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684.Plus d’information
Cet article examine la compassion comme ressort du souci de l'autre tel qu'il se manifeste quand il est associé à un problème d'injustice distributive, qu'il s'agisse de pauvreté ou d'inégalités socio-économiques. Dans cette perspective, on soutient parfois que les inégalités ou les injustices économiques et sociales augmentent parce que nous n'aurions pas suffisamment le souci de l'autre ou des autres, soit que nous ne nous préoccupions pas suffisamment de la place réservée à l'autre dans le système de production, soit que nous soyons indifférents à l'insuffisance des moyens mis en place pour compenser les injustices pourtant constatées. Ce qui signifierait, inversement, que pour pouvoir combattre ces injustices, il conviendrait de renforcer la compassion, de l'éveiller davantage. L'objectif serait d'inciter les membres d'une société donnée à se sentir plus solidaires les uns des autres et en particulier des plus défavorisés, soit dans une perspective caritative assumée, soit par un soutien renforcé aux pratiques, institutions et politiques de l'État social. Cette optique paraît cependant négliger une autre possibilité : nous pourrions assister actuellement à une mutation de l'économie générale de la solidarité qui a un impact direct sur la façon dont s'expriment le souci d'autrui et la perception de nos obligations en matière de solidarité privée et publique. Si cette hypothèse est vérifiée, elle peut offrir des clés d'interprétation de l'évolution de l'État social et des systèmes de redistribution publique.
Mots-clés : Compassion, État-providence, solidarité publique, inégalités, sociologie de la perception des inégalités, Compassion, Welfare State, Public Solidarity, Inequalities, Sociology of perceived of inequalities, Compasión, Estado-Providencia, solidaridad pública, desigualdades, sociología de la percepción de las desigualdades
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685.Plus d’information
Au Nunavik, les politiques publiques relatives aux chiens sont calquées sur celles du sud du Québec et ne tiennent pas compte des normes ni des pratiques culturelles des Inuit. Ces politiques appellent des pratiques génératrices de tension et les interventions relatives aux chiens qui s'y appuient obtiennent, au mieux, un succès mitigé. Prenant en considération ces résultats, de même que la complexité des problématiques liées aux chiens, rapportées tant par des habitants du Nunavik que par les autorités locales et provinciales, une équipe de recherche interdisciplinaire a développé un projet utilisant l'approche écosanté en collaboration avec plusieurs partenaires locaux. Après avoir présenté le contexte entourant la gestion des chiens à Kuujjuaq, l'article propose une analyse des facteurs favorisant ou nuisant à la résolution des problématiques liées aux chiens. L'article montre ensuite la manière dont le projet écosanté interagit avec ces facteurs pour le développement de solutions efficaces et durables à ces problématiques, menant ultimement à des changements de pratiques et de politiques publiques entourant la gestion des chiens à Kuujjuaq.
Mots-clés : Nunavik, Kuujjuaq, santé publique, problématiques liées aux chiens, gestion des chiens, écosanté, solutions durables, Nunavik, Kuujjuaq, public health, dog-related issues, dog management, ecohealth, sustainable solutions
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686.Plus d’information
RésuméLe Canada et les États-Unis doivent faire face à d'importantes remises en question de l'orientation de leurs systèmes de santé. Les débats dans les deux pays sont marqués par les mêmes préoccupations, notamment l'augmentation rapide des coûts, l'écart croissant entre l'étendue des services assurés, leur accessibilité et l'efficacité de leur gestion. Cet article examine l'évolution des réformes de l'assurance santé au Canada et aux États-Unis et se penche sur deux questions. En quoi les réformes de l'assurance santé entreprises dans les deux pays divergent-elles ou convergent-elles? Comment l'institutionnalisation d'un certain type de système d'assurance santé conditionne-t-il les réformes subséquentes? Il semble improbable que les systèmes de santé du Canada et des États-Unis évoluent dans le sens de la convergence. L'obstacle principal à une telle évolution réside dans la nature de leurs institutions politiques, qui conditionnent le débat politique et l'orientation de leurs politiques dans le domaine de la santé.
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688.Plus d’information
Depuis vingt ans, la littérature existante sur les entreprises adaptées du Québec insiste sur l’idée centrale du paradigme de l’investissement social selon laquelle le Programme de subvention aux entreprises adaptées (PSEA) favorise aussi bien les intérêts financiers des travailleurs ayant des incapacités que ceux du gouvernement (Fortin & Audenrode, 1997; Fortin & Audenrode, 2006; Fortin, Audenrode, & Paradis, 2013). Utilisant la méthode du retraçage de processus, cet article investigue si, au cours des vingt-cinq dernières années, le PSEA a bel et bien toujours favorisé les intérêts financiers de ces deux parties prenantes. Dans un contexte où le salaire minimum a augmenté beaucoup plus rapidement que l’assistance sociale, l’article conclut que le PSEA n’a jamais été aussi profitable pour les travailleurs ayant des incapacités, mais qu’il n’a jamais été aussi peu rentable pour le gouvernement du Québec, et que les études existantes surestiment la rentabilité financière du programme pour ce dernier.
Mots-clés : entreprises adaptées, Québec, politiques sociales, investissement social, handicap, insertion à l’emploi, adapted companies, Quebec, social policies, social investment, disability, insertion in employment
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689.Plus d’information
Malgré sa notoriété, la thématique du bon gouvernement semble relever désormais du passé. Un examen plus attentif de son évolution offre pourtant un tout autre tableau. La généalogie des principes traditionnels du bon gouvernement montre la progression de la mesurabilité et de l'objectivité dans l'évaluation de l'action publique. Si la première génération de ces principes permet de mesurer l'importance des impératifs liés à la perfection morale du souverain, la deuxième correspond au tournant majeur que représente l'étape du droit légiféré et du développement du droit public lors des deux derniers siècles. Ces garanties de « mesurabilité » qu'offre le droit sont relayées de nos jours par l'affirmation de la troisième génération de principes (efficacité, imputabilité, précaution, qualité, célérité) qui reflètent des exigences de quantification et de « calculabilité » de l'action publique. D'autres principes (transparence, participation) rattachés à l'approfondissement de la démocratie politique complètent ce bilan. Ce sont des principes transversaux propres à plusieurs disciplines et qui illustrent bien l'essor des sciences du gouvernement. Pour le droit public, une telle évolution s'avère décisive, car ce champ du droit mérite d'être mieux compris à la lumière de cette acculturation avec d'autres disciplines et d'autres savoirs.
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690.Plus d’information
L'effet du savoir scientifique sur un ensemble de valeurs, définies de façon plutôt vague, que l'on désigne sous le nom de « démocratie », continue de susciter des passions et des analyses, comme en témoignent les revendications populaires en faveur d'une plus grande participation de la population aux processus de prises de décision relatives aux dossiers scientifiques. De telles revendications soulignent l'importance du débat politique dans des domaines qui furent jusqu'ici réservés à la recherche scientifique.Cependant, un débat éclairé ne peut avoir lieu que dans la mesure où les participants ont une certaine compétence dans le domaine technique, ne serait-ce que pour pouvoir évaluer les « impératifs techniques » des choix réels qui se posent. Le savoir scientifique — tout comme la terre, la force de travail et le capital — constitue une ressource, voire une marchandise. La possibilité d'utiliser et de contrôler cette ressource a des conséquences importantes sur la distribution du pouvoir politique dans les sociétés démocratiques.