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361.Plus d’information
Comme l'indique son titre, cet article propose de raconter non pas la vie, mais la mort d'Étienne Dolet, humaniste du XVIe siècle, accusé d'impiété et condamné au bûcher par un tribunal de l'Inquisition. L'acte d'accusation tient sa preuve d'une « mauvaise » traduction d'un dialogue erronément attribué à Platon, l'Axiochus, qui se veut un écrit consolant un homme gravement malade à l'approche de la mort. L'erreur de Dolet se situerait dans trois mots en trop (« rien du tout ») dans un argument visant à montrer que la mort n'est rien (« après la mort, tu ne seras plus rien du tout ») et qui serait la preuve que Dolet ne croyait pas – ou ferait croire que Platon ne croyait pas – en l'immortalité de l'âme après la mort. Dans ce jeu du texte en traduction entre l'auteur, le traducteur et l'Inquisition, l'article veut faire de cette anecdote le contre-exemple des normes enseignées et pratiquées dans le domaine de la traduction encore aujourd'hui. La manière de traduire de Dolet était perçue par l'Inquisition comme la continuation de ce qui se faisait avant la Modernité : le texte en sciences (naturelles ou humaines) était un matériau que le traducteur ou la traductrice pouvait et devait réécrire au regard des nouvelles connaissances de son temps. La Modernité serait donc un moment de rupture en traduction en créant une fonction « traducteur », non seulement entre la liberté et la contrainte, mais surtout entre l'autorité de l'auteur et la subordination de la traduction. L'article propose de comprendre cette fonction « traducteur » comme la conséquence de la crainte de mourir pour des idées – surtout les idées d'un autre.
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363.Plus d’information
Depuis quelques années, la théorie littéraire se réinvente au contact d’un corpus longtemps ignoré par la critique et les institutions littéraires, parce qu’il s’érige hors du livre et revêt des formes hybrides : intermédiales, transmédiales, numériques, etc. Ce corpus témoigne de la présence d’un paradigme contemporain - par ailleurs déjà bien institué et bien balisé dans le domaine de l’art - dans des pratiques littéraires qui échappent encore aux institutions éditoriales traditionnelles de la littérature. Longtemps délaissé par une critique quelque peu déboussolée voire révoltée par ces formes peu conventionnelles, ce corpus fait aujourd’hui l’objet d’une attention croissante et suscite un effort théorique particulièrement stimulant dans le champ des études littéraires, autour d’une double question : qu’est-ce que le « paradigme contemporain » et, surtout, qu’est-ce que la littérature contemporaine ? Dans son dernier ouvrage, Moderne/contemporain, Pascal Mougin vient poser les bases d’un champ d’étude encore en construction.
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364.Plus d’information
Dans cet article, nous exposons comment l'ethnographie postmoderne provient de l'investissement par les chercheurs de la pensée postmoderne et comment elle peut constituer une posture de recherche en art. Par souci de cohérence entre la forme et le propos traité, notre argumentation prend la forme d'une fiction en quatre actes. Simulant une conversation entre une professeure et une étudiante qui prépare sa soutenance doctorale, le premier acte situe l'ethnographie postmoderne dans l'ensemble du paysage postpositiviste en recherche. Le deuxième acte est l'occasion d'exposer des réponses aux attaques faites à cette posture parfois controversée. Alors que le troisième acte présente les pratiques analytiques créatives (PAC) comme méthodologie, le dernier acte en illustre la dimension « performative » au moyen de l'autoethnographie et des écritures créatives.
Mots-clés : ETHNOGRAPHIE POSTMODERNE, AUTOETHNOGRAPHIE, RECHERCHE EN ART, PRATIQUES ANALYTIQUES CRÉATIVES
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366.Plus d’information
À partir d'un corpus d'albums de littérature jeunesse mettant en scène les arts visuels japonais, une expérimentation de médiation interculturelle en formation d'adultes sur la lecture d'images a été menée. Visant à faire écrire dans des carnets de lecture, à partir de l'image, des écrits subjectifs formés de marqueurs psychoaffectifs, interprétatifs et culturels, fondés sur le ressenti et les liens possibles avec sa propre culture littéraire, l'expérience développe un parcours subjectif de lecture. À l'aide d'une typologie des approches interculturelles, nommées désignée, croisée et plurielle, et d'une méthodologie qualitative, l'objectif de cette étude est d'ordre compréhensif, comme réflexion sur le déploiement de l'identité culturelle.
Mots-clés : littérature de jeunesse, album, interculturalité, médiation, Japon, arts visuels, formation d'adultes, carnet de lecture, sujet lecteur, children's literature, albums, intercultural, mediation, Japan, visual arts, adult education, notebooks, subjective reading
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368.Plus d’information
Lorsqu'il est question d'enseignement et d'évaluation de la communication orale, l'exposé individuel est l'activité la plus fréquemment employée dans les écoles québécoises. Or, de nombreuses options gagneraient à être explorées afin d'à la fois diversifier, mais aussi d'enrichir les pratiques. C'est en fonction de cette prémisse que s'articule PrendreParole un projet ludique de création de balados à saveur mythologique. En plus d'aborder l'enseignement du français oral, ce dispositif vise à développer de façon concomitante les compétences numériques et multimodales. Cet article décrit le projet sous la forme d'un récit de pratique structuré par la méthode des 4P, puis relève des trajectoires d'intérêt quant à la mobilisation de ces compétences par le mode sonore dans le contexte du cours de français au secondaire.
Mots-clés : balado, didactique du français oral, adolescents, compétence numérique, compétence multimodale, podcast, didactics of oral french, youth, digital competencies, multimodal competency
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370.Plus d’information
Si les études autochtones sont marquées par la visibilité grandissante de certain.e.s poètes et écrivain.e.s des Premières Nations au Canada, il est possible de repérer des innovations esthétiques qui, au-delà de la poésie et du roman, intègrent de manière plus forte le point de vue des destinataires. C’est le cas du dialogue initié par Natasha Kanapé Fontaine et de Deni Ellis Béchard évoquant le racisme et l’ignorance de l’histoire des Premières Nations dont celle de la nation innue. En s’inscrivant dans une tradition épistolaire classique, Natasha Kanapé Fontaine et Deni Ellis Béchard s’adressent à un destinataire québécois en lui proposant de reconsidérer l’histoire du Québec et du Canada en prenant en compte l’héritage de la nation innue. Cet échange de lettres prend l’allure d’une conversation vivante et est utilisée comme une forme de didactisation des débats de la Commission de vérité et réconciliation du Canada sur les abus systématiquement commis dans les pensionnats. Cette Commission a rendu son rapport en 2015 peu avant la parution de Kuei, je te salue en pointant les racines d’un racisme institutionnalisé. Si la littérature autochtone s’affirme sans aucun doute comme un acte de ”survivance” culturelle, il semble que ce dialogue soit davantage habité par la création d’une empathie. En ayant recours aux méthodes de la communication non violente, nous aimerions analyser la manière dont cette œuvre travaille sur la relation intercommunautaire au Québec dans une perspective de pédagogie interculturelle Nous nous intéresserons au péritexte éditorial, à la musicalité du dialogue fait de reprises, de refrains et de commentaires avec la découverte des dernières lettres. Quel est le contrat proposé au lecteur par les deux protagonistes pour l’emmener dans ces vingt-six lettres ? Puis, nous nous intéresserons à l’apprentissage des mots-clés de la langue innue pour correspondre et enfin aux métaphores utilisées par les deux auteurs pour frayer ce chemin de la reconnaissance. L’hypothèse que nous émettons est celle d’une remembrance qui n’est pas une mémoire accusatrice, mais une mémoire réincorporant l’oubli de ces communautés. Cette réincorporation nous semble dessiner la voie d’une empathie nécessaire pour aborder la question de la réconciliation des mémoires.
Mots-clés : reconcliation, reconciliation, communication nonviolente, nonviolent communication, First Nations, Premières Nations, racisme, racism, décolonisation, decolonialism