Documents repérés
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352.Plus d’information
Les travaux menés sur le droit et sur la justice dans des perspectives inspirées par les sciences sociales et humaines révèlent souvent la nature même du droit en tant que mode de connaissance et surtout mode de pensée. Elles font également apparaître une tension irrésolue entre la justice et le juste. Cette tension s'exprime implicitement dans la relation ambiguë qui lie le juge et le chercheur. Elle dévoile la logique de projets différents, fondés, d'un côté, sur la quête de la vérité juridique et, de l'autre, sur la compréhension empirique du monde. Alors que le droit favorise la définition d'un monde prévisible, les sciences sociales acceptent le caractère incertain des interprétations qu'elles offrent du monde juridique et judicaire. S'y confrontent des modes de connaissance distincts. La recherche de la certitude s'y oppose à l'incertitude des hypothèses. L'office du juge et le projet du chercheur divergent ainsi, sur le plan épistémologique. Il en va de même en regard de la justice, abordée en tant qu'activité sociale. Alors que la reconstruction juridique du monde est une nécessité de la décision judicaire, le chercheur s'intéresse plutôt aux mécanismes concrets de la décision. L'exigence de rationalité auquel se soumet le juge se trouve dès lors replacée dans son contexte empirique : le juge est un être situé; le tribunal, une « organisation »; le procès, un champ de relations où s'opposent des acteurs précis (juges, avocats, procureurs et justiciables). Une justice abstraite et sacralisée s'oppose ainsi, sur le plan des perspectives, à une justice située, construite socialement. Juges et chercheurs se trouvent alors liés et séparés à la fois, par la nécessité de leur indépendance mutuelle.
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355.Plus d’information
La notion de rapport salarial est centrale pour la compréhension des modèles de sociétés et d'entreprises. Elle comporte cependant des limites car elle est trop englobante. Il est suggéré dans un premier temps de distinguer, au sein de ce rapport, deux dimensions : l'organisation (division-coordination du travail) et l'institution (compromis social), puis de compléter l'approche de la régulation en ajoutant un rapport de consommation qui permet de saisir la relation entre les citoyens-usagers-consommateurs et les entreprises ou agences étatiques. Enfin, une réflexion sur le rapport entre structure et acteurs montre que les notions de reproduction et de régulation ne sauraient être confondues.
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359.Plus d’information
RésuméPublié à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire du Département de sociologie de l'Université de Montréal, ce numéro porte sur l'histoire et le développement de ce Département. Ce document prend la forme d'une table ronde à laquelle ont participé Jacques Dofny, Hubert Guin-don, Norbert Lacoste et Marcel Rioux. On y trouvera des références aux divers courants sociologiques qui influencèrent (ou non) les premières années de ce Département, aux positions prises par divers acteurs de l'institution universitaire, au contexte social et culturel du Québec de la fin des années cinquante, aux mouvements étudiants, etc. Ce document présente à la fois des éléments d'analyse et des témoignages personnels de personnes qui ont toutes été intimememt liées au Département de sociologie dans les premières années de son existence. Cette table ronde était animée par Robert Sévigny.
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360.Plus d’information
RésuméDepuis une dizaine d'années, plusieurs recherches ont porté sur l'articulation travail-famille avec l'objectif d'expliquer pourquoi un si petit nombre de femmes accèdent à des postes de cadre ou de gestionnaire dans les entreprises. D'autres études se sont penchées sur le rapport entre l'organisation, la culture de l'entreprise comme telle et le fait d'être une femme en poste de responsabilité. Elles arguent qu'une culture typiquement masculine dans l'entreprise est un obstacle de taille à l'avancement des femmes dans la hiérarchie organisationnelle: c'est la fameuse thèse du «plafond de verre» développée depuis les années quatre-vingt. La présente recherche montre la perception que les femmes cadres ont de leur milieu de travail et d'elles-mêmes, lorsqu'elles occupent un poste de responsabilité dans des entreprises typiquement masculines du secteur industriel.