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612.Plus d’information
Cette étude a pour but de comparer l'évolution du processus sociologique des bonnes sociétés néerlandaises et américaines depuis les années 1880, alors que les usages pour faire la cour étaient encore sous le contrôle strict des parents. Elle décrit de quelle manière le système de rendez-vous aux États-Unis, celui du verkering aux Pays-Bas (un « engagement » informel analogue à celui de « sortir ensemble »), ainsi que la propagation de nouvelles directives parentales pour « rester dans le coup », permirent aux jeunes de s'émanciper de la domination de leurs parents. Lorsqu'entre 1945 et 1965, le concept de « sortir ensemble » prit de l'importance aux États-Unis, les trajectoires de ces deux pays convergèrent. Il fut cependant à noter qu'après la révolution sexuelle, le traditionnel tabou du sexe avant le mariage redevint prédominant aux États-Unis alors qu'il diminua drastiquement aux Pays-Bas lorsque les parents néerlandais autorisèrent de plus en plus leurs adolescents à avoir des relations sexuelles, même sous leur toit. En s'appuyant sur les recherches en sexologie, mais aussi sur l'étude de livres de moeurs, l'auteur décrit les deux trajectoires de la réglementation du sexe avant le mariage. Il explique comment elles furent intimement liées aux différences nationales en matière de réglementation de la compétition sociale, de l'équilibre de pouvoir entre les classes, du sexe et des générations, et enfin du niveau d'intégration sociale de ces nations.
Mots-clés : processus sociologique, sexualité avant le mariage, comparaison entre les États-Unis (le rendez-vous) et les Pays-Bas (sortir ensemble) depuis les années 1880, sexualisation, processus informel, process sociology, premarital sexuality, comparing the USA (dating) and the Netherlands (engagements) since the 1880s, sexualization, informalization, proceso sociológico, sexualidad antes del matrimonio, comparación entre Estados Unidos (la cita) y los Países Bajos (salir juntos) desde los años 1880, sexualización, proceso informal
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615.Plus d’information
Cette étude de l'asile québécois est tirée d'un recueil intitulé « Essais pour une préhistoire de la psychiatrie au Canada » (1800-1885) paru dans la collection « Recherches et Théories ». Ces essais regroupent six articles qui donnent un aperçu des différents aspects de la folie au XIXe siècle. Ainsi, les auteurs y expliquent comment la société, par l'intermédiaire de son discours politico-social, percevait et traitait ses fous au début du siècle. Ils expliquent ensuite qu'en raison de l'accroissement du sous-prolétariat canadien et des pressions économiques exercées par ces indigents sur le trésor québécois, il devenait impérieux de créer un asile. S'en suit alors une analyse du fonctionnement de cette institution ainsi que de son discours thérapeutique. De cet ensemble de textes, il est apparu intéressant d'en dégager les principales composantes afin de retracer l'évolution du discours québécois sur la folie en ce XIXe siècle selon trois aspects socio-économico-politiques sous-jacents à cet avènement et le traitement du fou dans ces asiles. Ce texte permettra de mesurer jusqu'à quel point l'asile et le fou sont impliqués dans la société et répondent à ses besoins socio-économico-politiques.
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619.Plus d’information
Pour répondre aux besoins des adolescents auteurs d'agression sexuelle (A.A.A.S.), différents traitements ont été mis en place en Amérique de Nord : interventions de groupe à vocation introspective ou à vocation éducative, interventions familiales, thérapies cognitivo-comportementales et stratégies de prévention de la récidive. Aucune étude n'a encore dressé le portrait des pratiques en vigueur dans les centres qui, au Québec, interviennent auprès des A.A.A.S. Tous les responsables de centres spécialisés dans ces traitements ont donc été rencontrés, lors d'entretiens individuels. Plus spécifiquement, il s'agissait : i) d'identifier les tendances générales, ressemblances et différences qui émergent des interventions des neuf centres de traitement; ii) de cerner ce qui, aux yeux des intervenants, fait la spécificité du traitement pour adolescents, par rapport à celui dispensé aux adultes agresseurs et iii) de comparer les résultats en fonction du milieu qui offre les services : « milieu pédopsychiatrique » versus « milieu psychosocial ou communautaire ». Il en ressort que la grande majorité des programmes dispensés sont offerts sur une base ambulatoire (ou « externe »). Dans l'ensemble, le fonctionnement des neuf centres de traitement repose sur de petites équipes, parmi lesquels se retrouve une majorité de sexologues et de psychologues. Dans la majorité des cas, le processus de référence initial est encadré par les deux principales lois pour mineurs. Dans tous les centres de traitement, divers inventaires et questionnaires structurés ont été traduits de l'anglais au français et sont administrés aux adolescents. Par la suite, bien qu'il existe quelques critères d'exclusion aux programmes, le jeune est habituellement orienté vers une intervention de groupe ou une intervention individuelle. De façon générale, les interventions offertes aux parents sont rares et ce même si tous les répondants interrogés considèrent qu'il devrait s'agir d'une priorité. Les résultats permettent de conclure que les interventions québécoises ressemblent aux autres interventions nord américaines, si ce n'est qu'on ne perçoit pas au Québec un intérêt aussi grand pour la prédiction des risques de récidive ou pour les approches multi systémiques (ou MST). Certaines différences apparaissent aussi lorsque les trois centres pédopsychiatriques sont comparés aux six centres d'orientation psychososociale.
Mots-clés : adolescents agresseurs sexuels, évaluation, interventions, soutien aux parents, adolescent sex offenders, evaluation, intervention, parental support
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620.Plus d’information
Une fréquentation même sommaire et partielle de l'immense littérature qui a été consacrée à Michel Foucault révèle qu'elle repose en grande partie sur une décontextualisation de l'oeuvre. Dans un souci de contextualiser celle-ci, je défendrai trois arguments : 1) le rejet de la « pensée dialectique », dont la phénoménologie est le cas le plus récent suivant Foucault, doit être considéré comme structurant tout son travail, de l'Histoire de la folie à l'âge classique à l'Histoire de la sexualité et au cours de 1979 consacré au libéralisme et au néolibéralisme. 2) Cette posture constitue une prise de position à l'égard des principes qui structurent ce qu'on peut désigner comme le monde moderne ou la modernité. À la pensée dialectique, Foucault oppose d'abord ce qu'il désigne comme « pensée du dehors », qui correspond à ce que Hegel désignait comme « pensée de l'entendement » en ce qu'elle pose l'existence d'oppositions irréductibles et indépassables. L'exemple paradigmatique de cette pensée désignée par Hegel comme pensée du « ou bien… ou bien… » est donné dès le départ de l'oeuvre de Foucault : ou bien la déraison (dont la folie est un cas), ou bien la raison. Ce qui est dès lors rejeté est l'idée de synthèse ou de réconciliation entre les éléments contradictoires dont hérite la modernité (par exemple entre l'idée de totalité et celle de liberté), qui caractérise selon Foucault la pensée dialectique dans ses diverses déclinaisons, hégélienne, marxienne et phénoménologique. 3) Cette prise de position à propos de la pensée dialectique et de la modernité permet de situer Foucault dans l'actualité immédiate où s'est déployée son oeuvre – la critique de la colonisation d'abord, le gauchisme post-soixante-huitard ensuite, ce qu'on peut désigner comme le « post-gauchisme » enfin – et éclaire en partie au moins la réception dont elle a fait l'objet.