adaptation des services sociaux et de santé à la problématique des groupes immigrants. Il a mis au point, avec Ellen Corin et d'autres chercheurs, un modèle d’analyse en santé mentale qui est maintenant connu sous le nom de « système de signes, de sens et d'actions » et qui a été utilisé dans des études internationales comparatives dans plusieurs pays d'Afrique, d'Europe, d'Asie et des Amériques. Récemment, son focus est sur l’approche ethnocritique des littératures nationales à travers la comparaison des littératures québécoise et anglo-canadienne, et à travers l'étude des rapports entre les littératures écrites d'Afrique et les littératures orales. Passionné d’histoire et de politique internationale, il est l’auteur de nombreux articles et essais. Il a publié une douzaine de livres : Beyond Textuality, Ascetism and Violence, An Anthropology Interpretation (avec E. Corin) (Berlin : Mouton, 1995); Dérives montréalaises. Itinéraires de toxicomanies dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve (avec M. Perrault) (Montréal : Boréal, 1998); Généalogie de la violence. Le terrorisme : piège pour la pensée (2015); Andalucía, l’histoire à rebours (2017) et Les Autochtones, la part effacée du Québec (2020). Il a reçu deux fois le prix Jean-Charles-Falardeau, la dernière pour son œuvre Le Québec transgénique. Science, marché, humanité (2005); et le Prix Léon-Gérin (2009) du Gouvernement du Coranestbec pour sa carrière académique. A l’invitation de Rencontres en théorie et histoire de l’éducation, Gilles Bibeau se met en dialogue avec Naomar de Almeida-Filho, à propos du livre The Revolution of Georges Cabanis. A Forgotten Education Reform In Post-Enlightenment France récemment publié dans la Série de monographies Sur la théorie et l’histoire de l’éducation (2022).
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3179.Plus d’information
Les politiques nationalistes et internationales exercent des influences diverses sur la valeur économique et le capital social rattachés à des variétés de tamoul, enseignées comme deux langues d'origine différentes dans les écoles des communautés sri-lankaise et indienne et les écoles publiques de langue française et de langue anglaise à Montréal (Québec). En réinterprétant la division locale du travail linguistique en milieu scolaire francophone et anglophone à Montréal, les immigrants indiens et les réfugiés sri-lankais poursuivent chacun de leur côté différentes stratégies pour financer deux programmes d'enseignement de langue d'origine distincts et s'associent avec différents partenaires pour les mettre sur pied. Alors que les Sri-Lankais veulent conserver une variété littéraire du tamoul perçue comme dépositaire de leur patrimoine culturel et liée à leur prétention d'authenticité culturelle, les immigrants indiens veulent pour leur part moderniser leur variété plus familière du tamoul afin de s'ouvrir aux marchés internationaux et de favoriser la mobilité sociale de ses locuteurs en leur permettant de rejoindre une modernité mondiale. Ces différentes évaluations d'une langue minoritaire mettent en relief les dynamiques concurrentielles et collaboratives du néolibéralisme.
Mots-clés : Das, division du travail sociolinguistique, enseignement des langues d'origine, tamoul, Québec, politique linguistique, néolibéralisme, idéologie linguistique, Das, Sociolinguistic Division of Labour, Heritage Language Education, Tamil, Quebec, Language Politics, Neoliberalism, Language Ideology, Das, división del trabajo sociolingüístico, enseñanza de las lenguas maternas, tamil, Quebec, política lingüística, neoliberalismo, ideología lingüística
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3180.Plus d’information
RésuméLes trafics de drogues constituent un objet sociologique mal identifié, alors même que leur développement alimente les débats publics sur l'insécurité, en France comme dans la plupart des pays occidentaux. Cette ambiguïté, si elle résulte de facteurs tant idéologiques et institutionnels que méthodologiques, traduit aussi la complexité des formes sociales de trafics trop souvent réduites à leur plus simple expression. Deux sources d'hétérogénéité peuvent être décrites : l'hétérogénéité des trafics d'un côté et l'hétérogénéité de leur traitement par la machine judiciaire de l'autre. Cet article s'attache plus particulièrement aux trafics d'envergure, c'est-à-dire à ces formes hybrides et peu explorées entre entreprises multinationales et commerces de rue. Il s'attache à montrer l'écart entre, d'une part, les pratiques considérées dans toute leur complexité individuelle, organisationnelle et sociale, et, d'autre part, leur construction par les pratiques des policiers et des magistrats, et leur interprétation plus globale dans le langage du droit, elles-mêmes déterminées par l'évolution des nouvelles procédures et des politiques.