L'accès à la plateforme Érudit connaît actuellement un ralentissement, dû à un incident chez notre prestataire technique. Nous sommes désolés de ce désagrément et collaborons activement à rétablir le service. L'information sera mise à jour sur notre pageTwitter

Recensions

Felouzis, G. et Hanhart, S. (dir.) (2011). Gouverner l’éducation par les nombres ? Usages, débats et controverses. Bruxelles, Belgique : De Boeck

  • Mamadou Siradjo Diallo

…plus d’informations

  • Mamadou Siradjo Diallo
    Université du Québec à Trois-Rivières

Couverture de Volume 40, numéro 1, 2014, p. 7-177, Revue des sciences de l’éducation

Corps de l’article

Avec un titre qui a tendance à susciter la réflexion sur la pratique de gouvernance par les nombres, dix contributions signées par des spécialistes des questions éducatives en France et dans le monde francophone suisse, belge et canadien, constituent l’ossature de cet ouvrage. Poursuivant des objectifs spécifiques variés, les contributeurs visent à apporter des éclaircissements autour des réalités actuelles de l’évaluation et son institutionnalisation comme mode de gouvernance. Ils illustrent la possibilité de partir des résultats de recherches empiriques pour souligner la diversité des approches possibles permettant de porter un regard sur la place de l’évaluation dans les politiques éducatives actuelles (Felouzis et Hanhart). Ainsi, les auteurs optent pour le dépassement des clivages entre ceux qui croient au reflet et à la fidélité de toute évaluation et ceux qui ont tendance à rejeter toute forme d’évaluation qui ne soit pas une émanation interne, c’est-à-dire celle faite par les professionnels (Barrère).

Soulignant des avantages et des inconvénients, de même que des tensions et des enjeux liés à l’institutionnalisation de l’évaluation comme mode de gouvernance, cet ouvrage a toute sa raison d’être, en cette période marquée par la mise en route d’un vaste mouvement de rationalisation où l’international a tendance à tirer le national avec les pratiques d’évaluation et de classement entre institutions (Paradeise et Thoenig). Parmi ses points forts, notons la mise en évidence de la diversité des ressources susceptibles de permettre aux scientifiques de prendre du recul pour la compréhension des multiples usages des évaluations et leurs conséquences, et ce, de façon concrète et empirique (Felouzis et Hanhart, Maroy et Mangez). À cela s’ajoute l’illustration des tensions qui peuvent émerger de l’institutionnalisation de l’évaluation comme mode de gouvernance (Paradeise et Thoenig). À ce sujet, Ramirez signale l’absence de consensus sur les bienfaits des évaluations centralisées, même si Cattonar et Lessard soulignent l’adhésion au principe de régulation par les résultats et la redéfinition de leurs rôles chez les directeurs d’école, notamment dans le contexte primaire au Canada. Aussi, l’illustration des caractères disparates et quelquefois contradictoires qui ont trait au concept d’évaluation et de son usage dans le secteur éducatif constitue un autre point fort de cet ouvrage (Barrère).

Pourtant, les interrogations fréquentes à travers cet ouvrage peuvent conduire à penser que ses auteurs ont tendance à susciter le débat et la réflexion chez les acteurs en tirant la sonnette d’alarme. Un autre aspect qui pourrait être questionné avec cet ouvrage est sa tendance à ressembler à une simple compilation d’articles.

Finalement, dans un monde marqué par la mondialisation des pratiques éducatives, cet ouvrage est tout indiqué pour celui ou celle qui veut obtenir une vision globale des réalités actuelles qui ont trait à l’évaluation dans les différents contextes francophones de l’Occident.