Documents repérés
-
331.Plus d’information
Cet article analyse l'album The Disintegration Loops (2002), de William Basinski, et soutient que son interprétation esthétique de la temporalité et de la finitude est pertinente au regard de la relation entre technologie et perception humaine du temps pour trois raisons. Premièrement, l'appareil technologique responsable de sa création reflète les concepts derridéens d'espacement et d'auto-immunité. Deuxièmement, l'appel affectif de l'album illustre la notion de chronolibido de Martin Hägglund. Troisièmement, la musique donne lieu à une expérience médiatique temporelle qui contraste avec l'expérience médiatique offerte par ce que Mark B.N. Hansen appelle les « médias du 21e siècle ». Ensemble, ces trois dimensions font de The Disintegration Loops un objet qui permet de donner une base empirique aux théories discutées du temps et des médias.
-
332.Plus d’information
L'oeuvre de Lise Tremblay regorge de personnages, de narratrices et de narrateurs dont le quotidien est façonné par l'expérience de la honte. La pêche blanche et La danse juive ont ceci de particulier qu'ils situent dans l'enfance l'origine de la honte, toujours engendrée par un regard de dédain du père posé sur le corps de l'enfant — fils « chétif », boiteux ; fille souffrant d'obésité. Dans l'expérience traumatique de cet affect particulier, le sujet est appelé à assumer son image sous le regard d'autrui ; une image qui ne correspond pas à son désir, mais qui le détermine malgré tout. L'oeuvre de Tremblay présente des pères dont le regard et la voix ont établi les frontières réelles et imaginaires qui contraignent les sujets, tant dans leur corps que dans l'espace. Cet article aborde, depuis une perspective psychanalytique de l'identification, l'articulation poétique particulière entre la honte, la figure paternelle et le corps que l'oeuvre de Lise Tremblay déploie, et qui permet de lire le meurtre perpétré à l'endroit du père dans La danse juive comme le prolongement d'un fantasme parricide déjà mis en récit dans La pêche blanche.
-
334.Plus d’information
Cet article interroge les définitions classiques des ruines à travers la lecture d'auteurs clés de la théorie des ruines dans la perspective de comprendre si les interprétations qu'ils en font sont valides pour saisir les ruines contemporaines produites par les guerres, le terrorisme ou les catastrophes naturelles. Il en ressort très vite que le modèle de lecture de l'événement passé que constitue la ruine ne fonctionne pas sur celles en cours ou à venir. La permanence des phénomènes de destruction guerrière, écologique, urbaine, humaine, environnementale, terroriste que l'on voit dans les médias, fait penser que le beau, la méditation sur notre devenir et sur la mort, ces universaux de l'esthétique et de la métaphysique des ruines, sont des valeurs « en théorie » qui n'ont aucun sens confrontés aux enjeux économiques et géostratégiques à échelle mondiale qui produisent ruines et chaos. À l'esprit des ruines classiques, dont tout l'attrait tient à ce qu'une oeuvre humaine est perçue comme une oeuvre de la nature, sont venus s'ajouter, d'une part une ruine instantanée provoquée par les divers vecteurs de destruction contemporains et, d'autre part, l'esprit d'une ruine « aidée » incluant un futur de ruine dans les projets.
Mots-clés : Esthétique des ruines, destruction, temps des ruines, présentisme, Aesthetics of ruin, destruction, time ruins, presentism
-
336.Plus d’information
Mots-clés : Exposer la photo
-
337.Plus d’information
Cet essai propose un plaidoyer en faveur de l'intégration des concepts d'images évolutionnaires et d'images animales dans une théorie ouverte de l'image, qui s'étend au-delà du domaine de l'artifice humain et ne doit plus être considérée avec une focalisation anthropocentrique. En nous tournant vers des images qui ne sont pas créées par l'humain, nous essayons d'explorer différents phénomènes d'images et de les connecter avec les concepts non humains de « beauté » tels qu'ils ont été historiquement développés par la théorie darwinienne sous-estimée de la « sélection sexuelle » et, avant ça, par William Hogarth.
-
338.Plus d’information
Cet article se penche sur la contribution des écrivains Antoine Blondin, Jacques Laurent et Roger Nimier à la revue de La Table Ronde, entre sa fondation en janvier 1948 et le mois de décembre 1952, alors que Bernard Frank les réunit sous le terme de « Hussards » dans un article de la revue concurrente Les Temps Modernes. Étudiant d'abord les conditions qui ont rendu cette collaboration possible, il examine ensuite de quelle(s) manière(s) Blondin, Laurent et Nimier se sont inscrits dans les sommaires de La Table Ronde, qui se présente largement comme la gardienne de la liberté de l'esprit, contre les dérives de l'engagement. Enfin, cet article interroge la place et la fonction des textes donnés à La Table Ronde en regard de la trajectoire individuelle de chacun des Hussards, de façon aussi bien à saisir les linéaments de leur « écriture collective » que leur mode d'adhésion spécifique au littéraire.
-
339.Plus d’information
L'écriture aujourd'hui est largement métafictionnelle. Il s'agira pour nous de démontrer le va-et-vient qu'un écrivain organise entre son oeuvre de fiction, son autobiographie ou son autofiction, et son travail théorique, qui est la plupart du temps une auto-théorisation ou une mise en rapport entre un autre écrivain qui est l'objet d'analyse et son propre travail d'écrivain, entre sa propre fiction et le cadre épistémologique dans lequel il se situe, entre sa propre écriture et une conceptualisation directe ou indirecte de celle-ci. Le travail de Serge Doubrovsky, à cet égard, retiendra ici notre attention.