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1601.Plus d’information
Cet article aborde la question de la conception métisse de l'âme du défunt à travers l'étude des messes, veillées funèbres et processions en milieu urbain de la région de Cusco (Pérou). Il se focalise sur l'hymne Puriq wayra, dont le titre quechua signifie « Vent errant » et qui est une pièce incontournable du répertoire pour les morts. Comme son titre l'indique, Puriq wayra renvoie au caractère baladeur de l'esprit après la mort. Les paroles de cet hymne évoquent l'animu, une conception importante pour penser la force vitale qui anime les personnes. Cette analyse est basée sur des observations de terrain réalisées depuis 1981, essentiellement dans la ville de Cusco. Elle est combinée avec une perspective réflexive et anthropologique des hommages musicaux réalisés dans la cathédrale de Cusco, mais également dans le cimetière de la Almudena, un quartier populaire et métisse de cette ville.
Mots-clés : chants, Andes, émotion, mort, harawi
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1602.Plus d’information
RésuméLes enjeux du travail de deuil concernent un sujet en devenir. Or la ritualité, dans l'expérience humaine, consiste précisément à explorer les limites de ce qui fonde l'entente entre les humains, les territoires de l'Autre (quelle que soit la représentation qu'on s'en fait), pour amorcer une régénération de la vie capable d'assumer l'expérience de la perte. Dans cette expérience, la musique non seulement joue un rôle d'accompagnement et de soutien, mais tient une place fondamentale. Non liée à des significations instituées comme le sont les langues naturelles dans lesquelles se déroule la parole, elle peut librement donner voix à l'indicible, exprimant l'émotion en deçà et au-delà de la parole. Elle porte ainsi le sujet à expérimenter le sublime, à faire l'expérience d'une traversée des limites qui contribue à sa survie.
Mots-clés : Deuil, Sujet, Musique, Rituel, survivre, Mourning, Subject, Music, Ritual, survive
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1604.Plus d’information
Notre propos porte sur le jeu littéraire, entendu comme le réseau littéraire dans lequel évoluent des agents comme Kossi Efoui, Calixthe Beyala, Sami Tchak, Fatou Diome, Abdourahman Waberi, Alain Mabanckou, Léonora Miano et bien d'autres encore. Plus précisément, il s'agit d'en appréhender l'incidence sur le sujet diasporal qui tente de se (ré)inventer une postmodernité, et ce, à partir de l'exemple paradigmatique de Léonora Miano. L'objectif principal vise à articuler sa production littéraire Tels des astres éteints (2008) et Blues pour Élise (2010) avec le débat portant sur la modernité et la postmodernité dans l'espace public en France. D'où l'interrogation suivante : par quelle modalité se constitue-t-elle une singularité littéraire dans la continuité de l'existant?
Mots-clés : littérature africaine, études francophones, postmodernité, études postcoloniales, sociologie de la littérature, African literature, francophone studies, postmodernity, postcolonial studies, sociology of literature
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1605.Plus d’information
Le trésor de la langue (1989) est une oeuvre unique en son genre. Sorte de « road movie » sonore, elle explore les dimensions politique, historique et poétique de la langue française parlée au Québec. En rapprochant des matériaux hétérogènes grâce à la technique du collage sonore, René Lussier propose une écoute critique de l'histoire du Québec. Cet entretien retrace la genèse du Trésor de la langue ainsi que certains des enjeux éthiques et politiques de l'utilisation d'archives sonores et d'enregistrements de terrain présents dans cette oeuvre. Il témoigne de la capacité de la musique à investir l'histoire récente afin de répondre à des interrogations communes, au-delà des dits et des non-dits de la mémoire collective et de l'histoire officielle.
Mots-clés : René Lussier, Québec, collage sonore, écoute, musique et politique, René Lussier, Quebec, listening, music and politics, sound collage
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1607.Plus d’information
En 1982, la chanson « The Message » du groupe Grandmaster Flash and The Furious Five change radicalement la musique rap, autant par sa forme que par son contenu. Elle est le point de départ de la première grande fracture dans l'histoire du hip-hop. Cette étude retrace l'évolution qui a mené à cette transformation et les impacts immédiats qui en ont découlé chez des artistes comme Run-DMC, Rakim et KRS-ONE, en mettant l'accent sur les textes et les maîtres de cérémonie (MCs). Est ainsi cerné le passage d'une poésie orale strictement axée sur la performance à une poésie écrite, née d'un processus réflexif autant pour sa forme que le message qu'elle transmet. De la première fête organisée par Kool Herc au single « It's Like That » de Run-DMC, les différentes phases du Old School au New School sont exposées en insistant sur les grands mouvements et les tendances. Une attention particulière est également portée à la relation entre le MC et le disque-jockey, car elle semble être la cause principale menant aux transformations, tout en étant la source du conflit qui provoquera la fracture de 1985. Bien que l'étendue historique du corpus étudié semble restreinte, la période de 1973 à 1985 est source de nombreux tiraillements et questionnements qui nous éclairent sur l'état de la culture hip-hop et peut-être même de la scène musicale dans son ensemble.
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1608.Plus d’information
RésuméDans un article précédent (De Surmont, 2001) nous avons mis en relief le faitqu'avec l'arrivée de l'industrie et des médias de masse, lacarrière de chanteur s'est transformée en celle de médiateur,c'est-à-dire d'un agent interagissant au sein de l'activitéchansonnière mais qui occupera aussi une place au sein de la presse et du champlittéraire. Ainsi, certains chanteurs, paroliers ou poètes, dont les poésies sontmises en chansons ou en musique, sont parfois éditeurs de journaux (Napoléon Aubin)ou typographes (Roch Lettoré); d'où la tradition del'auteur-éditeur-imprimeur. Il conviendrait d'évoquer la fonctionmultiple du journaliste durant la période qui va de l'èclosion de la pressecanadienne-française jusqu'à la fin du XIXe siècle. Parla suite, c'est la radio et le phonogramme qui deviendront, au début duXXe siècle, les supports privilégiés de la diffusion del'objet-chanson favorisant comme d'autres inventions la circulationdes idées; pensons au télégraphe également. Dans cet article, nous mettrons enrelation l'essor de la radiophonie et celui de la chanson signée et nousmontrerons les corrélations entre les fonctions de la radio et les conditionshistoriques. En quoi les confronter nous permet-il de mieux connaître les contextesfavorables à la naissance et à l'évolution de la radio et à la diffusiond'une culture populaire? Telle est une question qui sous-tend notre travail.L'étude que nous proposons concerne principalement la dimensionsocio-historique de la radiophonie et son rôle de canalisation dans la carrière desinterprètes ou auteurs-compositeurs de la chanson québécoise (nous ne pouvonsélargir notre propos à l'ensemble des artisans de la chanson comme lesresponsables de tournée, agents, producteurs, etc.). Plus généralement nousétudierons la démocratisation de la culture par la radiophonie.